Espace et famille d’âmes

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Artiste : Erisiar

Je n’aurais pas pensé que la dernière série que j’ai regardée m’ait tant travaillée. Ah, c’est pour ça que j’évite souvent les livres, films ou jeux autour des questions de l’intelligence artificielle… Entre les « dérapages » de logique et de raisonnement des IA, la déshumanisation des rapports aux êtres vivants, ou bien encore les humains évoluant eux même de façon cruelle et purement logique… Il y a de nombreux sujets épineux, que je ne trouve vraiment pas drôles.

Tu préfères les histoires de guerres entre espèces différentes, tel que mutants et humains, ou bien trolls et humains ?

Et bien… Pas vraiment que la guerre soit mon sujet de prédilection. Mais il faut avouer que dès que tu y ajoutes technologies, robots, IA, vaisseaux spatiaux… Et bien, plus la puissance est grande, plus la violence et les dégâts le sont aussi. Je trouve ça encore plus effrayant.

Alors que les histoires avec de la magie, de la sorcellerie comme outils de guerre, tu ne trouves pas ça effrayant ?

Ce n’est pas que ce n’est pas effrayant. Mais en règle générale, c’est limité à une planète, même si parfois cela concerne plusieurs univers parallèles. Je pense qu’en fait, j’ai du mal dès que les histoires se passent dans l’espace, où sur plusieurs planètes. J’ai déjà remarqué ça, surtout avec les films. C’est comme si cela me faisait perdre mon ancrage. Cela me déstabilise complètement… Ce n’est pas que je n’aime pas la science-fiction, notamment spatiale, c’est plutôt que j’ai du mal après à gérer mon ancrage là sur terre dans le quotidien.

Hier soir, après avoir regardé plusieurs épisodes de cette série, j’ai vraiment très mal dormi. Je ne me souviens plus de mes rêves, mais j’ai l’impression qu’une part de moi a fait la navette entre ici et ailleurs. Vraiment, l’effet est désagréable. Et quand je suis mal ancrée, je ne me sens pas concernée par ce qui m’entoure, que ce soit mon environnement physique, comme également mes proches, ou bien la liste de choses matérielles nécessaires à faire. Perchée, ça me rend vraiment perchée. Je me demande pourquoi cela a un effet aussi fort pour moi ? Alors que j’ai travaillée sur mon ancrage, qu’il s’est amélioré, et que vous m’avez dit qu’il était suffisant pour un certain nombre de choses.

Mais pas encore pour des voyages fréquents dans l’espace. Cela te rappelle trop d’où tu viens. Cela perturbe en effet ton ancrage terrestre. Parce que tu te rappelles d’où tu viens, et tu as envie d’y retourner. Ce genre de films, c’est comme un appel inconscient pour toi, cela réveille des mémoires et stimulent des zones cérébrales spécifiques.

Hum ? Et alors, je suis censée faire quoi ? Eviter ce genre de films ?  Eviter les histoires qui se passent dans l’espace ?

Pas forcément, du moment que tu te rappelles que dans cette vie-là tu es une terrienne. Et que tu es là pour vivre et expérimenter cette matière, cette planète et ces énergies. Aussi, après ce genre de choses, te reconnecter à la nature et ses énergies est nécessaire. Va marcher, sentir le vent sur ta peau, respirer les odeurs de la terre, observer les arbres et les végétaux. Rappelle-toi que tu es terrienne, et que tu n’as pas besoin de retourner vivre dans l’espace pour l’instant.

Ça veut dire quoi ? Que mon essence correspond à celle d’une autre planète ? Comme Camille Fraise qui a une essence plutonienne ?

En quelque sorte. Disons que tu as beaucoup voyagé au cours de tes vies.

Pourquoi l’espace et les IA me feraient flipper alors ?

Parce que, comme tout, vous gardez des mémoires. Si tu es effrayée par les guerres spatiales, c’est parce que tu as déjà témoigné de certaines dans d’autres vies. Tu as vu leur puissance destructrice et cela a laissé une trace en toi.

J’ai un peu plus de mal avec ce genre de mémoires là… accepter les mémoires de vies antérieures sur la Terre, ça ok je le comprends. Mais d’autres vies sur d’autres planètes ? A quoi cela sert de s’en souvenir ?

Cela ne sert pas ou peu, c’est pour ça qu’en général vous ne vous souvenez, une fois incarnés sur Terre, que des mémoires de vos vies passées sur Terre.

Mais il y a des exceptions ?

Vous venez tous « d’ailleurs » comme vous dites, et vous en gardez tous la mémoire inconsciente. Mais certains le sentent plus que d’autre. C’est lié à votre essence. En règle générale, on évite de laisser remonter trop de mémoires en lien avec d’autres planètes, parce que cela ne vous aide pas à vivre ancrés dans le présent sur Terre. Mais parfois, ces connaissances sont utiles, voire nécessaires (comme pour « Camille Fraise »).

Du moment que vous êtes capable d’accepter au niveau de l’égo que vous n’êtes qu’un grain de poussière, et pas seulement au niveau de la Terre, mais à celui de l’Univers, sans toutefois vous noyez dans ce tout, c’est-à-dire en gardant votre individualité ; alors votre conscience humaine peut s’ouvrir à cette vérité.

Ben avec la quantité de films et de livres, il y a un paquet de gens qui ont cette ouverture, alors ?

Avoir l’ouverture d’esprit intellectuelle est une chose différente du fait de ressentir en soi une réalité énergétique. Cela n’est pas comparable, donc ne cherche pas à comparer.

Alors à quoi ça me sert, à moi, d’avoir ces infos-là ?

A comprendre que « le monde est vaste ».

Et ?

Que tu as fait appel à ta famille d’âme. Tu as bien été entendue. Un certains nombres d’entre eux sont également de la même essence que toi.

Mais « famille d’âme » et essence d’âme, ce sont deux choses différentes, non ?

En effet, mais connaitre ton essence aide à mieux comprendre ta propre place au sein de ta famille d’âme.

Alors c’est vrai que ma famille d’âme c’est celle des Passeurs ?

Qu’en penses-tu ?

Je ne sais pas, je suis un peu confuse. Je m’attendais à autre chose, Guérisseur, Chaman… voire même Enseignant. Oui, vraiment à autre chose. De toutes les capacités que j’ai, ce n’est franchement pas d’après celle-là que j’aurai déduit ma famille d’âme. Je ne sais pas, cela me laisse un goût amer ?

Ou plutôt un sentiment de peur ?

On ne peut pas dire que le passage d’âmes errantes soit ma tasse de thé, vois-tu. Je me souviendrais toujours de combien j’ai eu peur quand je me suis mise à être sentir et être harcelée par des âmes errantes la première fois…

Ce n’était pas la première fois. Mais tu avais trop peu de connaissances pour le comprendre quand cela t’est arrivé avant.

Mais, contrairement à d’autre, je ne me souviens jamais avoir senti ou vu des défunts quand j’étais enfant. Pas non plus de cauchemars en ce sens. Franchement, c’est arrivé tardivement…

Vers la fin de ton adolescence. Au premier décès qui a compté pour toi.

Oui, je vois. C’est pour ça qu’il était si désolé ? Parce qu’il avait réveillé ça chez moi ?

C’était le moment juste, mais tu n’étais pas prête à comprendre, alors cela a été rude pour toi. Il s’en ait voulu, parce qu’il a pensé que s’il avait attendu un peu plus, tu aurais été prête. Mais son intervention t’a permis de prendre conscience, par l’expérience, de la réalité de l’âme après la mort. Et des guidances qu’elle peut envoyer…

Enfin, passeuse d’âme ? A quoi ça sert à part pour aider les âmes errantes ? Je t’avoue que la description de la famille dans le livre de Marie Lise Labonté m’a franchement laissé sur ma faim. Une ou deux petites pages, cela ne dit vraiment pas grand-chose ! Ce n’est pas suffisant. J’aimerais bien avoir plus d’infos, svp.

Il existe plusieurs sortes de « passage ». Le passage des âmes errantes en est une. Il peut être simple, telle que mis en place dans ton environnement astral. Et plus compliqué, où il nécessite une intervention précise pour aider les âmes à transmuter, voire libérer certaines énergies, ou bien se défaire de certains liens.

Ouais… C’était quoi ce que j’ai expérimenté la dernière fois ? J’ai repêchée des âmes dans une mer… Et elles étaient complètement embourbées dans une sale énergie grise… Qu’est-ce que c’était que cette mer affreuse ? Comment ça se fait qu’une zone de mon astral débouche sur ça ?

C’est un accès qui t’a été créé temporairement pour aider les âmes que tu as repêchées. Ce n’est pas un accès normal et constant. Pas de risque que cela déborde chez toi, t’es guides y veilleront.

Ouais, mais… cette mer ? Pourquoi vous ne voulez pas me dire ce que c’est ?

Ce n’est pas nécessaire pour l’instant, l’information te sera donnée plus tard.

Ahah, alors c’est que ça me ferait flipper ! C’est sûr que cela ne me donne pas envie d’en savoir plus. Plusieurs types de passage tu disais ? Quels autres types existent ?

