Sur le bord de la route…

Auteur photo : Les rêves de Celia ©

Auteur photo : Les rêves de Celia ©

Je me sens stressée et oppressée depuis que je suis revenue du travail. Cela fait à peine 2 jours que j’ai repris, et je suis épuisée. Je compte les heures et les journées passent à un rythme tellement lent… Je ne comprends pas comment cela se fait, alors que ce n’était pas comme ça au début, que j’aimais ce que je faisais. Et que mince, j’ai quand même l’opportunité de faire un travail assez unique en son genre, dont je n’aurai pu rêver en sortant de l’école ! Je ne comprends pas et cela me désespère…

C’est une mauvaise passe à supporter. Le problème c’est que le travail seul n’est pas le plus important. Il y a aussi l’ambiance, les relations au travail, les énergies qui t’entourent et te pèsent. Et comme tu ne sais pas maitrisée ton hypersensibilité, tu te prends tout de plein fouet.

Mais je ne sais pas comment faire. Même en essayant de prendre mes distances, de ne pas rentrer plus dans la conversation, de ne pas rebondir sur les plaintes de mon collègue, rien n’y fait… Sa colère, sa frustration, son angoisse, son ras le bol, j’ai l’impression de tout me prendre en pleine figure. Comme s’il essayait de se décharger de toutes ces émotions sur moi. Mais je ne suis pas sûre qu’il en soit conscient. Après tout, peu de gens considèrent que les émotions sont des énergies (ou plutôt des charges portées par une énergie) qui peuvent s’envoyer, se recevoir, se ressentir. Et ça m’énerve, parce que j’essaye de me protéger, j’essaye de ne pas rentrer dans son jeu, de garder mes barrières pour ne pas prendre ce qui ne m’appartient pas. Mais c’est comme si j’étais une éponge malgré moi. Je ne peux quand même pas arrêter de parler avec et éviter mon supérieur ! Alors je ne sais pas comment faire… Vraiment pas comment faire. Je ne peux pas lui en parler de manière frontale, il ne comprendrait pas et se braquerait… Je ne peux pas éviter de lui parler quand je fais du covoiturage avec lui… J’essaye alors de réorienter le sujet vers quelque chose de « plus » léger. Mais on dirait qu’il a besoin d’une oreille et que je joue bien ce rôle malgré moi. Je n’en peux plus, je ne sais plus comment gérer ça…

Et puis ?

Et puis le climat au travail est merdique. On n’a pas reçu les subventions, alors c’est super compliqué pour nous payer, pour ceci, pour cela… J’ai surpris sans le vouloir une conversation qui m’a glacé. Ils parlaient de licencier une de mes collègues indirectes, affiliée à une autre structure. Alors que la présidente me l’a présenté comme une de ses filles quand je suis arrivée, que cela fait des années qu’elle est là, ils lui cassaient du sucre dans son dos. J’imagine que puisqu’il n’y a pas d’argent, toutes les excuses sont bonnes pour la virer… Je n’en revenais pas. Et sa collègue qui en rajoutait une couche, comme pour dire « c’est elle qui ne vend pas assez, c’est elle qu’il faut virer »… Horrifiée d’entendre ça, horrifiée de savoir ça alors que cette personne ne le sait pas… Je ne sais rien de leurs histoires, de la véracité de leurs arguments, et je ne veux pas savoir. Mais cela me fait me poser des questions. Après un de mes collègues m’affirmant que c’était cette personne qui se salissait le plus les mains et faisait le job « ouvrier », je me demande comment va faire l’autre collègue qui ne veut pas se casser un ongle pour tout faire toute seule.

Et si on la vire elle, alors pourquoi pas moi ? Bref, une belle claque dans ma figure pour me rappeler que, même si j’ai signé un CDI, ce n’est pas pour autant que mon poste est stable… Qui sait ? Si ça continue comme ça je pourrais bien être licenciée économiquement. Pas forcément parce qu’ils ne voudraient plus de moi, mais parce qu’ils n’auraient pas reçu les subventions pour nous payer… J’essaye de ne pas y penser, parce que de toute façon je n’ai aucun pouvoir là-dessus, mais cela n’allège pas les tensions.

Mais que puis-je faire s’il décide de me virer parce que mon boulot ne leur convient pas sur mon nouveau poste ? Je me sens vraiment incompétente et en insécurité, car les outils ne m’ont pas été transmis, je n’ai pas été formée sur le terrain. Alors, je sais que ce n’est pas ma faute… mais si eux décident qu’ils s’en foutent et veulent me remplacer par un autre VSC arrivant qui connaît mieux les plantes ?

Et bien alléluia, tu rentreras en métropole. Ce n’est pas ce que tu veux ?

Pas dans ces conditions-là. Et puis, j’ai besoin d’un peu plus de temps ici, je me suis donnée une année pour explorer les pistes qui me sont offertes ici, sur ma maladie, sur mon féminin, sur les cercles de femmes. Alors si les circonstances font que je dois rentrer, je rentrerais, mais ça serait dommage. De toute façon peu de choses m’attendent en métropole. Certes il y a ma famille, et quelques amies éparpillées aux 4 coins de la France. Mais ce n’est pas avec eux que je vais vivre au quotidien. Je ne me vois pas ré emménager chez mes parents entre autre…

Ce que j’aimerais juste, c’est que mon travail ne soit pas un enfer au quotidien. Parce que ma vie me semble bien difficile en ce moment. Entre mes galères de voiture, ma maladie, me remettre de ma rupture, la solitude, je crois que je craque.  La nourriture n’arrive même plus à être une compensation, une motivation ou une récompense, comme d’habitude. Aucune activité ne me donne une perspective de joie, tout me semble être une corvée, même les cours d’astrologie et j’ai envie d’abandonner. A quoi bon ? Je n’ai pas envie d’apprendre l’étude des relations de couple dans un thème…

C’est parce que tu n’as pas fini le deuil de ton couple.

Je ne sais pas si je le finirais un jour tu vois. Alors je sais, tout le monde dit ça quand il sort d’une relation longue qui a beaucoup affecté la personne. Mais je ne suis pas du genre à me remettre en couple pour oublier, pour guérir ou pour me chercher mieux. Je suis plutôt du genre à panser seule mes blessures et les lécher jusqu’à ce qu’elles soient à peu près propres et si possible cicatrisées.

Mais je ne sais pas comment cicatriser de cette relation. J’ai juste l’impression d’avoir perdu le gout de vivre et de ne pas savoir comment le retrouver… Tout le monde trouve ça normal, mais cela fait déjà 6 mois et je trouve ça long… Comment lui a-t-il pu passer à autre chose en moins de 3 mois ? Comment ? J’aimerais bien moi aussi ! Mais même en ayant pris conscience de nos besoins différents, une part de moi inconsciente n’arrive pas à tourner la page. Je rêve encore de lui. Les rappels de lui me sont douloureux.

J’ai décidé d’être patiente avec moi-même. De ne pas me forcer, de ne pas me fustiger pour réussir à tourner la page. Malgré cela, je me sens désemparée… Jusqu’à quelle profondeur de mon être ai-je donc été blessée ? Comment en guérir durablement ? Quand cette histoire n’a fait que remué le couteaux dans la plaie de mes blessures préexistantes.

Alors je sais que je dois guérir mes vieilles blessures pour que cette rupture ne me fasse plus aussi mal. Mais je ne connais pas de miracle. Juste le temps qui passe pour laisser le temps de guérir et de la douceur pour panser les plaies. Mais je crois que je suis une piètre infirmière. C’est toujours plus facile pour les autres, d’avoir l’oreille attentive, de trouver les mots, d’apporter un soutien sans jugement. Quand c’est avec soi-même, c’est une tout autre histoire. Et la volonté de s’apporter à soi-même de la douceur ne permet pas forcément de déverrouiller son propre cœur et d’arriver à ressentir de l’amour envers soi-même.

