Enjeux d’incarnation

Artiste :
Artiste : Yuumei

* Suite de l’article Les liens qui emprisonnent *

Tu te demandes comment ton supérieur a fait pour ignorer l’appel de son âme – probablement pas née de la première pluie, vu la puissance des énergies [de domination] ]qu’il dégage. Eh bien, tu as compris qu’il était complétement englué dans un égo dominateur et contrôlant. Voilà le problème de l’autorité et le piège à l’incarnation que cela peut représenter. Piège que tu as déjà toi-même rencontré dans une vie antérieure.

Et comment on fait pour s’en sortir ?

Et bien, une des manières possibles est de « casser l’égo » dès son réveil. Je sais que tu vois de quoi je parle, grâce aux articles de Sylvie.

Oui… Les brimades, le harcèlement, la dévalorisation, etc. Tout cela, ce sont des façons de casser l’égo, notamment chez de jeunes personnes. C’est sûr que mon adolescence a été très dure pour moi. Elle a totalement brisée mon estime et ma confiance en moi…

Ainsi que tes velléités d’autoritarisme. C’est important que tu comprennes maintenant pourquoi cela t’est arrivé. Ce n’était pas un hasard, ni une punition, juste un choix de ton âme. Une autre âme ne l’aurait peut-être pas vécue de cette façon-là, mais avec ton hypersensibilité et ton empathie, cela a été très dure… Tu ne comprenais pas pourquoi les autres ados de ton âges n’agissaient pas selon les émotions que toi tu percevais en eux. Tu t’es accrochée longtemps à ce garçon, tu savais qu’il t’aimait malgré qu’il se soit mis à te harceler et à t’humilier. Mais il n’est jamais revenu vers toi de la façon dont vous étiez au départ. Tu n’as jamais compris pourquoi. Et bien, sache que, lui a choisi de suivre les apparences et les jugements plutôt que son cœur.

Hum… Je trouve que ça fait beaucoup d’enjeux d’incarnation pour moi tout ça… Le travail sur ma relation à l’autorité, au masculin, au féminin, sur l’endométriose, etc… Mon âme a mis la barre haute pour cette incarnation ou je me trompe ?

Et bien, c’est le fameux retard dont tu as rêvé par rapport à ton âme jumelle.

Arf. Mais c’est utopique d’imaginer que je puisse jongler avec tant de sujets à la fois ! Je ne suis que moi, et essaye un peu en plus de guérir avec un « égo cassé »… ! Même avec une nuit de l’âme censée accélérer le processus, cela prend toujours 30 piges ! Voire je ne sais pas combien d’incarnations.

C’est pour cela que tu as été doté de capacités médiumniques.

Hum. Comme Sylvie, pour apprendre à me guérir ?

Oui, c’est le processus le plus rapide.

Bon, je veux bien l’admettre. Au moins, ça fait une question de moins sur ma liste de « pourquoi ». Cela en revanche ne me renseigne pas sur le type de médium que je suis, ni comment je fais pour gérer ces capacités-là. Je commence à peine à passer dans la phase où cela m’aide, plutôt que de me ralentir.

La vitesse d’acceptation de ses capacités propres est fonction de chacun et dépend de la puissance de l’égo. Comme le tien est évidemment puissant…

Oui, oui j’ai compris. Je viens de me souvenir grâce à Sylvie et Camille que ce n’était pas le cas quand j’étais enfant. Je sentais très bien les énergies de l’esprit de notre maison, de mon sapin, sans me poser de questions. Je pense que je sentais aussi ma connexion à la Source spontanément. Mes rêves étaient très présents et puissants aussi. Peut-être même des voyages astraux ? Mais tout cela a été « cassé » en même temps que mon égo à l’adolescence… Heureusement, la rupture du lien à la Source n’est qu’une illusion et les choses peuvent être « réparées » *ton cynique*. Mais des fois, je me demande à quel prix… Est-ce que mon âme ne réalise pas que des fois je me dis « à quoi bon ? Moi j’ai juste envie de me sentir bien et d’être heureuse là ». Après tout, si c’est juste pour courir après ma flamme jumelle… je peux toujours courir quoi. Tout du moins dans cette vie et dans les suivantes.

Tu n’en sais rien.

Non, mais je crois que je commence à perdre espoir. C’est pour ça que vous m’avez envoyé un rêve de réconciliation avec lui ?

Oui.

Sauf que je n’ai pas tout compris.

Cela n’est pas nécessaire de fermer la porte avec lui. Tu peux vivre d’autres choses et être heureuse en laissant la porte ouverte entre lui et toi. Même si cela n’aboutissait pas dans cette vie, crois-moi quand je te dis qu’une future réunion sera plus simple si la porte reste ouverte.

Peut-être. Et mon égo te dit « qu’est-ce que j’en ai à faire de toute façon, vu que je ne serai plus concernée ? »

Cela évitera de t’infliger une blessure supplémentaire à l’âme. Certains liens ne sont pas faits pour être coupés, même temporairement.

Que dire ? Suis-je réellement sûre d’avoir ce type de lien avec lui ?

Interroge ton Cœur et tu sauras.

Hum… Peut-on avoir plusieurs flammes jumelles ? Cela me ferait vraiment suer qu’il soit le seul, et que nous ayons raté notre réunion dans cette vie-là…

Qu’est-ce que « rater » veut dire ? Du point de vue de l’égo, peut être que oui, car vous vous êtes séparés. Mais peut être que du point de vue l’âme, vous avez vécu ce que vous deviez ensemble. A savoir la prise de conscience d’un certain nombre de blessures et de blocages pour pouvoir être ensemble.

Grrmmff.

Pas le genre de réponse qui fait plaisir n’est-ce pas ? Mais en même temps, si tu reçois cette réponse, c’est parce que tu es prête à l’entendre, et qu’au final tu le savais déjà.

Oui… Peut-être grâce à ce fameux rêve où il venait m’expliquer pourquoi on ne pouvait pas être ensemble. Je me demande quels infos il a lui de son côté ?

Celles nécessaires pour avancer.

Lol, c’est précis ça !

Il te faut accepter d’avancer séparément pour quelques temps. C’est pourquoi ton accès aux infos le concernant a été bloqué.

