Trouver sa voix

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Je ne sais même pas par où commencer tellement c’est le bazar dans ma tête.  Au message reçu par Sylvie « On me dit de te rappeler que la foi est une flamme qui s’entretient et qui part de la foi en soi avant toute chose », je me sens profondément découragée. Pourquoi ?

Pourquoi certains jours, la foi en la vie semble couler de source et j’arrive à ressentir une forme de sérénité ? Et pourquoi d’autres jours, je ne sais même plus ce que veut dire le mot « foi » ? Et encore moins comment m’y connecter et raviver cette flamme ? Comme si je n’en avais plus la force, tellement je me sens parfois fatiguée et découragée. Comme si ce mot s’était vidé de son sens, à force d’errer dans cette nuit de l’âme et ce brouillard sans fin. Comme si l’absence d’amélioration face à la maladie malgré mes efforts l’avait vidé de sa substance.

Comment faire face quand on est submergé par un raz de marée de souffrance, de fatigue, de désespoir et de doutes ? Où trouver la matière pour entretenir cette flamme quand tout s’est écroulé autour de soi ? La perte de repères physiques, la perte d’un partenaire, la dégradation de ma santé, l’arrêt de ma vie professionnelle, l’altération de mon cercle social ?

J’imagine que la mort de tout ce que l’on croit connaitre,  de tout ce que l’on croit désirer, n’est là que pour mieux nous aider à renaitre à nous-même, nous pousser à l’introspection pour apprendre à vraiment se connaitre, et à ainsi mieux pouvoir suivre la voix de son âme.

Mais où est la mienne ? Pourquoi je ne l’entends plus ? Elle s’est soudain tût et je me retrouve dans un silence assourdissant, où seuls mes acouphènes me tiennent compagnie. Ne plus entendre la voix de ses guides quand on se sent plus perdue que jamais est difficile. Sentiments d’abandon, de douleur et d’incompréhension face aux appels à l’aide qui semblent rester sans réponse.

Comment prendre du recul sur ce que l’on vit lorsque l’on est constamment submergé de vagues émotionnelles douloureuses ? De tristesse, de solitude, de peurs et de doutes ? L’esprit cherche à rationaliser, à comprendre. Pourquoi ? D’où cela vient ? Quels sont les déclencheurs ? Mémoires émotionnelles qui remontent ? Travail d’épuration de la Kundalini ? Ou que sais-je d’autre ? Et pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? Comme s’il fallait que tout ait un sens pour supporter cette souffrance, une finalité, un objectif « ainsi je n’aurais pas vécu ça en vain ». Qui supporterait de vivre de la souffrance gratuite sans aucune utilité ?

Mais les émotions ne peuvent pas se rationaliser, car elles se vivent dans le cœur. Elles émergent et me submergent, peu importe leurs origines et le chemin qu’elles prennent. Elles effacent toute la sagesse et les guidances reçues, toute la patience et la foi en moi. Elles me retournent, et me laissent vidée, dans l’incompréhension, la solitude et le sentiment d’être impuissante. Impuissante à contrôler mon hypersensibilité, mes nuits et rêves agités, mon état de santé totalement aléatoire et fortement impacté par mes nuits.

Comment dans ces conditions trouver le calme et la foi pour prendre des décisions par rapport à mon orientation professionnelle ? Comment avoir le courage et la foi d’imaginer un chemin professionnel dans la relation d’aide à autrui ou la thérapie, quand je ne semble pas capable moi-même de faire face à la maladie, à l’hypersensibilité et surtout à mes propres doutes ?

J’ai une liste de métiers potentiels établie avec la psychologue du travail qui m’accompagne dans la démarche de réorientation demandée auprès de Pôle Emploi. Après de nombreux échanges et questionnaires, il est temps d’appliquer la méthode de « l’entonnoir », resserrer les possibilités pour mettre au point un projet professionnel cohérent, me renseigner sur le métier et les formations.

Mais je regarde cette liste et je me demande où est ma voie. Où est ma voix ? Je me sens comme paralysée, face à l’idée de choisir et de m’engager dans une direction, et ma peur de me tromper ressurgit. Ma peur de mal choisir, de ne pas en être capable, de ne pas réussir. Pourquoi rien ne résonne-t-il comme une évidence ? Pourquoi toutes les options ne me semblent que de longs parcours du combattant, pour lesquels je ne me sens pas prête ? Ma confiance en moi semble s’étioler plus que jamais, les doutes me submerger et la clarté me fuir.

