Se protéger

Artiste :
Artiste : Moonywolf

Pourquoi est-ce que je suis malade ? Je n’en reviens pas… C’est pour ça que je me sens aussi mal et démoralisée depuis ce matin ? Ça a commencé avec un mal de gorge hier soir, et voilà que j’ai de la fièvre. Je ne comprends pas. Et forcément quand je suis épuisée, je perds ma concentration et mes réflexes, et je suis rentrée dans ce foutu plot en béton avec ma voiture. Est-ce que j’étais déjà malade à ce moment sans m’en rendre compte ?

Tu étais déjà malade au réveil. C’est pour ça que tu étais d’aussi mauvaise humeur, tu aurais dû t’écouter.

Je pensais juste que c’était une passade, parce que je n’ai encore quasiment pas dormi cette nuit. Alors je n’ai pas fait attention à mes cernes et à mon teint pâle. Je me suis dit que c’était le manque de sommeil, et que j’allais juste y aller tranquille. Ça faisait des semaines que je n’étais pas allée au marché, par flemme ou par fatigue. Je me suis dit, « allez, bouge-toi ! »

Et tu as heurté un plot en béton sur le trottoir en revenant du marché…

Oui, je n’ai rien compris, je ne l’avais pas vu dans le démarrage en côte car il était après l’angle à 90°. Ma voiture a fait un saut et un gros « boum » et voilà… Au final, plus de peur qu’autre chose. Ce n’est qu’un peu de tôle froissée, ça ne se voit pas beaucoup.

C’est ce que tu te répètes. Ce n’est que de la tôle froissée. Mais comment te sens-tu ?

Et bien choquée émotionnellement. Etant hypersensible, ce genre de petit accident m’atteint puissance 10. J’ai beau raisonner la partie mentale pour éviter les pensées négatives, le tsunami émotionnel, je ne peux pas le contrôler.

Si tu peux. En étant connectée à ton espace de paix intérieure.

Peut-être, mais je vais te dire. C’est bien beau d’avoir réussi à m’y connecter au cours d’une méditation. L’ancrer et le ressentir en pleine conscience dans son quotidien, c’est une autre paire de manches ! Et si c’était encore un de vos tests pour mesurer ma maitrise émotionnelle, et bien voilà, je l’ai foiré les doigts dans le nez ! Et je me sens déjà fatiguée par tout ça. A quoi bon une initiation de l’Ombre, quand ma vie n’a aucun sens et que je n’ai aucune direction à lui donner ?

C’est justement pour cela qu’une initiation de l’Ombre est nécessaire. Pour te sortir de ton marasme émotionnel. Te reconnecter à ta Volonté et ta Puissance et à terme te permettre d’avancer.

Pour aller où ?

Là où tu dois aller.

Alors vous ne me direz vraiment rien ? Pas un indice, pas un panneau ? Rien ?

C’est à toi de trouver. Nous te donnons plein d’indices, mais le temps n’est pas encore venu que les pièces de puzzle fassent sens. Concentre-toi sur ton quotidien, et sur cette initiation. Tu avais promis que tu écrirais tous les jours, mais tu ne l’as pas fait hier. Pourquoi ?

Parce que j’étais trop fatiguée.

Pourquoi ça ?

Parce que j’ai passé un certain temps au téléphone avec une connaissance, à répondre à ses questions et à lui donner des conseils.

Et qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Je n’ai pas répondu à ses questions pour que cela m’apporte quelque chose.

Je répète ma question : et qu’est-ce que cela t’a apporté ?  Ne te mens pas à toi-même, car nous savons la vérité. Nous voulons que tu la formules. Exprimes ta vérité, peu importe ce que cela implique.

Et bien, des prises de conscience sur certains points… Que j’avais accumulé une certaine expérience sur les notions de soin VS guérison, de soins énergétiques, de travail d’accompagnement de l’âme, de compréhension des messages apportés par les maladies, etc, grâce à mon propre vécu. Qu’une part de moi avait soif de transmettre. Mais qu’en même temps, j’ai été étourdie par cette nouvelle position que je n’avais jamais vraiment expérimenté avant, sous cet angle enseignant-élève. J’ai perdu mon alignement, et j’ai trop donné de moi-même.

Et tu avais mal à la gorge après cette conversation. Cela t’a affaibli physiquement. Ta mauvaise nuit de sommeil ne t’a pas permis de récupérer de cette perte énergétique.