Grrmmff. Même pour savoir dans quel état d’esprit il est ?

Tu n’as qu’à le lui demander verbalement. Sans sollicitation énergétique de votre lien.

Bouh, c’est pas du juste. Etre médium pourrait quand même me servir à des trucs sympas de temps en temps ? Je n’ai pas du tout envie de reprendre contact si c’est pour me prendre une porte dans le nez… Et comme je n’arrive pas du tout à capter comment il se sent par rapport à moi… Je me demandais si c’était lui qui bloquait mes perceptions le concernant ; après tout, j’étais capable avant de ressentir son état émotionnel à distance grâce à notre lien. Mais en fait c’était vous ??

Pour une bonne raison. Tu ne peux pas apprendre à gérer tes émotions et tes énergies si tu es sans cesse connecter aux siennes. Connection qui n’a de toute façon plus besoin d’être, au vu de votre relation. A quoi cela te servirait-il de le sentir malheureux comme une pierre ou heureux avec une autre femme ? Ce serait juste de la torture, considère que c’est un service que nous te rendons par compassion.

Oui, j’imagine. Cela répond déjà à pas mal de mes questions le concernant. Puis-je demander quel est le « travail » que l’on a convenu de faire ensemble ?

Pas pour l’instant.

J’imagine que la réponse viendra en son temps.

Concentre-toi sur toi-même. C’est ce qui vous aidera le plus tous les deux.

Merci pour les réponses.

Attends.

Oui ?

N’oublies pas ce que j’ai dit. Cela ne sert à rien de solliciter votre lien énergétique. A part t’épuiser. Et à part le perturber lui.

Ah, alors il ne faut pas que je le dérange ?

C’est préférable. Pas dans la période où il est.

Ok, du moment que vous répondez à mes questions – au moins partiellement, je n’ai aucune raison d’aller à la pêche aux infos de son côté à lui. C’est pour ça que vous avez répondu à mon appel ?

Entre autre, mais nous sommes là pour t’aider sur bien d’autres sujets. Evidemment c’est plus facile quand tes énergies sont purifiées et stabilisées.

Vous voulez dire quand mes émotions sont exprimées et mon état émotionnel calme et stable ? Comme lorsque Camille est en rêve lucide ?

Le contrôle des émotions est un point clé pour le maintien d’un taux vibratoire stable. C’est pourquoi tu canalises mieux quand tu es fatiguée mais calme. Quand tu te sens mal, ta priorité devrait toujours être d’extérioriser tes émotions, par écrit, dessin ou chant, la méthode que tu veux. Mais extériorise ces émotions et transmute-les en énergies d’amour. Contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas lorsqu’on est le plus mal que l’on reçoit la meilleure guidance. C’est souvent le moment en revanche où vous êtes les plus aptes à la demander et à vous ouvrir à elle pour la recevoir, donc vous amalgamez les deux. Mais tu recevras toujours une guidance d’autant plus claire que ton état émotionnel le sera. C’est une règle fondamentale, surtout chez toi qui est hypersensible.

Quand tu es mal, demande autant que tu veux la guidance dont tu penses avoir besoin. Mais accepte l’idée que tu n’es pas en état de la recevoir sur le moment, et garde la foi qu’elle viendra au moment opportun. Fais de ton état émotionnel ta priorité. « Que puis-je faire pour me sentir bien ? » Cela peut être de pleurer un bon coup, d’écrire tes émotions, d’en parler avec une amie, de dormir, de manger, etc. Mais surement pas de chercher à canaliser un message qui de toute façon ne pourra être que tronqué. Cherche à te reconnecter à l’amour que tu éprouves pour toi-même, en prenant soin de toi, ce sera le meilleur moyen de transmuter ces énergies, via la compassion envers toi-même. Le reste suivra dans un second temps.

Merci pour cette discussion.

2 janvier 2017

Les liens qui emprisonnent

Auteur
Parc aux palmiers. Auteur : Les Rêves de Celia.

Cela fait un moment que j’avais envie d’écrire sur mon blog de façon plus régulière. Mais finalement le mois de décembre a été compliqué… J’ai enchainé les jours de rhume. Du coup, ce dernier mois, j’ai bien senti mon taux vibratoire plus bas que d’habitude et ma difficulté à canaliser aussi… A la place, j’ai bien senti que le travail s’est fait au cours de mes rêves. Certains ont été très forts, sont restés très nets et m’ont bien perturbée aussi… Mais l’interprétation ne suit pas forcément derrière et c’est frustrant.

Le dernier rêve était néanmoins assez clair sur ma gestion déplorable des énergies et des émotions que mon supérieur actuel projette et dont je n’arrive pas à me distancier. Je me laisse littéralement polluer par lui, en attendant que ça se finisse. Mais cette histoire de rupture de contrat traine encore et encore et peut être est-ce l’occasion pour que j’apprenne à ne plus me laisser atteindre. J’en ai marre d’être malade 3 juste après chaque interaction avec lui, ce n’est plus possible.

Mais comment je fais ? Comment je fais pour affirmer mes besoins et les faire respecter, sans être autoritaire et en restant souple ? J’ai l’impression de ne pas réussir à trouver un équilibre, tout ou rien, soit je bouffe soit je me laisse bouffée. Je ne veux pas de conflits et je veux que cela se résolve dans le bon sens, donc j’ai décidé de me coucher, de le laisser prendre les décisions suite à ma demande et de le faire à son rythme. Mais ce n’est plus possible.

Il suffit de le dire dans la douceur. Affirmer ses besoins n’est pas synonyme d’autorité. Tu peux expliquer pour amener à une compréhension.

Comment expliquer à quelqu’un qui n’écoute pas ?

C’est ton propre préjugé. Peut-être qu’il n’écoute pas ton avis pour des décisions dans le cadre du travail. Ou qu’il n’en donne pas l’impression. Mais concernant ton départ et la transmission, peut-être qu’il fera un effort.

Peut-être. Je ne sais juste pas comment le formuler. « Bonjour, je veux que la rupture soit la plus rapide possible car je ne supporte plus d’être en contact avec vous »

Pourquoi ne veux-tu plus lui parler ?