Les passages dimensionnels, pour permettre de faire descendre ou monter des énergies entre différents plans, différentes dimensions. Cela peut valoir pour différents types d’énergies, également des informations.

Comme faire passer des infos du plan de l’inconscient au conscient chez quelqu’un ?

Cela peut, même si là le passage est limité et facile. On dira que c’est plutôt une conséquence de tes vibrations qu’un objectif en soi.

En quoi, le passage d’info est différent du rôle de Messager ?

En quoi, permettre le passage d’une énergie de soin est différent du rôle de Guérisseur ?

Euh… Je n’en sais fichtrement rien à vrai dire. J’aimerais bien là réponse à cette question-là aussi.

Quelle est la différence entre un passeur d’énergie et un utilisateur d’énergie ?

Je ne le sais pas non plus. Car pour moi, les guérisseurs ou même les enseignants, ce sont des canaliseurs aussi, et pas forcément des « utilisateurs ». Ils canalisent l’énergie de guérison, ou bien le « fluide de la connaissance ». Mais en fait, les limites entre familles sont ambiguës pour moi. Je ne comprends pas les distinctions.

Ce n’est pas parce que tu es d’une famille d’âme précise, que tu ne peux pas exercer des fonctions d’autres familles. La différence entre passeur et utilisateur réside dans la finalité de l’énergie. Un passeur ne fait que la transmettre à autrui. Alors qu’un utilisateur, certes il la transmet aussi, ce n’est pas lui qui la créée, mais il la transmute au passage pour l’incarner. Que ce soit en rendant des cours accessibles par la parole ou l’écrit, ou bien en apportant une guérison au niveau physique.

Donc un passeur ne sert à rien sans un « utilisateur », quelqu’un qui va ancrer l’énergie dans la matière ?

C’est plus complexe que ça.

Ok, je fatigue… La suite une autre fois, merci.

17 mars 2017

 

Dualité

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Artiste : NanoMortis

Aujourd’hui, j’ai le cœur lourd. J’imagine que ce n’est pas par hasard si ma sciatique revient en force et si je me suis réveillée avec un torticoli ce matin. C’est comme si tout à coup, je me ressentais rattrapée par la réalité, que j’avais cherché à fuir en me concentrant sur de l’organisation matérielle, en lisant des heures…

La réalité de mon départ me percute enfin, après le déni. J’ai récupéré cartons et du scotch marron, mais je n’ai pas commencé à trier et emballer mes affaires. Tout comme je n’arrive pas à mettre une annonce pour vendre mes meubles. Je me sens bloquée. Tout à coup, je réalise enfin que dans un mois, je ne serai plus ici… J’aurai quitté cette île, quitté mes amis, quitté le quotidien que je connais.

Pour aller vers un ailleurs incertain, un nouveau temps de transition, à la durée inconnue. On pourrait arguer, que retournant vivre au domicile familial, je connais déjà les lieux. Mais je vais y revenir tellement différente, après ces 2 ans à la Réunion et tout ce que j’ai vécu… Là-bas, plus d’amis, plus de repères. Du tri m’attend, retrouver des professionnels de santé pour m’accompagner, des activités… Me pencher sur mon futur professionnel.

Et tout à coup, je me sens tellement perdue.  Perdue face à mes soucis de santé, perdue face à l’absence de direction dans ma vie. Perdue de devoir quitter les personnes chères que j’ai rencontré ici, que j’aime profondément et qui m’aiment comme je suis, sans jugements et sans mensonges. Même si elles ne sont pas nombreuses, ces personnes-là sont très précieuses à mon cœur.

Une part de moi a peur de rentrer, de retrouver des jugements et du rejet face à l’importance de la spiritualité dans ma vie, de vivre de l’incompréhension. Une part de moi projette encore les comportements que mes parents avaient quand je vivais encore chez eux, ainsi que les miens… Pourtant tout est évolution, si moi j’ai changé, mes parents ont changé aussi, mes proches de métropole aussi. Il me faut déconstruire toutes mes croyances et mes aprioris négatifs, pour pouvoir accueillir les choses telles qu’elles sont devenues lors de mon absence.

Et je me sens fatiguée et effrayée par cette nouvelle déconstruction qui vient, qui se rapproche chaque jour un peu plus. Trier, jeter, donner. Ce ne sont que des aspects matériels, mais c’est exactement la même chose qui doit se faire sur les autres plans : mental, émotionnel et énergétique. Je n’ai jamais été douée pour vivre les transitions importantes, telle que celle-ci. Alors, je me demande, comment la vivre au mieux ? Comment m’y préparer pour qu’elle soit douce, simple et fluide ?

Je ne veux pas la vivre comme un choc, comme ce que j’ai vécu à mon arrivée à la Réunion. Une déstabilisation totale, la perte de tous mes repères : nature, étoiles, climat, culture, alimentation, absence des proches… Je vais le refaire en sens inverse, et même si je sais en partie ce qui m’attend là-bas, est-ce que je le sais vraiment ? N’est-ce pas l’occasion de revenir en posant un regard différent, en accueillant les choses sans jugements, telles quelles sont ? Sans attente et sans projection ?

Je pleure. Je pleure cette partie de moi qui va mourir en quittant la Réunion. Pourtant, c’est moi qui ai décidé de partir, de suivre le flot de la vie, de répondre à cet appel, même si je ne sais pas où il va me mener. Même si j’ai eu des messages me confortant dans ce sens. La Réunion n’était qu’une étape pour m’aider à mieux me réveiller, à guérir et à m’ouvrir spirituellement. Mais pour aller où ? Faire quoi ? On dirait que je n’ai pas fini de tâtonner dans le brouillard…

J’accueille cette tristesse, celle de quitter une terre qui m’a accueillie, chamboulée et nourrie. Celle de renoncer à la beauté d’une île Sauvage, faite de feu, d’eau et de terre, où les énergies sont si fortes et si belles. Celle de dire au revoir à de si belles âmes, rencontrées au hasard de mon chemin et avec qui j’ai pu partager tellement de choses dans l’amour et la compassion.

Je me sens déchirée en deux, entre ma terre natale qui m’appelle si fort : ses arbres, ses terres, ses plantes et ces animaux, ma famille, et la Réunion qui est devenue, doucement mais surement, ma terre d’adoption. Pourquoi toujours tant de tristesse et de dualité ? Quand je suis ici, la tristesse de l’éloignement. Et pourtant, alors que je m’apprête à partit, la tristesse de la séparation.

15 mars 2017

La puissance du coeur

Artiste : Serafleur

Je n’ai franchement pas aimé mes rêves de cette nuit… Encore au sujet d’attaques énergétiques. Je me suis réveillée une nouvelle fois de très mauvaise humeur, ne sachant pas comment comprendre ces rêves. Attaques réelles ? Avertissements ? Je déteste ce genre d’énergie collante qui me reste après… Et évidemment, je n’ai pas envie de me pencher dessus, au contraire, mon réflexe premier est plutôt de fuir cette réalité déplaisante et ces informations dont je ne sais pas quoi faire.

C’est vrai, je suis censée en faire quoi ? J’ai revu exactement le même chat que lors de la première attaque dans mes rêves inconscients, qui s’en prenait de nouveau à moi dans mon sommeil, en aspirant quelque chose par mon oreille droite… Dans mon rêve, je me réveillais et le mettais violemment à la porte en le menaçant de mort cette fois-ci s’il recommençait encore une fois…

Et pas un rêve, mais deux. Deux avertissements la même nuit. Dans le second rêve,  une femme prêt de chez moi, venait récupérer des déchets avec mon sang dans mes poubelles, pour s’en servir afin de créer des sorts contre moi, qu’elle enfouissait autour de chez moi. Encore et encore… Je devais les déjouer encore et encore…

Franchement, qu’est-ce que je suis censée faire de telle infos ? Comment je suis censée réagir à de tels avertissements ? Pourquoi ces gens veulent-ils s’en prendre énergétiquement à moi ? Les premiers, je sais, j’en ai déjà parlé avec mes guides. Mais la bonne femme de mon rêve, elle sort d’où ? Pourquoi ? Pourquoi dépenser tant d’énergie à me nuire ? Dans quel but ? C’est stupide, surtout que dans mon rêve, je déjouais toutes ses attaques.  Alors je préviens gentiment. Cela ne sert à rien. Ce n’est pas la peine…

De toute façon, tu as fait ce qu’il fallait concernant le premier type d’attaque.

Oui, je me demandais pourquoi ces rêves venaient juste après le stage chamanique d’initiation à des techniques de soin…

C’est justement parce que tu as fait ce stage que ces rêves sont venus.

Pour que je puisse appliquer certaines techniques… J’ai extrait quelque chose au niveau de mon oreille droite, quelque chose qui était profondément ancré dans mes énergies. Il m’a fallu l’aide d’animaux totems pour l’extraire tellement c’était « attaché ». Je ne suis pas bien sûre de ce que c’était…

De quoi ça avait l’air ?

Une espèce de clochette, un peu comme ce que l’on peut trouver sur certains colliers pour animaux. Ça m’a fait penser à un traceur. Un traceur énergétique.

