La force du végétal

Artiste : Päivi Valkonen

Artiste : Päivi Valkonen

« Mises dans des conditions franchement défavorables, les plantes [notamment les arbres] peuvent évidemment mourir ; mais si vivre reste possible, elles surmontent les difficultés avec une opiniâtreté qui force l’admiration. Si j’osais cette métaphore animale, je parlerais de leur « courage » ; elles ne se contentent pas de survivre, elles reprennent leur place dans la végétation d’origine et, si les conditions redeviennent favorables, elles parviennent à effacer toute trace de périodes difficiles, aidés en cela par leur autonomie, par le fait qu’elles n’éprouvent aucune difficulté à changer de forme et par la manière qu’elles ont de disposer du temps. »

Eloge de la plante, Francis Hallé

Quand je suis tombée sur ce passage dans ma lecture, j’ai eu comme un tilt dans ma tête. Alors que ces derniers jours je réfléchis et j’échange sur les sujets de blessure de l’âme, de processus de guérison, de cicatrice sur le blog de Sylvie. Je suis admirative de la capacité du végétal à non pas « survivre », comme nous humains le faisons pour la majorité, mais à vivre et s’étendre, à rayonner et grandir, à « guérir » malgré les épreuves traversées. L’arbre et les plantes sont vraiment fascinantes, et je pense que si on prenait le temps de les observer, de les comprendre, on pourrait apprendre beaucoup d’elles… Car j’aimerais avoir ces qualités-là, à défaut qu’elles soient physiques, mais au moins sur les plans émotionnels, mentaux et énergétiques.

Certes quand on coupe la branche d’un arbre, elle n’est pas exactement remplacée, au même endroit avec la même structure, et il reste une cicatrice : on peut voir sur le tronc le nœud correspondant à la branche coupée. Mais l’arbre fait pousser une nouvelle branche à proximité pour remplir ce « vide » dans l’espace qui l’entoure et le valoriser.

Si un arbre tombe, et s’il est dans des conditions favorables (lumière, humidité, comme on peut en trouver dans une forêt tropicale), des rejets vont pousser sur ses racines, son tronc, ses branches. De « l’individu » couché au sol, il va se former sur cette ligne plusieurs nouveaux « individus », des répétitions d’une branche qui font en grandissant se transformer en arbre alors que le tronc d’origine va se décomposer autour et finir par disparaitre. Fort de cette apparente mort, un arbre renait en une colonie d’arbre. C’est un mécanisme fascinant !

Transposons cela à l’image énergétique d’un être humain : à chaque « mort spirituelle », celle où l’on abandonne une part de soi qui ne nous est plus utile (schémas de pensées négatifs, peurs cristallisées, etc), on serait, en mimant le principe de l’arbre, capable de renaitre à soi sous de multiples et nouvelles facettes, toutes plus jeunes et vigoureuses, nous permettant d’élargir notre enracinement dans le monde et d’étendre notre champ d’existence (et donc de conscience). Ce serait en soi un puissant processus d’évolution spirituel. Décidément, je n’en démords pas dans l’idée que les arbres feraient des guides spirituels fascinants pour ceux capable de travailler avec eux et d’arriver à leur portée ! Cela me fait envie !

6 décembre 2016

Ramasser les morceaux…

Artiste :

Artiste : Kaytseki

« On ne guérit par parce que l’on se rappelle, mais on se rappelle parce que l’on guérit. » (Citation, source oubliée)

Aujourd’hui il fait gris, un temps triste et mélancolique. Un peu comme l’est mon cœur. Alors que je ne souhaitais pas du tout me pencher sur le sujet, le prof d’astrologie a décidé de revenir sur un vieux cours précédent (que j’avais volontairement manqué) pour réviser la comparaison de 2 thèmes astrologiques dans un couple. Encore moins plaisant, une amie m’a demandé de l’aider à réviser et faire la comparaison de son thème, en échange d’un service rendu. Comme on travaille toujours sur 2 thèmes en parallèle, j’ai donc étudié le mien et celui de mon ex-compagnon.

Au départ, j’étais contente. Je n’avais pas été capable de regarder son thème pendant des mois après la rupture. Et enfin, l’idée de l’étudier ne soulevait plus de la colère en moi. Je sentais une sorte de détachement. Mais alors que j’avançais dans mon étude, et que l’interprétation astro collait exactement à la réalité, j’ai ressenti une sorte de fatalité. Alors on a beau avoir une superbe compatibilité de caractère, émotionnelle, intellectuelle, des objectifs communs pour notre vie matérielle, même nos thèmes nous disent que l’on est incompatible sur le plan des relations physiques ? Le voir écrit là m’a aidé à comprendre que c’était un enjeu majeur de notre couple et que l’on n’avait pas réussi à le dépasser. Peut-être était-ce une expérience choisie en amont pour nous aider et nous apprendre quelque chose ?

Je ne pensais pas que cette étude me travaillerait autant intérieurement. Que cela réveillerait tant de choses en moi. Jusqu’à récemment, je n’avais vraiment pas envie qu’il reçoive la moindre nouvelle de moi. Mon amie m’a dit « c’est dommage, les ex font de très bon amis ». Parce qu’ils nous connaissent intimement et une fois que l’ambiguïté sexuelle est levée, la question sur le type de relation ne se pose plus. Alors je me suis demandée : ai-je envie que l’on redevienne amis ? En suis-je capable ?

Le temps a passé. Lui a refait rapidement sa vie sentimentale. Moi j’ai décidé de me laisser le temps de guérir. Pourtant, j’ai parfois le sentiment de stagner : comment cela se fait-il que j’ai besoin de tant de temps là où d’autre guérissent si vite ? J’ai comme l’impression que mon cœur a décidé de stagner, de se mettre en retrait. Il refuse d’envisager d’autres relations. Il veut être laissé tranquille, au chaud, à l’abri, loin des vagues de la passion qui ne font que le fracasser contre les rochers.

Parfois je pense à lui, je me demande ce qu’il fait, où il en est de sa vie et de ses projets. Nos discussions me manquent, notre auto-émulation aussi. J’aurais envie de l’encourager. Ces choses-là peuvent se partager dans une amitié. Mais alors, je le verrais en couple avec une autre, et je ne suis pas sûre d’être capable de le supporter. Je ne le pensais pas, mais cette idée me brise à nouveau le cœur. Je me dis que cela serait au-dessus de mes forces de voir une autre lui donner ce que je n’ai pas pu.

Mais la prise de conscience qui me frappe le plus, c’est qu’en rejetant tout ce qui le concernait lui, ses affaires, mes souvenirs, le moindre contact ou la moindre information à son sujet, c’est aussi une part de moi que je rejetais : la femme que j’étais avec lui. La femme capable d’aimer et d’être aimée, la femme féminine et sensuelle, la femme désirable et séductrice. Toutes ces facettes de moi, je les ai enterrée avec lui, sûre et certaine qu’elles ne pouvaient m’apporter que de la souffrance et que je n’en voulais plus. A quoi bon être tout ça si c’est pour être rejetée parce que l’on est une femme blessée dans son intimité, par la maladie et par le viol ?

Je n’ai pas la réponse au jour d’aujourd’hui. J’essaye juste de ramasser les morceaux comme je peux, découvrant finalement qu’ils sont éparpillés bien plus vastement que ce que je pensais… Et que cette blessure fait écho à d’autres, de vies antérieures que je ne connais pas, me laissant dans un flou et désemparée, comme impuissante…

27 novembre

Création et féminité

Artiste :

Artiste : StefaChaotic

Je ne sais pas pourquoi, je ressors de cet atelier de création de bijoux frustrée. La dernière fois aussi. Comme si je n’étais pas satisfaite de mes créations, bien qu’on me dise qu’elles sont jolies. Je ne le nie pas, il y a un sens esthétique derrière, un arrangement des couleurs et un style cohérent. Mais là où je me sens frustrée, c’est que j’ai l’impression d’avoir dépensé beaucoup d’énergie et d’efforts pour au final quelque chose qui ne me ressemble pas.