Je sais qu’il est vain de le détester pour tout ça. Que quelque part c’était inéluctable à partir du moment où l‘on s’est rencontré. Des fois, je me dis que ce serait plus simple, d’être en colère contre lui, plutôt que de ressentir cet océan de tristesse, ce vide, cette absence de couleurs. Comme si ma vie était devenue terne, n’avait plus la même saveur, quoi que j’y fasse.

Cela me rend presque les lèvres acides, d’admettre ce trou dans mon cœur qui ne se répare pas, alors que lui a continué a tracé son chemin, s’est remis en couple. Comme un aveu de faiblesse. Comme un aveu d’un trop plein d’amour dont il ne se serait jamais rendu compte. Comme un sentiment de rester cassée sur le bord de la route, le destin ayant méchamment joué avec mon cœur.

Et je m’en veux à moi-même d’être encore si attachée à lui, d’avoir tous ces souvenirs qui remontent et cette envie de rentrer chez lui en disant « tadaima ». J’ai parfois envie de déchirer tous ces souvenirs de ma tête tellement ils sont douloureux. J’ai beau essayer de les fuir, ils ne font que m’exploser au visage. Le battement accéléré de mon cœur alors que je prenais l’ascenseur pour chez lui, toujours, peu importe le nombre de fois. Le son de sa voix lorsqu’il m’accueillait tout heureux de me voir rentrer. Les pas feutrés sur la moquette, le canapé rouge. Son odeur, la douceur de sa peau, le goût de sa bouche. La douceur et l’amour dans son regard… Comment des choses qui m’ont rendu si heureuses peuvent-elles maintenant me faire tant de mal par leur absence et leur souvenir ?

12 avril 2016

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Lune noire

Artiste :

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Je me demande comment ça se fait que j’aie mes lunes aujourd’hui, alors que je n’ai plus de cycles et qu’en plus c’est déjà arrivé par accident le mois dernier…

Parce que c’est la lune noire et que tu es en plein processus de purification.

Je me sens épuisée, à l’ouest comme quand les énergies sont trop fortes, et en plus j’ai très mal dormi… J’ai fait ces rêves perturbants, que je ne sais pas comment interpréter.

Et si on essayait ?

Oui, j’aimerais bien. Je pense que leur message est important mais je n’arrive pas à savoir si c’étaient des rêves évacuateurs, des rêves spirituels ou autre…

Décris-moi le premier.

Il était très bizarre. J’ai rêvé de mon ex. On était encore ensemble, et on vivait ensemble mais cela se passait mal. Il était possessif et hyper contrôlant. Dans le rêve il m’avait enfermé dans une pièce de la maison (la salle de bain ?) pour ne pas que je sorte en son absence. Je décidais que c’en était assez. Je n’étais pas en colère, mais les masques tombaient et je me rendais compte qu’il m’emprisonnait. Je lui disais ses quatre vérités et je partais. Je lui disais que je ne supportais pas qu’il m’enferme, que j’avais besoin de ma liberté, que j’avais besoin de sortir dehors, voir la nature, mes amis, de faire ce que je voulais comme je le sentais. Il essayait de me retenir mais je partais.

Alors que j’étais à l’aéroport, j’observais dans une boutique les produits de beauté d’une marque gothique qui faisait des vernis à ongle. Puis je voyais ce flacon à parfum magnifique, en forme de pomme, en verre rouge et doré. Il y en avait des tas, tous vides. Je le trouvais beau et je me demandais si j’allais l’acheter. Quand tout à coup, mon ex est apparu pour une dernière tentative afin de me retenir. Il n’arrivait pas à me convaincre et à défaut me rendait les carrés de chocolat que je lui avais offert et qu’il n’avait pas mangé.

Comment t’es-tu senti après ce rêve ?

Et bien je crois que cela m’a tellement perturbé que je me suis réveillée. Je n’étais ni triste, ni en colère, mais plutôt choquée que ce soit lui qui me court après dans mon rêve… alors que c’est lui qui m’a quitté dans la réalité. Je me suis demandé si ce rêve était une projection de mon esprit, ou si je m’étais connectée à lui. Parce que c’était spécial. Le début n’était pas très net, mais la fin oui. J’étais totalement désorientée à mon réveil, comme si je revenais d’ailleurs ?

Qu’est ce qui te fait penser que cela pourrait être un rêve évacuateur ?

Eh bien, j’ai aussitôt repensé à ce rituel pour couper les liens énergétiques dont on m’a parlé ce dimanche et que je voulais effectuer par rapport à mon ex-compagnon. Je me suis dit que c’est mon inconscient qui travaillait sur ça… Et m’envoyer un message pour le faire.

Pas ton inconscient, mais oui, c’est un message pour t’encourager à te libérer des liens qui t’emprisonnent à ton ex-compagnon. On va étudier ton rêve plus en détail, mais tu as compris le message de fond. La nouvelle lune est une période particulièrement propice pour couper des liens, exorciser des énergies et se défaire d’envoûtements. Il est temps pour toi de te libérer des énergies de ton ex-compagnon qui sont encore fortes et entremêlées aux tiennes, surtout sur le plan de la sexualité. Voilà pourquoi tu avais fait autant de rêves à ce sujet avec lui, tu avais beaucoup de choses à purifier et lâcher.

Enfin, même maintenant, j’ai du mal à ne pas penser en lui dès que je me penche sur le sujet de la sexualité.

C’est normal. Etudions ton rêve. Il t’enfermait dans une pièce close. Et tu ne te souviens pas très bien mais il te semble que c’était une salle de bain. La pièce qui représente l’intimité pour toi.

Franchement je ne vois pas. Je vais chercher la signification des symboles.

Ah, l’aéroport je sais ! C’est là on l’on décolle avec les avions, et les avions représentent un transport dans l’air, soit une avancée/un décollage dans le domaine spirituel.

Oui c’est ça

La pomme : « Les pommes rouges symbolisent l’Amour amoureux et la tentation à laquelle on a déjà succombé, pour notre plus grand bonheur. […] Toutefois, les pommes ne sont que le signe d’un Amour qui a vocation à muer voire à ne durer qu’un temps (même relativement long ). Elles ne sont pas le symbole de l’Amour parfait entre deux êtres.» (source : Sylvie)

Mais tu dois le coupler au fait qu’ici, c’est un flacon vide, donc un contenant et n’importe lequel mais pour du parfum. Que signifie le vide ?

Une pomme vidée de son amour ? Hum, elle ne contient pas de parfum, mais elle n’en a jamais contenu. Que signifie le parfum, c’est quelque chose qui sent bon et que l’on met pour avoir une odeur attirante, c’est lié à la séduction ?

Tu hésitais à acheter un nouveau réceptacle à la séduction pour une forme d’amour amoureux. Et c’est là que ton ex a ressurgi, te coupant dans ta réflexion sur ton achat. Comprends bien que maintenant il t’empêche d’avancer, autant sur le plan de ton évolution personnelle (la liberté de faire et devenir qui tu veux) que celui des sentiments, mais aussi de la sexualité.

Si lui a décidé de rompre, a décidé de se remettre en couple, sache que cela ne signifie pas pour autant que son âme a renoncé à toi. Mais tu as bien vu qu’il a un karma à régler avec le couple, aussi cela ne t’étonne plus qu’il se soit jeté bille en tête dans une autre relation. A un moment, il risque de le regretter et de chercher inconsciemment à se reconnecter à tes énergies. C’est là que cela va toi t’handicaper et te freiner.

Tu as pris la mesure de ta perte, de ta douleur, de ta blessure et des répercussions mentales, émotionnelles et même physiques sur toi. Tu as cerné le contour de tes blessures, tu as accepté la situation et la réalité. Tu sais que tu n’as pas la puissance de la changer là tout de suite. Tu as compris aussi qu’en réalité vous vous étiez tous les deux illusionnés. Lui projetait sur toi des espérances et des attentes impossibles à combler et toi tu attendais de lui un sauveur. En réalité, vous avez vécu une relation passionnelle et émotionnelle très forte mais très instable aussi.