Qui permet aux personnes de te retrouver n’importe où dans l’astral, et de pénétrer plus facilement dans tes énergies, parce qu’ils y ont un ancrage.

Hum, ce dont nous avions déjà parlé ? C’était vraiment profondément ancré dis donc. J’en ai encore mal à l’oreille.

Mais tu l’as extrais.

On dirait.

Tu ne devrais donc plus avoir à te soucier que ces personnes t’attaquent dans ton sommeil. Cela va être beaucoup plus compliqué d’avoir une prise sur toi, maintenant que tu as retiré leur traceur énergétique.

Mais comment a-t-il été possible d’en implanter un dans mes énergies aussi profondément ?

Cela fait longtemps qu’il a été placé en toi, et entre temps, il a pu développer toutes ces attaches noires que tu as vu, creuser son trou, en se nourrissant en partie de tes énergies sombres refoulées. Voilà pourquoi il s’est si bien maintenu et ancré en toi. Cela n’aurait pas été possible s’il n’avait pas trouvé de « nourriture ».

Cela m’aurait paru un peu fou comme idée avant… Mais…

Il existe de nombreuses réalités énergétiques invisibles à vos yeux normaux. En revanche, en utilisant les techniques que tu as appris ce we, il est possible de les détecter et d’agir dessus. C’est un des rôles des chamanes et des guérisseurs en règle générale. Le tout étant d’apprendre à développer cette capacité de perception ainsi que votre confiance en vous.

Oui… La confiance en soi et ses perceptions, c’est une des choses les plus dures je trouve avec les soins énergétiques. Faire confiance à ses ressentis. Quand je passe en mode « automatique » et que mon corps agit tout seul, guidé par les esprits ça va. C’est fluide, c’est évident. Mais dès qu’il s’agit juste de détection et de confronter des ressentis face à la personne, là tout de suite, c’est plus compliqué. Le mental revient au galop, il veut comprendre, il veut expliquer. Il veut faire des liens entre les perceptions et la réalité physique…

Pendant l’exercice, ma binôme – qui était une inconnue et ne savait rien de mes problèmes de santé – m’a surprise par la pertinence de ces ressentis. Elle a bien vu : mon problème de bassin, mon ovaire gauche stérile, même mon genou…

Et elle t’a aussi dit qu’elle avait senti quelque chose soit au niveau des yeux, soit au niveau de l’oreille droite. Mais tu n’as pas compris sur le coup.

Je pensais que c’était lié à mon hyperacousie. Mais maintenant, je me dis qu’elle a dû ressentir cet implant énergétique. Et je suis assez épatée…

Parfois, vous percevez des choses qui n’ont pas de réalité physique, ou bien qui ne se traduisent pas encore en symptômes physiques. Parce que soit le problème se situe sur un autre plan subtile, soit il n’est pas encore descendu dans les couches du corps physique. C’est là qu’il est le plus difficile de faire confiance à vos ressentis, parce que vous n’avez pas de corrélation à une réalité corporelle, vous n’avez pas de « validation » par la personne.

Hum… Et encore, c’est plus facile face à une personne « ouverte », prête à recevoir. Mais face à une personne réticente ? Qu’est-ce que tu dis ?

Tu ne dis pas forcément, c’est pour ça que lors de la phase d’échange avec la personne, après le soin, il est bien aussi de vous laisser guider par les esprits alliés de la personne, afin de transmettre ce qui est juste, et surtout, ce qui peut être reçu par la personne en fonction de son avancée spirituelle. Aurais-tu accepté que l’on te dise que tu avais un implant énergétique placé en toi pour te tracer dans l’astral ? Si tu n’avais pas fait ce travail d’initiation avec tes guides de l’ombre ?

Non. Et je t’avoue, que même en l’ayant fait, c’est un peu dur à accepter. Cela reste flippant pour la conscience humaine. Il y a tellement de choses qui nous dépassent dans toutes ces réalités énergétiques. Tellement de choses… Je me sens vraiment dépassée parfois. Vraiment perdue aussi, comme une petite coquille de noix perdue au milieu d’un grand océan agité.

Alors tu fuis la réalité dans des mondes de fictions imaginaires ?

Dans ces livres, les héroïnes sont souvent confrontées à des situations irréelles, qui sortent de leur conception du monde. Mais elles arrivent à les accepter, et même à en retirer des bénéfices. Moi, je ne sais pas trop ce que je retire de tout ça… A part me faire balloter par mon âme.

Je veux dire, ce n’est pas comme si je décidais. La majorité de ce que je fais en spirituel est plutôt une conséquence : conséquences de mon hypersensibilité aux énergies, conséquences de mon empathie, conséquences des messages que je reçois en rêve ou par ailleurs, etc… Si j’ignore ce que je ressens, ce qui vient ou ce qui se passe subtilement, je finis par être malade ou me prendre un mur en pleine face. Donc je n’ai pas vraiment l’impression de faire un choix. C’est un peu comme une rivière, si on cherche à lutter contre le courant, on s’épuise, on finit par avoir une crampe et couler, ou bien se cogner contre un rocher. Alors que si on suit le flot, cela coule mieux, on slalome entre les obstacles. Je ne pense pas qu’on décide consciemment de devenir chamane ou guérisseuse. Je pense que c’est « la vie » qui nous y amène. Pourquoi, ça je n’en sais rien. Je me demande bien, moi, où je vais atterrir…

Mais ce que j’aimerais savoir ce soir, c’est pourquoi ce deuxième rêve ? Qu’est-ce que je suis censée faire avec cette information ? J’imagine qu’elle n’est pas venue pour rien, et que je dois agir en conséquence. Mais dans quel sens ?

Ça dépend. Qu’as-tu envie de faire ?

Franchement, je n’en sais rien. Je ne suis pas du genre à contre-attaquer à tout va. Mais je n’aime pas pour autant être embêtée et avoir à supporter ça. Je veux dire, moi j’ai envie d’être tranquille dans mon coin, je ne demande rien à personne. J’imagine que j’aimerais comprendre : pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait à cette personne pour qu’elle veuille s’acharner comme ça sur moi ? Je ne suis même pas sûre de la connaitre, je n’ai pas reconnu ces énergies dans mon rêve.

Parce qu’elle se masque. Sa raison principale est la jalousie.

Je ne suis même pas sûre qu’elle en soit consciente…

Penses-tu vraiment que l’on peut décider de lancer des sorts inconsciemment ?

Et bien, c’était un rêve, donc symbolique. Je sais aussi que certaines personnes ne sont pas conscientes de l’impact énergétique de leurs pensées, émotions et médisances dans le dos des gens. Qui peuvent se manifester inconsciemment dans l’astral.

Mais là, dans ton rêve, l’action était clairement ciblée et voulue, puisque la personne allait même jusqu’à récupérer de ton sang pour chercher à te nuire.

C’est quelqu’un qui me connait, il semblerait. Et cela me met mal à l’aise. Je ne vois pas qui dans mon entourage ferait ce genre de chose.

C’est quelqu’un qui te connait, mais que tu ne connais pas. D’où l’avertissement, car il aurait été difficile pour toi de le percevoir, sans aucun lien réel avec elle.

Bon, en fait, je ne veux pas savoir qui c’est. Je veux juste que la personne se calme. Je veux qu’elle arrête, un point c’est tout. Si pour ça, elle doit se prendre dans la tronche ce qu’elle essaye de m’envoyer et bien tant pis pour elle. Ce n’est pas mon problème. Elle n’a qu’à déployer toute cette énergie à travailler sur elle-même pour progresser.

Pourquoi j’ai cette pensée horrible qui m’a traversé la tête ? Je ne la connais pas, mais elle me connait et elle est jalouse. Le sang, c’est rouge. Rouge comme le symbolisme de l’amour. Ça pourrait être une compagne ou ex-compagne de mon ancien compagnon ? Ou bien mon cerveau part en sucette ?

Cela se pourrait. Ou bien, c’est quelqu’un qui est jaloux de tes « pouvoirs » et de ta puissance spirituelle.

Ouais, franchement, ça, ça me fait rire. A la limite dans 10 ans, je ne dis pas, mais je ne fais qu’à peine commençait mon apprentissage ! Comment être jalouse de quelqu’un qui ne fait que découvrir son potentiel ? C’est comme être jaloux de quelqu’un qui commence à apprendre à lire et écrire, alors qu’il ne maitrise pas encore. Je trouve ça inconcevable.

Pourtant l’égo peut être très fort chez les personnes « évoluées spirituellement ».

Oui, j’en ai eu un rappel ce we, avec une des participantes qui est devenue super agressive à cause de son égo… C’est dur à percevoir quand on est soi-même dedans. Je ne sais pas si elle s’en est rendue compte… Mais avec moi, ça ne passe pas. Hors de question de travailler en binôme avec elle quand elle est comme ça. Même si je la respecte. Je me demande si moi aussi, ça m’arrive d’être comme ça… Et si je ne m’en rends pas compte ?

Nous t’avons déjà dit que nous serions là pour remettre ton égo à ta juste place si cela arrivait. Et les miroirs extérieurs seront là pour te le rappeler. Mais ce n’est pas ce qui tu as ressenti ce we.