Comment dans ces moments-là peut-on entretenir sa foi en soi-même ? Quel acte concret et quotidien peut-on poser chaque jour pour nourrir cette flamme, quand tout à l’extérieur semble peser pour l’étouffer ?

Parfois, j’aimerais bien que l’on me donne « la bonne réponse ». Peut-être est-ce pour cela que ma guidance s’est tût, c’est à moi de la trouver par moi-même. Personne ne peut choisir à ma place. C’est à la fois un beau cadeau et en même temps une lourde responsabilité. Comment choisir quand je ne sais pas ce que je veux ? Ni ce dont je suis capable ? Ni vers quoi je veux aller concrètement ?

Faire un pas au hasard ? Avoir la foi que je ferais le bon choix quel qu’il soit ? Je sais qu’en vérité, peu importe le chemin, c’est la façon dont on le vit qui importe. « Tous les chemins se valent », il n’y en a pas un bon ni un mauvais, ce ne sont que des expériences. Et comme la vie est évolution, rien n’est jamais figé, on peut changer d’avis, rebondir, évoluer. Alors pourquoi ai-je si peur de me tromper ou de ne pas être capable ? Comment guérit-on ce genre de manque de confiance en soi ?

21 juin 2017

Publicités

Faire son deuil

Artiste : Wlop
Artiste : Wlop

Je demande à parler avec mes guides. Merci. S’il vous plait, j’ai besoin d’aide pour comprendre les messages de mes rêves, et ses énergies qui persistent si désagréablement au réveil. J’ai besoin que le message soit répété en douceur, et progressivement expliqué. Je n’arrive pas à les décrypter et en plus ces énergies pénibles ne m’aident pas à accueillir les messages.

Il y a des songes qui reviennent, encore et encore, à intervalles de mois régulier. Mais comment suis-je censée les comprendre ? Je rêve encore et encore d’une retrouvaille avec mon ex-compagnon pour le travail. Mais ça veut dire quoi ? Ce sont les projections de mes désirs inconscients ? Ou on a encore un travail à faire ensemble ? Spirituel ou bien dans le concret, matériel ? C’est pour m’aider à accepter notre séparation et lui pardonner ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Comment te sens-tu à parler de ça ?

Triste, cela me fait pleurer. Évidemment que j’aimerais pouvoir le retrouver et lui pardonner. Seulement ressentir de la joie et de l’apaisement en le voyant. A défaut d’être capable de vivre en couple, pouvoir échanger sur le plan intellectuel, se nourrir et s’enrichir l’un l’autre d’une autre façon. Mais je n’ai aucune idée si c’est ce dont lui aussi a envie. Et encore moins si j’en suis capable. Je ne me sens pas prête, pas prête à le revoir, pas prête à la façon inconnue dont je pourrais réagir. Je me sens toujours blessée, et je me demande si cette blessure pourra seulement se refermer un jour. Pas vraiment, hein ? Mais je peux trouver un placebo, une autre source de joie et d’amour c’est ça ?

Parfois il faut du temps.

Mais pourquoi m’envoyez-vous ces rêves avec lui ? Pourquoi ?

Pour te préparer à l’éventualité de le recroiser.

A quoi ça sert ?

Tu pourrais être amenée à le croiser dans le cadre de ton futur travail.  T’interdirais-tu d’évoluer dans un certain milieu professionnel parce qu’il en fait partie ou qu’il y apparait de façon ponctuelle ?

Je sais bien que cela ne me pénaliserait que moi-même. Je sais bien que lui resterait probablement neutre et professionnel. Il sait bien faire ça, séparer vie pro et vie perso. Je sais aussi que c’est une belle personne, riche de connaissances et de sagesse. Au-delà même de notre propre histoire personnelle, je sais que c’est un homme passionnant qui a beaucoup à apporter à autrui, notamment dans le milieu professionnel. J’aimerai être capable de pouvoir évoluer sur ce plan en cohabitation avec lui.

Mais je n’en suis pas capable avec un cœur brisé. Je ne peux pas juste ignorer toute la sphère émotionnelle et personnelle que je ressens. Evoluer auprès de lui comme si on ne s’était jamais connus, comme deux inconnus aux rapports cordiaux et distants. Ce ne serait pas possible. La blessure de l’indifférence serait trop forte. Vu mon hypersensibilité, ça serait signer la mort de ce qui reste de mon pauvre cœur en miettes.