Tu as aussi compris que tu étais touchée par l’enfant blessée en lui. Que tu avais envie de conforter et d’aimer, de soigner et de consoler. Malgré toutes les apparences et malgré ses forces. Car il a en effet des blessures non résolues envers sa mère, bien qu’il soit persuadé du contraire. Ignorer ses sentiments de blessures et de déception, ce n’est pas la même chose que les accueillir et les surmonter. Mais c’est son histoire.

La relation à la mère et au père sont bien plus déterminantes que ce que vous pensez. Vous prenez rarement le temps de les analyser en profondeur, pourtant les parents sont ceux qui vous formatent à la naissance, qui par leur façon d’être réveillent des blessures et des blocages pour vous pousser à les travailler et les dépasser. Les parents sont les reflets extérieurs du masculin et du féminin en soi et permettent de mettre en lumière les déséquilibres de l’âme. Ils sont des miroirs et c’est pour ça que l’enfant est miroir pour eux aussi. Ainsi chacun attire à lui l’enfant qui résonnera de façon parfaite.

Tu as compris que tu as des nœuds profonds liés à ta mère, comprends aussi que cela représente ceux qui existent avec ton féminin. Et que tu as tout intérêt à les étudier de plus près. Le thème astrologique est un outil utile pour ça.

Mais revenons-en au sujet de ton rêve. Il te rend les chocolats que tu lui as offerts.

Oui, je les ai reconnus, les mêmes que ceux que je lui avais offert pour notre 1ère saint valentin. Je sais que le chocolat est pour moi synonyme de douceur et que c’est un aliment dont je me sers pour pallier à un manque affectif, un manque d’amour. J’avais quasiment arrêté d’en manger quand j’étais en couple avec lui, je m’y suis remise.

Pourtant, là c’est lui qui te redonnait les chocolats.

Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas si c’est parce qu’il n’en voulait plus venant de ma part ou s’il estimait que j’allais en avoir besoin… Je n’arrive pas à décoder.

Ou tu n’en as pas envie. Ce n’est pas grave. Cela reviendra sous une autre forme.

Merci.

9 mars 2016

PS : pour ceux qui se demandent pourquoi la lune noire de ce mois-ci est si forte en énergies, il paraît que c’est à cause de l’éclipse solaire le même jour

En décalage…

Artiste :

Artiste : Megatruh

J’aime beaucoup lire. Je ne sais pas vous, mais mes envies de lecture varient beaucoup selon les périodes. Parfois je ne lis plus du tout, parfois je vais dévorer livre après livre de façon insatiable. J’aurais envie de dire que cela correspond à un schéma clair, mais ce n’est pas vrai. Parce que les livres ne sont pas toujours mon seul exutoire, cela peut être les séries télés, la nourriture ou d’autres choses.

En ce moment, j’ai envie de livres avec des héroïnes fortes, mais modernes, de celle que l’on pourrait croiser dans la rue, mais avec une touche de magie ou de fantastique dans l’univers du livre. Comme s’il y avait mieux que la simple réalité que l’on peut percevoir avec nos yeux.

Pourtant, je n’ai pas envie de lire ces romans de fantastique ou de SF dans des univers totalement différents, avec des guerres et des épopées. Non j’ai envie de quelque chose de réaliste, mais pas de violent ou de cruel. De belles histoires qui touchent mais aussi qui redonnent de l’espoir, en son prochain, en l’autre.

En ce moment je n’arrête pas de lire, je sais que quelque part c’est une fuite de la réalité. Probablement celle de ma souffrance d’avoir vu l’être aimé partir. De tous ses rêves que je fais de lui, où l’on couche ensemble, où il est là aux mariages de famille. Mais cette nuit c’était différent, je lui disais au revoir dans mon rêve. Et je n’ai pas pu me rendormir après ça… Je ne peux pas chasser la tristesse de ce rêve de mon esprit, tristesse qui fait écho à ma douleur enfouie.

Et je suis angoissée, stressée, je n’arrive pas à me poser, à méditer, à me sentir à l’aise. Je me sens tellement seule, alors que parfois j’aimerais juste appeler une bonne amie, commander une pizza et regarder un bon film avec elle, juste histoire de me changer les idées. Mais je n’ai personne de comme ça ici, personne à appeler… ça me parait triste.

Des fois j’ai l’impression d’être une handicapée sociale, parce que sortir avec les gens « de mon âge » ne m’intéresse pas, je n’ai pas envie d’aller en boîte où la musique me casse la tête, je n’ai pas envie de sortir pour me mettre une mine car je n’aime pas l’alcool. Alors j’essaye de faire des choses qui me plaisent et m’intéressent en espérant rencontrer des gens avec qui le courant passe. Mais que ce soit les cours d’astrologie ou les stages de guérison sur le féminin, je ne rencontre que des femmes entre 40 et 60 ans. Pas que ça me pose un problème en soi, mais elles n’ont pas d’intérêt à se lier d’amitié avec moi alors qu’elles ont déjà leur vie. Ce n’est pas elles que je vais appeler à l’improviste pour manger une pizza alors qu’elles ont une famille et une maison dont elles doivent s’occuper…

Je me sens parfois tellement en décalage… Je me dis qu’il y a peut-être une raison, mais elle m’échappe totalement. Faire les choses à l’envers ? Suis-je donc dans la phase de la « Vieille Femme » ? Mon corps est en ménopause artificielle, je suis faible et épuisée comme une vieille femme. Mes centres d’intérêts ne semblent intéresser que des femmes plus âgées et je ne rencontre personne de mon âge. Suis-je donc une « vieille personne » dans un corps de 25 ans ? Je sais qu’il ne sert à rien de comparer, de regarder à côté, mais je ne peux pas m’en empêcher, tant parfois je me sens à côté de la plaque. Sans comprendre pourquoi….

Je sais que c’est parce que je n’ai pas rencontré les bonnes personnes. Que chaque rencontre vient en son temps, et que si je suis aussi seule, c’est probablement pour me forcer à m’observer moi, apprendre à prendre soin de moi, à me connaitre et à m’aimer. Mais des fois le chemin me semble bien difficile. Et je suis découragée.

Comme je suis découragée pour mes cours d’astrologie. Je me dis, à quoi bon continuer ? Sans travailler, cela ne rime à rien, et je ne suis plus motivée pour le faire. Au début je l’étais, j’avais hâte d’être capable d’analyser mon thème, d’identifier les obstacles et les atouts de départ dans ma vie. Mais depuis le dernier cours, depuis que j’ai vu cette combinaison qui signale l’épreuve de la perte d’un homme cher dans ma vie (père ou mari), je me dis à quoi bon ? Je n’ai pas envie de savoir à l’avance ce genre de chose, je n’ai pas envie de m’en inquiéter, d’angoisser pour des évènements pour lesquels je ne peux rien.

Et la réalité c’est que j’ai peur d’analyser mon thème, de voir combien d’obstacles m’attendent, encore et encore. D’être encore plus découragée, parce que j’ai vu tous ces traits rouges (carrés pour ceux qui connaissent) qui sont sources de difficultés sur mon thème, je sais qu’il y en a un paquet, tout comme des planètes rétrogrades, qui signalent des choses karmiques à régler et des épreuves en lien avec celles-ci. Comme si je n’en avais déjà pas assez bavé depuis mon adolescence. Et je suis vraiment fatiguée.

Alors à quoi bon ? La majorité des gens au cours d’astro ont déjà dépassé plus de la moitié de leur vie, et ils sont contents d’avoir des éléments pour comprendre les schémas vécus et ne pas les répéter. Mais moi qui n’ai encore pas tant vécu que ça, je ne suis pas pressée de les découvrir… Alors je ne sais pas quoi faire ? Devrais-je continuer ou arrêter l’astro ? Les 2 profs que j’ai vu m’ont dit que d’après mon thème, j’avais des prédispositions en la matière, mais pourquoi ? Ce n’est pas comme si ça intéressait mes proches et qu’ils me demandaient de m’entrainer sur leur thème… Je n’ai pas l’impression que c’est une passion révélée, juste une curiosité passagère peut être… Et j’ai beau chercher la réponse en moi, je ne la trouve pas.