Parce qu’à chaque fois, il trouve le moyen de me parler de ses problèmes à lui au travail, de se plaindre, etc…

Et toi tu n’as pas envie d’en rajouter une couche avec tes demandes, alors tu n’oses pas affirmer ce dont tu as besoin.

Voilà. A chaque fois, je me trouve à jouer le rôle de la personne « compréhensive et compatissante » et je m’oublie. Et ça m’énerve. Pourquoi je tombe à chaque fois dans le panneau ? Pourquoi ?

Pourquoi te sens-tu obligée de l’écouter ?

Parce que je ne veux pas le froisser, je n’ai pas envie qu’il s’énerve.

Et s’il s’énervait, que se passerait-il ?

Et bien… Je ne me sentirais pas bien. Je ne saurais pas quoi faire.

Comprends bien que tu détestes les énergies en suspens non résolues. Mais que tu n’arrives à les exposer que lorsque c’est toi qui es dans la « position énervée », que lorsque c’est toi qui risque de craquer, de péter un plomb ou de pleurer. Quand tu es dans la situation inverse, tu ne sais pas mieux gérer la chose que ta sœur. Tu es prise au dépourvue.

Eh bien, si c’était un proche qui se mettait à pleurer, je lui ferais un câlin. Mais mon supérieur ? C’est déjà peu probable qu’il admette sa détresse et encore moins qu’il pleure, mais effectivement, je ne lui ferais pas de câlin !

L’empathie sans compassion rend les émotions, et donc les énergies, impossible à transmuter. C’est comme si tu mettais tout dans un entonnoir fermé. Cela crée un bouchon, qui empêche par la suite la circulation des autres émotions et énergies captées.

Ok, je saisis l’image, et cela explique pourquoi les jours suivants, j’ai du mal à gérer les contacts avec d’autres personnes, et si j’en ai, je tombe malade – souvent de la gorge d’ailleurs. Quand mes parents ont été là, j’ai carrément été aphone pendant plusieurs jours… Ma gestion des émotions et de la communication m’ont semblé bien plus dures que d’habitude !

Concrètement, comment je fais pour éviter la création de ce « bouchon » ?

Réfléchis-y.

Faire preuve de compassion ? Mais n’est-ce pas déjà le cas en l’écoutant ? Bon d’accord, ce n’est pas le cas, je fais « semblant ». Je l’écoute pour qu’il ait l’impression de se sentir écouté et compris, ce qu’il recherche.

Mais au fond, il sent bien qu’il n’obtient pas ce que les apparences montrent, c’est pour cela qu’il continue encore et encore. Qu’il te parle des mêmes choses encore et encore alors que toi tu es passée à autre chose.

Mais je suis censée faire quoi ?

Écouter sa peur. Il a peur de te laisser partir. Il n’y a qu’en écoutant sa peur avec le cœur et en le rassurant qu’il te laissera vraiment partir, et qu’il arrêtera de faire trainer les choses.

Comprendre qu’il ait peur je veux bien. Écouter avec le cœur, je l’apprends. Mais le rassurer ? Je ne vois pas comment je peux le rassurer alors que je ne vois pas moi-même d’avenir dans la structure et dans les choix qu’il a fait. Suis-je même en position de le rassurer ? Ça me parait un peu aberrant… Comment je peux faire ça ? Et puis on parle de quoi là, rassurer son égo, son mental, son âme ?

Tu peux faire preuve d’amour envers toi-même, en même temps qu’envers lui. Les deux ne sont pas incompatibles. Simplement dire que tu as besoin de temps pour prendre soin de ta santé.

Oui, c’est vrai…

Apprendre aussi la gestion des émotions et des énergies. Parce que tu penses « il me pollue ». En quittant ce job, tu t’éloignes de la source de toxicité. Mais la vérité c’est que « tu te laisses polluer ». Tu es responsable à 50% de votre relation. Il serait en effet préférable pour toi de ne pas avoir de telles relations dans ton entourage. Mais à défaut d’avoir pu choisir celle-ci, tu peux au moins décider de l’impact qu’elle peut avoir sur toi. Mieux vaut l’apprendre maintenant que de répéter la situation. On ne peut pas toujours fuir les situations ou les personnes qui nous sont toxiques, comme ton livre des Défis le suggère. Ou bien tu peux t’excuser, te lever et partir définitivement. Mais tu risques de courir de job en job très longtemps.

Oui, je trouve ça utopiste… Ce n’est pas toujours possible. Plutôt que de fuir, je voudrais apprendre à transformer la situation pour qu’elle ne m’atteigne plus. Comme je l’ai fait avec ma colère envers les parents de ma meilleure amie. J’ai été surprise de voir comment l’exercice que vous m’aviez donné a bien marché. Comment j’ai pu transmuter cette énergie de colère en gratitude et en amour. Après plus de 10 ans à l’avoir porté comme un fardeau, je me suis sentie plus légère. Ne puis-je pas faire la même chose avec mon supérieur ?

Tu peux essayer, mais comme tu as une relation dynamique avec lui (comprendre encore dans le présent) cela ne marchera que pour les émotions passées. Il te faut trouver une technique à utiliser au présent, sur le moment.

Humm, oui, je suis bien d’accord. Mais laquelle ? Écrire après coup m’aide à évacuer. Mais sur le moment ? M’ancrer, me connecter à mon cœur ne m’ont pas semblé suffisant… Je suis trop affectée par la quantité d’émotions refoulées chez lui et de pensées négatives, c’est comme une vague qui me balaye, me fait suffoquer et me fait perdre pied. Je m’oublie complètement face à lui, ses énergies m’écrasent littéralement. C’était peut-être pour ça que j’avais du mal à faire preuve de souplesse avec lui au départ sur certains points, parce que j’avais l’impression qu’en restant ferme sur mes positions, c’était le seul moyen de ne pas me faire envahir par ses énergies ? Je comprends mieux…

Je ferai bien l’exercice de Camille Fraise sur l’œuf intérieur (cf lien ici) mais j’ai besoin d’être seule et au calme pour y arriver.

Tu peux imaginer quelque chose de plus rapide. Visualiser un cube d’énergie doré autour de toi, ses vagues d’énergies à lui qui se fracasse dessus mais ne pénètrent pas à l’intérieur.

Hum. Pourquoi un cube ?

