S’affoler pour rien

Artiste : Guweiz

Décidément, c’est dernier temps, me poser pour écrire devient difficile. Surtout quand je me lève de très mauvaise humeur le matin, à cause d’une nuit interrompue par la sciatique à me retourner encore et encore dans mon lit, et puis à cause de rêves perturbants. Je sais bien que dans ces cas-là, ces rêves marquants qui ne « passent pas » correspondent à un message spirituel qui ne veut pas passer. Et je sais bien que sous la surface, si je me mets à gratter, je vais mettre à jour des choses désagréables.

Alors c’est clair, dans ces cas-là, mon mental freine des quatre fers pour ne pas écrire. Parce que c’est aussi un travail, sur moi-même, surtout quand mes guides spirituels s’invitent dans la partie, pour souligner certains éléments ou m’aider à des prises de conscience. En général, cela n’est pas forcément agréable.

Même si parfois salutaire ?

Oui, parfois salutaire… Mais bon sang, je déteste me sentir « comme ça ». Je me sens mal au réveil, je me regarde dans le miroir et je me trouve « moche ». Je sais bien que ce n’est pas tant mon image physique qui me fait sentir comme ça, qu’une subite montée de manque d’amour de moi-même. Je me regarde dans le miroir et je n’aime pas ma tête ces jours ci.

Ma peau est affreuse, alors que pourtant, j’ai tout fait pour l’aider à bien vivre la transition eau de robinet volcanique vers eau de robinet calcaire. Justement, je n’utilise plus que de l’eau thermale en spray. J’ai acheté des produits spéciaux pour les rougeurs, crème, masque, produit lavant. Bref, je fais des efforts et pourtant, cela fait bien longtemps que ma peau n’a pas été aussi « horrible »,  avec rougeurs, gonflements, poussée d’acné. Cela me décourage. Et que dire de mes cheveux ? Deux lavages au calcaire, et c’est fini, ils ont perdu leur éclat, leur volume et on dirait limite du plâtre…

Et ne parlons pas de mes cernes ! C’est quoi le problème alors que j’essaye de faire des nuits de 9 à 10h de sommeil ? Je fais attention à prendre un bon rythme, ne pas me coucher trop tard… Et j’étais contente parce que mes premières nuits, j’ai dormi comme un bébé, des nuits complètes comme je n’en avais pas faites depuis tellement de mois. Voilà que je me fais la réflexion qu’un sentiment de sécurité profonde (grâce à mon retour dans la maison familiale) aide probablement à mieux dormir, et bim la nuit suivante… Insomnie, réveil sans raison, impossible de me rendormir avec ma sciatique. C’est à s’arracher les cheveux !!!

Je ne comprends pas pourquoi je me sens si mal. « I’m feeling like crap ». Est-ce mes hormones qui me rendent à fleur de peau et me donnent constamment envie de pleurer ? Est-ce tous ces changements dans mon environnement qui me perturbent tant ? Pourtant, j’essaye de faire preuve de douceur, de ralentir et de faire des pauses, notamment quand je vois que je me fatigue trop à trier mes cartons. Je me suis acheté un nouveau pull tout doux et tout rose. Je suis allée chez le coiffeur.

Mais surprise, mes efforts n’ont pas l’effet escompté ! Quand la coiffeuse a eu fini de me couper les cheveux, j’ai eu très envie de pleurer. Oui, pleurer, vous avez bien lu. Elle m’a coupé les cheveux trop courts, ce n’est pas du tout ce que j’avais en tête. Certes, j’avais envie de « changer de tête » parce que je n’en peux plus de la mienne ces derniers jours. Mais je ne m’attendais pas à un changement si radical, et cela m’a choqué. C’est dire combien je me sens à fleur de peau…

Alors je me demande : c’est quoi le fond du problème ? C’est quoi qui en réalité ne va pas ? Je ressens un profond ras le bol. Mais de quoi ? Cela fait à peine une semaine que je vis de nouveau chez mes parents, ce ne peut pas être déjà ça… alors que cela se passe plutôt bien. Non ?