Oui, c’est la première fois que je ressentais une humilité aussi profonde. Le guide qui est venu m’accompagner ce we m’a beaucoup ému. Il était tellement simple, humble. Et même si son enseignement porté sur mon propre pouvoir, ma propre capacité d’auto-guidance, je me suis sentie tellement humble, tellement rien dans ce grand tout qu’est la Vie. En réalité, on ne fait vraiment que se laisser guider, lâcher prise et transmettre ce qui ne nous appartient pas. Rien que d’en parler, je sens mon cœur plein d’amour et de gratitude pour ce guide. Il ne m’a même pas donné son nom, comme si cela n’avait pas d’importance, et il est reparti comme il est venu, accompagné de son grand oiseau.

Comment face à cette conscience-là de l’humilité, puis-je concevoir qu’une personne soit jalouse de moi au point de chercher à m’attaquer énergétiquement ? Cela me semble tellement vain. Nous sommes tous une flamme de la Source, nous possédons tous nos propres richesses intérieures. Alors pourquoi aller chercher à voler ou abimer celle de son besoin ? C’est le partage de toutes nos flammes ensembles qui les fait briller encore plus fort et révèlent leur éclat. Pas le combat, pas le fait de chercher à étouffer la flamme de son voisin. « Ce qui est pour soi est pour soi. » « Un temps pour chaque chose, et chaque chose en son temps. »

Cette personne devrait plutôt déployer son énergie à cultiver sa propre flamme, à apprendre à la partager avec autrui pour la faire rayonner. En voyant le trésor qu’elle possède en elle, et la façon dont elle peut le partager, alors elle ne sera plus jalouse. Elle n’aura plus besoin de se comparer à autrui, et de chercher à étouffer leur flamme pour se sentir exister. Il y a tellement de façon de rayonner… Je lui souhaite sincèrement de trouver la sienne, plutôt que de se focaliser sur la mienne.

Alors tu choisis de répondre par la compassion ?

Je ne peux pas répondre par l’agressivité. Ce n’est pas dans ma nature, à moins que cela ne me soit indispensable pour me protéger des attaques. Mais mon rêve m’a bien fait comprendre que je ne suis pas atteinte par ces énergies. Je n’ai pas besoin de l’agresser en retour. En réalité, j’ai de la peine. De la peine que cette personne ressente le besoin de m’attaquer, alors que je ne lui ai jamais fait de mal, et que je ne la connais même pas. Qu’elle manque de confiance en soi cela dénote ? Quelle rage de se faire remarquer cela témoigne ? Cela me rend triste pour elle. Je ne souhaite à personne de se sentir ainsi au fond de soi.

Moi aussi, je manque de confiance en moi, mais cela ne m’a jamais poussé à attaquer ou me moquer d’autrui. Au contraire, cela me pousse à l’humilité. On a toujours quelque chose à apprendre. De la terre, des brins d’herbe, du vent même. De tout ce qui nous entoure. C’est pour ça que souvent je préfère observer que parler. Comment peut-on apprendre et accueillir en soi les enseignements de la vie, si on ne crée pas un espace pour les recevoir en soi ?

Une des premières leçons spirituelles que j’ai reçu, c’est qu’il faut créer un vide en soi pour pouvoir évoluer. Il faut déconstruire, perdre, lâcher ses croyances et ses connaissances, afin de laisser la place au nouveau et à l’évolution. C’est inconfortable, parfois même douloureux. Mais c’est le prix à payer pour créer cet espace d’accueil, qui permettra de recevoir de nouveaux enseignements. En allant à chaque fois un peu plus loin.

Je souhaite à cette personne d’être capable de se remettre en cause, et de déconstruire les croyances qu’elle possède au sujet de la « puissance spirituelle ». Ce n’est qu’alors qu’elle pourra s’ouvrir à sa propre puissance, celle du cœur. Car c’est la puissance du cœur qui permet réellement tout. L’accueil, la perception et la transmutation des énergies. Tout passe par le cœur. Et seule l’ouverture du cœur permet de retrouver notre puissance réelle et immuable.

Je choisis donc la voie du cœur. Car l’amour sincère et la compassion permettent de transmuter toutes les énergies. J’ai confiance en la capacité de mon cœur à me protéger et à transmuter toutes les énergies négatives de ces attaques. Et en mes guides pour m’accompagner dans ce qui est juste pour moi.

Ainsi as-tu parlé, ainsi sera-t-il fait.

Merci.

13 mars 2017

IRM pour endométriose

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Artiste : Guweiz

Cette semaine est à peine commencée, et je me sens brassée dans tous les sens. Je n’aurais pas pu faire mieux, sans faire exprès, mais j’ai réalisé mon IRM de détection de l’endométriose le 6 mars, premier jour de la semaine européenne de lutte contre l’endométriose (si vous êtes curieux sur ce sujet-là, vous pouvez vous référer à cet article).

Les examens médicaux, en règle générale, ce n’est pas très drôle. Il faut attendre, on ne sait pas comment cela va se passer, etc. Mais certains sont plus désagréables que d’autres. Même si cette fois ci, ce n’était pas pour rien : j’avais RDV avec une médecin formée à la reconnaissance de l’endométriose. Je suis devenue un peu méfiante maintenant, car les radiologues ne sont pas toujours formés pour reconnaitre cette maladie (mon cas a connu un retard de diagnostic de 5 ans, à cause d’un médecin non formé à reconnaitre les grosseurs sur les images).

Donc 1ère conseil : s’assurer que le médecin est formé sur la maladie.

2ème conseil : si vous avez le choix entre plusieurs lieux d’analyse IRM, demandez lequel possède l’équipement le plus récent. Cela vous évitera peut être la nécessité d’injecter des gels de contraste par voie vaginale et voie rectale. Je pensais que cela ne se faisait plus, car à ma grande joie, lors de mon 2ème examen, on m’avait seulement injecté un produit contrastant par intraveineuse. Pas de chance ce coup-ci pour moi. Tout dépend donc de la puissance de la machine IRM.

Mais qu’est-ce qui est aussi important ? 3 ème conseil : Comprendre les résultats, pouvoir poser ses questions au médecin (surtout après avoir attendu).

Alors je devrais être contente, au-delà des méga adhérences et de la rétractation des ovaires, je n’ai pas de lésion du rectum, ni du nerf sciatique par des tissus endométriosiques. Mais voilà, il y a bien ces adhérences, qui font que la paroi de mon intestin est collée au dos de mon utérus, et qu’il y a des tissus qui tirent sur la région du nerf sciatique. Je ne sais pas à quoi je m’attendais. A quelque chose sur lequel agir. Sur un nouvel élément évident, qui expliquerait mes problèmes de sciatique invalidante, et sur lequel on pourrait réagir de façon directe. Mais rien de tel. Ce n’est qu’une dégradation générale de l’état de mon ventre, sans prise réelle sur un élément particulier.

Et je me sens frustrée. Tout ça pour ça ? Et c’est quoi la suite ? Continuer la rééducation ad vitam aeternam ? Me cantonner à l’aquagym, au yoga et au taïchi parce que mon corps ne supporte pas d’activité plus « violente », même pas la marche ? Passer la moitié de ma vie debout ou couchée, parce que la station assise est trop douloureuse ? Porter une ceinture anti douleur dès que je me déplace ? Troquer la voiture par un autre moyen de locomotion, parce que je ne peux plus ni débrailler ni rester assise dans cette position ? Me bourrer d’antidouleurs opiacés parce que c’est les seuls qui me soulagent ?

Je crois que je suis dans une phase de découragement. Probablement le contrecoup de l’IRM et de l’absurdité d’une ma réalité. Comment j’en suis arrivée là ? Pourquoi ? Pourquoi ma situation ne s’est-elle pas améliorée malgré mes efforts ? Malgré l’arrêt du gluten et du lactose. Malgré les essais pour tester et suivre des traitements hormonaux.

Comment mes guides peuvent-ils me dire que mon nouveau traitement convient « pour les mois qui viennent », alors que je commence déjà à voir des effets secondaires ? Je ne comprenais pas, cela fait plusieurs nuits que je me réveille régulièrement en ayant mal aux chevilles et aux poignets, comme s’ils étaient gonflés. Puis j’ai lu la notice, effet secondaire possible : « aggravation d’une insuffisance veineuse des membres inférieurs… » Youpi ! Insomnie, pilosité… youpi. Cela fait 8 jours que je le prends, et 5 que je dors plus mal que d’habitude. Alors : cause externe ou traitement ? La question qui tue… Ne me ferais-je pas plus de mal en cherchant à me faire du bien ? Comme mon traitement précédent contenant du lactose, alors que je ne savais pas y être intolérante.

Je me sens démunie face à ça. Que faire ? Si ce n’est accepter ? Chercher à prendre soin de soi par ailleurs ? Après mon IRM, je me suis dit « je n’ai pas envie d’enchainer avec 1h de route pour simplement rentrer ». Alors après cet examen pénible, je me suis offerte un resto, puis j’ai profité de l’opportunité d’aller au cinéma (il n’y en a pas partout sur l’île), bien que mes finances ne soient pas au beau fixe. L’idée était de me faire du bien. J’avais envie de manger de la viande pour une fois, alors je me suis fait plaisir. De me changer les idées avec un film fantastique.