Et maintenant que c’est dit, tu as peur que la personne concernée culpabilise, car elle te lit.

Oui…

Pourtant, tu sais que ce n’est pas de sa faute. Il n’y a que toi-même qui connais tes propres limites physiques, surtout avec ta maladie. C’est à toi de t’imposer, et de savoir dire « stop, ça suffit pour aujourd’hui ». Tu n’as aucune obligation de donner non plus.

Dans la reliance à l’Ombre, on ne fait rien gratuitement. Chaque action entreprise a un but, celui de t’apporter quelque chose en échange, de te permettre d’évoluer tout en te respectant toi-même et autrui. C’est une question d’efficience et d’efficacité, rien de personnel face à autrui. C’est économiser et savoir quand donner, pour recevoir en retour, même si parfois de façon indirecte.

Dans ton cas, toi qui a très peu d’énergie physique, tu as tout intérêt à comprendre l’intérêt d’une telle vision. Pas parce que tu n’es pas capable de donner ni que tu n’as pas un grand cœur. Mais parce que tu dois apprendre à te préserver. Chez toi, chaque perte énergétique trop forte est synonyme de symptômes physiques quasi-immédiats. L’inverse n’étant pas vrai.

Tu ne peux pas, au jour d’aujourd’hui, te permettre de donner sans recevoir de la part de personnes qui te sont quasi-inconnues. Mais également auprès de tes proches. Tu dois apprendre à doser et te respecter, car sinon tu seras très vite dépassée et malade en permanence. Et cela est d’autant plus vrai que tu vas retourner vivre auprès de ta famille et de tes amis.

C’est un enseignement fondamental : la protection de soi-même.

Car si les autres peuvent t’attaquer énergétiquement, c’est parce que tu ne te protèges même pas de toi-même et de tes comportements destructeurs ! Donner sans compter lorsqu’on n’a quasiment rien n’est pas respectueux de soi-même. C’est une croyance fausse.

« Charité ordonnée commence par soi-même ». Crois-tu que Mère Theresa aurait été capable d’aider autant d’enfants dans le besoin si elle avait été constamment alitée ?

Non, je comprends l’image que tu veux me véhiculer.

Protèges toi, apprends à dire non, à poser des limites. Cela s’appelle prendre soin de soi, et se respecter. Et si tu le fais avec ton alimentation physique, pourquoi ne le ferais-tu pas dans tes échanges émotionnels et énergétiques avec autrui ? Comme avec ton supérieur, personne ne sera là pour ramasser les morceaux, quand après coups tu seras seule et malade. Veux-tu revivre ce que tu as ressenti aujourd’hui ?

Non.

Alors prend en considération ce que nous te disons.

Mais comment faire en pratique ?

N’ignore jamais un mal de gorge. Cela veut dire, chez toi, que tu ne t’es pas respectée. Tu as alors besoin de beaucoup de douceur pour compenser l’impact énergétique de cette propre violence que tu t’es faite à toi-même, sans en avoir conscience.

Ah, d’où la violence extérieure manifestée avec cet accrochage de voiture… Je ne comprenais pas… J’ai analysé mon schéma mental inconscient après coup. J’avais senti l’impact venir juste avant, mais je n’ai pas contrebraqué en me disant « ce n’est pas grave, ce n’est qu’un trottoir », comme si j’étais indifférente à ce qui arriverait, comme si je me punissais pour quelque chose, plutôt que de chercher à éviter le choc et prendre soin de moi. Sauf que finalement, ce n’était pas juste un trottoir, le choc a été violent et ma voiture a été abimée…

Cette indifférence, ce « laissé aller », ayant causé cet accident, est le miroir extérieur de la façon dont tu te traites intérieurement dans tes relations énergétiques à autrui. Tu ne peux pas te dire, « ce n’est pas grave, ce n’est que X temps passé à aider un tel ».

Nous serons très fermes sur ce point-là : tu n’as pas aujourd’hui la capacité physique d’aider autrui comme tu le souhaiterais, malgré tes connaissances acquises. Tu le sens inconsciemment, c’est bien pour ça que tu ne te sens pas du tout prête à donner des soins à autrui, encore moins à chercher un statut de thérapeute. Si tu veux aider autrui, publie tes articles sur ton blog. Si quelqu’un veut te poser une question sur son contenu, qu’il le fasse ici. Ce sera ça ou rien. A prendre ou à laisser. Nous n’avons pas le temps que tu te disperses au jour d’aujourd’hui, si tu veux pouvoir avancer sur ta propre voie.