7 février 2016

Falling apart…

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Artiste : Sylar113

Combien de fois peut-on fermer une porte ?
Combien de fois peut-on couper le lien encore et encore, toujours plus ?
Combien de fois ne peut-on répondre à un appel que par du silence ?
Combien de fois peut-on être frappée au cœur sans mourir ?

I can’t go through it.
Je LE déteste de me faire souffrir. Je ME déteste d’être brisée. Pourquoi suis-je dans un tel état ? Comment puis-je me relever ? Cela me semble impossible. Plus le temps passe et plus je coule, ne voyant ni de raison, ni d’espoir. Il n’y a que le présent infiniment douloureux, une torture que je voudrais abrégée.

Et j’ai envie de lui hurler « Es-tu plus heureux comme ça ? »
J’ai l’impression de ne plus te connaître, un inconnu derrière un mur froid et immense, et cela me fait tellement mal. Dans ce silence, c’est comme si tous tes mots passés et tes promesses se diluaient, n’avaient plus de réalité. Ne reste que celle du vide, de ton départ, de mon cœur déchiré.

Tu sembles vouloir tout effacer, comme si cela pouvait te soulager. Et je ne comprends plus rien. Préfères-tu considérer que je suis comme morte pour toi ?

Dans l’instant de souffrance, je ne retiens qu’une chose.
Je ne veux plus aimer. Je ne veux plus ouvrir mon cœur pour qu’il soit piétiné.

11 décembre 2015

Peine et rancune

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Artiste : Sylar113

Je me promène et j’observe les maisons, je devine les jardins secrets cachés derrière les haies, j’entraperçois un intérieur accueillant, par là des guirlandes de Noel. L’air est agréable à cette heure-là alors que le soleil se couche et que le ciel est tenté d’orangé. Je devrais me sentir bien, à respirer ces odeurs végétales. Mais je me sens triste.

J’ai envie d’avoir un cocon, une maison où rentrer avec joie, un écrin de verdure secret où me reposer, écouter le vent dans les arbres, sentir le parfum des fleurs. J’ai envie d’un endroit chaleureux où je ne me sente pas seule. Le coucher de soleil ne suffit pas à apaiser ma peine, le chant des cigales non plus. Pourquoi ne puis-je pas être heureuse, simplement dans l’instant ?

J’ai envie de prairies, de cueillir des pâquerettes et d’en faire une huile, de ramasser les feuilles d’automne rouges et d’en faire une guirlande, de décorer le sapin en famille, de respirer le froid de l’hiver à plein poumons et de faire des nuages de buées. J’ai envie de cuisiner des cookies aves ma mère, de me faire taquiner par mon père, de chatouiller ma sœur. J’ai envie d’aller au cinéma avec les filles, de rigoler à gorge déployée, de jouer les funambules le long des canaux. J’ai envie de fourrer mon nez dans son cou à lui, de me bercer de son odeur, de lui sourire avec amour et avec chaleur.

Ma peine recouvre tout, elle teinte tout d’un goût amer, transforme le présent en un instant éternellement insoutenable. Elle noie les couleurs et m’empêche de respirer. Elle efface la joie dans mon cœur, mon espoir dans l’avenir, ma force de croire dans le bon. Elle est un poison qui ôte le goût à la nourriture que j’aimais autrefois, qui fane la moindre fleur surgissant dans mon cœur.

Je ne sais que faire de cette tristesse immense. Alors je l’accueille en moi, tandis qu’elle réduit en miettes mon cœur, impuissante face à tant de souffrance. Ma triste compagne, mon ombre éplorée.

Et je me demande à quoi bon aimer ?

A quoi bon offrir son cœur si c’est pour qu’il soit rejeté ?

A quoi bon tout donner pour s’entendre dire que ce n’est pas assez ?

***

Et sa voix inonde ma tête. Je l’entends encore me disant : « Une voix en moi ne pouvait s’empêcher de me dire : mais pourquoi est-ce qu’on n’a pas fait l’amour pendant ce we en amoureux ? Pourquoi ? ».

Et mon cœur qui crie : mais pourquoi ce reproche ? Cela n’empêchait pas la beauté des moments passés ensembles, les rires, la complicité, la joie et l’amour partagé. Cela t’empêchait-il donc tant de te sentir aimé ?

Finalement un arrière-goût amer me monte à la gorge. Lui qui disait partir maintenant pour ne pas déverser sa rancune sur moi, il l’a quand même fait. Par ses reproches, il a teinté mes souvenirs. Plutôt qu’un we romantique à visiter les châteaux ensemble, ce we restera gravé dans ma mémoire comme le souvenir du « mais pourquoi est-ce qu’on n’a pas fait l’amour ? ». Pourquoi retenir et faire ressurgir ces souvenirs-là ? Et pas ceux de tous les we où l’on a partagé des choses intimes et intenses ? Pourquoi ce we là a eu plus de poids que les autres dans son discours ?

Je me souviens de ces reproches masqués qu’il m’a fait à la fin, me ressortant tous les moments où j’ai fait des erreurs, fait des choses que j’ai regretté, certaines que j’avais même complétement oubliées car je les pensais pardonnées. Et pourtant, elles n’étaient pas si nombreuses que ça ces choses, mais il les a toute souligné, comme s’il les avait noté sur un cahier. Finalement, rien ne m’a été pardonné. Tout ce qui l’a blessé ou heurté m’a été servi sur un plateau, même plus d’un an et demi après.

N’est-ce pas un comportement rancunier ?  Cela m’a vraiment fait de la peine, parce que je ne pensais pas ça de lui.  Je ne m’attendais pas à ça de sa part, ça m’a choqué et profondément déçu.

Je ne veux pas de cette rancune, je ne veux pas la trainer dans mes paquets. Alors je la lui rends. Peut-être lui fera-t-elle une meilleure compagne que la tristesse.

10 décembre 2015

Parle-moi, je t’en prie…

Artiste :

Artiste : Azuka111

Cette nuit, j’ai encore rêvé de lui… Alors qu’il était à côté de moi et m’ignorait, qu’il ne me parlait pas, ne me regardait pas, il me tendait un bouquet de fleurs dont l’emballage portait ses messages. Qui disait « Banane, bien sûr que je t’aime encore et que je ne t’ai pas effacé de mon cœur ». Chaque fois que j’écris sur ce blog qu’il ne m’aime plus, je rêve du contraire, c’est à tordre le cœur… Est-ce une partie de moi qui ne peut s’empêcher d’espérer, ou une partie de moi qui me souffle la réalité ?

Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à accepter l’idée qu’il m’aimait encore quand il a rompu et qu’il m’aime peut-être encore au jour d’aujourd’hui ? Peut-être parce que c’est plus facile de croire qu’il m’a quittée parce qu’il ne m’aime plus… plutôt que parce que je le faisais trop souffrir ou parce que mon corps est cassé ?

Parce qu’alors c’est ma faute, c’est moi qui suis coupable. De ne pas avoir vu, de ne pas avoir compris. D’être incapable de lui offrir ce qu’il recherche. D’être malade. Comment ne pas être déchirée en deux si tel est le cas ? Comment se pardonner à soi-même, d’avoir perdu la chose la plus précieuse qu’on avait ? Parce qu’il me manque tellement… J’ai envie de lui parler, d’entendre sa voix, de le serrer contre moi, de rire avec lui, de voyager avec lui, de partager son quotidien.