Même si je sais que ce n’est pas lui seulement qui l’a brisé. Dans toute relation, on est responsable à 50%, il n’y a pas de victime et pas de bourreau, même si c’est lui qui est parti. Et même si je sais d’un point de vue rationnel, que c’était la meilleure chose à faire et que je n’en aurais jamais eu le courage. Mais ça fait juste mal, c’est inexplicable… C’est une perte que l’on ne peut pas nommer.

Pourquoi ai-je rencontré ma flamme jumelle dans cette vie si nous ne sommes pas capable de vivre notre amour ensemble ? Pourquoi ? Je n’arrive toujours pas à accepter ça. C’est inacceptable pour moi. Accepter la maladie, les expériences de harcèlement au travail et énergétique, accepter ma reliance à l’Ombre et à la Lumière, accepter ma médiumnité, accepter mon hypersensibilité. Je veux bien travailler à accepter ça. Mais pas accepter de renoncer à ma flamme jumelle, ce n’est pas possible. Ce n’est pas juste ! C’est simplement trop dur.

Et quelles sont les alternatives qui se proposent à toi ? Rester dans cette souffrance ?

Je ne sais pas, je n’en sais rien. Je croyais que vous aviez endormi mon cœur pour que je souffre moins ?

C’est toujours le cas.

Et bien, je n’en ai pas l’impression au vu de ce qui ressort quand j’évoque le sujet.

Parce que tu es toujours en résistance dans ton processus de deuil. Tu n’arrives pas à lâcher prise.

Ce n’est pas quelque chose que l’on décide…

Non mais on peut l’accompagner. Tu pensais que tu avais fait ton deuil parce que tu as tout enterré. Tout mis dans des boites. Supprimer tout contact et toute prise d’information. Eviter toute pensée à son sujet. Mais ce n’est pas ça faire son deuil.

Faire son deuil c’est être capable de voir le bon comme le mauvais et de l’accepter. C’est être capable de sourire en repensant aux bons moments, en ayant de la gratitude dans ton cœur. C’est repenser à l’autre de temps en temps, peut être avec un peu de nostalgie mais, surtout avec de l’amour et de la paix au cœur. Exactement comme ce que tu ressens au sujet de ta grand-mère décédée.

C’est ça le deuil. Ce n’est pas cacher et ignorer ta souffrance. C’est l’accepter à bras ouverts, la laisser s’exprimer, encore jusqu’à ce qu’elle soit apaisée.

Mais je croyais l’avoir fait, après toutes ces heures à pleurer, toutes ces heures à écrire et à me lamenter… A n’en plus finir, encore et encore. Et tous ces rêves pour évacuer… Je pensais sincèrement avoir laissé le champ libre à l’expression de ma souffrance, de ma détresse et de toutes les émotions que cette rupture a pu déclencher. Je me suis laissée le temps, je me laisse encore le temps.

Le temps peut passer aussi longtemps que tu voudras. Un trésor caché et bien enterré est préservé sous la terre. Ta souffrance est à l’abri. Comme un ultime vestige de votre relation, qui te rassure sur l’intensité et la réalité de ce que vous avez vécu. Un vestige que tu n’arrives pas à lâcher… Par peur qu’il n’y ait plus rien. Plus rien qui te rattache à lui, pas même la souffrance.

Mais deux flammes jumelles sont reliées par bien plus que ça. Tu n’as pas besoin de t’enferrer dans une chaine de souffrance pour que votre lien perdure au-delà du temps et de cette vie. Quoi que tu fasses ou non, un jour, vous vous retrouverez.

C’est difficile à comprendre pour ta conscience humaine, mais tu n’as pas besoin d’un tel lien de souffrance. Tu n’as pas besoin d’être rattaché à lui par une émotion ou par un souvenir pour l’aimer. L’amour inconditionnel n’a pas besoin d’attache. C’est ton mental et ton égo qui s’y raccrochent aussi fort qu’ils le peuvent.

Tu es très bien capable d’aimer ta grand-mère décédée, sans aucun lien physique, ni même émotionnel. Tu ne sais pas où elle est, ce qu’elle fait sur son chemin d’évolution, comment son âme se sent. Tu ne sais rien, et tu n’as pas de visite d’elle. Mais cela ne t’empêche pas de l’aimer, de lui souhaiter le meilleur et de lui envoyer des pensées bienveillantes. Où qu’elle soit, et même si elle ne te répond pas.