Les arrêtes désamorcent l’agressivité des énergies envahissantes. Elles brisent les vagues sans toutefois altérer les émotions en elles-mêmes. Tu casses l’emprise qu’elles ont sur toi sans toutefois être agressive toi-même.

Tu crois ? Cela protège, mais en quoi cela transmute ?

Le cube t’aide à ne pas être envahie. Mais pour le reste, il te faudra faire le boulot habituel. Connexion à ton cœur, écoute avec ton âme, connexion à un sentiment de gratitude et envoi d’amour. Tu n’as pas besoin de parler avec des mots pour le rassurer. Tu peux entendre sa peur, te sentir dans la gratitude pour la valeur qu’il t’accorde et l’intelligence qu’il reconnait en toi, tu peux le remercier pour l’opportunité qu’il t’a offert, tout ce qu’il t’a appris. Lui rappeler en pensée que ce que tu as apporté restera après toi, même si tu n’es plus là, et que justement il devrait s’en inspirer.

Taris la peur à sa source et tu verras qu’il cessera de chercher à attirer ton attention et ta pitié.

Mais peut-on vraiment faire ça ? Calmer la peur chez quelqu’un d’autre ? N’est-ce pas à chacun de faire ce travail sur soi-même ? N’est-ce pas pénétrer et interférer dans les énergies de la personne ?

Il est des fois où ce travail peut être fait – partiellement – par autrui, notamment dans le cas où ces peurs entretiennent un lien énergétique qui emprisonne. Ainsi, la personne en face, qui souhaite se libérer consciemment d’un tel lien, peut chercher à apaiser les émotions négatives de l’autre qui l’empêchent de partir. Quand la personne d’en face n’est pas du tout consciente de telles énergies, ce travail peut être fait de façon subtile. Cela sera alors plus facile et évitera à l’égo de se braquer.

Bon… Je vois. Je suis surprise de t’entendre parler de lien qui emprisonne émanant de mon supérieur. Mais maintenant que tu le dis… De nombreux employés autour de lui ont souhaité partir plus d’une fois et n’ont jamais réussi, je comprends un peu mieux pourquoi.

Seule une situation de crise et l’appel de moyens insoupçonnés leur permet alors de rompre ce lien. Dans le cas de ton collègue, son amour pour sa fille était plus fort que l’emprise de ton supérieur. Mais ne te leurres pas. La mise en place d’un tel lien a été consentie par votre âme, que vous ayez une situation de soumission à expérimenter ou bien d’autres choses à apprendre.

*suite au prochain article*

2 janvier 2017

Paralysée par la peur

Artiste : Kuvshinov Ilya
Artiste : Kuvshinov Ilya

Je ne comprends pas pourquoi tout à coup, je me sens paralysée par la peur. En réalité, cela fait déjà un moment que je suis aux prises avec de multiples peurs : la peur de prendre la décision de quitter mon travail sans filet autonome derrière, la peur de me tromper dans mes décisions, la peur de décevoir mes parents, la peur de la maladie, la peur de ne pas trouver ma voie, la peur de m’engager dans une impasse, la peur de l’abandon, la peur de la solitude, la peur du conflit et de la violence, la peur des jugements, la peur du manque financier…

Comment un si petit être peut-il contenir tant de peurs ? Elles m’étouffent, elles m’empêchent de me sentir libre, de faire confiance à l’Univers, de dire Oui ! à la vie et d’OSER. Le pire, c’est que toutes ces barrières ne sont que des obstacles intérieurs, des illusions basées sur des blessures du passé, un manque de confiance en moi et en la vie. Comment fait-on pour les surmonter quand elles s’accumulent au point de vous rendre littéralement malade ?

J’essaye de rester ancrée et centrée, de les accueillir, de ramener ma conscience au niveau de mon cœur et de me connecter un sentiment d’amour. Mais hélas, si cela marche bien lors de méditations et de voyages chamaniques où je mets mon mental en mode off, dans la vie de tous les jours c’est une autre histoire. On ne peut pas se déconnecter du mental en continu, quand on doit parler avec quelqu’un, négocier quelque chose, faire face à une situation pragmatique, conduire, etc. Et alors, la connexion à mon cœur ne semble pas suffisante, les doutes et les critiques de mon mental me reviennent avec force, et je me sens alors démunie.

Prenons l’exemple de l’histoire avec mon propriétaire (cf cet article ici). Son appel téléphonique musclé m’avait heurtée, laissée dans un sentiment d’infériorité et de peur, face à son chantage et à sa menace de venir à mon domicile. Après avoir pleuré un bon coup (et oui, merci chère hypersensibilité), j’ai fini par demander des conseils à une proche, qui m’a aidé à prendre conscience du déséquilibre de la situation et à exprimer mon choc. Me prouvant que cet appel était totalement déplacé, elle m’a alors motivée à me défendre. J’ai donc vérifié mon contrat, regardé ce que disait la loi, pris contact avec une association de consommateur qui m’a confirmé mon bon droit, et que si mon propriétaire mettaient à exécution ses menaces cela constitueraient une violation de domicile (susceptible de prison et d’une grosse amende). J’ai donc écrit un courrier rappelant mes droits et répondant négativement à la demande irrecevable de mon propriétaire. Mais, comme je sais que c’est un homme fier avec un comportement macho, qu’il a malgré tout fait des efforts dans le passé, que je n’ai pas envie d’entrer dans des relations conflictuelles, j’ai fait un pas vers lui en lui proposant de payer la moitié de la somme demandée, alors que je n’en a nullement l’obligation. J’ai envoyé ma lettre en recommandée, ce qui m’a fait me sentir plus légère en sortant de la poste. Et j’ai bien reçu l’accusé de réception.

Mais voilà, je n’ai pas reçu de réponse de sa part, ni oui, ni non à ma proposition. Je ne sais pas si c’est parce qu’il est trop fier pour accepter, si ma lettre lui a cloué le bec et fait peur, s’il se renseigne pour contre attaquer sur un autre point, ou pour je ne sais quelle raison. Alors pas de nouvelles, bonnes nouvelles ?