Mais au final, ce bon sentiment s’est transformé en acte manqué. J’ai trop mangé et la viande m’a écœurée. Le film que j’ai choisi était trop violent pour moi, et j’ai fermé les yeux pendant un certain nombre de scènes. Comment me suis-je retrouvée, avec une intention de départ de bien être, à finalement me faire indirectement du mal ? Je ne comprends pas ce mécanisme… Alors que j’ai pris le temps de m’écouter, de réfléchir, de choisir avec soin… Echec. Où trouver la frontière entre connaissance de soi rationnelle (choix par la pensée) et écoute de soi-même (écoute de ses envies/trippes) ? Pourquoi mes envies me pousseraient-elle à une forme d’autodestruction ? Quel schéma inconscient me mènerait vers ça ? Et comment le déprogrammer et le remplacer par un comportement positif ?

7 mars 2017

Arbre de vie

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Artiste : source perdue, merci de me la préciser si vous la connaissez !

Dimanche, je m’étais dit que j’allais peindre. C’était l’envie que je ressentais la veille. Mais le jour J, bizarrement, j’avais de l’énergie pour faire tout un tas d’autres choses : rangement, ménage, réponses à mes emails, liste de meubles à vendre, estimation du prix de vente de ma voiture, etc… Bref, tout sauf l’état d’esprit pour m’assoir devant une toile. Alors c’est bien, j’ai avancé sur plein de détails matériels qui me tracassaient.

Je ne sais pas pourquoi je me sentais aussi agitée intérieurement. Peut-être à cause du rêve très perturbant de ma nuit dernière, concernant encore une fois mon ex compagnon, mais avec un scénario assez inédit cette fois. Encore un rêve bizarre au message incompréhensible et probablement dérangeant pour qu’il ne passe pas.

J’ai eu vraiment du mal à me poser. Mais une fois cela fait, une fois le calme intérieur retrouvé, j’ai eu cette image qui est venue, celle d’un coquelicot sur un fond de ciel bleu. Et j’ai eu envie de la peindre, là comme ça, tout de suite, à 23h du soir. Pourquoi pas ? Finalement, cela a été beaucoup plus rapide que ce à quoi je m’attendais.

Mais face au résultat, je me sens mal à l’aise, je n’aime pas les énergies que je ressens. Pourquoi cela me noue le plexus solaire, alors que l’image qui m’est venue pendant ma méditation était si calme et apaisante ? J’ai même la nausée…

Bon, après un exercice d’accueil de ces énergies dans mon cœur et de transmutation en énergie de lumière, cela va mieux… Mais je n’aime pas trop cette façon de faire remonter des énergies enfouies… Ce n’est pas agréable. Je préfère quand ce que je crée me donne tout de suite un sentiment de « justesse » ou de bien-être. Comme cette création avec des jeux de matière autour d’un cœur. Celle-là, je ne me lasse pas de la regarder, et je l’aime un peu plus à chaque fois, même si au départ je n’en étais pas entièrement satisfaite.

Tu as appris à l’aimer comme elle est, même si elle n’est pas parfaite. Mais tu aimes les jeux de textures et de couleurs.

Oui, c’est vrai. J’ai adoré découvrir en atelier les médiums qui existaient pour donner diverses textures. C’est une des choses que j’ai très envie d’acheter en rentrant aussi. Parce que là, même en peignant au couteau, la peinture a « ramolli » et les bords nets et acérés sont en train de fondre, snif. Ça change quand même beaucoup le rendu. Et puis en séchant, l’acrylique ne brillera plus. Il faut que je m’achète aussi un vernis brillant, pour faire ressortir certains éléments de la toile, ça serait chouette !

Fais une liste, de tout ce dont tu as envie et que tu sais déjà utiliser.

Oui ! Ahaha, ça sera la chose la plus amusante à faire en rentrant, faire les magasins de fournitures artistiques. Ça me fait envie !

C’est une bonne chose que tu ais des projets agréables en rentrant. Et pas seulement celui de trier tout le tas de cartons que tu as laissé en partant à l’improviste. Parfois, se concentrer sur le côté agréable des choses aident à avancer, petit à petit. Et sans que tu t’en rendes compte, pouf ! Tu as déjà monté une marche, passé une porte, découvert une nouvelle prairie devant toi.

Comme pour ton arbre intérieur. Etait-ce agréable de peindre ce petit oiseau tout doux sur une de tes branches ?

Oui. Je ne sais pas, j’ai eu comme un déclic « ah, c’est ça peindre ! ». Une énergie agréable m’a enveloppé, comme le plumage de cet oiseau rosé et blanc, tout doux, tout doux. Tout à coup, peindre ne m’a plus semblé difficile, technique ou fatiguant. Peu importe la précision et la réalité du rendu, du moment que je ressens les énergies et que je les pose sur la toile. Le reste n’a pas d’importance. Même si on ne distingue pas son aile de son corps, même s’il n’a pas d’yeux, et même si je n’ai pas pris la bonne couleur pour le bec, lol !

Et ces fleurs alors ? Elles étaient drôles aussi à peindre ?

Oui, j’ai fait les pétales extérieurs roses, celles du cœur blanches, je me suis même amusée à faire les étamines. Le rendu donnait du relief. J’ai été surprise de constater qu’une de mes branches portées des fleurs !

Alors même que le cœur de l’arbre est noir comme la suie et creux, ton arbre est capable de fleurir, vois-tu. Il est même capable de donner vie à une nouvelle pousse, à proximité de ce cœur. Et le plus important, c’est que tu constates qu’il n’y a pas que cette affreuse branche brulée.

Oui, encore cette histoire de brûlure de l’âme qui revient…

Elle est là. Mais elle ne te définit pas. Elle n’est qu’une branche parmi d’autres sur ton arbre. Qui par ailleurs à un tronc et des racines solides, bien dessinées. C’est ça qu’il faut que tu remarques. Ton arbre intérieur est capable de continuer à pousser et à générer de nouvelles branches. Certes, il ne peut pas régénérer celle qui est calcinée par la foudre. Mais d’autres branches pousseront, et quand le moment sera venu, cette branche s’élaguera d’elle-même. Elle tombera pour former à la place une cicatrice et laisser un espace de développement pour les autres branches.

Tu le sais, c’est comme ça que les arbres fonctionnent dans la nature. Et c’est en parti pour ça qu’ils te fascinent. Pour leur capacité à survivre à la perte d’une branche maitresse, à se renouveler, à croitre en dépit des pertes subies, des blessures et des hivers traversés. La sagesse des arbres est profonde, et ils peuvent t’apporter beaucoup. Tu le sais, mais tu ne sais pas comment.

Et bien concentre-toi sur ton arbre intérieur. Observe le vivre, grandir, évoluer, perdre des branches et en laisser d’autre pousser. Observe comment tes actions permettent de le nourrir ou bien de l’affamer. De le faire fleurir et peut-être même de donner des fruits et des graines. Accueillie le cycle de la vie en toi, comme l’arbre l’accueille tranquillement en restant sur place. Après l’hiver, viens le printemps…

Merci.

5 mars 207

« Vous parler de ça »

Artiste :

Artiste : Nanomortis

[Attention spoiler : pour ceux qui désire lire le livre « vous parlez de ça », je parle de son contenu]

Je me sens encore de mauvaise humeur au réveil, encore des rêves que je ne comprends pas. Cela fait quelques jours que mon moral broie du noir, que j’ai mal aux ovaires, que j’ai des poussées d’acné. Est-ce que je vais encore avoir mes règles et être malade ? Est-ce mon nouveau traitement hormonal qui me fait cet effet ? Ou autre chose ? Je n’en sais fichtrement rien et cela m’agace. J’aimerais qu’il suffise de l’écrire pour que ce mal être se disperse, pouf, comme un ballon de baudruche qui se dégonfle. Comme une émotion qu’on accepte et qui d’un seul coup nous fait comprendre son message, et alors se dissolve. Mais ça ne marche pas, pas cette fois ci. Pourquoi ça ?

Pourquoi est-ce que le seul livre qui m’a attiré dans cette grande librairie en comptant des milliers est celui-là ? Le roman d’une adolescente, qui ne trouve pas les mots pour parler, qui ne trouve pas le moyen de dire qu’elle a été violée, qui s’enferme dans le silence et devient une paria. Parce que personne ne la comprend. Mais est-ce que quelqu’un cherche seulement à la comprendre ?

Pourquoi est-ce ce livre-là qui m’a attiré ? Pourquoi n’ai-je pas pu en décrocher, comme s’il était vital que je sache comment ce personnage s’en sortait ? Pourquoi m’a-t-il tant touché et a-t-il soulevé tant d’émotions en moi ? Pourquoi ? Je pensais avoir accepté la réalité de mon viol, l’avoir dépassée. Et c’est comme un diable qui ressort de sa boîte, d’un seul coup, « regarde, ce qui sommeille en toi ». « Regarde, tu n’es pas guérie, ce n’est pas vrai, cela fait toujours mal ».