Peut-être est-ce un découragement par rapport à la maladie. J’essaye de retrouver une équipe médicale compétente, et c’est un peu la croix et la bannière… Le gynéco spécialisé sur l’endo que j’ai vu m’a beaucoup déçu. Expéditif, toucher très douloureux, manque d’explications… De toute façon, la réponse a été claire, mon cas est trop complexe pour lui, il me renvoie vers un confrère de Bordeaux. Ce qui n’est pas plus mal, vu que je ne me suis pas du tout sentie à l’aise avec lui. Donc j’attends des nouvelles de ce monsieur… En espérant que la communication marche bien entre les deux.

Mais en attendant ? Le gynéco a été très clair : pour lui l’opération est indispensable, INDISPENSABLE, peu importe combien de temps j’attends, que je veuille des enfants ou pas… Il me dit que je peux tester le reste, infiltration épidurale pour la sciatique, la cure thermale pour l’endo, mais que pour lui, l’opération sera nécessaire. Pour éviter l’infiltration de l’endo dans les intestins, pour l’instant il suffit de « racler sans résection ». A la bonne heure, j’ai de la chance…

Et je crois que c’est cette pilule-là qui ne passe pas. Qui ne passe vraiment pas. Ma mère n’a pas compris pourquoi après cet affreux rdv médical, je tenais à m’offrir des boucles d’oreille. Mais moi je sais, c’était pour me remonter le moral, pour soigner et faire preuve d’attention auprès de ma femme intérieure, meurtrie par un examen très indélicat, déprimée par les propos du médecin. Mais cela n’a pas suffit, il faut bien que je m’en rende compte.

Pourquoi est-ce que je me sens moche ? Parce que je sais que mon ventre est un gros bazar et que je ne cesse de devoir expliquer la maladie qui me touche et ses possibles conséquences : 50% de stérilité ? Parce que dans ma tête je sous-estime cette maladie et que la réalité vient de me rattraper ?

Pourquoi dans cet affreux contexte je rêve de bébé et d’accouchement ? Pourquoi je cauchemarde d’un centre de recherche pour la maladie qui se révèle en réalité être une « pondeuse », un lieu où l’on met les femmes enceintes contre leur volonté, pour vendre leur bébé ?

Je ne comprends rien à ses rêves et à leur message. Mais je vois que le thème revient, encore. L’autre fois, c’était un rêve à la Matrix, où les femmes étaient exploitées pour faire des bébés, dans les espèces de cocons du film. Et s’il s’avérait que si elles étaient stériles, alors, pfuit, elles étaient évacuées comme des déchets…

Je sens bien que tout tourne autour de ça, la cause profonde. Mais, le nez dans le guidon, le schéma ne m’apparait pas et j’ai le sentiment de tourner en rond. Je ne veux plus rester les bras croisée, comme une victime, en attendant qu’une solution miracle me soit apportée. Il n’en existe pas. Je veux juste avancer vers un mieux-être, pas à pas. Mais j’ai le sentiment de butter contre un mur invisible. Pourquoi mes efforts habituels ne marchent-ils plus ? Qu’est-ce que je suis censée faire ? Comment rebondir ?

Tu as le droit d’accepter ta tristesse. Tu as le droit d’être choquée. Tu ne t’attendais pas à ce que le gynéco te dise ça. Tu as été très choquée.

Je ne veux pas d’une opération : on te fait des trous dans le ventre et on te racle tous les organes, en espérant ne rien oublier au passage ? Je trouve ça super violent et invasif ! Pourquoi faudrait-il en passer par une telle extrémité ? N’existe-t-il pas des méthodes plus douces ? Le corps n’a-t-il pas une capacité formidable d’auto réparation – comme on m’en a parlé en lien avec le décodage biologique ? Si les nœuds énergétiques de la maladie sont dissous, n’y a-t-il pas un processus qui s’engage au niveau physique ? Et les soins sur les mémoires cellulaires et leur reprogrammation ? Aucun soin énergétique ne peut agir et descendre au niveau de mon corps physique ? Pourquoi cela marche chez certain et cela ne marcherait-il pas chez moi ?

Une part de toi espère toujours une forme de guérison.