Pourtant je reste dans la peur qu’il essaye de se « venger » parce que je ne lui ai pas donné ce qu’il voulait, et parce qu’il est du genre à ne pas hésiter à utiliser son statut d’homme dominant plus âgé sur une jeune femme (la preuve avec son appel d’intimidation et j’en passe d’autres au début du contrat…). J’ai peur qu’il se pointe à l’improviste chez moi pour réclamer ce qu’il veut, voir qu’il essaye de rentrer dans mon domicile par la force. J’ai peur qu’il me fasse un coup bas par derrière, sans que je puisse y faire quelque chose. J’ai peur qu’il trouve un autre prétexte pour m’attaquer verbalement ou juridiquement…

Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à délaisser ses peurs, alors même que je sais être dans mon bon droit et protégée par la loi ? Je n’ai rien fait de mal, juste me défendre face à un acte irrespectueux. Mais voilà, malgré cela, je me sens en danger. La raison ne peut rien face à cette émotion profonde. J’imagine que cela est symptomatique de la façon dont je peux vivre les relations féminin-masculin, que ce soit intérieurement ou extérieurement…

Comme la peur qui me paralyse aujourd’hui, celle d’aller voir mon supérieur pour discuter avec lui d’un mode de rupture. Que ce soit cette situation comme la précédente, je ne peux m’empêcher d’avoir peur. Comme si au fond de moi, je me sentais faible face au pouvoir d’un homme, dominée d’avance, incapable de me défendre ni de négocier… Mais pourquoi ?

Pourquoi est-ce que je me sens si faible, en danger et démunie face au masculin ayant de l’autorité (qu’elle soit valable ou non) ? J’imagine qu’il n’y a rien à comprendre, juste à accepter… Il est certain que cette blessure est liée à celle de mon Féminin Sacrée, qui elle-même remonte à loin.

Mais comment la dépasser ? Je ne veux pas rester clouée au sol par la peur, cette peur qui m’empêche de vivre et d’oser. Je veux pouvoir avancer et oser avec confiance dans la vie. Je veux pouvoir guérir cette blessure avec douceur, afin d’avoir des relations apaisées avec l’autorité masculine. C’est impossible d’éviter les relations masculines en lien avec l’autorité toute ma vie. Après tous, les hommes constituent la moitié de la population terrestre ! Et j’ai l’espoir de pouvoir vivre une relation de couple harmonieuse un jour… J’ai envie d’apprendre à dépasser cette peur. La question est : comment ?

Même si je ne sais pas comment y arriver, j’émets l’intention suivante : je trouve un terrain d’entente dans la paix et l’harmonie avec mon supérieur.

22 novembre 2016

Les transferts émotionnels dans nos relations

Artiste :
Artiste : Tara Mc Pherson, Waterfall

J’essaye d’intégrer ce que m’a dit le gynécologue, au sujet du suivi de mon endométriose, mais plutôt que me rassurer, cela m’angoisse et me décourage… Je me demande bien pourquoi ? Après tout, selon lui, les résultats sont encourageants, mes ovaires sont autant « sous contrôle » que possible vu mon problème de dystrophie ovarienne (produisant trop de follicules). J’ai même un endométriome qui a réduit de taille.

Malheureusement, les effets secondaires sont encore bien trop présents : fatigue chronique, impact sur le système digestif, sciatique, etc. Et j’ai l’impression que bien que j’ai enfin un traitement pour cette pathologie, je suis quand même bien trop souvent malade par ailleurs.

Mais pour lui, cela ne serait pas forcément dû à l’endométriose. J’ai constamment dans mes analyses de sang une composante dont les résultats sont trop élevés. Mon médecin traitant avait écarté ces résultats gênants en supposant que c’était dû à l’endométriose. Mais lui me dit que ce n’est pas l’origine. Et qu’il faut rechercher les causes. Et m’a questionné sur mes antécédents de problèmes articulaires… Il suspecte une autre pathologie. Et je ne sais pas quoi penser. J’ai bien eu le pressentiment que quelque chose n’allait pas avec mes analyses, mais le médecin traitant les a écarté, probablement fatigué de la complexité de mon cas…

En tout cas, je suis contente que mon gynéco n’ait pas fait la sourde oreille. Heureuse aussi qu’il ait pris le temps de me répondre. En sortant, j’ai entendu les secrétaires et infirmières se moquer et dire « olala, il a passé 2h avec une patiente, vous vous rendez compte ? ». Même si ce n’était pas exact, il a en effet pris du temps avec moi. Mais comment faire autrement, face à une maladie si mal connue et mal informée ? Face à la difficulté d’avoir un RDV avec ce spécialiste et de ne le voir qu’1 à 2 fois par an ? Face aux angoisses générées par des tas de questions sans réponse ? Alors que l’endométriose a tant d’impact sur ma santé, mon moral et ma vie quotidienne ?

J’essaye d’en faire moins cas qu’autrefois, de ne pas m’enfermer dans la maladie en me définissant comme « la fille avec de l’endométriose ». Mais, il n’est pas faute de constater que, même si je fais attention à mon alimentation, que j’ai repris le sport, que j’ai décidé d’avoir plus d’ouverture sociale, quoique je fasse, et même d’arrêter de me focaliser mentalement sur ma maladie, celle-ci revient. Sous diverses formes, de façon inattendue et inconsciente. Notamment, via l’interprétation de mes rêves, que si la psy ne m’aidait pas à décrypter pour certains, je ne verrais pas le lien, pourtant il est bien là, souvent caché profondément, mais présent. Ou bien encore via une crise physique aigüe après 1 mois en pleine forme. Ou encore via le poids sur le moral, qui se manifeste avec la crise anxio-dépressive que je traverse actuellement.

Comment cohabiter avec la maladie ? Sans lui laisser avoir le dessus, sur le moral et sur le physique ? Mais sans l’ignorer et engendrer une crise inattendue et violente ? Comment l’écouter et l’accueillir sans lui laisser toute la place ?

Parfois je me sens vraiment impuissante et dans un flou absolu. Je ne comprends pas les messages de mon corps ni de la maladie. J’essaye de soigner ma qualité de vie pour limiter les impacts négatifs sur ma santé…

Alors même que ta situation au travail est toxique ?