L’amour sans attache c’est cela. C’est laisser partir l’autre sur son chemin, en lui souhaitant le meilleur. C’est se détacher du besoin de lien, d’amour en retour, d’avoir une réponse et d’être rassurée. C’est donner sans attendre quoi que ce soit en retour.

Mais accompagner ma grand-mère vers la mort parce que c’est ce que son âme a décidé, cela n’a rien à voir avec une rupture… ça n’a rien à voir ! Je n’ai jamais eu de message de l’âme de mon ex-compagnon qui me disait que je l’empêchais d’évoluer…

Mais toi tu avais besoin de plus d’espace de liberté pour évoluer. Le message n’est pas venu de lui, mais de toi, de ta propre âme. Et c’est cela que tu n’acceptes pas. Tu lui as apporté ce dont il avait besoin pour évoluer dans cette partie de sa vie. En contrepartie, il t’a aidé dans la prise de conscience de tes blocages. Mais tu ne pouvais pas continuer ton évolution spirituelle avec lui. Alors il t’a laissé partir. Il a entendu le message de ton âme, c’est pourquoi il était en paix suite à cette décision.

Mais moi, je ne suis pas en paix du tout !!! Pourquoi ?

Parce que tu as refusé ce message. Tu ne l’acceptes pas. Tu n’acceptes pas que ton âme te fasse vivre ça.

« Subir » ça. Je ne supporte plus le nombre de trucs que me fait subir mon âme, parce qu’elle a décidé avant de s’incarner de travailler sur telle et telle blessures. Je suis fatiguée et découragée. J’ai besoin d’un peu de douceur moi aussi ! De joie, d’amour, de paix… En réalité, je ne cherche pas midi à 14h, si je m’intéresse autant à la spiritualité, c’est simplement parce que je veux me sentir bien. C’est tout. Je veux me sentir bien.

Mais pourquoi ai-je l’impression que plus je chemine et plus cela devient hors d’atteinte ? A chaque nouvelle blessure mise en lumière, à chaque nouveau défi imposé par mon âme… Parfois, je me dis « bienheureux l’ignorant ». Je ne considère pas que ma médiumnité est « cool » parce que j’ai plutôt l’impression qu’elle entraine une série d’obligations : celle d’être attentive à mon environnement, celle de mettre en place une certaine hygiène énergétique, celle de prendre en considération les messages qui me viennent (sinon ils se retournent comme des gifles dans ma figure), etc…

Je suis psychologiquement et psychiquement fatiguée.

D’où le fameux rêve où tu es alitée à l’hôpital, avec de la fièvre et des spasmes. Incapable du moindre mouvement à cause d’une fatigue écrasante et disproportionnée. Tu vois, même si tu n’en as pas conscience, ton âme elle le sait. Son objectif n’est pas de te « casser » mais de te permettre d’évoluer. Et là, tu as besoin d’une pause. Tu as besoin d’un peu de temps pour récupérer. Tu as besoin de rentrer pour te reposer. Nous le savons.

Alors, aidez-moi, svp…

Est-ce que ton rêve de cette nuit était intéressant ?

J’aimerais en parler, mais je suis trop fatiguée… Une autre fois ?

Il était là pour t’aider, c’est tout ce que tu as besoin de savoir pour l’instant.

Ok, merci.

24 février

 

Le temps, une illusion ? [endométriose]

Artiste :
Artiste : Wlop

J’ai été surprise aujourd’hui que ma grand-mère me pose des questions sur ma maladie, l’endométriose. J’en avais parlé autour de moi, il y a un an et demi, lorsque le diagnostic avait été posé et que j’avais appris ce que c’était. J’ai aussi pas mal écrit à ce sujet ici sur mon blog, notamment , ici ou encore dans cet article (plus d’articles sur le sujet dans la catégorie « Endométriose »). Du coup, cela me semblait clair pour mon entourage. Mais je me rends compte que finalement, peu ose poser des questions, comme si le sujet de la maladie était tabou, et encore plus quand cela concerne les organes génitaux. Du coup, ils ne connaissant que des généralités, celles qu’ils peuvent trouver dans des livres qui ne sont pas à jour, ou pour les plus connectés sur google.