Oui, ce n’est pas comme si j’ignorais l’enseignement de cette maladie. J’essaye de comprendre, d’accepter, de prendre soin de moi. Entre le travail psychologique, l’identification des mémoires karmiques, mais aussi familiales dans cette vie, les soins chamaniques, le travail avec mes guides, les cercles de femmes… Qu’est-ce que je ne fais pas ? Qu’est-ce que je ne comprends pas ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à dissoudre ces nœuds énergétiques ?

Parce qu’ils sont entremêlés chez toi sur plusieurs sujets.

Et alors ?

C’est plus long. Rappelle nous quel âge terrestre tu as.

Je me rapproche de mes 27 ans. Et alors ?? Cela fait 7 ans que cette maladie me fait travailler sur moi-même.

7 ans ce n’est rien. Ce n’est même pas la durée d’un cycle complet, qui est, nous te le rappelons de 9 ans.

ET ALORS ??!! Ce n’est pas cela qui me réconforte quand je pleure, ce n’est pas cela qui me calme quand je suis en colère à cause de la maladie, ce n’est pas non plus cela qui apaise mes douleurs. A quoi cela me sert de me rappeler que je suis jeune ?

A te rappeler que tu as du temps.

Du temps pourquoi ? A priori, pas pour guérir, vous m’avez fait comprendre que ma maladie ne disparaitrait pas…

Du temps pour grandir avec la maladie. Tu es si jeune, tu ne comprends pas encore la richesse de cet enseignement. Tu le comprendras plus tard et tu comprendras avec que ce temps, que tu trouves si long, t’en aura en réalité fait gagner beaucoup dans ta vie.

Comment ?

Par la sagesse qu’il t’aura apportée, par la réalité que tu auras expérimentée. La maladie n’est pas une fatalité, elle est un voyage vers vous-même et vers vos ressources intérieures. Ce que tu ne peux pas faire à l’extérieur, tourne-toi en toi-même pour le réaliser d’une autre façon. Il existe des tas de chemins pour aller vers un même résultat, c’est ça la beauté de la vie. Rien n’est tracé, c’est à vous de le décider. Tu peux décider de t’assoir et de faire une pause pour te ressourcer, ce que nous te recommandons, ou bien tu peux foncer. Tu peux tenter le raccourci, mais celui-ci te donnera-t-il la même richesse et la même satisfaction au bout ?

Ce n’est pas parce que tu ne vois pas vers où te mène tes pas, qu’il n’existe pas de cohérence. Sylvie le disait dans son commentaire, elle ne cherche plus le sens avant de marcher, elle le laisse émerger au fur et à mesure. Ne trouves-tu pas que c’est une façon de faire bien plus reposante ?

Je ne sais pas… Je pense que oui, mais cela marche bien si tu te sens guidée, si tu arrives à te laisser porter vers ce que tu sais être bon pour toi, même si tu ne sais pas quoi. Je n’ai pas du tout l’impression d’être guidée, ni de savoir dans quelle direction faire mon prochain pas.

Pourtant, nous sommes là à te répondre. Et si tu ne perçois pas la direction de ton prochain pas, c’est peut-être parce qu’il n’y en a pas pour l’instant. Peut-être est-il mieux pour toi de te reposer maintenant. Ne disais-tu pas que la Réunion t’avait épuisée ?

Si, mais il est difficile de se reposer sans avoir ne serait-ce qu’un futur objectif en tête, un pas qui attend. Tout le monde me le demande : et que vas-tu faire « après » ? « Après » quoi, on se le demande…

Et si au lieu de te concentrer sur cet après, tu te concentrais sur ton présent immédiat ? Un pas après l’autre. Un jour après l’autre. Peu importe ce qu’on te dit et quelles sont les attentes de tes proches. Et si tu te concentrais pour te sentir bien, là tout de suite ? Profiter du soleil, écouter le chant des oiseaux, méditer, dessiner, rire et profiter. Qui est pressé ? Le prochain pas a tout le temps d’émerger. A quoi cela sert-il de te dépêcher ? Laisse aussi à ton corps le temps de se reposer.

Je comprends ta logique, mais je n’ai rien devant moi. Aucune idée de comment je vais gagner ma vie, où je vais vivre, etc. En gros, vous me demandez de m’assoir juste au bord d’un grand précipice rempli de vide, et de ne pas avoir le vertige ? Vous me demandez d’être zen et de ne pas avoir peur, quand tout le monde autour de moi s’affole et me demande de regarder vers le bas ?