Et à quoi ressembles-tu ? Qu’est ce qui te fait dire ça ?

Et bien, je trouve ces bijoux trop voyants, trop « m’as-tu vu ». Je suis tombée amoureuse de ces perles de verres colorées quand je les ai vues. J’avais envie de faire quelque chose avec, absolument. Mais je ne savais pas quoi. J’ai longtemps tourné autour du pot, j’ai créé une autre paire de boucle de d’oreille bien plus simple pour me mettre dans l’élan créatif. Ces perles me semblaient trop voyantes pour les porter en collier, pas mon style. Alors je me suis dit, pourquoi pas en boucles d’oreille ? Mais toujours trop grosses pour les porter seules, trop simpliste aussi. Alors j’ai fait une composition, j’ai rajouté des breloques pour équilibrer et habiller.

Et puis il me restait cette autre perle de la même couleur, en verre et métal, venant de Bali. Une perle unique, que j’avais décidé de conserver pour un prochain atelier, afin de faire quelque chose d’assorti aux boucles d’oreille. Là aussi, j’ai bien peiné pour savoir quoi en faire. Te rends-tu compte que j’ai passé 3h à créer ce pendentif, quand d’autres ont fait 2 à 3 paires de boucles d’oreille ?

Cela m’a donné l’impression d’être inefficace et indécise. Je sais que je suis longue à créer, à faire émerger les choses. Alors j’ai essayé de ne pas regarder la vitesse des autres pendant, de ne pas me comparer et de me concentrer sur ma création. J’étais là avec toutes ces femmes, mais c’est comme si j’étais seule. Comme si j’étais rentrée à l’intérieure de moi-même, dans un autre espace-temps, ailleurs. Et quand enfin j’ai fini, je ressors de cet état épuisée, déracinée, un peu à l’ouest comme si je revenais d’ailleurs.

Mais en même temps, heureusement ! Car je crois que sinon, je n’aurais pas supporté les énergies dégagées par ces femmes autour de moi. Je me rends compte que je n’ai pas de mal à côtoyer des femmes plus âgée et matures, des femmes puissantes qui s’assument (telles que des chamanes ou guérisseuses), des femmes sages, et même des femmes mères depuis quelques temps. En revanche, je me sens ultra mal à l’aise en face de jeunes femmes très féminines, qui ressemblent à l’archétype de la « Vierge ». Jeunesse, naïveté, sensualité, beauté. L’archétype de la femme qui correspond à celui de mon âge et que je n’arrive pas à accueillir et incarner. Celui qui évoque le Soleil, la radiance, la force de vie, mais aussi l’attirance, le désir, la sensualité. Face à ces femmes-là, je me sens toujours « moins ». Moins féminine, moins belle (ou rayonnante, car ce n’est pas tant une question de physique), moins désirable. Je me sens grossière et pataude, comme une paysanne à côté d’une princesse. Ces femmes mettent en avant leur féminité sans fard et sans complexe, elles sont à l’aise avec ça. A côté d’elle, subitement, je me suis sentie comme un vilain petit canard.

C’est un miroir très difficile pour moi à observer. Comme un idéal hors d’atteinte, quelque chose qui m’apparait hors de portée. J’aurais beau faire tous les efforts physiques de la Terre, il me semble que rien ne pourra jamais me rendre aussi féminine. Bien qu’aujourd’hui je portais une robe, que j’avais pris la peine de me parfumer, de me maquiller, d’avoir les cheveux bien coiffés, face à une féminité si bien assumée je me suis sentie moins que femme. Ce qui est très douloureux pour moi à constater.

Mais pourquoi donc suis-je allée à ces ateliers de création de bijoux ? La curiosité, l’envie d’apprendre comment on fait pour pouvoir créer à son bon vouloir ? Au départ, je voulais me créer des boucles d’oreille, car je n’en ai pas beaucoup. Mais je suis plutôt du genre à préférer les bijoux en argent achetés en bijouterie, quelque chose de qualité et de durable. Néanmoins, j’avoue que la tentation d’avoir un bijou original, car créé de façon unique, était tentante. Et puis ?

Je ne sais pas ce que je vais faire de cette parure de bijoux. Avec des perles vertes et bleues… pour moi qui commence à peine à porter de la couleur ! Rappelons qu’il y a un an encore je m’habillais tout de noir et de rouge, et j’avais un stylo gothique bien affirmé. Je ne sais même pas avec quelle tenue porter cette parure ! Je sais déjà que je vais me sentir ridicule avec, comme un costume qui ne me ressemble pas, quelque chose de trop beau, de trop stylé pour que je le porte.

Pourtant c’est toi qui l’as créé, non ? Cela vient de ton intérieur, d’une part de toi très profonde, puisque tu t’es laissée guidée par ton intuition créative.

Oui.

Ne seras-tu pas fière de la porter alors ?

J’ai l’impression que ce serait comme un mensonge. Je ne sais pas si je vais la porter à vrai dire. Comment peut-il y avoir  un tel décalage entre ce qui sort du fond de moi, de mon cœur et mon extérieur, la façon dont je me sens au quotidien ? Cela m’ébranle… Je ne sais comment l’exprimer que par : j’ai le sentiment d’entendre mon âme pleurer.

Mon amie m’a dit qu’elle trouvait le rendu de mes bijoux très doux. Pour avoir cette inspiration-là, il doit bien y avoir une femme douce et féminine cachée au fond de moi. Pourquoi ai-je ce sentiment de ne pas pouvoir y accéder ? Pourquoi dès que j’essaye de faire des efforts vestimentaires pour être plus féminine – dans mon nouveau style non gothique encore à définir – j’ai l’impression de me déguiser ?

Parce que tu ne sais pas qui tu es. Tu n’as pas encore trouvé un nouveau style qui te corresponde car tu cherches toujours la femme que tu es. Qu’est ce qui pourrait te rendre plus à l’aise pour porter ces bijoux ?

Je ne sais pas… J’ai l’impression que dès que je mets une robe, c’est déjà beaucoup de féminité affichée. Alors porter des talons en même temps, ou des bijoux – et je passe sur le maquillage en simultanée – c’est comme si j’en faisais trop, que ce n’était pas naturel, pas moi. Et donc forcément je me sens ridicule. Cela ne me pose pas de problème quand c’est pour des grands évènements, comme pour des mariages, parce que là, c’est normal, tout le monde le fait. Et je me sens toujours « moins  femme » que les autres présentes. Donc ça va, je n’attire pas les regards.

Pourtant, cela ne me posait pas de problème de faire tout ça quand je m’habillais en style gothique. Je pouvais même mettre mon corset, en même temps qu’une jupe, mes bottines Doc Martens à talon et mon rouge couleur sang. J’adorais même, je me sentais à l’aise alors. Pourquoi n’est-ce plus cas ?

Parce que tu ne te caches plus derrière des bracelets à piques et des vêtements noirs qui envoyaient le message contraire : « je suis féminine, mais ne m’approchez pas ». Avec un style aussi excentrique, il n’y avait que les fous pour oser t’approcher, ou tes amis qui te connaissaient au-delà de la façade.

Je me sentais très féminine à cette époque-là, surtout avant de rencontrer mon ex-compagnon. Même si j’étais habillée de façon sexy, les regards passaient sur moi et ne s’attardaient pas car les gens pensaient « ah, c’est une gothique », fin de l’histoire. Il n’y avait que ceux qui regardaient au-delà des apparences qui pouvaient être attirés par mon physique au-delà de mon style. C’est vrai que c’était confortable d’une certaine façon.