Hum… « Nous n’avons pas le temps ». Combien de temps va durer cette initiation ?

[XX] jours. Utilises-les bien, ce n’est pas une opportunité à sous-estimer. Alors ne prévois rien de trop fatiguant pendant cette période-là. Laisse-toi du temps libre et fais-toi confiance pour avancer. Nous ne travaillons pas seulement quand tu écris, mais aussi pendant tes méditations et tes nuits.

Oui, j’avais remarqué. D’ailleurs, je ne vais pas pouvoir tenir ce rythme de sommeil là tant de jours…

Couche-toi tôt. Discipline-toi. Ta priorité, c’est ta santé, donc ton sommeil. Quoi qu’il arrive et peu importe qui t’appelle. C’est l’occasion de reprendre un rythme stable. C’est l’occasion de te remettre en phase avec ton environnement.

C’est vrai que les réunionnais sont plutôt des lèves tôt… J’ai entendu ton conseil.

N’attends pas d’avoir une raison pour te lever. Lève-toi pour trouver une raison d’avancer. C’est en pensant ainsi que tu attireras à toi les énergies favorables. Tu peux mettre en place une discipline tout en t’écoutant et en te respectant.

C’est là où j’ai du mal tu vois… Je me lève tard, parce que je me sens fatiguée, mais je n’arrive pas toujours à savoir si c’est parce que j’ai mal dormi, parce que j’ai une crise de fatigue chronique, ou bien simplement parce que je n’ai pas le moral et que je devrais me bouger.

Peu importe la situation, rien ne t’empêche de faire preuve de douceur. Tu n’es pas obligée de te lever exactement à heure fixe précise tous les jours. Tu peux t’adapter à ton état. Prends un temps le soir pour te connecter à ton corps et lui demander « de combien d’heures de sommeil ai-je besoin pour me reposer et respecter mon corps ? ». Prendre soin de son sommeil, c’est aussi prendre soin de soi. Comme toutes les personnes ayant une blessure d’amour de soi-même, cela demande un travail et un réel effort. Il faut mettre un place une discipline, des outils pour aider.

Nous savons que c’est un sujet qui te préoccupe, et qui a aussi fait l’objet de question d’une de tes lectrices. Nous reviendrons dessus à l’occasion, car c’est un très vaste sujet en réalité. Et de la qualité de vos nuits, dépend la qualité de vos jours, sois en persuadée. Donc, une des meilleures façons d’améliorer rapidement votre qualité de vie est d’améliorer votre qualité de sommeil. A bon entendeur.

Merci.

4 février 2017

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Se respecter : savoir poser des limites

Auteur : Kyrie0201
Auteur : Kyrie0201

Je suis contente ! Je me sens heureuse après cette journée. Pas qu’elle était extraordinaire, mais pour la première fois de la semaine, j’ai enfin fait des tâches qui relevaient de mon niveau de compétence, enfin appris des choses, enfin arrêter de me casser le dos sur des tâches ouvrières qui ne sont pas censées faire partie de mes missions. Mais surtout, j’ai négocié mes we d’astreintes et j’ai tenu tête à mon patron qui a essayé de me filouter – encore une fois. Sauf que cette fois ci, j’ai gentiment mais clairement fait comprendre que non, je n’aurai pas une demi-journée de repos en échange d’une permanence sur un jour férié entier. Et j’en suis fière, j’ai besoin de le dire, même si je ne sais pas pourquoi.

Peut-être, parce que je me suis déjà faite avoir pour les we… Quelle idée d’accepter de faire un « we d’astreinte » – qui est en fait légalement un we de travail, puisqu’il faut bien aller à l’entreprise, pas juste attendre chez soi en cas de problème – contre seulement un jour de repos et sans aucune compensation financière !! Je peux comprendre que ce soit handicapant, pour une toute petite entreprise, de voir un cadre absent 2 jours de la semaine parce qu’il était de permanence le we. Mais enfin… c’est le droit du travail !! En attendant, c’est 2 jours (samedi et dimanche) sont bien travaillés. Pas très légal tout ça. Pas plus que de m’entendre dire « mais on ne prend pas de RTT ici » alors qu’aucun accord statuant sur un renoncement aux jours de RTT en faveur d’une compensation financière n’a été signé…

Non décidément, ce dirigeant n’a pas des pratiques de gestion des cadres très légales… Et en même temps, mes collègues cadres se laissent faire. Ils acceptent tout ça, les semaines de 50h, les « we d’astreintes », l’absence de RTT sans broncher, malgré un salaire très moyen, qui vaut moins qu’un SMIC si on le ramène au nombre d’heures travaillées dans l’année. Alors que mes collègues ouvrières ne font pas une heure supp’ si elles ne sont pas payés (leur contrat est à l’heure).