« Tout le monde autour de toi s’affole » et bien laisse les s’affoler. Ces émotions ne t’appartiennent pas et en réalité, c’est toi qui les projette. Elles ne font que te revenir par effet miroir. Les angoisses des autres sont les tiennes, et ces miroirs sont là pour te mettre le doigt dessus et te pousser à les surmonter. Plus tu seras zen et confiante en ton avenir, même s’il ressemble à une toile vierge, plus les autres le seront aussi autour de toi.

Ce n’est pas le moment de te mettre à gribouiller à la va vite. C’est le moment de rassembler tes pinceaux, avec patience et minutie, et d’apprendre à t’en servir dans le calme et la sérénité. Pour faire face à cela, nous t’encourageons à méditer tous les jours dans la nature. Pose toi dans le jardin, commence par 5 min, puis 10, puis 15 et quand tu arriveras à rester 30 min entière dans un état de paix intérieure, de présence et de centrage, alors nous pourrons passer à autre chose.

Merci.

21 avril 2017

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Déchirement

Artiste : Yuumei

Tout à coup, cela me semble dur… Finir mes valises, co-animer ce dernier cercle de femmes, préparer l’organisation du repas partage pour mon départ. Tout à coup, cela me semble si dur l’idée de dire au revoir à tout le monde…

Aujourd’hui, j’ai écrit un mot à une amie, joint au petit cadeau de remerciement que j’ai pour elle. Et j’ai réalisé que, même si on gardait contact, même si on se revoyait pendant des vacances, et bien les choses ne seraient plus les mêmes… Tous ces moments que je prenais acquis, tout ce temps passé ensemble à étudier l’astro, à covoiturer, à discuter de nos vies… Tout ce qui a pu être construit grâce à la proximité… Cela demeurera toujours dans mon cœur et dans ma mémoire comme quelque chose de précieux. Mais quelle évolution de la relation ?

Je n’ai jamais été très douée pour les relations à distance, exceptée avec 1 ou 2 amies… Je ne suis pas douée, ni pour me connecter sur facebook, ni pour répondre rapidement aux emails, ni pour donner des nouvelles (surtout quand je suis dans une période difficile de ma vie). Je sais que certaines feront l’effort de prendre des nouvelles, d’autres non car elles mènent une vie à 100 à l’heure.

Et je me demande, quels souvenirs, quelles images, quels mots je laisse sur cette île ? Le lien émotionnel que moi je ressens avec certaines personnes est-il partagé avec la même intensité ? Ces personnes sont-elles aussi touchées par mon départ que moi par le fait de leur dire au revoir ?

La Réunion, c’est un peu ça par moment : un déchirement. Entre la terre natale et la terre d’accueil, que ce soit pour les métros qui viennent ici, ou les créoles qui partent vivre en métropole. Entre les gens qui restent fixés ici et ceux qui ne font que passer quelques années. Entre notre culture d’origine et celle qui nous accueille.

Il y a tellement de choses auxquelles je dis au revoir. C’est fou, je n’aurais pas cru m’attacher à tant de choses en 2 ans, alors que l’île ne m’a pas ménagé et m’a fait traverser de nombreuses épreuves. J’aurai pu la détester pour ça, pour ces énergies si intenses et explosives. Mais bizarrement, même si cela m’a épuisé, je ne m’en suis que plus attachée à elle maintenant.

Je déteste cette situation d’entre d’eux. Ma place de parking vide parce que ma petite voiture est vendue. Mes murs vides parce que j’ai décroché mes décorations. Les pièces spartiates parce que j’ai vendu les meubles que j’avais rajoutés. Je sais que mon « chez moi » ici n’a jamais été un « foyer ». Mais j’avais malgré tout réussi à construire un cocon protecteur contre le froid extérieur. Et maintenant que je le démantèle physiquement, bout par bout, le vide et le froid me frappe avec force. J’ai beau avoir essayé de créer un simulacre de foyer, en réalité, ce n’en était vraiment pas un… C’est fou comme l’on peut se mentir à soi-même. Et s’entourer d’énergies pour tenter de combler les trous. J’imagine que c’est une façon de faire, à défaut de s’entourer de « compagnons » d’entente pour ne pas sentir le froid de la solitude… Mais la réalité n’en est pas moins dure.