J’ai conscience maintenant que cette situation ne me convient pas. Que l’organisation (ou son manque si vous préférez) ne correspond pas à ma façon de travailler. Que celle-ci, ainsi que la mauvaise ambiance et les soucis financiers, génèrent beaucoup trop de stress en moi, plus que je ne le pensais, plus que mon corps ne peut en supporter. Mais devrais-je changer la situation (en cherchant à changer de travail)  ou changer mon regard et ma façon de réagir à cette situation ?

Pourquoi as-tu peur de partir ?

J’ai peur d’être dans la fuite. Et par là même de répéter le même schéma encore et encore. Je ne veux pas revivre ça une 3ème fois. Je préfère encore essayer de régler ça maintenant…

Mais le problème c’est que tu n’es pas en état, ni physiquement, ni moralement. Il te faut apprendre à l’accepter. Il te faut apprendre à lâcher prise. Tu ne peux pas tout contrôler, tu ne peux pas être parfaite. Tu ne peux pas imposer ta volonté à ton corps, au-delà d’une certaine limite physique.

J’ai l’impression que tout s’écroule et que plus rien n’a de sens… C’est ça, ce que ça fait de tomber en dépression nerveuse ? D’un seul coup, le corps craque, il est épuisé, il ne veut plus rien entendre, il ne veut même plus dormir malgré la fatigue. Le mental ne suit plus, impossible d’avoir les idées claires, de réfléchir, de prendre du recul, d’analyser et de se projeter dans un projet pour rebondir. Les émotions deviennent encore plus ingérables. Tout est source de stress, de tension, de peur, le moindre imprévu, la moindre stimulation trop forte. Les émotions habituelles prennent des proportions énormes, balayent mon hypersensibilité et me laissent à terre, comme ça, sans prévenir.

Et je me sens si seule à traverser tout ça…

Pourtant tu ne l’es pas. On est là. Monia aussi. Tes autres amies aussi, même si à distance. Ta famille est là pour te soutenir par la pensée, malgré les 11 000km qui vous séparent.

Je me sens tellement dans le brouillard, tellement perdue. Je ne comprends pas, cette chute d’un seul coup…

Parfois il vaut mieux chuter dès le départ, pour se relever toute seule et plus forte. Préfèrerais tu que cela t’arrive dans 10 ans alors que tu pourrais être en couple ?

Non, bien sûr que non. De toute façon, on ne choisit pas vraiment le moment où cela nous tombe dessus.

Tu serais surprise de voir les signaux inconscients que l’être peut mettre ne place quand il est prêt à faire face à un nouveau défi, censé l’aider à grandir.

Mais vais-je vraiment sortir grandie de cette expérience ? Et en sortir tout court, alors que j’ai le sentiment de tourner en rond ?

Ça dépend. As-tu l’envie de vivre ?

En ce moment, pas vraiment. Mais je n’ai pas pour autant l’envie de mourir. Et je me rappelle de ces moments où j’avais l’envie de vivre. J’ai simplement envie d’aller mieux. De pouvoir sourire doucement et sentir le soleil briller dans mon cœur, quel que soit l’orage dehors.

Ce que tu cherches à atteindre n’est pas si simple. Regarde, il a fallu des années et bien des épreuves à Sylvie. Tu ne peux pas t’attendre à y arriver du jour au lendemain.

Mais cela fait déjà des années… Cela fait déjà 7 ans que je fais face à ma maladie, à mes blessures, aux aléas de la vie…

C’est le jour où tu arrêteras de compter que tu auras « réussi ». Parce qu’en vérité, les épreuves ne s’arrêtent jamais, la vie est faite de challenges et d’opportunités. Mais c’est le jour où tu arriveras à les regarder tranquillement, sans les voir comme des obstacles insurmontables, que tu pourras sentir le soleil briller quel que soit le contexte extérieur.

Merci… Mais cela ne m’éclaire pas sur la situation extérieure actuelle. Comment suis-je censée savoir si quitter mon travail actuel représente une fuite ? Que faire pour améliorer mon état de santé ?

Les pistes et les clés te seront données en temps voulu. Prends les choses une par une, et aie confiance. Les choses se dessinent petit à petit, mais tu ne peux pas les contrôler. Chercher à le faire ne serait qu’une source d’angoisse inutile. Concentre toi sur ton intérieur, recherche cet espace de paix en toi, qui ne dépend ni de ton état de santé, ni de ton environnement matériel, ni de ta réussite au travail. Libère toi des jugements et des regards extérieurs. Tu es en arrêt de travail, et alors ? Tu es en dépression, et alors ? Est-ce que cela fait de toi un être moins humain ? Une personne moins aimable ? Est-ce que cela change tes caractéristiques intérieures profondes ?

Tu as besoin de temps pour toi. Tu as besoin de temps pour guérir et cicatriser. Le monde ne s’arrêtera pas de tourner parce tu ne vas pas travailler et ne remplis plus ta mission de parfait petit soldat productif dans cette société capitaliste. Tu sais que j’ai raison.

Que va-t-il arriver si tu ne vas pas au travail ?

Il n’y aura personne pour recevoir et conseiller les agriculteurs…

Et est-ce grave ? Sachant que de toute façon, au fond, tu n’as rien de très utile à leur conseiller, puisque tu ne peux pas les encourager à planter s’il n’existe aucun débouché viable. C’est toi-même qui l’as dit.

Oui… C’est malheureusement la loi du marché. Et ça, je n’y peux rien, mieux vaut s’y conformer. Au final, mon travail a perdu de son sens, et je ne me sens pas utile… Je sais bien que finalement, personne ne va en pâtir, sauf mon supérieur…

Et pourquoi donc ?

Parce qu’il n’aura personne pour justifier le travail fait, pour rédiger les rapports pour les subventions… Et aussi qu’il se sentira obligée de gérer partiellement mon poste en mon absence, peut-être ?

Est-ce ma mission ?

Non.

Mais l’a fait-il déjà ?

Partiellement, il aime se mêler de tout, tout savoir et tout décider. Cela lui donne une illusion de contrôle. Parfois, il reçoit même les agriculteurs « importants » sans me prévenir et sans moi, alors que c’est mon poste… Et puis derrière, me dit de poursuivre l’encadrement, alors que j’ai loupé la 1ere étape importante…

Incohérent, n’est-ce pas ?