Dans ce roman « Vous parler de ça », l’héroïne est devenue méfiante, elle a peur des intentions que pourraient avoir un garçon qui semble l’apprécier. Elle ne veut pas être touchée, « c’est dangereux ». Je pensais ne plus me sentir comme ça. Mais qu’en sais-je ? Voilà plus d’un an que je suis célibataire. Et moi non plus, je n’ai pas envie d’être touchée par un homme. De la tendresse oui, mais pas d’une façon qui implique un désir sexuel. Moi aussi, j’ai encore peur ?

Et cette petite question, sournoise, qui revient : « mais peut-on vraiment en guérir ? ». Comme si c’était une maladie. Mais ça n’en est pas une, si ce n’est que l’on se sent « sale ». Mais il doit bien y avoir un remède à ça, non ?

Vivre, avancer, regarder ailleurs.

Continuer, faire comme si tout allait bien. Je n’aurais pas pu mieux y arriver, sans ce déni psychologique. Toutes ces émotions enfouies, et ses pensées pour les faire taire : « ce qui s’est passé est normal, c’était ton petit ami ». Ne pas en parler, oublier. Oui, je crois que c’est une réaction de sauvegarde. Le mental protège, il empêche de réaliser la portée de ce qu’il s’est passé. Il n’y avait pas de mot dessus. Je ne savais pas que c’était un « viol » à l’époque.

Mais quand le mental fait taire les émotions, le corps parle. Est-ce le choc émotionnel qui a déclenché mon endométriose ? Ou bien la pilule du lendemain que j’avais prise confusément, alors que je savais pourtant avoir une contraception ? Etait-elle là avant, tapie et endormie ?

Est-ce que tout cela a la moindre importance ? Cela change-t-il la façon dont je me sens aujourd’hui ? Comment changer ça ? Comment sauver ma pauvre estime de moi-même écornée ? Car, dans le fond… je suis toujours cette ado blessée, cette ado violée. Qui n’a pas su mettre de mots, qui n’a pas su exprimer sa souffrance… Comment changer ça ? Comment devenir une femme quand une part de soi adolescente reste bloquée dans le passé et dans la souffrance ?

Le livre te donne la clé. Comment cette adolescente arrive à dépasser son blocage à communiquer ?

Avec du temps, et avec l’expression artistique. C’est son cours et son prof d’arts plastiques qui la sauvent. En travaillant toute une année sur un projet artistique sur le thème de l’arbre, elle finit par réussir à communiquer…

Cela m’a fait bizarre de voir que le sujet tiré au hasard pour son projet était celui-ci. Au fur et à mesure du roman, on lit l’évolution de ses dessins, de « ses arbres » et cela m’a rappelé le livre que j’ai commencé à lire. Celui sur « l’épreuve des arbres », qui utilise le dessin d’arbre pour faire un diagnostic de l’état psychologique de la personne…

*Quelques heures plus tard*

J’ai peint mon arbre intérieur. Mais je ne me sens pas soulagée, au contraire, j’ai envie de pleurer.

Ce sont des émotions enfouies qui remontent, ce n’est pas grave, c’est normal. Contente-toi de les accueillir et de les laisser passer, comme un train qui passe.

Je les sens se bloquer au niveau de la gorge. Les énergies ne passent pas, je n’arrive pas à les laisser sortir… C’est très frustrant et douloureux aussi. Vous ne pouvez pas m’aider ?

Bon, alors tu vas visualiser une boule de lumière au niveau de ta gorge, ni trop grosse, ni trop petite, ni trop chaude, ni trop froide. Juste agréable, apaisante et douce. Ressens là jusqu’à ce que la sensation de blocage disparaisse. Prends le temps qu’il faut, tu n’es pas pressée.

*Un certain temps plus tard *

Des choses sont sorties, mais pas tout…

Ce n’est pas grave, nous continuerons de travailler dessus dans ton sommeil. Tu as des années de « crasses énergétiques » à nettoyer. Toutes les énergies de tes non-dits, qui se sont accumulées au niveau de ta gorge et forment un barrage. Même en travaillant sur tes énergies résiduelles, cela n’est pas suffisant, le barrage revient encore et encore. Il faut remonter plus loin, à la source même de ton problème d’expression. Sais-tu à partir de quand tu n’as plus osé affirmer tes pensées et tes idées ?

Je dirais la 6ème… quelque chose comme ça à peu près. A quoi bon s’exprimer si de toute façon on n’est ni écoutée, ni entendue ? A quoi bon exprimer ses émotions, se mettre à nue et se rendre vulnérable, si en face cet effort-là est piétiné ? Je pense voir à peu près quand cela a commencé… Quand j’ai eu des soupçons au sujet de ma meilleure amie et de mon amoureux d’enfance. Mettre des mots sur cette intuition de trahison, ce n’était pas possible… Alors j’ai attendu, sans rien dire, jusqu’à ce qu’ils le disent au grand jour… Et puis que dire après ça ? De toute façon, il n’y avait personne pour écouter…

Une peine de cœur refoulée ? Tu penses que c’est ça le déclencheur ? N’est-ce pas plutôt un changement de monde ? Le passage du primaire au collège ? De l’enfance à l’adolescence ? D’un endroit où les mots étaient là pour rire et jouer, imaginer et inventer, à un monde où les mots servent à agresser, mentir, manipuler, se moquer des autres ?

Aurais-tu envie de parler dans un tel contexte ?

Non. Je sais que les mots ont le pouvoir de blesser, de briser et même de tuer par moment. Tuer les rêves, les espoirs, les sentiments, les envies et aussi la confiance en soi-même. Les mots peuvent être aussi violents que des coups, aussi traitres que des serpents. On pense que parce qu’ils sont invisibles, ils ne laissent pas de cicatrices. Mais ce n’est pas vrai. Ils laissent des pensées, qui se répètent en boucle parfois… jusqu’à miner une personne, jusqu’à la rendre dépressive, l’ombre d’elle-même.

Je n’approuve pas un tel usage des mots, comme des armes. Probablement parce que c’est ce que j’ai vécu au collège. Je ne pensais pas que les mots pouvaient être aussi dangereux. Moi je les trouvais beaux avant, j’aimais les lire, les écrire, les chanter même ?

Il est ironique de constater que pour fuir des mots blessants, je me suis réfugiée dans d’autres mots. Ceux de mes livres de fantastique que je dévorais les uns après les autres. C’était mon échappatoire. Où aurais-je pu déposer ailleurs tous le mal que me faisaient les mots des autres ? Quand j’essayais d’en parler à la maison, d’attirer l’attention sur mon mal être, tout ce qui sortait, c’était des mots agressifs, violents, colériques… C’était affreux, je n’arrivais pas à communiquer…

Et tout ce temps, tu accusais tes parents d’être indifférents, de ne pas t’écouter, de ne pas chercher à te comprendre. Mais tu ne savais plus parler. Pas sans agresser et blesser ceux que tu aimais, exactement comme ce que tu vivais. Alors tu te renfermais sur toi-même. Tu ne disais pas.

Au lieu d’exprimer et de faire sortir tous ces maux en toi, tu te bourrais de mots à n’en plus finir, pour oublier les tiens, tous ceux que tu entendais dans ta vie, dans ton quotidien, dans ton désespoir.

… Et que suis-je censée en faire maintenant ?

Les laisser sortir, les laisser s’exprimer. Les laisser prendre leur juste place, leur créer un espace où exister, où ils puissent être reconnus, entendus et même partagés.

Avec la peinture ?

Avec la peinture, le dessin, l’écriture. Ce livre que tu as lu, tu as pensé que tu pourrais peut-être en écrire un semblable. Et bien écris, écris ton histoire, écris ton adolescence. Ecris les maux qui t’ont pesé, exorcise les mots qui t’ont blessé.

Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Je n’ai pas vraiment envie de repenser à cette période-là de ma vie… C’est pesant…

Il y a mille façons d’écrire. Tu n’es pas obligée de décrire la réalité, si tu n’en as pas envie. Tu peux raconter une autre histoire, où tu pourras tout aussi bien laisser tes émotions s’exprimer par les mots.

Hum… On verra, merci du conseil.

Fais ce qui te fait du bien. Et ce que tu trouves amusant. N’était-ce pas amusant de peindre cet arbre ?

Si j’ai bien aimé, j’ai mieux compris la richesse de l’aquarelle. C’était rigolo d’utiliser des pinceaux secs afin de faire des effets. Et de rajouter des détails par-dessus à la peinture acrylique. On peut même peindre avec des cure-dents.

Il n’y a pas de limite dans la création artistique. Seulement celles que vous vous fixez. Ta feuille était trop petite ? Qu’à cela ne tienne, tu en as scotché deux autres. Ton pinceau n’était pas assez fin ? Tu as pris un cure-dent. Tu voulais faire un lavis sans pinceau pour ? Les pinceaux pour acrylique peuvent très bien servir à l’aquarelle. Tu voulais garder certains détails très linaires ? Tu l’as fait au crayon coloré, quand le reste tu l’as peint au pinceau. Tu avais envie de fleurs opaques par-dessus le feuillage ? Tu as utilisé de la peinture acrylique avec du blanc pour opacifier.