Alors, par moment, je ressens ce grand froid, cette grande solitude. Et je me demande : est-ce que je compte réellement pour quelqu’un ? Y a-t-il réellement quelqu’un à qui je vais manquer ? Ou ne suis-je qu’un souvenir qui va passer ? Un rencontre parmi tant d’autres sur le chemin de la vie ?

On est tous qu’un grain de sable dans l’univers. Il serait prétentieux de prétendre le contraire. Pourtant, j’ai parfois l’envie d’être aimée de façon unique, inconditionnelle. D’être spéciale pour quelqu’un, et pas forcément pour un partenaire, mais aussi pour des amis, de la famille… Alors, chaque fois que je quitte un endroit, je ne peux m’empêcher de me demander : ai-je  vraiment compté pour quelqu’un ?

Ce soir, je me sens inconsolable. Je ne me sens pas prête à faire le deuil de cette vie-là, de ces amis-là, pour plonger dans un inconnu dont je ne sais rien et pour lequel je n’ai aucune direction. Et dans cet entre-deux, je me sens si seule… Déjà à moitié partie pour ceux qui sont ici, et pas encore rentrée pour ceux qui vont me retrouver…

Dualité

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Artiste : NanoMortis

Aujourd’hui, j’ai le cœur lourd. J’imagine que ce n’est pas par hasard si ma sciatique revient en force et si je me suis réveillée avec un torticoli ce matin. C’est comme si tout à coup, je me ressentais rattrapée par la réalité, que j’avais cherché à fuir en me concentrant sur de l’organisation matérielle, en lisant des heures…

La réalité de mon départ me percute enfin, après le déni. J’ai récupéré cartons et du scotch marron, mais je n’ai pas commencé à trier et emballer mes affaires. Tout comme je n’arrive pas à mettre une annonce pour vendre mes meubles. Je me sens bloquée. Tout à coup, je réalise enfin que dans un mois, je ne serai plus ici… J’aurai quitté cette île, quitté mes amis, quitté le quotidien que je connais.

Pour aller vers un ailleurs incertain, un nouveau temps de transition, à la durée inconnue. On pourrait arguer, que retournant vivre au domicile familial, je connais déjà les lieux. Mais je vais y revenir tellement différente, après ces 2 ans à la Réunion et tout ce que j’ai vécu… Là-bas, plus d’amis, plus de repères. Du tri m’attend, retrouver des professionnels de santé pour m’accompagner, des activités… Me pencher sur mon futur professionnel.

Et tout à coup, je me sens tellement perdue.  Perdue face à mes soucis de santé, perdue face à l’absence de direction dans ma vie. Perdue de devoir quitter les personnes chères que j’ai rencontré ici, que j’aime profondément et qui m’aiment comme je suis, sans jugements et sans mensonges. Même si elles ne sont pas nombreuses, ces personnes-là sont très précieuses à mon cœur.

Une part de moi a peur de rentrer, de retrouver des jugements et du rejet face à l’importance de la spiritualité dans ma vie, de vivre de l’incompréhension. Une part de moi projette encore les comportements que mes parents avaient quand je vivais encore chez eux, ainsi que les miens… Pourtant tout est évolution, si moi j’ai changé, mes parents ont changé aussi, mes proches de métropole aussi. Il me faut déconstruire toutes mes croyances et mes aprioris négatifs, pour pouvoir accueillir les choses telles qu’elles sont devenues lors de mon absence.

Et je me sens fatiguée et effrayée par cette nouvelle déconstruction qui vient, qui se rapproche chaque jour un peu plus. Trier, jeter, donner. Ce ne sont que des aspects matériels, mais c’est exactement la même chose qui doit se faire sur les autres plans : mental, émotionnel et énergétique. Je n’ai jamais été douée pour vivre les transitions importantes, telle que celle-ci. Alors, je me demande, comment la vivre au mieux ? Comment m’y préparer pour qu’elle soit douce, simple et fluide ?