Je me rends compte néanmoins qu’on en a une bien meilleure connaissance quand on est concerné, que l’on a eu des explications détaillées par son médecin, qu’on est membre d’une association qui défend la cause de cette maladie (cf EnfoFrance), que l’on a rencontré d’autres personnes malades et échangé avec, et que l’on a assisté à des conférences présentées par des médecins. Il n’y a pas à dire, l’accès à des données scientifiques fiables aide à mieux comprendre la chose et à l’expliquer de façon factuelle. Et qui, de mieux concerné pour apprendre tout ça, que quelqu’un qui doit vivre avec au quotidien ?

Et encore, malgré cela… Aujourd’hui j’ai reçu dans ma boîte email un appel au témoignage pour de l’endométriose hépatique. J’ai été surprise car je n’avais encore jamais entendu parler d’un tel cas. Mais après tout, les cellules de l’endométriose peuvent bien s’installer partout… Et sur plein d’autres organes que l’utérus et les ovaires. J’ai rencontré quelqu’un qui en avait sur le diaphragme, une autre sur la vessie. Les atteintes du rectum sont classiques et bien que mon IRM montre que je n’en ai pas, je me pose des questions au vu de mes symptômes… J’ai entendu une malade qui a une amie avec  une atteinte au cerveau…

La réalité, c’est que selon les organes touchées, certaines personnes en meurent réellement, ou bien sont en fauteuil roulant (atteinte des nerfs). Évidemment, on n’en parle pas, parce que cela effraye et montre bien l’impuissance de la médecine fasse à certaines situations. Ce n’est pas pour dramatiser que j’explique cela, mais bien pour souligner que même si l’endométriose est classé comme « maladie bénigne » par la sécurité sociale, elle peut malgré tout être mortelle – heureusement dans de rares cas.

Cela souligne également que malgré la première campagne de sensibilisation qui a eu lieu en 2016, cette maladie reste mal connue et mal comprise. Par exemple : j’ai fait une rapide recherche sur les symptômes d’une endométriose hépatique. En 2004, seul 8 cas avaient fait l’objet de données scientifiques publiées (source : http://www.em-consulte.com/en/article/121704 ). Autant dire, quasiment rien, et les données accessibles sont uniquement en jargon médical. Je comprends pourquoi cette personne a fait un appel à témoignage. C’est très difficile de se savoir malade, mais de ne pas avoir d’informations sur comment la suite se passe une fois que le diagnostic a été posé… Une opération a probablement été proposée. Mais quelle sont les chances de rémission sur cet organe-là précis ? Après tout, on sait qu’en moyenne dans 30 à 40% des cas, il y a récidive des nodules après les avoir enlevés mécaniquement. Cela vaut-il la peine de subir une opération aussi lourde ? C’est ce genre de questions qu’une femme atteinte d’endométriose peut se poser.

Mais il y en a tellement d’autres… Des questions plus subtiles, qui portent sur l’atteinte au moral. A chaque fois qu’une crise a lieux, et que je suis clouée au lit par les douleurs, je me demande : « Mon corps peut-il vraiment supporter une sexualité quand il souffre tellement à certains moments ? Serai-je capable d’être en couple de nouveau un jour malgré ma maladie ? Comment mon corps pourrait porter un enfant, avec tant de douleurs en lui ? Serai-je capable d’avoir une « vie normale » et de travailler avec toutes ces crises ? » Les peurs et les doutes affluent à tire d’aile et rende l’immobilité encore plus insupportable.

A vrai dire, j’ai été étonnée que ma grand-mère ose me poser tant de questions, comme « et tu crois que cette maladie empêche vraiment de travailler ? » Alors je lui ai expliqué que cela dépend de chaque femme. La maladie est spécifique à chaque cas. D’abord parce que la douleur n’est pas proportionnelle à la gravité des nodules. Une femme très atteinte peut ne rien sentir, quand une autre avec quelques petits nodules peut souffrir au point de perdre conscience (et oui, ça existe, j’en connais). D’autre part, parce que l’impact de l’endométriose n’est pas le même selon les organes qui sont atteint, et enfin parce qu’on ne peut pas quantifier la fatigue physique que cela entraîne (le corps doit digérer le sang et les zones d’inflammation après chaque crise) et ses effets secondaires : baisse du système immunitaire et on se choppe tout ce qui passe, crise aigüe de fatigue chronique, courbatures, douleur au dos et sciatique, etc… Ni la fatigue morale, qui peut mener à des dépressions nerveuses, notamment quand l’environnement n’est pas assez réceptif et propice (cf votre dévouée auteure).