Oui, mais j’ai arrêté de chercher à comprendre pourquoi. Ce qui m’agace, c’est qu’il se positionne en « sauveur » et « donneur de service » alors que je ne lui ai rien demandé. Et qu’il suffisait qu’il me retransmette la demande pour que je m’en occupe.

Mais en réalité, il préfère le faire lui-même. Parce qu’il n’a pas confiance en toi. Ce n’est rien de personnel, il n’a confiance en personne. Pour lui, tout le monde à un moment ou un autre le déçoit, par son « incompétence » et pour l’absence de décision. Tu ne peux pas réussir à atteindre son niveau d’attente et de satisfaction. C’est impossible. Personne ne l’a jamais fait, ou s’il le pensait, il est déçu après coup, comme avec Sophie. Ce qui le rend méfiant. En réalité, il est en permanence frustré, car il veut atteindre un niveau d’idéal irréaliste. Ce qui le pousse à être contrôlant, à vouloir tout faire par lui-même, ou à défaut contrôler et prendre les décisions à la place des autres, pour s’assurer qu’elles soient les bonnes.

Tu n’as pas à te sentir dévalorisée ou incompétente face à lui. Car il te pousse à toujours plus, il veut toujours plus, il n’est jamais satisfait. Et il ne le sera jamais, ce dont il ne se rend pas compte, et ce qui va le mener face à de grosses déceptions envers lui-même. La faillite de la structure est inéluctable, que tu sois là ou pas. Cela aurait été quelqu’un d’autre à ta place, cela aurait été pareil, voir même plus rapide. Tu ne peux pas prendre sur toi la responsabilité et la culpabilité de ses échecs à lui.

Et surtout, tu dois apprendre à te détacher émotionnellement. Si tu ne veux pas partir et si tu culpabilises à être en arrêt maladie, c’est parce que tu as peur de le décevoir lui. Bien que tu ais la preuve de son manque de compétences dans certains domaines, de ces décisions parfois contestables, de son comportement colérique, tu te comportes avec lui comme avec un père. Tu ne veux pas le décevoir, à tout prix. Cela ne tient pas de la raison et de la logique, mais de l’émotionnel et des blessures non guéries que tu portes en toi.

Nous t’invitions à réfléchir en douceur sur ta relation avec ton père. C’est ce côté-là que tu devrais explorer avec la psychologue, si tu veux parvenir à surmonter ce blocage dans le cadre du travail. Tu ne peux pas exprimer pleinement tes compétences et ton potentiel, si tu reproduis des schémas type sauveur/victime, sauveur/bourreau, mais bien plus encore le schéma père/enfant. Tu réalises un transfert de blessures de la relation père/fille dans le cadre de tes relations à l’autorité.

C’est une réalité. Certes douloureuse et déstabilisante, mais une réalité à accepter avec douceur et gentillesse envers toi-même. Pourquoi répètes-tu ce schéma ? Qu’attends-tu de ce père dont tu cherches si avidement la reconnaissance et la fierté ? Pourquoi cette peur de la crise de colère ? D’être source de déception chez l’autre ?

C’est vraiment un travail difficile pour moi… C’est faire tomber de son piédestal mon propre père. Je sais qu’il n’est pas parfait. J’ai compris qu’il était impliqué dans un certain nombre de blocages sur ma féminité engendrés à l’adolescence. Mais en accepter encore d’autres… Comment croire qu’il peut m’aimer si fort et en même temps avoir provoqué tant de souffrances en moi ? Comment est-ce possible, comment est-ce seulement compatible ?

Alors admettre que ton père a commis des fautes envers toi revient à admettre qu’il ne t’aime pas ? Je ne te demande pas de réfléchir, mais seulement de laisser tes émotions sortir.

Oui, peut-être, je ne sais pas ! Comment pourrait-il m’avoir tant marquée et blessée sans en être conscient ? Ce n’est pas l’image que j’ai de lui. L’image que j’ai de lui, c’est que s’il savait combien il m’a fait du mal inconsciemment par ses comportements, il en serait absolument atterré, déprimé et il en culpabiliserait à mort. Il a un cœur tellement bon, qu’il serait incapable de se pardonner à lui-même… Je ne veux pas qu’il sache.

Alors tu cherches à le protéger lui ? En refusant d’admettre tes blessures, tu penses le préserver de la culpabilité et de la tristesse ?

Peut-être, on dirait… Pourtant, je ne suis pas obligée de lui dire… Je trouve ça extrême comme comportement : refuser inconsciemment d’admettre ses peurs et ses blessures par peur de faire souffrir la personne qui les a déclenchés…

Les méandres du mental sont complexes. Tant que tu ne les mets pas en lumière, il est difficile de les dépasser, et tu peux longtemps rester à errer et être perdue. Voilà pourquoi je suis intervenue. Maintenant que ce mécanisme est porté à ta conscience, je t’invite à l’explorer et le travailler avec ta psychologue. Elle saura t’aiguiller en douceur pour comprends son origine. Tâche de faire preuve d’ouverture et d’accepter de dépasser tes résistances sur le sujet.

Rappelle-toi que c’est pour toi-même que tu fais ce travail, et juste pour toi. Que c’est pour sourire et sentir le soleil briller, comme tu l’as dit. Tu n’as pas de compte à rendre, pas de peur des jugements à avoir. Le travail que tu fais est difficile, mais tu es courageuse. Il te faut croire un peu plus en toi. Tout doucement, pas à pas, « tu vas y arriver ». Tu es déjà sur le chemin, il est sous tes pas. Tu n’as nulle part où aller, tu y es déjà, tu as seulement à le réaliser…

Merci…

21 octobre 2016

 

Tomber de haut…

Artiste : Guweiz
Artiste : Guweiz

Je suis découragée. Aujourd’hui mon supérieur a eu une « petite conversation » avec moi pour m’expliquer que mon dernier email était très mal passé et que de façon globale, j’étais trop autoritaire dans mes formulations à l’écrit. Autant dire que je suis tombée de très très haut, que je ne l’avais pas vu venir et que je ne m’en rendais absolument pas compte…