Je ne veux pas la vivre comme un choc, comme ce que j’ai vécu à mon arrivée à la Réunion. Une déstabilisation totale, la perte de tous mes repères : nature, étoiles, climat, culture, alimentation, absence des proches… Je vais le refaire en sens inverse, et même si je sais en partie ce qui m’attend là-bas, est-ce que je le sais vraiment ? N’est-ce pas l’occasion de revenir en posant un regard différent, en accueillant les choses sans jugements, telles quelles sont ? Sans attente et sans projection ?

Je pleure. Je pleure cette partie de moi qui va mourir en quittant la Réunion. Pourtant, c’est moi qui ai décidé de partir, de suivre le flot de la vie, de répondre à cet appel, même si je ne sais pas où il va me mener. Même si j’ai eu des messages me confortant dans ce sens. La Réunion n’était qu’une étape pour m’aider à mieux me réveiller, à guérir et à m’ouvrir spirituellement. Mais pour aller où ? Faire quoi ? On dirait que je n’ai pas fini de tâtonner dans le brouillard…

J’accueille cette tristesse, celle de quitter une terre qui m’a accueillie, chamboulée et nourrie. Celle de renoncer à la beauté d’une île Sauvage, faite de feu, d’eau et de terre, où les énergies sont si fortes et si belles. Celle de dire au revoir à de si belles âmes, rencontrées au hasard de mon chemin et avec qui j’ai pu partager tellement de choses dans l’amour et la compassion.

Je me sens déchirée en deux, entre ma terre natale qui m’appelle si fort : ses arbres, ses terres, ses plantes et ces animaux, ma famille, et la Réunion qui est devenue, doucement mais surement, ma terre d’adoption. Pourquoi toujours tant de tristesse et de dualité ? Quand je suis ici, la tristesse de l’éloignement. Et pourtant, alors que je m’apprête à partit, la tristesse de la séparation.

15 mars 2017

Faire son deuil

Artiste : Wlop
Artiste : Wlop

Je demande à parler avec mes guides. Merci. S’il vous plait, j’ai besoin d’aide pour comprendre les messages de mes rêves, et ses énergies qui persistent si désagréablement au réveil. J’ai besoin que le message soit répété en douceur, et progressivement expliqué. Je n’arrive pas à les décrypter et en plus ces énergies pénibles ne m’aident pas à accueillir les messages.

Il y a des songes qui reviennent, encore et encore, à intervalles de mois régulier. Mais comment suis-je censée les comprendre ? Je rêve encore et encore d’une retrouvaille avec mon ex-compagnon pour le travail. Mais ça veut dire quoi ? Ce sont les projections de mes désirs inconscients ? Ou on a encore un travail à faire ensemble ? Spirituel ou bien dans le concret, matériel ? C’est pour m’aider à accepter notre séparation et lui pardonner ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Comment te sens-tu à parler de ça ?

Triste, cela me fait pleurer. Évidemment que j’aimerais pouvoir le retrouver et lui pardonner. Seulement ressentir de la joie et de l’apaisement en le voyant. A défaut d’être capable de vivre en couple, pouvoir échanger sur le plan intellectuel, se nourrir et s’enrichir l’un l’autre d’une autre façon. Mais je n’ai aucune idée si c’est ce dont lui aussi a envie. Et encore moins si j’en suis capable. Je ne me sens pas prête, pas prête à le revoir, pas prête à la façon inconnue dont je pourrais réagir. Je me sens toujours blessée, et je me demande si cette blessure pourra seulement se refermer un jour. Pas vraiment, hein ? Mais je peux trouver un placebo, une autre source de joie et d’amour c’est ça ?

Parfois il faut du temps.

Mais pourquoi m’envoyez-vous ces rêves avec lui ? Pourquoi ?

Pour te préparer à l’éventualité de le recroiser.

A quoi ça sert ?

Tu pourrais être amenée à le croiser dans le cadre de ton futur travail.  T’interdirais-tu d’évoluer dans un certain milieu professionnel parce qu’il en fait partie ou qu’il y apparait de façon ponctuelle ?

Je sais bien que cela ne me pénaliserait que moi-même. Je sais bien que lui resterait probablement neutre et professionnel. Il sait bien faire ça, séparer vie pro et vie perso. Je sais aussi que c’est une belle personne, riche de connaissances et de sagesse. Au-delà même de notre propre histoire personnelle, je sais que c’est un homme passionnant qui a beaucoup à apporter à autrui, notamment dans le milieu professionnel. J’aimerai être capable de pouvoir évoluer sur ce plan en cohabitation avec lui.