Oui, c’était plus rigolo que ce à quoi je m’attendais, même si au départ c’était un peu fastidieux. J’aime bien le rendu, même si mes branches et mon feuillage manquent de volume… J’aurais aimé avoir un plus grand support. Mais pour mélanger aquarelle et acrylique, il faudrait une toile cartonnée, et pas une toile enduite. En tout cas, j’ai vraiment envie de m’acheter un chevalet en rentrant. Ou d’en fabriquer un. Je crois que je vais dépenser une bonne partie de mes allocs dans du matériel de peinture… pinceaux, peinture, chevalet, médiums, toiles…

Si c’est ce qui te fait envie et t’aide à te lever chaque jour, alors fais-le.

Oui… mais reste à savoir où je vais peindre chez mes parents. Ma chambre est petite et peu lumineuse. J’aurais aimé m’installer près d’une baie vitrée. Mais elles sont en plein passage…

C’est à voir. Tu verras quand tu y seras.

Oui, je verrai bien quand j’y serai… En attendant, j’ai déjà ce qu’il me faut pour faire quelques trucs intéressants… Merci.

4 mars 2017

Incompatibilité physique

Artiste : Picolo-kun

Artiste : Picolo-kun

Ce matin, je me suis encore réveillée d’une terrible mauvaise humeur. Pas envie de me lever, pas envie de faire quoi que ce soit, alors que la liste de chose à faire pour mon déménagement est longue comme mon bras. Des tas de choses à faire, mais pas l’envie, pas la force. Pas concernée, comme si après tout, tous ces détails n’avaient aucune importance en comparaison de la façon dont je me sentais à l’intérieur.

Cette nuit, j’ai encore rêvé de mon ex. Ou plutôt cauchemardé. J’étais avec mes parents à une librairie, où son nouveau livre était sorti. Mes parents voulaient l’acheter, ils voyaient qu’il y avait une séance de dédicace de l’auteur, et voulait y rester car ils l’aimaient bien. Moi je ne voulais pas le voir, mais je ne pouvais m’empêcher de les rejoindre dans la ligne d’attente à l’approche de leur tour. Je voulais le voir… Et là, je sentais la présence de sa nouvelle compagne avec lui, derrière lui, les mains sur ses épaules. Mais ma vue s’estompait dans la lumière et mon ouïe aussi, comme un vertige. C’est comme si mon esprit était incapable de supporter sa vue, je l’entendais, lui, dire son nom « Emilie… », mais je ne pouvais ni voir, ni entendre cette femme, seulement sentir sa présence. Et moi j’étais là figée, le regard caché derrière mes lunettes de soleil, désarçonnée. J’étais incapable de parler, il ne me reconnaissait pas, et me traitait comme une inconnue.

C’était terrible comme rêve… Alors que je me pose la question de savoir s’il pense encore à moi, s’il est en couple, s’il est réellement passé autre chose, mon rêve vient me montrer que oui. Et que pire, je suis incapable de voir et de supporter cette situation. Incapable de le voir avec une autre femme, comme si j’étais une étrangère et que je n’avais jamais existé.

Et je comprends maintenant comment je me suis sentie au réveil. Exactement comme après la rupture, dans les mêmes énergies… Lui d’office est passé à autre chose, il me l’avait dit lui-même 3 mois après, mais je ne le croyais pas. Pourtant les messages sont clairs, c’est bien le cas. Il est passé à autre chose.

Pourquoi pas moi ? Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ? Pourquoi est-ce que je tourne toute seule en rond dans mon coin ? Incapable de passer à autre chose ? Incapable de me projeter dans une autre relation ? Je sais bien que je ne peux pas rencontrer quelqu’un avec qui cela marchera vraiment, si j’ai toujours dans mon cœur l’espoir de me remettre avec lui. C’est impossible, c’est comme si mon cœur était déjà pris. C’est évident que je ne suis pas disponible pour rencontrer quelqu’un dans ces conditions-là. Je n’en ai même pas envie…

Mais pourquoi est-ce que je n’arrive pas à renoncer à ce putain d’espoir ? Pourquoi est-ce qu’il revient encore et encore ? Pourquoi est-ce qu’il ressort toujours dans mes moments de faiblesse et de doutes alors que je pensais avoir lâcher prise ?

J’ai envie de hurler de rage tellement cela me désespère ! Et je le déteste pour avoir une telle emprise sur moi. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à faire ce foutu deuil de notre couple ? Pourquoi est-ce que j’ai toujours cet espoir complètement absurde ?

Parce que tu ne comprends pas pourquoi cela n’est pas possible. Tu ne comprends pas pourquoi, avec une telle compatibilité émotionnelle, intellectuelle et spirituelle votre couple n’a pas marché. Alors même que vous aviez une très forte attirance physique.

Mais justement cette attirance était très forte et ne pouvait pas pleinement se concrétiser. D’où l’incompatibilité au niveau physique. L’article de Sylvie l’explique très bien :

« Le seul cas de figure dangereux que je perçois c’est compatibilité intellectuelle et spirituelle mais pas physique. Parce que les gens tombent amoureux parfois sans comprendre la profondeur ni la réalité des sentiments. Il manque la dimension physique pour pouvoir apprécier la relation et ils ne peuvent pas tomber amoureux de quelqu’un d’autre. Et ils tournent en rond, en rond, en rond… »

Oui, je comprends mieux ça grâce à Sylvie… Mais je ne comprends toujours pas pourquoi on s’est rencontré, pourquoi on a eu cette opportunité d’être en couple, si de base il était impossible que cela marche. Et ne me dites pas que c’est nos âmes qui l’ont décidé ! Parce qu’elles sont masochistes alors !! Pourquoi ? A quoi ça sert, si ce n’est provoquer de la souffrance ?

Sais-tu pourquoi vous étiez incompatibles sur le plan physique ?

Et bien, parce qu’au niveau sexualité, j’opposais de nombreux blocages, en lien avec mon endométriose et ma blessure de viol…

Mais pas que. Tu culpabilises parce que tu penses que tu es responsable de votre incompatibilité physique, à cause de vos problèmes de sexualité.

Pourtant, il n’y avait pas que des problèmes… Il y avait aussi des moments magiques…

Imaginons que tu ais résolu tous tes blocages au niveau de la sexualité. Que tu ais trouvé une solution à tes endométriomes sur tes ligaments utérosacrés et derrière l’entrée du col de l’utérus. Et que tu n’ais plus de douleurs durant les rapports sexuels. Imaginons que tu ais guérie tes blessures psychologiques en lien avec le viol. Imaginons que tu ais été capable de te sentir en pleine sécurité et que la sexualité ne soit plus une problématique. Crois-tu pour autant que vous auriez dépassé votre incompatibilité physique ?

En réalité, non. Le problème vient des deux côtés. Toi tu as des blocages au niveau de la sexualité. Lui en a au niveau de l’alimentation. Cela serait resté et cela t’aurait frustrée toi aussi. Quelqu’un qui ne cuisine jamais, qui ne mange que des plats surgelés et des plats tout prêts. Quelqu’un qui n’aime pas les légumes et pas les fruits. Qui mange de la viande rouge et de la charcuterie à gogo. Quelqu’un qui ne prend aucun soin de son alimentation. Alors que toi tu viens de découvrir que tu es intolérante au gluten et au lactose. Crois-tu que vos modes d’alimentation auraient été compatibles ?

Non… J’avais en partie identifié le problème, et j’avais essayé de le soulever… Il a fait quelques efforts. Mais globalement, les excuses portaient sur ses soucis de santé dans sa jeunesse et sur ses problèmes de dentition. Il n’avait pas envie de changer sa façon de fonctionner. A moins que ce soit moi qui cuisine tout, qui cherche les recettes, les prépare et lui fasse gouter…

Exactement comme toi tu n’avais pas envie de faire des efforts volontaires pour aller vers lui sur le plan de la sexualité. Tu le laissais venir à toi et faire les efforts pour te faire apprécier ce domaine. Deux blessures miroirs et deux comportements identiques. La sexualité d’un côté, la nourriture de l’autre. Les deux plateaux d’une même balance dans l’équilibre que constitue l’incarnation dans un corps physique.

Toi tu compensais tes lacunes au niveau sexuel dans l’alimentation. Et lui ses lacunes alimentaires dans la sexualité. Tu en as pris conscience après coup, grâce à Sylvie et un de ses articles. Mais sur le moment, tu n’en avais pas fait grand cas dans ton couple. Une fois, tu t’es sentie vraiment fatiguée, énervée et découragée d’être la seule à faire des efforts pour votre alimentation commune. Tu as piqué une crise, tu lui as demandé s’il pouvait faire un effort, au moins montrer de la bonne volonté. Tu lui as expliqué que tu avais envie de partager ce plaisir ensemble. Il a fait un effort, mais c’est rester pour lui quelque chose d’assez superficiel. Il n’a jamais pris cette problématique aussi au sérieux que celle de votre sexualité, pour laquelle là il a été près à déployer des efforts également.

Mais toi non plus, tu n’as pas pris au sérieux cette problématique. Crois-tu qu’elle se serait résolue d’elle-même ? Crois-tu qu’au jour d’aujourd’hui tu ne serais pas frustrée de manger avec lui ?