J’ai l’impression injuste d’être punie, d’être rejetée. A cause de ce que je suis, parce que je suis malade, que j’ai peur des hommes à cause de mon viol. Je n’arrive toujours pas à concevoir dans mon cœur qu’on puisse quitter quelqu’un alors qu’on l’aime encore. Une partie de moi ne comprend pas, l’amour n’est-il pas censé être plus fort que tout ? J’ai toujours cru ça, on nous a toujours dit ça… Mais alors si c’est vrai et qu’il est parti, c’est bien que finalement son amour n’était pas assez fort ? Et si c’est faux, alors on nous a toujours menti, l’amour n’est pas capable de tout surmonter ? Je pensais avec naïveté que les obstacles seraient toujours face à nous et pas entre nous, comme il le disait…

Et j’ai cette petite voix en moi qui me dit « c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma faute » et qui ne veut pas se taire. Et cette autre voix qui me hurle « JE VEUX LUI PARLER ». Comment faire face à ce silence ? Comme le vit-il ? Est-il soulagé, triste ? Ou a-t-il enfermé toutes ces émotions dans une bouteille en se jetant à corps perdu dans le travail ? A quoi pense-t-il ? Quels sont ses projets ? A-t-il décidé de rencontrer d’autres personnes pour m’oublier ? Quels sont ses sentiments ? Ont-ils évolué ?

C’est atroce d’être coupé de lui. De le sentir loin derrière un mur. De ne plus faire partie de sa vie. De ne plus pouvoir lui dire combien je l’aime, à en souffrir, à en mourir intérieurement. J’ai l’impression qu’on m’a arraché un morceau de moi, que les choses ont perdu leur sens, que l’avenir est une illusion. Et j’ai juste envie de le serrer dans mes bras…

9 décembre 2015

Trop ressentir… ou l’hypersensibilité empoisonnante

Artiste :

Artiste : NanoMortis

Reste avec nous, ce n’est pas une solution de te laisser emporter par la vague de tes émotions, de te déconnecter de la réalité, de perdre la notion de qui tu es, où tu, quel jour il est. De te laisser envahir par elle et de laisser parler les pulsions autodestructrices qu’elles déclenchent face à leur intensité douloureuse.

Mais comment suis-je censée faire ? Expliquez-moi ? Moi qui ressens tout puissance dix mille, qui ne suis qu’émotions avant même la réalité et la réflexion. Je ne sais pas.

Parle-nous, mets des mots sur ta souffrance. Tu es ici chez toi, tu peux dire ce que tu veux, raconter ce que tu veux, déverser les émotions que tu veux. Juste être toi.

Je n’en peux plus de tout ressentir comme ça. J’ai l’impression d’être un cœur à vif sur patte, qui ressent tout, encore et encore, sans protection, sans discernement, sans choix. « Le cancer est le signe du zodiaque le plus sensible, c’est celui qui ressent le plus, c’est pour cela que c’est aussi le plus fragile. Il ressent tout, sous les mots, rien qu’avec le langage du corps. C’est pour ça aussi qu’il est susceptible, car trop sensible, et que la personne en face n’ose parfois plus lui parler, de peur de savoir comment le cancer va le recevoir. »

C’était assez dur d’entendre mon prof d’astrologie dire ça. Je le sais que je ressens trop… Mais cette dernière phrase, j’ai eu l’impression d’avoir mon ex en face de moi, je le revois encore me dire ça…

Qui pensait que cela pouvait être une malédiction de trop ressentir ? Au point d’être conscient des émotions chez l’autre qu’il refoule inconsciemment ? Mais quand on est mal à cause de ces émotions-là, comment le dire à l’autre sans qu’il se braque ou se vexe ?

J’ai l’impression que c’est l’histoire de ma vie… Trop sensible, trop émotive, trop vite blessée, trop vite compatissante et abusée… C’est déjà dure en étant seule, mais alors à deux ça devient ingérable, surtout quand je n’ai pas mon espace et que je suis déstabilisée au niveau des hormones… Je ne vois pas comment gérer ça. C’est presque un handicap social pour moi… ! Il y a plein d’endroits où je ne veux pas aller à cause de tous les gens et de leurs émotions… Je n’arrive pas à gérer. Je ne sais pas comment gérer. Même si je sais intellectuellement qu’une émotion de colère n’est pas contre moi, c’est trop tard, je l’ai ressenti dans mon cœur et cela, l’émotion même, m’a fait mal, indépendamment de la cible… Je ne vois pas de solution…

Le lâcher prise. Tu peux essayer de te protéger, comme on te le conseille tout le temps, mais tu sais que cela n’est pas possible. En vérité, ce serait comme de te priver d’un de tes sens, ce n’est pas possible. Être toi, c’est tout ressentir, le bon comme le meilleur. Le numérologue t’a dit qu’en réalité, tes décisions étaient émotives, qu’elles venaient du cœur, même si tu réfléchissais. Les émotions prévalent chez toi sur tout. C’est comme ça et te ne peux pas le contrôler. Parce que tu es un être d’émotion et pas de raison. Il te suffit de l’accepter pour pouvoir évoluer.

Nous savons que c’est quelque chose que ton ex-compagnon ne comprenait pas intérieurement, dans son corps et son cœur. Nous savons que tu aimerais lui expliquer, encore mieux lui faire RESSENTIR cette réalité, ta réalité. Tu es frustrée qu’il ne comprenne pas ça, lui qui est hyper contrôlant sur ces émotions, c’est quelque chose que tu ne sais pas faire.

En revanche, croire que c’est un point qui vous sépare est une erreur. En réalité vous être très complémentaires sur cet aspect-là et vous pourriez vous apporter un équilibre mutuel. Lui en te permettant de raisonner tes émotions et toi en lui permettant de les ressentir et les écouter un peu plus. Je sais que c’est quelque chose que tu aimerais qu’il entende. Cela arrivera éventuellement un jour, quand il sera prêt à l’accepter.

Mais pour en revenir à ce qui te concerne. Il te faut en réalité, encore une fois, accepter que tu ressentes à cette extension extrême. C’est vrai, tout le monde ne ressent pas comme toi, tout le monde ne te comprend pas, tout le monde ne voit pas les souffrances que cela crée en toi. Mais les choses sont comme ça, lutter contre ne fera que te faire souffrir encore et encore. Mieux vaut l’accepter et lâcher prise. Laisser les émotions couler plutôt que faire barrage.

C’est un gros travail que tu as à faire sur toi, petit être d’eau. Mais tu sais il existe des outils pour t’aider, l’écriture par exemple. La respiration aussi. La méditation, laisser tes pensées dériver comme sur les flots, les émotions s’évacuer… C’est bien que tu reprennes la méditation.

Je sais que tu es frustrée que personne ne comprenne ton épuisement. En réalité c’est souvent de la fatigue émotionnelle. Car tu ressens trop et dépenses beaucoup de ton énergie à lutter contre tes émotions, les fuir ou les chasser. Les museler ou les contrôler. En réalité rien de ça n’est la bonne méthode.

Quelle est la bonne méthode ?

Accepter ce qui est. Accepter la douleur qui te tord le cœur. Accepter la souffrance de la solitude, la peur de perdre l’amour de celui que tu aimes, le découragement face aux épreuves de ta vie. Accepter la frustration de ne pas pouvoir changer la situation rapidement.

Tu as compris avec ton rêve de cette nuit que ton chemin de guérison n’en est qu’à ses débuts. Que tu as beaucoup de marches à grimper. Et cela te désespère, tu te dis « mais combien de temps vais-je être séparée de lui ? ». Et si je te réponds toute une vie, arriveras-tu à accepter ? Si je te dis que tu dois lâcher prise sur cet espoir, arriveras-tu à l’accepter ?

Je ne pense pas… Cela fait plusieurs semaines que j’essaye de me faire à cette idée. Que c’est fini pour de bon, parce que je ne connais pas mes chances de le retrouver. Que j’essaye de me faire à l’idée qu’il ne m’aime probablement plus, maintenant qu’il est parti sur son propre chemin, et que je n’ai plus d’importance pour lui. Mais cela ne provoque que colères et souffrances en moi. Je n’y arrive pas. C’est au-dessus de mes forces. C’est déjà à peine dans mes forces de me retenir de courir vers lui, de lui demander si vraiment il m’aime encore. Mais la peur du contraire me retient. Et si je venais vers lui pour ne trouver qu’un cœur froid et un regard glacial ? Honnêtement je ne le supporterais pas. Je crois que mon cœur s’arrêterait de battre ou mes poumons se rempliraient d’eau, je crois que je n’aurais plus la force de vivre.