Mais je n’en suis pas capable avec un cœur brisé. Je ne peux pas juste ignorer toute la sphère émotionnelle et personnelle que je ressens. Evoluer auprès de lui comme si on ne s’était jamais connus, comme deux inconnus aux rapports cordiaux et distants. Ce ne serait pas possible. La blessure de l’indifférence serait trop forte. Vu mon hypersensibilité, ça serait signer la mort de ce qui reste de mon pauvre cœur en miettes.

Même si je sais que ce n’est pas lui seulement qui l’a brisé. Dans toute relation, on est responsable à 50%, il n’y a pas de victime et pas de bourreau, même si c’est lui qui est parti. Et même si je sais d’un point de vue rationnel, que c’était la meilleure chose à faire et que je n’en aurais jamais eu le courage. Mais ça fait juste mal, c’est inexplicable… C’est une perte que l’on ne peut pas nommer.

Pourquoi ai-je rencontré ma flamme jumelle dans cette vie si nous ne sommes pas capable de vivre notre amour ensemble ? Pourquoi ? Je n’arrive toujours pas à accepter ça. C’est inacceptable pour moi. Accepter la maladie, les expériences de harcèlement au travail et énergétique, accepter ma reliance à l’Ombre et à la Lumière, accepter ma médiumnité, accepter mon hypersensibilité. Je veux bien travailler à accepter ça. Mais pas accepter de renoncer à ma flamme jumelle, ce n’est pas possible. Ce n’est pas juste ! C’est simplement trop dur.

Et quelles sont les alternatives qui se proposent à toi ? Rester dans cette souffrance ?

Je ne sais pas, je n’en sais rien. Je croyais que vous aviez endormi mon cœur pour que je souffre moins ?

C’est toujours le cas.

Et bien, je n’en ai pas l’impression au vu de ce qui ressort quand j’évoque le sujet.

Parce que tu es toujours en résistance dans ton processus de deuil. Tu n’arrives pas à lâcher prise.

Ce n’est pas quelque chose que l’on décide…

Non mais on peut l’accompagner. Tu pensais que tu avais fait ton deuil parce que tu as tout enterré. Tout mis dans des boites. Supprimer tout contact et toute prise d’information. Eviter toute pensée à son sujet. Mais ce n’est pas ça faire son deuil.

Faire son deuil c’est être capable de voir le bon comme le mauvais et de l’accepter. C’est être capable de sourire en repensant aux bons moments, en ayant de la gratitude dans ton cœur. C’est repenser à l’autre de temps en temps, peut être avec un peu de nostalgie mais, surtout avec de l’amour et de la paix au cœur. Exactement comme ce que tu ressens au sujet de ta grand-mère décédée.

C’est ça le deuil. Ce n’est pas cacher et ignorer ta souffrance. C’est l’accepter à bras ouverts, la laisser s’exprimer, encore jusqu’à ce qu’elle soit apaisée.

Mais je croyais l’avoir fait, après toutes ces heures à pleurer, toutes ces heures à écrire et à me lamenter… A n’en plus finir, encore et encore. Et tous ces rêves pour évacuer… Je pensais sincèrement avoir laissé le champ libre à l’expression de ma souffrance, de ma détresse et de toutes les émotions que cette rupture a pu déclencher. Je me suis laissée le temps, je me laisse encore le temps.

Le temps peut passer aussi longtemps que tu voudras. Un trésor caché et bien enterré est préservé sous la terre. Ta souffrance est à l’abri. Comme un ultime vestige de votre relation, qui te rassure sur l’intensité et la réalité de ce que vous avez vécu. Un vestige que tu n’arrives pas à lâcher… Par peur qu’il n’y ait plus rien. Plus rien qui te rattache à lui, pas même la souffrance.

Mais deux flammes jumelles sont reliées par bien plus que ça. Tu n’as pas besoin de t’enferrer dans une chaine de souffrance pour que votre lien perdure au-delà du temps et de cette vie. Quoi que tu fasses ou non, un jour, vous vous retrouverez.