Bon, tout ça pour dire quoi ? J’avais promis à mes guides d’écrire sur ce sujet s’ils m’aidaient à prendre en charge la douleur de ma crise d’il y a 2 jours. Et les rappels sont venus en force m’y encourager.

Être malade, ce n’est jamais drôle, mais quand c’est chronique, qu’il n’existe pas de traitement pour guérir (seulement pour contenir la maladie) et qu’on connaît mal la maladie, cela complique encore les choses. Je suis passée d’une période de ma vie où je ne me définissais que par mon état de « malade » alors qu’à l’époque – c’est ironique – je n’avais même pas de nom à mettre dessus à cause du retard de diagnostic. Maintenant, j’en viens à ne presque plus en parler.

Et c’est un tort parce que cela t’affecte plus que tu ne le penses. Mais on dirait que tu n’es pas prête à laisser tes émotions sortir de la bouteille.

J’avoue que cela me fait peur… Je ne pensais pas que j’aurais eu une réaction émotionnelle si forte aux questions de ma grand-mère. Que dire ? Que je me sens perdue par rapport à ma maladie ? Il semblerait que j’ai atteint le plafond de ce que la médecine conventionnelle peut faire pour moi. Après plusieurs essais de traitement, mon gynéco m’a dit qu’on ne pourrait pas faire mieux sans que les effets secondaires soient encore plus forts. Sauf que mon traitement n’a pas tout résolu, loin de là ! Il m’arrive encore d’avoir des règles (leur suppression étant la seule méthode efficace pour contenir la maladie) et les autres symptômes… Ma sciatique…  Est-ce mécanique ? On est-ce dû à une atteinte des nerfs ? Comment je fais pour améliorer ça ? Je ne peux pas rester comme ça à ne pas pouvoir conduire de façon libre…

Tu as une maladie chronique. Il faut que tu acceptes l’idée que tu auras toujours des symptômes, quelle que soit la forme qu’ils prennent. Mais au lieu de te concentrer sur eux, tu peux te concentrer sur ton bien être. Sur trouver les actions et les activités qui te font réellement du bien.

Accepte que tu n’es pas comme les autres femmes.

Je ne sais pas pourquoi, je bloque sur ça. J’arrive à accepter l’idée que j’ai une blessure à l’âme concernant ma féminité, mais l’accepter sur le plan physique… C’est insupportable, je me sens « marquée ». C’est insupportable aussi l’idée que je doive endurer ça à cause de mes blessures à l’âme et de mes vies antérieures !!

Tu peux le dire.

Ce n’est pas juste. Pas juste du tout. Pourquoi dois-je me préoccuper de guérir ça ? Pourquoi ne puis-je pas vivre une histoire d’amour heureuse ?

Il y a des raisons à tout empêchement, tu le sais. C’est juste trop dur à accepter. Comme l’idée de devoir te contenter de relations d’amitié, quand toi tu voudrais vivre le grand Amour avec ta flamme jumelle.

Je déteste cette situation. Je déteste savoir que ce n’est pas possible, pourquoi ce n’est pas possible et pourtant ne rien pouvoir y faire, là tout de suite ! Le temps ! Pourquoi faut-il tant de temps pour guérir !

Le temps est une illusion.

Oui, je le sais en théorie, mais en pratique !! Moi, la personne que je suis aujourd’hui, je n’ai qu’une vie, peu importe le nombre de fois que mon âme devra se réincarner pour surmonter les enjeux qu’elle s’est fixée. Alors, oui le temps compte pour moi… et sur ce, je vais me coucher !

4 janvier 2017

Le poids de la culpabilité

Artiste :
Artiste : Asuka111

Je ne sais pas comment je suis venue à penser à ça au cours de ma méditation, mais j’ai des souvenirs et des émotions désagréables qui me sont remontés comme des bulles pour m’exploser au visage. Quitte à être traversée d’émotions fortes, j’aimerais autant comprendre pourquoi…

Quel était ce souvenir ?