Il n’y a que le fait de me rappeler son amour passé, de penser qu’il m’aime qui m’apaise. Parce qu’alors je peux autoriser mon propre amour à exister, et ça fait un peu moins mal. Toute cette colère, cette partie de moi qui a mal, qui veut se venger, qui cherche à le haïr et le détester. Toute cette partie de moi me fait mal, me pèse, elle cherche à m’interdire de l’aimer. Je n’en veux pas, je n’en veux pas… C’est aimer ou haïr. Et je préfère l’aimer.

Mais comment savoir ce que lui a décidé de son côté ? Comment savoir lui vers quelle voie il va évoluer ? J’ai peur, j’ai envie d’être rassurée. Je recherche ses mots, mais il n’y en a pas. Et ce silence est horrible. J’ai toujours détesté ça. C’est une terrible souffrance pour moi, comme si c’était de l’indifférence. S’il ne m’aime plus, à quoi bon continuer à lutter ? Parce que, tristement, j’ai pris conscience que je n’aime pas ma vie, que je n’aime pas la vie… Que je suis fatiguée de lutter pour moi-même, que j’ai envie de me reposer. Comment se repose-t-on de vivre ?

On se laisse aimer par la Source bel enfant. Tu n’es pas seule, regardes tous les cadeaux que tu as reçu dans ton rêve, regardes tous ces joyaux étincelants.

Mais où sont mes amies ? Et ma famille ? Pourquoi personne ne me répond ?

Ce n’est pas qu’ils ne t’aiment pas, c’est qu’ils sont occupés avec leur vie. Tu ne peux pas toujours te reposer sur eux en cas de besoin.

J’ai l’impression de m’isoler de plus en plus du monde, de mes proches. A qui est-ce que je parle ? A qui est-ce que je me confie ? Qui est là pour m’écouter quand je n’écoute plus les autres ? Qui même me lit ? Pourquoi est-ce que je partage tout ça ? Rien n’a de sens… Vous me dites de ne pas perdre pied avec la réalité, pourtant j’ai l’impression de ne jamais en avoir été autant coupée…

En réalité, tu en as besoin pour être à l’écoute de ta guidance intérieure. Tout est juste comme c’est, même si c’est dur à accepter. Veuilles simplement à ne pas refuser les nouvelles mains qui se tendent vers toi.

22 novembre 2015

Les mots sont trop petits…

Artiste :

Artiste : Laphet

Et les mots sont trop petits pour exprimer
Les vagues fracassantes du passé
Contre son cœur brisé…

Elle ne rêve que de lui et d’elle
Peau contre peau dans la nuit sensuelle,
Elle ne rêve que d’eux
Et d’un nouvel avenir à deux…

Ses mots heurtent le silence
Du vide de son absence,
Les maux ne franchissent plus ses lèvres
Car personne n’écoute sa douleur mièvre…

Si seulement elle pouvait renvoyer avec sa valise
Tout l’amour de trop qu’ils s’interdisent.
Si seulement elle pouvait,
Tout à coup, ne plus savoir aimer.

Alors peut être les larmes cesseraient de couler
En ce flot pénible inaltéré…
Alors peut être son cœur cesserait de crier
Où es-tu mon bienaimé ?

 

22 novembre 2015

Foi en l’amour ?

Artiste :

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Quand je vois son profil public, je suis en colère. En colère de le voir sourire, rire et vivre sa vie comme s’il ne s’était rien passé. Ça me fait mal. De voir qu’il peut continuer sa vie sans moi, comme si tout allait bien. Pourtant je n’ai jamais cherché à être indispensable, je n’ai pas spécialement envie de le voir souffrir. Mais cela me fait pleurer.

Et puis c’est injuste, lui il est chez lui, il est entouré de ses amis, il a pu reprendre les activités qu’il aimait. Moi je suis seule à l’autre bout du monde, je n’ai pas d’amis, pas de famille ici, et rien de mes activités favorites pour me changer les idées. C’est injuste. Pourquoi ça serait plus facile pour lui, alors qu’il n’a même pas eu le courage de me le dire en face, qu’il m’a largué à distance ? J’ai mal, cela me donne juste envie de rentrer à la maison, de me rouler en boule, de ne pas me réveiller. Plus le temps passe et plus ce silence devient insupportable.

Je ne sais pas quoi faire de telles émotions qui surgissent tel des geysers, qui me laissent anéantie. Je ne comprends pas d’où elles viennent, ni leur violence.

En réalité ta colère est une façon d’exprimer la souffrance que tu n’arrives pas à admettre. Ton égo vient se mêler à tout ça, c’est lui qui ne supporte pas que l’autre vive normalement sans toi. Après toutes ces promesses d’être unique et d’être la complétude de l’autre. Il interprète ces paroles passées comme des mensonges face au présent : « Comment puis-je avoir été son tout et son complément s’il peut vivre sans moi maintenant ? » Cela réveille ta vieille blessure de la trahison. Cela remet en cause le passé pour ton égo. Et c’est cela qui te blesse tellement. Douter de son amour, douter de la réalité de ce que vous avez vécu, de ce qu’il t’a dit.

J’ai envie de hurler. Comment c’est possible ? Comment c’est possible de faire comme si rien n’était après ça ? De continuer à avancer ?

Comme tu le fais toi. Comme tu continues à te lever pour aller travailler, à parler à d’autres personnes. A travailler à ta guérison et avancer sur ton chemin.

Sauf que moi je ne l’expose pas ça. Je n’expose pas non plus mes moments heureux parce que je trouverais ça déplacé, comme si je disais « regarde, je suis heureuse sans toi ». Je trouverais ça cruel et méchant.

Sauf que lui ne fait pas ça contre toi, il le fait parce que c’est un personnage public.

Savoir qu’il sépare sa vie privée de sa vie publique ne m’aide en rien du tout. Voir les photos de l’impro, ça me tue. Le voir heureux avec ces personnes qui sont aussi mes amis me fait mal.

En réalité c’est parce que tu te sens exclue, que tu as l’impression d’avoir perdu ce groupe, ce loisir-là. Qu’il puisse continuer à faire ça sans toi. Comme si tu n’existais pas, comme si tu n’étais pas importante. Encore une fois c’est ton égo qui parle. La partie de toi qui a besoin de se sentir reconnue et acceptée. Et puis une partie de ton égo trouve ça injuste « Pourquoi c’est moi qui devrait perdre ça alors que ce n’est pas moi qui ait pris cette décision ? »

Comment je peux laisser ces émotions me traverser et couler ? Tout se bloque dans ma gorge et embrouille ma tête.

J’ai aussi cette immense violence en moi. Cette envie de tout déchirer, de tout fracasser, de tout jeter de lui. Comme si cela pouvait me libérer de ma souffrance, de cette impression d’être victime de la situation, de subir ses décisions. Je lui en veux de me faire subir ça. Comment peut-il m’aimer et me faire ça, me faire tant de mal ? C’est antinomique, je ne comprends pas, je ne comprends pas. Je ne veux pas comprendre.

C’est simple, il s’aime plus lui-même qu’il ne t’aime toi. Il fait ça pour se préserver. Et ton égo n’apprécie pas ça. Encore une fois, ton égo veut être aimé par-dessus tout, avant tout et plus fort que tout. Cette recherche d’absolu, c’est quelque part l’amour du Divin que tu recherches, un amour inconditionnel, sans limite, primordial. Ce n’est pas lui qui peut te l’apporter, même si tu peux le vivre avec lui. Ce n’est pas lui qui peut t’apporter ça, il n’est qu’humain, avec ses défauts, ses qualités, ses blessures et son propre égo. Son amour sera toujours imparfait pour toi, jusqu’à ce que tu cesses d’exiger.

Mais exiger quoi ? Je ne comprends pas.