Si, c’est vrai. Même si les problèmes en lien avec la sexualité étaient résolus, je ne serais pas épanouie sur ce point-là, et je suppose qu’avec le temps, cela me frustrerait encore plus. Je préfèrerais de loin que mon compagnon soit à la fois un bon amant et à la fois un bon cuisinier, capable de s’adapter à mes contraintes alimentaire, sans en être malheureux lui-même.

Et en disant ça, l’image d’une de tes connaissances te vient en tête.

Oui… Je sais qu’il est les deux à fois, que nous avons une bonne compatibilité intellectuelle, à priori physique. Quant à la compatibilité spirituelle… Je peux discuter avec lui de spiritualité, dans certaines mesures, mais il n’a pas conscience et n’a pas foi en la Source.

Malgré qu’il la cherche inconsciemment. De toute façon, le temps n’est pas à te projeter dans un nouveau couple. Laisse faire ce qui doit se faire. Laisse votre amitié se développer à nouveau. La vie est pleine de surprises, et tu ne sais pas ce qui t’attend. Peut-être que si tu n’arrives pas à lâcher prise sur ton espoir d’être en couple avec ton ex-compagnon, c’est parce que tu n’es pas capable de placer ton espoir dans la vie et les surprises qu’elle peut t’amener.

Pourtant, Sylvie et ses guides ont raison « ce qui est pour toi est pour toi ». Et ton ex-compagnon n’est plus pour toi. Il n’est plus ce dont tu as besoin au sein d’un couple. Est-ce plus facile à comprendre de cette façon ? Auras-tu ainsi moins de regret à tourner la page ?

Ça je ne sais pas, mais oui… je comprends mieux que je ne suis pas la seule responsable de notre incompatibilité physique… Et qu’elle n’est pas prête d’évoluer rapidement dans cette vie… Peut-être pas non plus dans les prochaines.

Ainsi, tu devrais travailler à gagner de la maturité spirituelle, pas pour le retrouver lui, mais pour toi-même. Pour être capable de comprendre ce qui te correspond, ce dont tu as besoin, et d’être capable de reconnaitre le moment venu la rencontre qui te rendra vraiment heureuse. Même si le bonheur est avant tout une question de vision intérieure et ne nécessite pas d’être en couple.

C’est pourquoi, ce soir, tu devrais simplement savourer un de tes cheesecakes sans gluten et sans lactose, en regardant un bon film. Le bonheur c’est aussi savoir prendre soin de soi. Et apprendre à apprécier les efforts que l’on fait pour soi-même.

Merci.

1 mars 2017

Artiste :

Artiste : Picolo-kun

Prends le temps

Artiste :

Artiste : Joodlez

Je me sens fatiguée ce soir, mais pas d’une fatigue physique. Comme si mes énergies étaient basses. J’ai fait plusieurs rêves assez confus cette nuit qui m’ont perturbée par leur étrangeté, et encore une fois je suis loin de les avoir compris… Je me sens surtout oppressée au niveau du plexus solaire.

C’est la reconnexion avec tes peurs. Tu y es beaucoup plus sensible maintenant que tu as accepté de les accueillir, plutôt que de les ignorer.

Mais je ne pensais pas que la sensation serait si physique… Je ne pensais pas non plus qu’elle durerait si longtemps après ce travail en voyage chamanique.

Parce que l’intégration se fait de façon progressive, elle descend de tes corps les plus subtils aux corps les plus denses, pour finir par t’impacter pleinement au niveau physique. Tu ne devrais pas lutter contre. Tu devrais suivre le flot, ce n’est pas grave si tu n’écris pas pendant quelques jours. Contente-toi de prendre soin de toi et de te faire plaisir. D’amener de la lumière et du bien-être face à ces lourdeurs que tu accueilles. Ton corps les digérera progressivement et tes énergies se mettront à remonter toutes seules, tu verras. Sois patiente, laisse-toi un peu de temps. Tu n’es pas pressée.

Ok… Mais j’aimerai bien surtout comprendre les messages de mon corps en attendant. Je sens que mes intestins ont du mal… J’ai bien compris que je suis intolérante au gluten et au lactose, mais il n’existe pas de traitement contre l’endométriose sans lactose. Alors j’en essaye un nouveau, pour voir s’il passe mieux que le précédent. Parce qu’évidemment, il n’y a pas les dosages en lactose sur les notices, histoire de choisir le moins pire. Il faut évaluer au pif.

Et au pendule aussi. Cela t’a permis d’écarter certains traitements.

Oui, mais je n’arrive pas pour autant à déterminer le traitement optimal…

Celui que tu prends aujourd’hui suffira pour l’instant.

Mais pas dans la durée. C’est bizarre ça. Pourquoi je pourrais le supporter 50 jours environ et pas plus longtemps ?

Parce qu’il n’a pas vocation à être pris dans la durée dans ton cas. D’ici là, tu auras trouvé une autre alternative. Fais confiance à la vie pour te guider.

Bon, on verra alors… Est-ce que je devrais diviser la prise en deux dans la journée ? J’ai vu que les cachets de celui-ci pouvait être coupé en deux. Est-ce qu’en étalant dans le temps, l’assimilation du lactose présent sera plus facile ?

Pas forcément. Cela dépend surtout de ce que tu manges à côté, et qui favoriserait la digestion ou pas.

Alors ce serait quoi la solution optimale ?

Un repas léger avec ton médicament, quelque chose qui n’accapare pas ton foie et le laisse disponible pour gérer ton traitement.

Bon alors plutôt le soir…

Pas de friture, pas de choses grasses. Préfère des fruits et des légumes. Evidemment pas de lactose au cours de ce repas-là, et encore moins de gluten à moins de plomber ta digestion.

De toute façon, le gluten c’est fini pour moi, je n’en prends plus. Même en « extra » durant les repas partage. Le sans lactose, en revanche c’est plus difficile…

C’est pourquoi tu as très envie de te cuisiner un cheesecake sans lactose et sans gluten. Pour te prouver que tu peux quand même satisfaire tes envies.

Oui, c’est prévu demain.

Alors je te dis bonne nuit.

Merci.

28 février 2017

 

Premier voyage astral en rêve lucide dans l’espace

Artiste :

Artiste : Sugarmints

C’était cette nuit où mes voisins faisaient la java et où mon hyperacousie me rendait malheureuse au possible (cf ici). J’avais beau essayé de dormir en me retournant dans tous le sens, je n’y arrivais pas. Et puis à un moment, entre ces micro-sommeils, je me suis retrouvée lucide dans l’espace. A force de prier mes guides de m’aider à me déconnecter de mes sens physiques ou de m’aider à dormir, on dirait que ma demande a été prise en charge.

Je me retrouvais à flotter dans le silence du calme de l’espace, c’était reposant. J’étais en position de fœtus et je dérivais dans l’Univers, très très éloignées de la Terre, avec des zones remplies d’étoiles mortes et d’autres avec des étoiles vivantes.

Et puis je fusionnais avec une étoile de lumière. Je continuais de flotter ainsi, dans ce vide apaisant. Je me sentais bien. J’avais l’impression de venir d’ici. Je me sentais chez moi ?

Le silence absolu qui régnait perturbait néanmoins ma conscience humaine. Contrairement à un autre voyage astral dans l’espace que j’avais fait de façon éveillée, là je n’avais aucune sensation reliée à mon corps physique. Je ne savais pas si mes voisins avaient fini leur fête ou bien si j’étais trop déconnectée de mon corps. Mais je ne percevais aucun bruit venant de mon environnement matériel, aucune sensation liée à mon corps physique, en plan de fond. C’était très inhabituel comparé à mes voyages chamaniques et autres voyages astraux éveillés, où une partie de ma conscience restait toujours avec mon corps, me permettant de sentir mon environnement en simultanée. Là, j’étais complètement partie… Je ne sentais même plus le cordon énergétique me reliant à mon corps.

Je flottais dans cet espace un temps indéfini. A un moment, je rencontrais un être mais le souvenir m’en est diffus. Il n’était pas humain, il avait de très grands yeux tout noirs, et son visage par son étrangeté me faisait un peu peur, mais il ne dégageait rien d’agressif.

Quand ma conscience a décidé de revenir dans mon corps, c’était comme si mes corps subtils n’avaient plus la même forme que mon enveloppe charnelle humaine, et avaient du mal à la réintégrer. J’avais l’impression physique d’avoir de très très long bras décharné, avec des mains à trois gros doigts terminés par une grosse griffe, et une peau grisâtre. Comme si mon corps humain n’était pas mon corps d’origine. Et je devais lutter pour réintégrer mon corps humain, et faire rentrer ces si long bras dans mon contenant physique. Je devais batailler pour réussir de nouveau à actionner mes bras selon ma volonté et à les bouger. J’avais extrêmement froid, comme si j’avais ramené la température glaciale de l’espace. Et ce froid intense m’a réveillé et forcé à prendre une autre couverture (alors que merci la Réunion pour une température constante de de 25°C dans l’appartement, lol).

Il me reste de ce voyage une impression perturbante… Je ne sais pas où j’ai voyagé, mais c’était un endroit de l’espace très reculé que mon âme semblait déjà connaître…

24 février