Cela me manque. A cette époque, je savais comment être féminine et me sentir féminine. Maintenant, c’est comme si je devais tout réapprendre. Je ne ressens que de la vulnérabilité et de la fragilité lorsque j’essaye de faire ressortir la femme en moi. J’ai l’impression que quoi que j’essaye, elle s’élude et s’esquive, elle ne veut pas sortir de sa coquille, ni me dire qui elle est. Je ne sais pas quelle femme je suis.

Je suis une femme-enfant qui aime jouer, faire la naïve et se voir offrir des cadeaux.

Je suis une femme- sorcière, celle qui découvre petit à petit son intuition, sa guidance spirituelle et qui réveille et explore la chamane en elle.

Je suis une femme – vieille sage, celle qui n’a plus de cycles, qui écoute, conseille, qui apprend la patience et n’a pas peur de la mort ni de la maladie, ni d’écouter ses propres ombres.

Mais où est ma jeune femme radieuse et sensuelle ? Et celle qui se sent capable d’être mère ?

Comment apprendre à les connaître et les aimer ?

Déjà en acceptant leur fragilité. Il y a des raisons qui font que tu n’arrives pas à accueillir le cycle de la « Vierge » dans ta vie. Nous savons que ce que Sylvie a écrit sur ce sujet t’avait parlé. Tu es typiquement de celle qui est passé par un ordre inhabituel dans l’ordre de ces cycles. Cela n’a pas d’importance réelle. L’important c’est que tu acceptes la femme que tu es aujourd’hui, même si tu la trouves « incomplète », même si tu la trouves différentes des autres femmes de ton âge que tu observes.

Ces jeunes femmes te paraissent naïves, insouciantes et par la même des « proies faciles ». Elles sont belles, énergiques, féminines, à l’aise avec leur corps, mais elles ne connaissent pas encore leur propre pouvoir intérieur – celui de la sorcière, de la chamane, de la femme lunaire – celui de la femme consciente de son cycle, de sa richesse et de ses forces. Elles n’ont pas non plus développé leur sagesse de « vieille femme », celle développée face à la perte, à la mort, à la descente intérieure dans nos propres ombres, à la maladie. Alors elles te semblent bien fragiles.

Pourtant elles n’ont que quelques années de moins que toi – entre 3 et 5 ans. Tu te demandes comment un tel fossé peut vous séparer. Tu te demandes comment tu pourrais accepter une telle « superficialité », non celle de l’apparence et de la beauté, mais celle de l’ignorance, l’ignorance de soi, de sa propre divinité et de sa spiritualité.

Je ne me retrouve nulle part à vrai dire. Auprès des femmes plus âgées, avec qui je partage pourtant des échanges profonds, il y a malgré tout un écart d’âge, de responsabilités (famille, maison, travail…) et de construction matérielle. Les femmes – sorcière ne courent pas les rues, et bien que j’en côtoie un certain nombre ponctuellement lors de cercles de femmes à la pleine lune, chacune a sa vie en cours (souvent un peu plus âgées, mère de famille, en couple…). La majorité de mes amies font partie de cette catégorie d’ailleurs. Quant aux femmes de mon âge ou plus jeunes… il est rare que j’arrive à trouver des centres d’intérêts communs, un rythme compatible avec ma maladie…

Bien que mon égo pourrait avoir envie de me faire sentir « supérieure » à ces jeunes femmes, parce que je me suis un peu plus penchée sur des questions de spiritualité et du développement personnel que la moyenne à mon âge, je me sens pourtant bien inférieure. A quoi bon la « sagesse » (entre crochets hein, parce qu’on apprend toute sa vie !) si mes peurs m’empêchent de vivre, de m’ouvrir, d’oser avec l’élan de la jeunesse ? A quoi bon philosopher et travailler sur soi, si on ne vit pas, là dans le monde matériel qui nous entoure, maintenant ? J’ai parfois l’impression de rater ma vie, de passer à côté, à cause de la maladie, de mes peurs, de mon hypersensibilité et de mes perceptions subtiles non maitrisées qui peuvent me plomber.

Je commence à devenir trop consciente des choses qui ne me conviennent pas : le bruit, la foule, le gluten, les lieux trop chargés, le commérage, etc. Et la liste est longue. Je n’ai plus envie de m’infliger ça. Mais comment me sociabiliser quand la majorité des gens de mon âge recherche ça ? J’ai vraiment l’impression de me heurter à un casse-tête. Et plus je semble avancer sur mon chemin intérieur et spirituel, et plus parfois j’ai l’impression de dériver loin de ma famille et des autres. De ne pas pouvoir leur parler de mes expériences subtiles, de mes prises de conscience, de mes évolutions intérieures… Ce qui donne parfois un profond sentiment d’inadéquation et de solitude.

26 novembre 2016

La vie est belle [voyage chamanique]

Artiste : Yuumei

Artiste : Yuumei

Il y a des moments où la vie est faite de peurs, de doutes, de luttes contre soi-même, et par extension avec les autres. Dans ces moments-là, rien ne semble certain, et toutes ces lourdeurs semblent étouffer nos élans de vie.

Et puis, il y a ces autres moments, plus rares, où les connexions se font, où les messages apparaissent, où la beauté du monde qui nous entoure nous touche. Tout à coup, la vie est belle. Le cœur est serein, parfois même emplie de gratitude, et l’avenir n’est plus si sombre. Un rayon de lumière a fugacement percé les nuages gris.

Toute la difficulté réside a percé cette couche de nuage, pour faire de l’espace à ces rais de lumière. A garder foi que malgré les moments difficiles, la vie reste belle.

Je ne suis pas très bonne à ce jeu de la vie, même si j’essaye de m’améliorer. Il est vrai que ma mère m’a toujours dit que j’avais cette tendance naturelle à voir le verre à moitié vide au lieu de plein. Mais il est vrai aussi que l’on est programmé génétiquement de cette façon. Voir le négatif, imaginer les pires scénarios et s’y préparer mentalement a été un processus efficace pour la survie de notre espèce et il est resté imprimé dans nos cerveaux [cf je ne sais plus quel numéro de Science et Vie]. C’est à nous de faire un travail conscient de reconditionnement vers la pensée positive, qui en réalité n’est pas biologiquement programmée. Autant dire qu’au départ, c’est une lutte de tous les instants – encore faut-il avoir réussi à prendre conscience de ce schéma de pensée négatif et à s’en être dissocié (ce qui sont déjà de sacrés grands pas).

Parfois, un rayon de lumière me touche. Comme aujourd’hui, alors que j’ai lu un livre inspirant et que j’ai pris la peine de m’entraîner à dessiner. Comme si ouvrir son cerveau à la créativité et à l’esthétique permettait de mieux laisser entrer la beauté de la vie aussi.

Je suis sortie me promener, j’ai écouté le chant des oiseaux, profité des doux rayons dorés du soleil déclinant. Je me suis arrêtée un temps pour observer un petit coin de nature, dans cette zone délaissée de l’homme en pleine ville – la ravine. [En zone tropical, c’est un lit de rivière asséché, colonisé par la nature, qui n’est submergé qu’à la saison des pluies, lors de violentes averses].

Apaisée, présente à ce qui m’entourait, j’ai décidé de fermer les yeux et de partir en voyage chamanique pour me connecter à l’esprit d’un arbre près de moi. Après lui avoir demandé sa permission, je suis entrée en lui pour observer un spectacle magnifique, que je ne saurais fidèlement décrire. J’étais au centre de son être et je voyais ces cellules végétales, comme on verrait un vitrail. Leur forme allongée, leur paroi et leur noyau semblable au métal qui lie les morceaux de verre, le reste des cellules d’un verre translucide illuminé par le soleil lui conférant une teinte vert clair lumineuse.