Je suis capable d’entendre la critique, d’admettre que je me suis trompée. J’ai envoyé un email d’excuses et j’ai reformulé le contenu.  Il est vrai que j’ai écrit ce mail en urgence avant de partir en RDV chez le médecin, que j’étais fatiguée et avec l’esprit pas clair, que c’était à rendre au plus vite. J’admets à la relecture que mon email était en effet très mal rédigé. J’ai conscience que mon état de santé n’est pas une excuse. Mais cela me pose un terrible problème, celui de l’impact de ma santé et de mon endométriose sur la qualité de mon travail…

Clairement, j’ai fait une erreur, mais ces temps-ci je suis perpétuellement dans cet état de fatigue. Alors comment y faire face au travail ? Parce que je prends conscience d’à quel point la fatigue altère mon jugement, me rend négligente et surtout sabote mon sens critique. C’est ce dernier point le pire je crois. Je n’arrive pas à prendre de recul sur ce que je fais, ce que j’écris, la pertinence des choix à faire… Et cet après-midi encore, j’ai pris conscience une fois de plus de toute mon ignorance au sein de mon nouveau poste. Pour combler ça, il faut travailler plus, apprendre plus : mais comment apprendre quand je n’arrive déjà pas à gérer les sujets que je connais à cause de la fatigue ? Il faudrait également que j’aille beaucoup plus sur le terrain, car finalement, il n’y a que comme ça qu’on apprend la connaissance réelle des plantes et de leurs conditions de développement. Mais qui dit terrain, dit beaucoup d’heures et des journées physiques. Et alors je ne tiens pas le rythme au niveau corps et santé.

Et je me demande « suis-je faite pour ce travail » ? Y a-t-il seulement un poste qui peut me convenir avec mon état de santé ? Et je suis profondément découragée. Parce que ce que m’a dit mon supérieur ne m’a pas mise en colère, ni révoltée (même si une part de mon égo en a envie). Je reconnais que j’ai des tendances autoritaires inconscientes avec ma forte personnalité et mon envie de faire avancer les choses. Mais je ne pensais pas qu’elles ressortaient dans mon poste actuel, outre les discussions sur les heures supplémentaires et les plannings… Et finalement tout ça me rend profondément triste. Ce que cela a soulevé en moi, c’est une terrible envie de pleurer. J’essaye de faire les choses bien et je n’y arrive pas. Pire, j’ai l’impression de faire énormément d’efforts pour m’assouplir auprès de mon supérieur, accepter les ordres, les tâches et les missions sans intérêt qui ne sont pas vraiment de mon niveau de compétence officiel, pour constater qu’à priori mes efforts ne payent pas, et que malgré tout ça je suis « autoritaire » sans m’en rendre compte. J’ai l’impression qu’au final, je n’ai pas avancé.

Je me sens coincée dans un boulot où finalement les tâches que je fais ne me stimulent pas intellectuellement. Alors que je suis chargée de mission, c’est mon supérieur qui prend toutes les décisions et décide de mon emploi du temps. Cela me convenait quand j’étais volontaire, de n’être qu’une petite main, mais je pensais que cela allait évoluer en passant sur un vrai poste… Parce que quelque part c’est déresponsabilisant, on s’habitue à laisser l’autre décider, orienter etc. Du coup j’ai l’impression de perdre mon sens critique et mes capacités de réflexion et je déteste ça. J’ai le sentiment de ne faire que réaliser une liste de tâche sans vraiment apporter quelque chose, gérer ma mission.

Mais en même temps, quand je vois la journée d’aujourd’hui, je me demande : mais serais-je réellement capable de gérer seule ma mission au vu de mon état de santé ? De mon manque de connaissances du terrain ici ? Ne suis-je pas prétentieuse de penser que je ne fais pas des tâches à la hauteur de mes compétences ? Quand je ne suis pas capable pendant certaines périodes de faire face à cause de la fatigue ?

J’ai ce tiraillement entre l’ennui intellectuel qui me pousse à dire que je pourrais faire mieux et utiliser mes capacités de réflexion de façon plus épanouissante, et cette réalité concrète de voir qu’en réalité je ne suis pas au niveau de mon corps physique. D’un côté cette soif de connaissance scientifique, de challenges et de défis intellectuels, et de l’autre ce manque total de confiance en moi et mes capacités à faire face aux situations actuelles. Et je n’arrive pas à concilier les deux. Je me sens démunie, impuissante, prétentieuse, incompétente et en même temps tellement frustrée par cette situation où j’ai le sentiment de ne pas être à ma place et de ne pas réussir à apporter ce que je pourrais.

Je suis découragée de me heurter encore et encore à ces problèmes d’autorité, de devoir se plier aux ordres, etc etc. Même quand j’essaye de faire des efforts conscients, cela ressort inconsciemment. Et mon thème astro qui me dit que c’est un de mes défis, d’apprendre à assouplir mon égo et plier comme le roseau pour être capable de développer ma créativité différemment.  Je me dis que si je suis si peu consciente de l’autorité que je renvoie sans le vouloir, comment étais-je réellement dans mon poste précédent ? J’ai toujours parlé de mon patron comme quelqu’un de manipulateur pour toujours en avoir plus, et qui mettait une forte pression. Mais n’avais-je pas finalement une réaction inconsciente de contestation de son autorité et un braquage dans mon comportement face à lui ?

Je ne sais plus rien. Evidement que je me remets en question quand on me fait remarquer des éléments qui ne vont pas. Evidement que je vais essayer de prendre du recul pour voir si c’est fondé et si tel est le cas essayer de rectifier les choses, de faire des efforts. Mais pourquoi à chaque fois cela m’ébranle-t-il autant dans mes fondations ? Me fait perdre totalement confiance en moi et en mes capacités ? Pourquoi cela provoque-t-il en moi une telle vague de souffrance et de désespoir ? Pourquoi cette réaction émotionnelle disproportionnée ? J’ai juste envie de me rouler en boule, de tout abandonner, de rentrer à la maison, de quitter l’île et mon travail… Pourquoi ?

Je n’ai pas de réponse rationnelle. Juste une blessure béante on dirait. J’essaye alors de faire preuve de douceur avec moi-même, de me laisser le temps de digérer. Mais peut-on s’auto-consoler d’une souffrance irrationnelle dont on ne comprend même pas la cause profonde ?

3 juin 2016