La force du végétal

Artiste : Päivi Valkonen
Artiste : Päivi Valkonen

« Mises dans des conditions franchement défavorables, les plantes [notamment les arbres] peuvent évidemment mourir ; mais si vivre reste possible, elles surmontent les difficultés avec une opiniâtreté qui force l’admiration. Si j’osais cette métaphore animale, je parlerais de leur « courage » ; elles ne se contentent pas de survivre, elles reprennent leur place dans la végétation d’origine et, si les conditions redeviennent favorables, elles parviennent à effacer toute trace de périodes difficiles, aidés en cela par leur autonomie, par le fait qu’elles n’éprouvent aucune difficulté à changer de forme et par la manière qu’elles ont de disposer du temps. »

Eloge de la plante, Francis Hallé

Quand je suis tombée sur ce passage dans ma lecture, j’ai eu comme un tilt dans ma tête. Alors que ces derniers jours je réfléchis et j’échange sur les sujets de blessure de l’âme, de processus de guérison, de cicatrice sur le blog de Sylvie. Je suis admirative de la capacité du végétal à non pas « survivre », comme nous humains le faisons pour la majorité, mais à vivre et s’étendre, à rayonner et grandir, à « guérir » malgré les épreuves traversées. L’arbre et les plantes sont vraiment fascinantes, et je pense que si on prenait le temps de les observer, de les comprendre, on pourrait apprendre beaucoup d’elles… Car j’aimerais avoir ces qualités-là, à défaut qu’elles soient physiques, mais au moins sur les plans émotionnels, mentaux et énergétiques.

Certes quand on coupe la branche d’un arbre, elle n’est pas exactement remplacée, au même endroit avec la même structure, et il reste une cicatrice : on peut voir sur le tronc le nœud correspondant à la branche coupée. Mais l’arbre fait pousser une nouvelle branche à proximité pour remplir ce « vide » dans l’espace qui l’entoure et le valoriser.

Si un arbre tombe, et s’il est dans des conditions favorables (lumière, humidité, comme on peut en trouver dans une forêt tropicale), des rejets vont pousser sur ses racines, son tronc, ses branches. De « l’individu » couché au sol, il va se former sur cette ligne plusieurs nouveaux « individus », des répétitions d’une branche qui font en grandissant se transformer en arbre alors que le tronc d’origine va se décomposer autour et finir par disparaitre. Fort de cette apparente mort, un arbre renait en une colonie d’arbre. C’est un mécanisme fascinant !

Transposons cela à l’image énergétique d’un être humain : à chaque « mort spirituelle », celle où l’on abandonne une part de soi qui ne nous est plus utile (schémas de pensées négatifs, peurs cristallisées, etc), on serait, en mimant le principe de l’arbre, capable de renaitre à soi sous de multiples et nouvelles facettes, toutes plus jeunes et vigoureuses, nous permettant d’élargir notre enracinement dans le monde et d’étendre notre champ d’existence (et donc de conscience). Ce serait en soi un puissant processus d’évolution spirituel. Décidément, je n’en démords pas dans l’idée que les arbres feraient des guides spirituels fascinants pour ceux capable de travailler avec eux et d’arriver à leur portée ! Cela me fait envie !

6 décembre 2016

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Samhain

Artiste :
Artiste : Dark134

 

Prier la nuit d’exaucer ses souhaits
Écouter le souffle des désincarnés
Inspirer l’odeur âcre de la fumée

Regarder l’étincelle danser
Appeler la joie à se renouveler
Honorer la vie sacrée

Rire de la mort
Sentir son âme éclore
Renaître au monde différente
Accepter sa lumière éclatante

A la Lune dansante
A la vie comme à la mort
A la nuit chantante
Être soi encore

 

31 octobre 2015

Savourer

Savourer

Être dans une bulle de lumière et de douceur
Reprendre son souffle… enfin
Sentir l’énergie de nouveau circuler
Faire peau neuve et se régénérer

Se sentir douce et sublime
Libérée
Un appel à la vie, un appel à la légèreté
Déchirer le voile trouble des responsabilités

Appeler le ventFeather_in_Bubble_by_Amy_Smith
Être une plume et se laisser bercer
Tendrement

Respirer
Librement
Relever les yeux
Vers le firmament

Enfin
Encore un peu
Ici et maintenant

Remercier

© Witchlight Dreams
16 février 2013
Source Image : Amy-Smith

Automne

Dans la terreur du matin frais
j’entraperçois le grand Roi.
À l’ombre de ses bois
il semble à l’affût de ma transformation éveillée.

De ses visites dans mon sommeil
je ne garde qu’une écharpe de brume
bien assez floue et irréelle.

Le maître d’automne m’a appelée.
Émoustillée par sa voix suave,
chargée du souffle des vents déchaînés,
je cours me perdre dans la richesse de la terre brune.

Le feu des arbres réveille en moi
l’écho de la terrible chasseresse des bois.
Et me voici sur les sentiers de terre,
serpentant entre les hauts branchages et les jets de lierre,
à la quête inconsciente de l’essence sombre.

C’est l’heure bienvenue de la mort.
Abandonnant tout ce qui m’entrave à ce monde
Je revis dans les ténèbres profondes
du froid mordant de l’hiver d’or.

Saisissante renaissance
que le parfum de la pluie purifiante !
À la mousse, à la pierre, et au bois figé
j’adresse ma douce félicité.
Qu’il est bon de sentir la terre s’endormir
pour raviver le remuant souvenir,
que de mon sang chaud coule la vie
si impétueuse guerrière face à la Nuit.

Bienvenue Heure du Soir
qui couche sur moi ton grave savoir.
Comme la graine enfouie sous le tapis de feuilles colorées,
Par le froid et les ténèbres il me faut passer
Pour demain au printemps
de lumière éclater.

Automne, je te bénis de me purifier.

© Witchlight Dreams
28 octobre 2012

Source Image : puddlz