[Petit aparté scientifique pour aider à la compréhension]

Vous le savez peut être déjà, les cellules des végétaux se différencient de celles des animaux par plusieurs points caractéristiques. Elles ont notamment une paroi rigide qui leur donne une forme stable, rectangulaire et allongée (là où les cellules animales sont souvent rondes, mais peuvent avoir des formes bizarres tels que les neurones). Ces cellules végétales sont également beaucoup plus grandes que les animales : 100 μm contre 10 à 20 μm.

Autre rappel, il n’est pas connu chez les végétaux d’équivalent à notre système nerveux et notre centralisation, les plantes n’ont pas de « cerveau », de moelle épinière et de nerf, tout du moins rien de connu selon le référentiel animal. Aucun organe central connu qui dicterait le développement de la plante et de son fonctionnement, ce qui fait souvent considérer les plantes comme des « êtres inférieurs » car on ne peut concevoir – nous humains anthropocentristes – une forme d’intelligence sans un tel organe. Evidemment, la question de « l’équivalence d’un cerveau ou d’un système nerveux » a été posée par de nombreux scientifiques, sans qu’une réponse n’ait été apportée.

[Fin de l’aparté scientifique, merci de m’avoir suivi !]

J’étais donc au centre de cet arbre à admirer le vitrail de ses cellules et à me poser la question de son fonctionnement. Et là, l’arbre m’a soufflé de poser le doigt sur une cellule, celle-ci s’est activé, et elle activait la cellule juste au-dessus, et encore au-dessus, formant ainsi un « fil » de cellules alignées et connectées par la verticale. En suivant ce « fil de cellules » dont l’activation se propageait du centre vers le haut, j’arrivais à une branche et à un nœud, et l’activation de ce fil entrainait la formation d’une feuille. Revenue au centre de l’arbre, je touchais un autre fil, et le remontant, je voyais qu’il déclenchait le développement d’un autre bourgeon végétatif, puis un autre fil d’un bourgeon floral.

Ainsi l’arbre me montrait qu’il n’avait pas une architecture centralisée comme chez les animaux, mais une architecture filaire, où chaque fil donne un organe, et où l’ensemble des fils tissent une trame comme le ferait une tapisserie vivante. Je pouvais également suivre les fils dans le sol.

Mais ce qui m’a le plus surprise, c’est qu’en suivant un fil vers le haut, celui-ci ne s’arrêtait pas au bout de l’organe ! Il continuait comme un fil énergétique dans le ciel pour en réalité se connecter à un fil d’un autre arbre à proximité. Et pouf ! D’un coup je suis passé du fil de cet arbre à feuilles caduques, au ciel, au fil d’un sapin. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je me retrouvais au centre de ce deuxième arbre qui offrait lui aussi un vitrail de cellules magnifique mais au vert plus foncé, comme la couleur de ses épines. De l’intérieur je pouvais percevoir la forme du tronc, la taille et l’espace occupé par ce sapin, qui semblait vraiment juste à côté de mon premier arbre visité. J’ai suivi un fil pour visiter ses racines et voir que les fils des deux arbres s’y entrecroisaient et se connectaient.

Autre leçon chamanique : tous les arbres sont connectés entre eux, non pas seulement par les racines (comme les scientifiques l’admettent selon certains critères) mais aussi par une connexion aérienne entre individus via leurs organes, probablement énergétique ? Voilà un vécu bien loin des théories scientifiques…

Revenue à moi, j’ai pu ouvrir les yeux pour observer qu’en effet, derrière et entremêlé à l’arbre que j’avais choisi pour ce voyage, se trouver un sapin fin et discret, que le contrejour du soleil m’avait caché, jusqu’à ce que ce dernier disparaisse de l’horizon pendant mon voyage chamanique. Quelle n’a pas été ma surprise de constater que ce sapin avait exactement la taille et les dimensions que j’avais ressenties depuis son intérieur !

C’était pour moi la première expérience de voyage chamanique avec des végétaux où se mêlaient des « intuitions » de fonctionnement biologique et énergétique. Ma première vision de ces derniers du « point de vue intérieur » de l’arbre, comme j’en abordais l’idée dans cet article « Les plantes ont-elles une conscience ? ». A défaut de m’apporter de véritables connaissances scientifiques, cela m’ouvre à des pistes de réflexion, une autre manière de voir et des intuitions à tester…

Après tout, Einstein disait « La seule chose qui a de la valeur est l’intuition. » et Henri Poincaré « C’est avec la logique que nous prouvons et avec l’intuition que nous trouvons. ».

25 novembre 2016

Paralysée par la peur

Artiste : Kuvshinov Ilya

Artiste : Kuvshinov Ilya

Je ne comprends pas pourquoi tout à coup, je me sens paralysée par la peur. En réalité, cela fait déjà un moment que je suis aux prises avec de multiples peurs : la peur de prendre la décision de quitter mon travail sans filet autonome derrière, la peur de me tromper dans mes décisions, la peur de décevoir mes parents, la peur de la maladie, la peur de ne pas trouver ma voie, la peur de m’engager dans une impasse, la peur de l’abandon, la peur de la solitude, la peur du conflit et de la violence, la peur des jugements, la peur du manque financier…

Comment un si petit être peut-il contenir tant de peurs ? Elles m’étouffent, elles m’empêchent de me sentir libre, de faire confiance à l’Univers, de dire Oui ! à la vie et d’OSER. Le pire, c’est que toutes ces barrières ne sont que des obstacles intérieurs, des illusions basées sur des blessures du passé, un manque de confiance en moi et en la vie. Comment fait-on pour les surmonter quand elles s’accumulent au point de vous rendre littéralement malade ?

J’essaye de rester ancrée et centrée, de les accueillir, de ramener ma conscience au niveau de mon cœur et de me connecter un sentiment d’amour. Mais hélas, si cela marche bien lors de méditations et de voyages chamaniques où je mets mon mental en mode off, dans la vie de tous les jours c’est une autre histoire. On ne peut pas se déconnecter du mental en continu, quand on doit parler avec quelqu’un, négocier quelque chose, faire face à une situation pragmatique, conduire, etc. Et alors, la connexion à mon cœur ne semble pas suffisante, les doutes et les critiques de mon mental me reviennent avec force, et je me sens alors démunie.

Prenons l’exemple de l’histoire avec mon propriétaire (cf cet article ici). Son appel téléphonique musclé m’avait heurtée, laissée dans un sentiment d’infériorité et de peur, face à son chantage et à sa menace de venir à mon domicile. Après avoir pleuré un bon coup (et oui, merci chère hypersensibilité), j’ai fini par demander des conseils à une proche, qui m’a aidé à prendre conscience du déséquilibre de la situation et à exprimer mon choc. Me prouvant que cet appel était totalement déplacé, elle m’a alors motivée à me défendre. J’ai donc vérifié mon contrat, regardé ce que disait la loi, pris contact avec une association de consommateur qui m’a confirmé mon bon droit, et que si mon propriétaire mettaient à exécution ses menaces cela constitueraient une violation de domicile (susceptible de prison et d’une grosse amende). J’ai donc écrit un courrier rappelant mes droits et répondant négativement à la demande irrecevable de mon propriétaire. Mais, comme je sais que c’est un homme fier avec un comportement macho, qu’il a malgré tout fait des efforts dans le passé, que je n’ai pas envie d’entrer dans des relations conflictuelles, j’ai fait un pas vers lui en lui proposant de payer la moitié de la somme demandée, alors que je n’en a nullement l’obligation. J’ai envoyé ma lettre en recommandée, ce qui m’a fait me sentir plus légère en sortant de la poste. Et j’ai bien reçu l’accusé de réception.