Et bien, il m’est venu la pensée que si jamais ma meilleure amie se mariait, je n’étais pas sûre d’être capable d’assister à son mariage, à cause de la présence de ses parents. Je n’aurais pas envie d’être le vilain petit canard, de les mettre mal à l’aise, ou simplement moi de ne pas me sentir à ma place. Après tout, je suis un sujet tabou dans sa famille depuis l’époque où nous étions sorties ensemble…

Et quelles émotions te traversent ?

De la colère. Je pensais qu’elle s’était estompée, mais elle est encore là. Une profonde tristesse aussi. Celle d’avoir offert mon amour profond et la vérité. Et d’avoir été rejetée, humiliée et calomniée. Je crois que je me souviendrais à vie du jour où son père m’a dit « je crois que tu n’as plus rien à faire sous ce toit ». Ils m’ont mise à la porte, comme une malpropre, alors qu’une semaine avant ils disaient du bien de moi et de ma réussite scolaire… Ils ont dit que j’essayais de corrompre leur fille, que cela ne lui ressemblait pas…

Mais ce n’est pas ça le pire. Je m’étais préparée psychologiquement à cette réaction, même si on avait tout fait pour leur apprendre notre relation dans les meilleures conditions possibles. Le pire, c’est qu’après ça, lorsqu’ils croisaient mes parents qui leur disaient bonjour, ils regardaient le sol et les ignoraient ! Mes parents ! J’ai été très en colère contre eux pour ça. Qu’ils me rejettent moi, je peux comprendre. Mais mes parents ? Qui n’étaient pas responsables de mes choix et de mes sentiments ? Qui n’étaient pas plus au courant qu’eux ? J’étais en colère de les voir irrespectueux envers mes parents, qui avaient eux toujours été poli avec eux. Blessée et frustrée aussi de les voir incapables de dépasser leurs préjugés et leur peur du jugement social pour soutenir leur propre enfant et de la mettre dans cette situation impossible de choisir entre sa famille et la personne qu’elle aimait, de la pousser à se cacher. Alors que mes parents m’ont soutenue sans jugement quand je leur ai expliqué la situation, malgré leurs incompréhensions et leurs propres doutes.

Et je déteste cette espèce de situation irrésolue et ces énergies désagréables que je sens flottés en leur présence. Parce qu’évidemment, ils ne m’en ont jamais reparlé, ils ne se sont jamais excusés auprès de moi. Quand mon amie a été de nouveau en couple avec un homme, que du temps avait passé et que j’ai pu de nouveau venir chez elle, ils ont toujours fait comme si rien ne s’était passé. Comme s’ils ne m’avaient pas ignoré pendant des années… Comme s’ils ne m’avaient pas mise à la porte… Pourtant, moi je n’oublierai jamais ce que ça fait. Je n’oublierai jamais. Parce que ça fait mal d’être rejetée ainsi.

Même si je savais le risque que je prenais, mais je le prenais par amour à l’époque, naïvement. En croyant qu’être sincère, dire la vérité et les sentiments seraient suffisant. Mais je m’étais trompée. Dans ce monde d’image, de mirages et de société civilisée, les apparences sont importantes, les « normes sociales » des lois à respecter afin de ne pas être jugé. Que pourraient dire les parents des élèves de ces gens liés au corps d’enseignement ? C’est vrai ? Alors que moi je le vois dans le sens inverse : si les personnes censées enseigner « liberté, égalité et fraternité » sont intolérantes quand cela les touche elles, quelle exemple donnent-elles ?

Mais le pire je crois, c’est la situation de mon amie. Parce que moi j’ai toute liberté d’être en colère, et même de haïr ces gens si je veux –même si cela n’a aucun intérêt de perdre mon énergie en vain-. Mais elle, elle ne peut pas, ce sont ses parents. Elle s’est retrouvée coincée entre le marteau et l’enclume. Entre ses sentiments et notre relation, et l’éducation et l’influence de ses parents, qui lui interdisaient de me voir. Comment peut-on faire face à ça ? C’est horrible. Je sais bien qu’elle n’est pas responsable des opinions et des décisions de ses parents. Je sais aussi qu’elle était dans une situation impossible et très dure à vivre. Aussi j’ai toujours eu une terrible tristesse au cœur pour elle, et une grande colère envers ses parents : comment peut-on infliger ça à sa propre fille quand on l’aime vraiment ? Ne devrait-on pas vouloir son bonheur peu importe les conventions sociales ?