C’est difficile à comprendre pour ta conscience humaine, mais tu n’as pas besoin d’un tel lien de souffrance. Tu n’as pas besoin d’être rattaché à lui par une émotion ou par un souvenir pour l’aimer. L’amour inconditionnel n’a pas besoin d’attache. C’est ton mental et ton égo qui s’y raccrochent aussi fort qu’ils le peuvent.

Tu es très bien capable d’aimer ta grand-mère décédée, sans aucun lien physique, ni même émotionnel. Tu ne sais pas où elle est, ce qu’elle fait sur son chemin d’évolution, comment son âme se sent. Tu ne sais rien, et tu n’as pas de visite d’elle. Mais cela ne t’empêche pas de l’aimer, de lui souhaiter le meilleur et de lui envoyer des pensées bienveillantes. Où qu’elle soit, et même si elle ne te répond pas.

L’amour sans attache c’est cela. C’est laisser partir l’autre sur son chemin, en lui souhaitant le meilleur. C’est se détacher du besoin de lien, d’amour en retour, d’avoir une réponse et d’être rassurée. C’est donner sans attendre quoi que ce soit en retour.

Mais accompagner ma grand-mère vers la mort parce que c’est ce que son âme a décidé, cela n’a rien à voir avec une rupture… ça n’a rien à voir ! Je n’ai jamais eu de message de l’âme de mon ex-compagnon qui me disait que je l’empêchais d’évoluer…

Mais toi tu avais besoin de plus d’espace de liberté pour évoluer. Le message n’est pas venu de lui, mais de toi, de ta propre âme. Et c’est cela que tu n’acceptes pas. Tu lui as apporté ce dont il avait besoin pour évoluer dans cette partie de sa vie. En contrepartie, il t’a aidé dans la prise de conscience de tes blocages. Mais tu ne pouvais pas continuer ton évolution spirituelle avec lui. Alors il t’a laissé partir. Il a entendu le message de ton âme, c’est pourquoi il était en paix suite à cette décision.

Mais moi, je ne suis pas en paix du tout !!! Pourquoi ?

Parce que tu as refusé ce message. Tu ne l’acceptes pas. Tu n’acceptes pas que ton âme te fasse vivre ça.

« Subir » ça. Je ne supporte plus le nombre de trucs que me fait subir mon âme, parce qu’elle a décidé avant de s’incarner de travailler sur telle et telle blessures. Je suis fatiguée et découragée. J’ai besoin d’un peu de douceur moi aussi ! De joie, d’amour, de paix… En réalité, je ne cherche pas midi à 14h, si je m’intéresse autant à la spiritualité, c’est simplement parce que je veux me sentir bien. C’est tout. Je veux me sentir bien.

Mais pourquoi ai-je l’impression que plus je chemine et plus cela devient hors d’atteinte ? A chaque nouvelle blessure mise en lumière, à chaque nouveau défi imposé par mon âme… Parfois, je me dis « bienheureux l’ignorant ». Je ne considère pas que ma médiumnité est « cool » parce que j’ai plutôt l’impression qu’elle entraine une série d’obligations : celle d’être attentive à mon environnement, celle de mettre en place une certaine hygiène énergétique, celle de prendre en considération les messages qui me viennent (sinon ils se retournent comme des gifles dans ma figure), etc…

Je suis psychologiquement et psychiquement fatiguée.

D’où le fameux rêve où tu es alitée à l’hôpital, avec de la fièvre et des spasmes. Incapable du moindre mouvement à cause d’une fatigue écrasante et disproportionnée. Tu vois, même si tu n’en as pas conscience, ton âme elle le sait. Son objectif n’est pas de te « casser » mais de te permettre d’évoluer. Et là, tu as besoin d’une pause. Tu as besoin d’un peu de temps pour récupérer. Tu as besoin de rentrer pour te reposer. Nous le savons.

Alors, aidez-moi, svp…

Est-ce que ton rêve de cette nuit était intéressant ?

J’aimerais en parler, mais je suis trop fatiguée… Une autre fois ?

Il était là pour t’aider, c’est tout ce que tu as besoin de savoir pour l’instant.

Ok, merci.

24 février