Mais voilà, je n’ai pas reçu de réponse de sa part, ni oui, ni non à ma proposition. Je ne sais pas si c’est parce qu’il est trop fier pour accepter, si ma lettre lui a cloué le bec et fait peur, s’il se renseigne pour contre attaquer sur un autre point, ou pour je ne sais quelle raison. Alors pas de nouvelles, bonnes nouvelles ?

Pourtant je reste dans la peur qu’il essaye de se « venger » parce que je ne lui ai pas donné ce qu’il voulait, et parce qu’il est du genre à ne pas hésiter à utiliser son statut d’homme dominant plus âgé sur une jeune femme (la preuve avec son appel d’intimidation et j’en passe d’autres au début du contrat…). J’ai peur qu’il se pointe à l’improviste chez moi pour réclamer ce qu’il veut, voir qu’il essaye de rentrer dans mon domicile par la force. J’ai peur qu’il me fasse un coup bas par derrière, sans que je puisse y faire quelque chose. J’ai peur qu’il trouve un autre prétexte pour m’attaquer verbalement ou juridiquement…

Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à délaisser ses peurs, alors même que je sais être dans mon bon droit et protégée par la loi ? Je n’ai rien fait de mal, juste me défendre face à un acte irrespectueux. Mais voilà, malgré cela, je me sens en danger. La raison ne peut rien face à cette émotion profonde. J’imagine que cela est symptomatique de la façon dont je peux vivre les relations féminin-masculin, que ce soit intérieurement ou extérieurement…

Comme la peur qui me paralyse aujourd’hui, celle d’aller voir mon supérieur pour discuter avec lui d’un mode de rupture. Que ce soit cette situation comme la précédente, je ne peux m’empêcher d’avoir peur. Comme si au fond de moi, je me sentais faible face au pouvoir d’un homme, dominée d’avance, incapable de me défendre ni de négocier… Mais pourquoi ?

Pourquoi est-ce que je me sens si faible, en danger et démunie face au masculin ayant de l’autorité (qu’elle soit valable ou non) ? J’imagine qu’il n’y a rien à comprendre, juste à accepter… Il est certain que cette blessure est liée à celle de mon Féminin Sacrée, qui elle-même remonte à loin.

Mais comment la dépasser ? Je ne veux pas rester clouée au sol par la peur, cette peur qui m’empêche de vivre et d’oser. Je veux pouvoir avancer et oser avec confiance dans la vie. Je veux pouvoir guérir cette blessure avec douceur, afin d’avoir des relations apaisées avec l’autorité masculine. C’est impossible d’éviter les relations masculines en lien avec l’autorité toute ma vie. Après tous, les hommes constituent la moitié de la population terrestre ! Et j’ai l’espoir de pouvoir vivre une relation de couple harmonieuse un jour… J’ai envie d’apprendre à dépasser cette peur. La question est : comment ?

Même si je ne sais pas comment y arriver, j’émets l’intention suivante : je trouve un terrain d’entente dans la paix et l’harmonie avec mon supérieur.

22 novembre 2016

Descendre dans l’ombre [hypersensibilité et maladie]

Artiste : Yuumei

Artiste : Yuumei

Il est des moments où il semble difficile de se tourner vers son intérieur. Pourtant, avec tout le travail de reconnaissance et d’accueil de mes peurs qui se joue en moi depuis plusieurs mois, je n’aurais pas pensé que je m’y heurterais si durement.

Exprimer ses émotions, ou tout du moins les libérer et les transmuter sous une forme ou une autre, est nécessaire pour conserver un certain équilibre, surtout lorsqu’on est hypersensible. Mais consciente aussi de l’impact des mots et du pouvoir de la pensée, se plaindre n’est que le risque de se maintenir dans des énergies défavorables, de se poser en victime et donc de ne pas agir pour changer la situation, ou changer son propre regard.

Quel est donc le bon équilibre entre les deux ? On ne peut pas toujours exprimer des émotions positives. C’est impossible. Même en vivant une vie heureuse, on connait tous des moments de doutes, de tristesse, d’émotions plus ou moins intenses, parce que l’on vit en interaction avec autrui et que ces interactions créent des réactions en nous. Vivre c’est ressentir. Ce qui est parfois problématique pour une hypersensible, constamment inondée d’émotions, d’informations, au point de ne plus savoir où on commence et où on s’arrête.

Vivre dans une bulle peut donner l’illusion de contrôler la situation, de limiter les flux envahissants, de respirer de nouveau. Mais toute bulle est à double tranchant, elle protège et elle enferme aussi. Peut-on considérer que l’on vit lorsqu’en réalité on est coupé du monde ?

Comment alors vivre la maladie, lorsqu’elle vous oblige à rester au lit, et vous donne le sentiment d’être coupée du monde ? Pas seulement physiquement, mais aussi psychologiquement. Parce qu’alors que la douleur me force à rester allongée, sans pouvoir lire ou manger, mon mental ne peut s’empêcher de me faire douter. Douter qu’on jour j’irai mieux, que je puisse profiter de la vie en mangeant simplement un bon gâteau ou en faisant une promenade en nature. Douter que je puisse avoir une vie sociale épanouie, et encore plus une relation de couple.

La maladie vient comme une vague crashé tout espoir, elle plonge dans le noir toute perspective de futur proche ou lointain. On sait qu’elle est là, qu’elle revient de façon cyclique, mais selon un rythme inattendu et imprévisible, détruisant au passage les projets et le moral. Qu’il faut tout reconstruire à chaque fois, encore et encore.

Je crois qu’aucun de mes proches n’a idée de combien cela peut être pesant. Parce que j’ai fini par arrêter de parler de ma douleur, de me plaindre, juste pour statuer « aujourd’hui je suis au lit à cause d’une crise ». Personne ne sait, qu’à chaque fois, je me demande si je vais supporter la douleur encore une fois, ou si ce sera la dernière – parce que mon mental aura craqué.

Voyez-vous, avec la maladie chronique, souvent les gens banalisent. Les premières fois qu’ils vous voient malades, ils sont compréhensifs, compatissants et peuvent même vous apporter un soutien. Mais au fur et à mesure que les crises continuent, les gens s’habituent, cela ne les touche plus, « c’est normal », « il suffit d’attendre que ça passe ». Cela peut même devenir embêtant « mais on avait prévu ça… ». Bien sûr, chacun est unique et a sa propre réaction face à la maladie d’un proche ou d’un inconnu. D’autres vous appellent, peu importe le nombre de fois.

Mes parents eux ne savent pas comment réagir. Comment pourrais-je leur reprocher ? Je suis à 6000 km, ce n’est pas comme s’ils pouvaient me faire de la soupe ou me faire chauffer une bouillotte. Ils ne sont pas très doués pour communiquer, on ne leur a jamais vraiment appris dans leur famille, alors ils ne trouvent pas de mots pour me réconforter. Ils ne savent pas quoi dire et se sentent impuissants.

J’ai remarqué que les gens ont tendance à fuir face à la maladie, à la dépression et à la mort. Comme si c’était insupportable de voir l’autre dans sa vulnérabilité. Je n’ai jamais ressenti ça, ni quand j’ai épaulée une amie dépressive, ni quand j’ai tenu la main de ma grand-mère sur son lit de mort lorsqu’on l’a débranchée. Peut-être parce que j’ai moi-même été confrontée à ma propre noirceur et aux pensées suicidaires à l’adolescence. Que j’ai vu comment les gens me fuyaient à cause de ça et que je n’ai jamais voulu faire subir ce rejet à quelqu’un. Est-ce la faute à la personne si elle est malade ? Si les douleurs et les difficultés qu’elles traversent lui pèsent sur le moral à un certain moment ? Est-ce la faute de la personne si elle est mourante et si la mort l’effraye ?