Ces conventions que je déteste. Parce qu’elles emprisonnent les hommes, les femmes. Donnent des schémas tous prêts à suivre : modèle familial, modèle de réussite, modèle scolaire, etc. Comment peut-on se sentir libre et suivre son âme quand on est englué dans tout ça ?

Voilà pourquoi il est parfois si difficile de se défaire des mirages qui empêchent l’évolution spirituelle.

J’ai eu beaucoup de chance. D’avoir des parents compréhensifs. D’avoir l’ouverture d’esprit pour ne pas m’arrêter aux schémas. En ça, je suis plutôt dans la gratitude. Et quelque part, je ne peux m’empêcher d’avoir de la pitié pour ces personnes : pour eux d’avoir fait souffrir leur enfant et pour elle d’avoir des parents fermés sur leurs principes.

Et là c’est ton égo qui parle. Parce qu’il se croit supérieur pour avoir refusé la limitation auxquels ses parents se sont arrêtés. La vérité, c’est que tu ne seras réellement libre que quand tu leur auras pardonné dans ton cœur. Comprendre les limitations qu’ils vivent, ce n’est pas la même chose que les reconnaitre et les accepter. Même si ces limitations t’ont blessée.

J’ai compris qu’en fait le pardon n’avait vocation qu’à me libérer. A me sentir en paix face à eux, quoiqu’ils pensent et quoiqu’ils disent. Parce que je sais que je n’ai rien fait de mal, j’ai suivi mon cœur.

Alors pourquoi as-tu si peur d’être confrontée à eux ?

Parce que quand je suis face à eux, j’ai l’impression de ressentir une gêne de leur part et une honte – plus ou moins consciente, je ne sais pas – comme si je leur rappelais combien ils ont été intolérants, combien ils ont été blessants et irrespectueux. Comme si une part d’eux avait honte, mais qu’ils n’étaient pas prêts à l’admettre et à s’excuser. Comme si cela engendrait un conflit inconscient en eux même. Je ne sais pas si c’est la réalité ou si ce sont mes projections.

Et si c’était des projections, qu’est-ce que cela voudrait dire ?

Que je projette ma propre honte sur eux ? Celle d’avoir été chassée de leur maison et celle d’avoir été traitée comme quelqu’un qui ne méritait pas le respect ? Celle de savoir que je ne respecte pas les lois sociales et que « c’est moi la méchante de l’histoire » ?

Tu portes un sentiment de culpabilité face à ton amie. Tu es celle qui est venue brisée la jolie image de sa famille aimante et compréhensive. Tu es celle qui est venue lui montrer les limites de ses parents, la confronter à ses sentiments VS l’emprise qu’exerce sa famille sur elle. Ce n’est pas un rôle facile. Largement de quoi plomber une amitié. Surtout si les énergies ne sont pas assimilées et digérées, transmutées en quelque chose de positif.

En réalité votre amitié patine pour plusieurs raisons. Tu maintiens un sentiment de culpabilité vis-à-vis de ce qu’elle a vécu avec sa famille. Elle maintient un sentiment de culpabilité par rapport à la façon dont elle a rompu et est partie avec un autre. Comment veux-tu que votre relation soit stable et sereine ? Vous vous trainez des casseroles dont vous n’avez pas pris la peine de parler ouvertement, puisque vous les croyiez résolues.

Oui, je les pensais résolues et je suppose qu’elle aussi… Mais depuis le jour où elle m’a quitté pour cet homme dont elle a eu le coup de foudre, elle me parle très peu de son couple, un peu plus ces dernières années mais… Comme si les difficultés qu’elle pouvait traverser dans son couple étaient taboues. Comme si elle devait me donner l’image d’un couple heureux, uni à tout moment. A vrai dire, je ne sais pas qu’elle est la réalité derrière, car finalement elle ne m’en parle jamais. Je ne sais pas pourquoi… Est-ce parce qu’inconsciemment elle a peur que cela me blesse ? Ou me rende triste quand je suis célibataire ? Je n’en sais rien du tout.

Et je suis fatiguée alors je vais aller me coucher. Mais je ne sais pas si je devrais publier cette conversation. Je parle de choses intimes, mais qui ne me concerne pas uniquement moi. Je n’ai pas non plus envie que cette amie se sente jugée elle ou sa famille, parce qu’après tout je ne parle qu’à partir de mon propre vécu teinté de mes ressentis et de mes émotions…

6 juin 2016