Je ne comprends pas. Je ne comprends pas que ces personnes se laissent exploiter. Je comprends qu’il y ait très peu de travail dans la région, je comprends que ces personnes soient proches de la retraite et veulent finir de cotiser, je comprends qu’elles aient construit leur vie ici (maison, famille, activités, amis) et je comprends qu’elles soient habituées à travailler pour le même patron depuis 30 ans.

Mais je ne comprends pas qu’elles acceptent une situation qui soit en leur défaveur sans obtenir un juste retour. Quelle compensation y trouvent-t-elles ? Une sécurité de l’emploi, une « reconnaissance » de leur patron ?

Ces personnes peuvent sembler bloquer dans cette situation. Pourtant elles possèdent de nombreuses compétences et honnêtement elles méritent mieux. Elles pourraient faire le choix de trouver une autre solution, une situation où elles ne seraient pas lésées. Elles pourraient partir chercher un emploi ailleurs, se reconvertir ici ou monter une autoentreprise. Evidemment, tout cela suppose de prendre des risques, de sortir du train-train quotidien, de miser sur leurs capacités, de se faire confiance et de se responsabiliser, des choses qui sont difficiles – je suis la première à l’admettre. Il est plus facile de se laisser porter – voire même exploiter – par un patron qui prend toutes les décisions, assume les responsabilités qui en découlent, arrive à contrôler les gens à sa guise.

Il ne faut pas croire, je suis admirative devant sa motivation, son énergie d’entrainement des autres, sa capacité à discourir et manipuler subtilement les autres. C’est un fin stratège qui a compris qu’on ne manipulait pas les gens avec la peur, la menace et les punitions, mais les récompenses, la reconnaissance, l’humour, la relativisation et la fermeté. Il a une capacité stupéfiante à entraîner les gens à sa suite et ne leur faire voir et entendre que ce qu’ils souhaitent. Des vrais talents « d’ombreux ». Probablement parce qu’il sait ce qu’il veut et où il veut aller. Des talents exercés sur ses employés, mais aussi et très probablement sur ces financiers, et c’est bluffant ! Savoir se rendre indispensable, soucieux de l’autre, lui apporter de la « valeur ajoutée » tout en lui coûtant de l’argent… c’est fort !

Malgré le respect que j’ai pour lui et mon attrait pour les missions de mon travail, je refuse de marcher dans son jeu et de me faire exploiter sans contrepartie. Je suis prête à travailler beaucoup et à m’investir, mais seulement en contrepartie d’un juste retour. Pour l’instant la formation et l’expérience que j’acquiers sont des motifs suffisants pour compenser les inégalités. Mais ce ne sera pas toujours le cas. Et il est hors de question que je gaspille ma santé, mes compétences et mon temps pour un dirigeant qui sait pertinemment qu’il en demande trop et n’en donne pas assez. Il faut un équilibre. Si l’équilibre est rompu, ou bien mon corps dit stop, ou bien mon moral et ma motivation tombent tellement bas que je ne suis plus efficace. Dans cette histoire, lui-même sera perdant si un juste équilibre n’est pas trouvé.

J’estime simplement que je mérite cet équilibre, et si ce n’est pas moi qui le réclame, personne ne le fera pour moi, surtout pas mon dirigeant ! Le respect de soi même passe d’abord par la définition des limites de ce que l’on tolère, par l’indentification de ses besoins profonds et par le respect de ces derniers. Ce n’est pas une question de supériorité sur autrui (« je mérite mieux que untel »), de jeu de dominant/dominé (« je veux avoir raison »), de soif de richesse (« je veux gagner plus »). C’est savoir quelles sont les limites à respecter pour ne pas perdre l’estime de soi, pour ne pas s’épuiser énergétiquement et pour ne pas atteindre à sa santé physique et mentale. Il faut parfois de dure leçon pour l’apprendre, je crois que je me souviendrais de celle-ci…

12 mars 2015