Dans ce genre de situation, on a tous besoin de soutien, on a tous besoin d’amour. Quand je suis malade, je me sens seule et j’aimerais que quelqu’un me tienne la main et me réconforte, comme lorsque je tenais la main de ma grand-mère. J’aimerais sentir un amour qui efface les doutes, à défaut d’effacer la douleur, un amour qui fait sourire et donne chaud au cœur, peu importe la difficulté de l’instant présent.

Est-on capable de s’offrir à soi-même ce genre d’amour, lorsqu’on est englué dans la souffrance ? Est-on capable de ressentir ce genre d’amour provenant de la Source quand nos émotions négatives nous submergent ? Comment apaiser son cœur dans de telles situations ?

21 novembre 2016

 

Entre Deux Mondes [vécu chamanique]

Artiste : Yuumei

Artiste : Yuumei

Je ressens une grande tristesse dans mon cœur ces temps-ci. Peut-être est-ce parce que je n’arrête pas de penser à mes parents, mon village natal, ma famille, les lieux que je connais ? J’ai envie de rentrer, comme on aurait envie de rester sous la couette. Pour retrouver un environnement chaleureux et rassurant, un endroit que l’on connait bien où l’on se sent dans un cocon de sécurité, une bulle d’amour protégée du monde extérieur.

J’ai cette envie de rentrer, cette envie de voir les gens que j’aime. Cette envie de vacances et de repos, de ressourcement profond et calme. Comme si mon arrêt maladie ici ne me le permettait pas. Comme s’il me manquait quelque chose d’essentiel, de l’amour extérieur peut être.

L’amour intérieur est-il suffisant pour guérir certaines blessures ? L’amour de soi est indispensable pour marcher de façon équilibrée dans ce monde, et être capable d’aimer autrui. J’en suis convaincue depuis quelque temps déjà. Mais est-il suffisant pour être capable d’aimer ?

«  Il était important que tu te sentes aimée par tes parents. […] Ce sont les premières personnes qui peuvent vous donner le sentiment d’être une personne spéciale.

Tout le monde ne sait pas faire sentir à l’autre qu’il est une personne spéciale. Il vous faut pour cela prendre conscience que vous avez vous-mêmes été aimés par au moins un autre être vivant qui vous accordait une place particulière dans son cœur.

C’est important de comprendre ce que c’est que l’amour au sens affectif au-delà de toute attache précise. Parce que dès lors vous serez toujours capables d’aimer, quelque puisse être la forme d’amour qu’il vous sera proposée de donner.»

Extrait de l’article de Sylvie que vous pouvez lire ici.

Cet article de Sylvie m’a beaucoup émue et remuée. Serait-il temps pour moi de rentrer ? De m’offrir ce temps de repos et de répit après un long voyage éprouvant et une quête de vision épuisante ? Mon amie me disait qu’après sa propre quête, elle s’était sentie vidée, qu’elle n’avait qu’une envie c’était de se dorloter, de se cocooner et de se reposer au calme. Et que ce que je ressentais en était peut-être l’équivalent.

Après tout, fatiguée par tout ce flou et cet entre-deux sans fin, j’ai fini par faire le choix de symboliser ma quête de vision de façon consciente, par un acte posé. En allant en forêt méditer plusieurs heures seule. Et j’y ai fait des voyages chamaniques puissants et très symboliques : une mort avec le Soleil, une régénération dans le ventre de la Terre et une renaissance avec la Lune.

Il s’est passé quelque chose de très fort. Et le plus surprenant, c’est que j’étais, le Je de ma conscience ou de mon mental, simple spectateur et ne contrôlais rien. J’ai observé mon Esprit – cette part de divin en soi – donner des soins énergétiques à mon corps physique. C’était beau, fluide et puissant. Ainsi mon Esprit m’a illustré sa force, sa connaissance et sa maîtrise des éléments, me montrant par-là que je ne devais pas douter de sa puissance, de ma propre puissance intérieure, celle de mon Âme.

Mais comment revenir à la vie mondaine et terrestre et intégrer cette connaissance dans son quotidien ? Comment se sentir forte et puissante alors qu’au jour le jour : on lutte contre ses peurs, ses angoisses ; on tente de maitriser ses émotions d’hypersensible indomptables ; on doute, on est perdu et on ne sait pas dans quel direction aller ? Comment réconcilier ces deux réalités en soi – alors qu’elles semblent si éloignées l’une de l’autre, bien que cela soit seulement une illusion ?

18 novembre 2016

Artiste : Yuumei

Artiste : Yuumei

Entre Deux [vécu chamanique]

Artiste : Yuumei

Artiste : Yuumei

Parfois il est dur de suivre son cœur, de comprendre où notre âme veut nous mener, en nous faisant traverser toutes ses épreuves, ses montagnes russes d’émotions, ses processus de purification et de guérison. La vie n’est qu’un cycle, vie-mort-renaissance, encore et encore. Tout est évolution, transformation. Et dans ces moments entre deux états, entre l’enfance et l’adolescence, entre la nuit et le matin levant, il y a tous ces espaces de transition, ces Entre-Deux. On n’est ni l’un, ni l’autre. On flotte dans cet espace de battement, sans plus savoir qui on est, où l’on va.

Cela va faire maintenant un mois que je suis coincée dans cet espace d’Entre Deux, ni employée, ni au chômage – en arrêt maladie. Ni seule, ni entourée. Ni en bonne santé, ni avec des symptômes identifiés. Sans repères, sans savoir où aller, sans plus savoir qui je suis.
Je ne suis Rien. Seulement processus de purification, encore et encore, sans savoir jamais à quel point le Vide peut prendre encore plus de place. Il n’y a plus rien, ou presque. Le silence, la solitude, l’incertitude. La remise en question de tout ce qui fait ma vie, mon quotidien, la société dans laquelle je vis. Et plus rien n’a de SENS.
Dans ces moments, le vide total peut aussi devenir opportunité. Il crée un nouvel espace où peut éclore de nouvelles choses, autrefois enfouies dans nos ténèbres intérieures.

Mais dans ce vide, je n’entends que mon cœur pleurer, encore et encore. Sans comprendre ce qu’il veut m’indiquer. Peut-être a-t-il soif de liberté, d’espaces et de verdure ? Peut-être a-t-il faim de spiritualité, de sacré et surtout de SENS dans une vie qui ne veut plus rien dire ? Peut-être hurle-t-il à mon mental de capituler, de laisser la foi me guider, par de là la raison ?
Je ne comprends pas le message de mon cœur. Alors je l’écoute pleurer, encore et encore, dans une tristesse qui semble infinie.

« Je veux rentrer à la maison. »
« Je veux retrouver le cocon maternel. »
« Je veux retrouver mon foyer chaleureux et aimant. »
« Je veux retrouver les arbres, les prairies et les paysages que je connais. »
« Je ne veux pas faire face à la vie toute seule. »
« Je ne veux pas devenir adulte. »
« Je veux me reposer hors du temps, et effacer les duretés de la vie. »
« Je ne veux pas vivre dans cette société, qui efface la magie et les rêves. »
« Je ne veux pas de cette réalité que l’on me vend, c’est un mensonge vide de sens. »
« Je ne veux pas vivre cette vie d’adulte si ce n’est que pour survivre et étouffer mon cœur. »
« Je ne peux pas faire un travail vide de sens pour répondre aux exigences de la société. »
« Je ne veux pas participer à la destruction inconsciente de cette planète. »
« Je ne peux plus exploiter les végétaux comme s’ils n’étaient que des objets. »

Est-ce mon cœur d’enfant qui pleure ? Toutes ses émotions enfouies qui remontent ?
Je suis dans cet Entre-Deux et mon cœur semble incapable de le quitter. Je ne peux plus revenir en arrière et retourner dans la place que j’occupais, traiter le végétal et le monde comme s’ils étaient sans conscience. Je ne peux plus vivre une vie séparée du sacrée, qui met les choses, les gens dans une boîte, les prive de libertés et d’évolution. Mais vers quoi puis-je aller ? Je ne connais pas de lieux qui répondent aux exigences de mon cœur, à sa soif utopiste de pureté, de conscience et de beauté.