Exiger qu’il écoute tes besoins, qu’il comprenne tes difficultés, qu’il fasse des efforts pour les respecter. Exiger qu’il tienne compte de ton hypersensibilité, de ton empathie, de ta sensibilité aux énergies. Exiger qu’il t’accepte comme tu es et fasse avec, même si tu es blessée. Ce sont des exigences de ton égo, que tu retranscris inconsciemment dans ton comportement. Parce que tu veux être aimée inconditionnellement. Cet amour divin, pur et entier n’est pas à la portée de tout le monde. Peux-tu toi-même l’offrir ?

Je ne sais pas… Je n’ai jamais eu la sensation d’exiger toutes ces choses… Suis-je capable d’aimer sans conditions ? Ça dépend des personnes et du type d’amour… Il y a un certain nombre de choses que je n’appréciais pas spécialement chez lui, dans son comportement, son physique, ses blessures, mais je l’aimais malgré ça, au-delà de ça, je l’aimais pour l’ensemble de ce qu’il était.

Mais aimes-tu encore quand l’on te blesse, te brusque et te perturbe ?

Je ne sais pas… Quand on me trompe, me ment et me trahit, j’ai tendance à retirer mon amour. On me trahit une fois et pas deux, la preuve même que j’ai accepté de lui parler après ça montre combien je l’aime… Parce que j’ai vécu ses non-dits et sa rupture comme une trahison. J’aurais donc dû l’envoyer bouler sans même vouloir lui parler et régler les choses.

Mais tu as envie de le faire maintenant ?

Oui, parce que c’est trop dur de le voir continuer à être heureux et vivre sa vie. Je ne veux plus de lui, je ne veux plus le voir, je ne veux plus le lire, je ne veux plus l’entendre. Pour longtemps, car j’ai trop mal. Je ne sais pas si je vais être capable de lui pardonner le mal qu’il m’a fait.

Tu as besoin de le rejeter. Cela fait partie de ton processus de guérison. Ne luttes pas. Tu as le droit de te sentir trahie, tu as le droit de lui en vouloir, tu as même le droit d’avoir soif de vengeance. Tu as le droit de ressentir toutes ces émotions, ce spectre entier de l’amour à la haine. Car si tu ne ressentais plus rien pour lui, tu ne vivrais pas toutes ces émotions violentes. Encore une fois, il faut plus de courage pour ressentir toutes ces émotions que pour les fuir ou les enfouir. La majorité des gens te diront qu’ils ne ressentent pas ça, qu’ils n’éprouvent pas cette colère, cette envie de vengeance, mais ils ne seront pas honnêtes, parce qu’ils en ont honte. La vérité c’est que l’amour peut prendre de drôle de nuances quand il est rejeté. Des nuances qui ne sont pas comprises par le mental, qui sont jugées comme bien ou mal, et qui peuvent provoquer de la honte.

Qu’importe que l’on te juge ? Ne juges pas tes émotions, soit douce avec toi-même. Personne ne peut les comprendre de l’extérieur, personne ne peut savoir leur signification mieux que toi. Ces émotions montrent qu’une part de toi veut continuer à le toucher. Et puisqu’il ne se laisse plus toucher par ton amour, alors celui-ci s’exprime différemment. Tu veux toucher son âme, une part de toi veut provoquer des réactions en lui pour te prouver qu’il ne t’est pas indifférent. Car tu as bien compris que l’indifférence est le pire signe, celui que l’autre ne ressent plus aucune émotion pour toi. Tu as peur de ça, tu as très peur de ça. Que tu deviennes transparente, invisible, sans importance pour lui. Qu’il ne t’aime plus d’aucune façon, ne se soucie plus de toi. C’est ta peur profonde. En réalité, c’est pour masquer cette peur là que tu hurles et tu cries, tu rages et tu tempêtes.

Comment faire face à cette peur qui m’oppresse le cœur et me déchire en deux ?

Tu ne peux pas. Tu ne pourras jamais être rassurée si tu n’as pas foi en son amour. Aimer réellement, c’est offrir son amour sans rien attendre en retour. Tu ne dois rien attendre de lui, aucune promesse, aucun réconfort, aucun espoir. Pour faire face à la peur, il n’y a que la foi, la confiance. Simplement avoir foi en son amour, en la force de votre amour, qui peut-être vous réunira un jour.

« La peur est une projection sur l’avenir d’une issue tirée d’une mémoire de souffrance. » Camille

J’ai peur parce que j’ai déjà eu foi en mon amour, en l’amour de quelqu’un, pendant de longues années. Et cette personne en a simplement profité pour en abuser, pour me rabaisser, me manipuler, m’humilier et jouer avec moi, pendant plus de 5 ans.

Tu n’es pas obligée de faire preuve d’une foi aveugle. Tu peux déjà commencer par ne plus douter de ce qui a été, en reconnaître la réalité, même si elle n’existe plus aujourd’hui. Sa décision ne remet pas en cause ce qu’il a ressenti par le passé pour toi. C’est quelque chose de difficile à comprendre et à admettre pour toi. Toi qui a été trahi, à qui on a menti. Pour toi cela annule tout amour, présent comme passé. Or cela n’est pas vrai, pas avec tout le monde. Tu ne peux pas faire de généralités avec une expérience passée. C’est te laisser gouverner par ta souffrance et par tes peurs.

Nous savons que ce n’est plus ce que tu veux vivre dans ton présent. Il est temps de reconnaître ces peurs, de les accepter et de lâcher prise. Tu es toi, tu es unique. Avoir foi en son amour, c’est aussi avoir foi en toi, en la belle personne que tu es. Personne ne peut remplacer qui tu es, accepter ça, c’est accepter le fait que s’il aime vraiment la personne que tu es, alors il t’aimera toujours et il reviendra vers toi, quand la vie lui permettra. Même s’il venait à rencontrer quelqu’un d’autre et l’aimer, son amour pour cette personne serait différent. Comme il l’a si bien dit, son amour a ta forme, et celle de personne d’autre. Comme ton amour a sa forme, et celle de personne d’autre. Tu pourrais essayer de le faire rejaillir sur une autre personne, mais cela ne serait pas en adéquation.

Mais… je regarde les photos. Je prends conscience de combien il est entouré de lourdeurs, de combien il conserve certaines peurs et certaines blessures comme des remparts. Combien il est enfermé dans des énergies et au final, combien il évolue assez peu. Parce qu’on a beau dire. Quand on évolue réellement intérieurement, cela se manifeste par des changements dans son physique, dans son environnement concret autour de soi. Je ne vois pas ses évolutions chez lui… Alors que moi je suis en train d’évoluer de manière radicale… Je me demande vraiment si un jour on retrouvera un mode de vie compatible…

Peut-être, peut-être pas. Seules vos évolutions pourront le dire, et celles-ci sont imprédictibles, tout du moins leur vitesse de réalisation. Tu es un peu injuste avec lui, car il a opéré de grandes modifications avant de te rencontrer, et il en a réalisé aussi pendant que vous étiez ensembles. Mais je comprends ce que tu veux dire. Rien n’a évolué dans sa maison, dans son bureau, rien que les modifications que tu y avais apporté. Or la maison, le cocon, est aussi une projection de l’intérieur. Mais tu ne peux pas forcer ce genre d’évolutions, cela doit venir de l’intérieur, il doit sentir un appel, une envie de changer les choses par lui-même.

Il est vrai qu’il a beaucoup de chemin à parcourir pour pouvoir un jour te rejoindre. Nous le savons, toi un peu moins. Néanmoins, cela n’exclue pas une possibilité de réunion. Mais nous ne te mentirons pas, elle n’est pas à portée de vous pour l’instant. Tu croyais que c’était parce que tu avais beaucoup de choses à guérir, seulement de ton côté. Mais il en a aussi beaucoup du sien. Ton avantage est que tu en as déjà conscience et que tu as déjà entamé plusieurs processus de guérison, sur tous les plans. Lui a un gros travail de prise de conscience et d’acceptation. Comme tu le faisais, il vit enfermé dans des peurs qu’il pense être des protections. Comme toi, il a une rigidité au changement importante. Et il se remet moins en question que ce qu’il pense, tout du moins sur les choses acquises et en profondeur. Il se focalise sur certaines choses et ignorent les autres. Cela bousculerait trop de choses dans sa vie, comme cela le fait dans la tienne, bien qu’il ne soit plus là pour le voir. C’est dommage, mais cela viendra en son temps, quand il acceptera d’avoir l’oreille moins dure.