Écouter son cœur ? Mais pour aller où quand rien ne semble suffisamment Pure et Beau pour le satisfaire ? De cette Beauté qui célèbre la vie, comme la nature le fait si bien, de cette Beauté qui rayonne d’autrui quand les personnes laissent leur âme parler et leurs qualités nourrir les autres. De cette Pureté du cœur qui ne tolère que l’amour, le respect, la compassion et la foi, à l’opposé d’un monde où règnent le jugement et les apparences, la peur et la colère.
Je ne veux pas d’un monde gris. Je ne veux pas d’un monde où je me sens tellement incomprise, même par ma propre mère. Je ne veux pas d’un monde où l’on doit se battre pour préserver la Beauté et la Pureté. Je ne veux pas vivre dans un quotidien régie par la peur et la retenue.

J’aimerais oser Être, même si je ne sais pas qui je suis. J’aimerais courir dans les prés et rire à gorge déployée. J’aimerais savourer le soleil et écouter les arbres parler. J’aimerais vivre tranquillement, au rythme de la nature, et loin de la course effrénée de nos sociétés – qui nous poussent à produire toujours plus vite pour nous étourdir et nous déconnecter de la Réalité. Celle de la Vie, celle de la nature qui respire, celle du cœur qui chante, celle de la patience dans la maturation des fruits, celle du partage et de la compassion qui n’enlèvent rien et offrent tout. J’aimerais vivre à l’unisson du battement de la Terre, en écoutant le langage de ces animaux et de ces plantes, humble de cœur mais riche de sagesse.

J’aimerais qu’enfin cette lente agonie intérieure cesse pour renaitre à moi-même, légère et lumineuse, forte de mes parts d’ombres et de mes errances, riche de mes chutes et des leçons apprises. J’aimerais que cette Quête de Vision touche à sa fin, pour dévoiler un nouveau jour, plein d’espoir et de joie.

« Malheureusement, dans les sociétés contemporaines avancées, le langage symbolique est vu comme secondaire, et ce faisant, il n’y a pas à l’école d’ouverture ou d’éveil au mystère de vivre et à la beauté du monde, qui sont si essentiels pour créer un être humain complet. L’éducation de masse s’attache essentiellement à faire des jeunes de meilleurs travailleurs et néglige complétement ces questions beaucoup plus radicales qui se réfèrent au sens de la vie. Quand une culture ou une personne a perdu la capacité à comprendre le langage symbolique de l’âme, le besoin exprimé par celle-ci est finalement pris à la lettre. Mon cœur a faim : je me bourre ! Mon âme a soif : je bois comme un trou ! Mon être veut plus : je consomme ! Cette « littéralisation » est […] la base de toute dépendance. »
Quête de vision, Quête de sens, de Paule Lebrun

12 novembre 2016

Confrontation intérieure

Auteur :

Auteur : Les Rêves de Celia

Je suis choquée… Mon propriétaire vient de me faire du chantage. Il exige que je paye certaines taxes, alors que notre contrat stipule que toutes les charges récupérables sont comprises dans le prix du loyer (dont celles ci selon la définition de la loi). Il sait que j’ai raison, qu’il n’a pas fait attention en rédigeant le contrat et qu’il s’est trompé. Mais du coup, il me fait du chantage et me met la pression pour obtenir malgré tout ce qu’il veut. Il me menace, si je refuse, de venir chez moi récupérer les objets qu’il m’a donné au fur à et à mesure, et qui ne figurent pas sur l’état des lieux… En disant que dans ce cas-là, on applique le contrat au pied de la lettre.

Je déteste ce genre de situation. Je me sens agressée. Et je déteste cette menace latente qu’il puisse se pointer chez moi, voir s’y introduire, et que cela mène à une confrontation physique. Cela me choque et me blesse. Je me sens atteinte dans mon sentiment de sécurité, alors que je demande juste à être tranquille. Qu’en plus, je suis malade et que je passe le plus clair de mon temps chez moi. Et que je n’ai pas de lieu de refuge, puisque mes parents et amis sont de l’autre côté de l’océan…

Pourquoi est-ce que j’attire ce genre de situation ? Le proprio macho qui utilise son masculin pour chercher à impressionner la jeune femme que je suis et prendre l’ascendant dessus. Je me sens humiliée par ce type de comportement, totalement irrespectée. Quand mon ex était là, il avait remis les pendules à l’heure avec un peu de testostérone, mais maintenant je suis seule face à lui…

Et je ne sais pas quelle réaction adopter face à ça. Pour l’instant, j’ai gagné du temps, mais comment gérer ce genre de situation ? Ne pas céder d’un pouce et partir en « guerre » ? Me coucher pour ne pas perdre mon énergie sur un sujet aussi stupide ? Aucun des deux ne me convient.

Je sais que cette situation n’arrive pas par hasard, bizarrement, elle fait écho à un de mes voyages chamaniques où je voyais mon féminin profond constamment agressé par des hommes, probablement mon propre masculin intérieur. C’est la même situation qui se répète en écho extérieur. Et qui est source d’une souffrance disproportionnée…

Comment la résoudre ? Comment réconcilier ce féminin et ce masculin intérieur ? Pour que l’extérieur ne soit plus une forme d’expression de leur lutte ?

7 novembre 2016

Lettre à l’univers

Auteur :

Auteur : Les Rêves de Celia, octobre 2016.

Je me sens très instable émotionnellement. Je me rends compte que je suis en colère. En colère contre mes proches, en colère qu’ils ne me semblent pas se soucier de moi et du fait que je n’aille pas bien. Mais pourquoi suis-je en colère ? Parce que mon mental pose l’interprétation que ce silence est égal à de l’indifférence. Mais je vois qu’en réalité, je ne fais que reporter cette colère, sur des personnes qui ont un visage, parce qu’ainsi, j’ai l’impression de pourvoir me « venger » en les ignorant à mon tour. Cela me donne l’illusion de ne pas être impuissante face à cette colère et ce sentiment d’indifférence.

Mais la réalité, c’est que ces personnes ne m’ont absolument rien fait. Elles sont égales à elles-mêmes, vive leur propre vie, à un rythme souvent soutenu, celui de la société. Le temps peut parfois paraitre bien long lorsqu’on est en arrêt maladie, et la journée bien solitaire.

La vérité, c’est que ma colère a commencé en réaction à ma souffrance. Lorsqu’on m’a répondu à Pôle emploi « non, nous ne pouvons pas vous accorder un entretien avec un conseiller (pour demander de l’aide sur mon orientation professionnelle) car vous êtes en arrêt maladie. Tant que vous serez en arrêt, vous êtes considérée comme non disponible à la recherche d’emploi et cette catégorie-là n’a pas le droit à des entretiens. Essayez auprès de la mission locale. » Je suis allée à la mission locale « non, on ne peut pas vous conseiller, vous avez plus de 26 ans révolus ».

Je n’en veux pas à ces conseillères, elles font leur job, et à priori elles ne sont pas payées pour me conseiller. Restriction de budget, règles à appliquer, blabla, toute la machine administrative. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de me sentir abandonnée, laissée seule à me débrouiller par la vie.

Ma psychologue, comme mon psychiatre, m’ont conseillé de me renseigner sur une réorientation professionnelle, de faire un bilan de compétences, bref de trouver un fil à suivre, une nouvelle envie et remotivation professionnelle pour lutter contre les troubles anxio-dépressifs. Tout le monde n’avait que ce mot à la bouche « bilan de compétences », et je me suis dit qu’au vu de la répétition, c’était une piste envoyée par l’Univers. Pourquoi cela tombe à la l’eau ?

Je suis en colère que la réponse soit « on ne peut pas vous aider ». Je suis en colère de ne pas trouver l’aide pour identifier une porte de sortie. Est-ce que c’est une blague ? M’orienter vers une piste pour me retrouver face à un mur ?  J’ai vu mes espoirs se casser en petits morceaux à la réponse de la conseillère. Pour être aidée, je ne dois plus être en arrêt maladie, mais pour m’aider à aller mieux, il faudrait que je trouve une piste sur ce que je veux faire de ma vie. C’est le serpent qui se mord la queue ! Et voilà, j’ai de nouveau l’impression d’être abandonné par l’univers, de faire face à une indifférence générale. Sauf que l’univers n’a pas de visage sur qui on peut crier sa colère, pas pour moi. Alors c’est plus facile de la reporter sur ses proches, injustement.

Sauf que c’est nul. Parce que c’est moi-même que je punis en m’isolant de mes proches. Parce que c’est moi-même que je rends malheureuse en laissant mon mental me convaincre que ces personnes sont indifférentes à moi…  Et parce que je suis fatiguée de répéter ce même schéma mental de « silence = indifférence » qui me fait tellement mal. C’est comme remuer le couteau dans la plaie encore et encore, de cette blessure de l’abandon maternel.

Alors j’ai plutôt envie de dire à l’Univers que je suis en colère ! J’en ai marre d’être perdue, de me sentir mal, de ne rien comprendre, de ne pas savoir où je veux aller, ni comment y arriver ! Et cette colère n’est qu’un masque à une souffrance, plus profonde, celle de me sentir abandonnée dans ma guidance au moment où j’ai le sentiment d’en avoir le plus besoin…

« Il est possible d’éviter certaines embûches. Encore faut-il pouvoir se faire confiance lorsque volontairement, la guidance devient plus floue afin que vous écoutiez votre propre cœur. » disait Elémiah sur le blog de Sylvie ici.

Mais comment puis-je écouter mon propre cœur quand je suis submergée par tant d’émotions ? Que je suis perturbée par tant de rêves choquants et de cauchemars qui me laissent dans un malaise profond au réveil ? Que la guidance apportée lors de mes voyages chamaniques fait ressurgir tant de choses lourdes et tristes dont ne j’arrive pas à gérer les énergies dans le monde matériel ?

Je pense aller mieux physiquement, et j’envisage de reprendre le travail, mais mes insomnies reviennent en force et me laissent dans un état lamentable. Je ne comprends toujours pas ce qui se passe dans mon ventre, et je me demande s’il n’y a pas d’autres choses en plus que le lactose qu’il faut que j’arrête. Mes douleurs sacro-iliaques explosent et conduire devient difficile… Mon acné est revenue en force, preuve que quelque chose ne va pas avec mes hormones et mon traitement hormonal. Mais je ne comprends rien, je ne sais plus où donner de la tête et quoi faire… Devrais-je retourner chez le médecin un millionième de fois pour lui réclamer des tests d’allergie alimentaire ? Le fera-t-elle seulement si je lui demande ?

Prends RDV lundi si cela peut te rassurer…

Je ne sais pas quoi faire sur le plan professionnel. Je ne sais pas si mon arrêt maladie va être prolongé ou pas ? Je n’arrive même pas à estimer si je suis en état de reprendre le travail…

Pas avec les bouleversements émotionnels que tu traverses.

Combien de temps ?

Tant que tu n’auras pas pris les bonnes décisions.

Mais c’est quoi les bonnes décisions ?

Celles que tu refuses d’envisager. Pourquoi ne veux-tu pas quitter ton travail sans avoir trouvé autre chose ?

Parce que je n’ai pas d’argent de côté, et que je ne toucherai pas le chômage si je démissionne. Parce qu’alors je n’aurais pas les moyens de payer mes charges. Parce que je n’ai pas envie de retourner vivre chez mes parents. Parce que j’ai peur de ne pas savoir quoi chercher et encore combien de temps je mettrais pour retrouver du travail. Parce que quitter un CDI dans les conditions actuelle d’emploi…

Mais quoi que je dise, j’ai l’impression que tout cela sonne creux. Je ne connais pas la réponse.

Parce qu’il n’y en a pas. Ce sont tes peurs qui te retiennent de partir.

Mais enfin, réussir à subvenir à ses besoins, ce n’est pas juste une chiquenaude. C’est la réalité matérielle. Payer le loyer, l’assurance, l’essence de la voiture, etc…

Qui te dit que tu seras sans le sou, que tu ne pourras pas toucher le chômage le temps de retomber sur tes pieds ?

Je ne suis pas sûre que mon supérieur accepte de signer une rupture conventionnelle…

As-tu essayé ?

Non. Parce que je ne sais pas ce que je veux.

As-tu envie de retourner y travailler ?

Non, je n’ai plus envie de travailler dans ces conditions-là. Je n’ai plus envie de m’infliger ça…

… par peur de le quitter et d’aller vers l’inconnu ?

C’est vrai… C’est vrai aussi que j’ai accepté ce travail par défaut d’avoir autre chose. Parce qu’il me donnait une sécurité matérielle, en même temps que je m’offrais l’opportunité de travailler sur mon féminin à la Réunion.

Tu n’es plus obligée d’y rester. Un cycle s’est achevé, un nouveau va commencer. Il faut t’ouvrir aux possibilités, tu ne peux pas le faire en gardant ce travail comme un boulet à tes pieds.

J’ai peur de partir, j’ai peur de la réaction de mon supérieur et de la façon dont cela va se passer. J’ai peur que la situation que j’ai vécue dans mon travail précédent se répète.

Comme tu le dis, c’est une peur, tu n’as pas à t’identifier à elle. Est-ce une raison valable de rester ? Par peur, alors que peut être d’autres magnifiques et enrichissantes expériences t’attendent ailleurs ?

Mais où ? C’est difficile pour moi de partir sans avoir une idée de destination à court terme…

Parfois il faut laisser un peu de temps pour que les choses apparaissent. Parfois il faut dissiper la brume présente avant de pouvoir se projeter dans un avenir proche. Ton travail ne t’apporte plus aucune satisfaction, ni aucun épanouissement. Pire il t’apporte du stress et des désordres psychosomatiques. En plus de cela tu es payé avec 3 semaines de retard. Dis-moi quels avantages il y a à rester ?

« La paix des ménages ». La paix auprès de mes parents, éviter l’angoisse étouffante que ma mère projette sur moi. Eviter les regards et les jugements de la société.

Encore une fois, est-ce une bonne raison ?

Non, bien sûr que non…  Il n’y a pas de bonne raison à rester à cet endroit, quand cela n’a plus de sens.

Alors il est temps de partir.

Mais comment ?

Renseigne-toi bien sur les conditions de rupture conventionnelle. Essaye d’expliquer honnêtement la situation à ton supérieur, dans la mesure de ce qu’il est capable d’entendre. Que tes problèmes de santé vont nécessiter une réorientation professionnelle, que tu ne pourras plus aller sur le terrain comme il le souhaite. Essaye de voir et de négocier avec lui. Tu sais déjà ce qu’il va attendre de toi, essaye de t’en servir comme arguments pour le rassurer.

Oui, la rédaction de ces rapports… et la transmission. J’ai peur de ne pas réussir à négocier. Je ne sais pas non plus si je vais être capable de le faire. Cela suppose quand même d’y retourner. Avec mon état physique instable, ça risque d’être compliqué…

Commence par te renseigner, puis tu verras.

Merci.

4 novembre 2016