Et ne rigoles pas, parce que tu étais pareille !

« L’oreille moins dure », lol ! Mais je vois de quoi tu parles. Son inconvénient à lui, c’est qu’il a une routine, un chez lui fixe, des habitudes. Il a finalement peu de choses pour le stimuler au changement dans son cadre de vie. Et puis il a vraiment les caractéristiques d’un signe fixe, de la rigueur mais même de la rigidité, de la persévérance mais de l’obstination. Quelque chose d’ancré mais justement de trop fixe, de trop contrôlant, envers lui-même mais aussi envers l’extérieur. Je n’envie pas sa place, pas du tout. Je suis contente de l’évolution que j’ai entamée, même si je sors vraiment de ma zone de confort, que je dois entamer plein de reconstruction, que j’ai encore peur de ce changement et du jugement par mes proches.

C’est pour ça qu’il était plus facile pour toi, de le faire seule et à l’abri du regard de tes proches. Tu as toute liberté pour évoluer sans te sentir freinée. Quelque chose que lui n’a pas, par son cadre de vie et par son métier. Tu l’imagines du jour au lendemain s’habiller en rose ? Tout le monde serait choqué et irait de son commentaire. Pour prendre un exemple extrême.

Oui, je vois ce que tu veux dire. Ma liberté pour évoluer est une vraie chance, même si elle implique une solitude difficile, et un éloignement douloureux avec les gens que j’aime.

Cet éloignement n’est pas définitif, il a vocation à te permettre de découvrir qui tu es librement, de le concrétiser et de l’assumer. Alors tu seras libre de faire ce que tu veux.

Merci.

15 novembre 2015

Short short story of emptiness

Artiste :

Artiste : Sylar113

Elle jeta rageusement ses clés de voiture sur la table basse de son salon, et laissa son sac à main s’échouer au pied du sofa moelleux. Elle détestait les fins de journée comme ça, quand son boss la retenait au-delà de l’heure de débauche pour lui ajouter tâche sur tâche urgente et lui donner une liste de missions à faire chaque jour plus longue que la vitesse à laquelle elle pouvait les accomplir. Quand elle subissait une attaque massive de moustique juste 5 min avant de partir. Quand toutes les voitures qui se mettaient sur son chemin ne faisaient que couper la priorité ou rouler n’importe comment. Quand elle découvrait ses voisins s’amuser à remplir ses poubelles pour ne pas avoir à vider les leurs. Toutes ces petites futilités qui la rendaient furax pour un rien. Et puis toutes ces stupides chansons d’amour qui passaient à la radio, encore et encore. Il n’y a que quand vous avez le cœur brisé, que vous vous rendez compte combien le monde parler d’amour à longueur de journée…

Toutes ces frustrations et ce stress lui donnaient bien droit à un bon monaco bien frais. Aussi alla-t-elle se servir dans sa grande cuisine de marbre son cocktail préféré, agrémenté d’un parasol, parce que bon, c’est plus fun. A défaut d’avoir quelqu’un avec qui vociférait sur sa journée de dingue et décompressait de tout ça.

Une fois installée dans son sofa moelleux, à contempler le coucher de soleil sur la baie de San Francisco par son immense baie vitrée, elle se perdit dans ses pensées en sirotant sa boisson. Qu’allait-elle faire pour se détendre ? Elle n’était pas de ses sportives qui se dépensent avec hargne pour s’apaiser. Elle avait très envie de se replonger dans son bouquin du moment, mais en même temps… Elle arrivait au dénouement d’une histoire d’amour impossible de 4 tomes et cela la déprimait.

Sa vie pouvait-elle être comme un bon roman d’ado léger et se finir en un happy end sur tous les plans ? Elle savait bien ce que lui aurait dit son ancien ami écrivain, lui qui ne jurait que par les fins ambiguës. Qu’il fallait des épreuves, des tragédies, des émotions pour qu’un personnage puisse faire l’objet d’une histoire captivante. Elle se demandait si sa vie pourrait faire l’objet d’un bon livre. Que pourrait-elle bien y avoir à raconter ? Son amour impossible ? Son adolescence torturée ? Sa maladie, si « bénigne » et pourtant si envahissante, dans son corps et dans son quotidien ?

Elle avait été très surprise de découvrir au 4ème tome que son héroïne avait la même maladie qu’elle, l’endométriose. Sauf qu’à priori, celle-ci n’en souffrait pas physiquement comme elle, avait un traitement efficace, et ne la prenait pas vraiment au sérieux, sauf quand tout à coup il était question d’infertilité et de bébé. Évidemment, dans les romans, comme au cinéma, on ne parle pas des désagréments de la vie de tous les jours, le handicap pendant la menstruation, le système digestif capricieux, les douleurs pendant le sexe, et toutes ces autres choses réjouissantes. Et ça, ça l’énervait. Bordel, pourquoi était-elle une des rares à avoir non seulement la forme la plus envahissante mais aussi la plus symptomatique et virulente ? Pourquoi n’avait-elle pas été détectée et traitée plutôt quand elle avait fait l’examen ? Elle n’en serait pas à ce stade là aujourd’hui…

Vraiment, elle trouvait parfois la vie si injuste. Pour ça et pour tellement d’autres choses, qu’elle en pleurerait, là, tout de suite, son verre vide dans les mains et les dernières lueurs du soleil disparaissant. Parfois la fatigue chronique lui pesait tellement qu’elle se demandait à quoi bon ? Quand personne ne semblait comprendre le combat qu’elle menait chaque jour, juste pour ne pas laisser cette fatigue écrasante, ces douleurs fréquentes, l’empêcher de se lever chaque matin. Alors que rien ni personne ne l’attendait.

Son appartement lui semblait gigantesque avec ses deux chambres, son bureau, son grand salon à balcon et sa cuisine à ilot. Elle aurait facilement pu le louer en colocation. Mais elle n’en avait vraiment pas envie, et plutôt besoin de silence pour reformer son cocon protecteur, à l’abri du monde, à l’abri des autres. Tous ces autres qui ne semblaient faits que de déceptions et de trahisons. Elle n’avait plus envie de leur ouvrir sa porte, alors tant pis, elle resterait seule.

Le téléphone sonna, mais elle laissa sa sonnerie retentir dans le silence. Elle n’avait pas envie de parler. A quoi bon ? Cela ne changerait rien à la situation, à sa douleur, à son découragement et à sa fatigue. Elle avait plutôt envie de dormir, d’oublier. Alors elle lisait, elle laissait son imagination vagabonder, en se disant que peut-être elle la mènerait quelque part de plus heureux, de différent, où le passé n’avait plus de poids, et le futur ne voulait rien dire. Un endroit suspendu où les émotions se taisent. Ou alors, encore mieux, un univers où ses propres émotions étaient effacés par celles des personnages. Où l’intrigue devenait le seul fil conducteur du présent, où le reste n’existait plus.

Mais évidemment, il y avait un livre qu’elle n’avait pas fini, son livre à lui… Elle avait trop peur de lire la fin, de découvrir que l’histoire d’amour était impossible et ne soit qu’un écho à sa propre souffrance. Elle ne pouvait plus le lire lui, comme si elle lui était étrangère, et arrêtait de chercher tous ses petits bouts de lui, éparpillés entre les lignes, à qui savait les lire…

Les choses n’avaient plus de sens, et elle ne savait que faire d’elle-même, restant échouée sur son sofa, comme un dauphin désorienté… Elle n’avait nulle part où aller. Aucun projet auquel se consacrer. Sa vie lui semblait un vide immense, écho de sa perte…

Alors elle ouvrit son livre à la page marquée et devint une autre… cette héroïne qui malgré sa maladie avait le droit d’aimer et d’être heureuse, tout simplement. Cette héroïne qu’elle aimerait être.

3 novembre 2015