Cercle de femmes + Ressources pour guérir sa sexualité [parlons du viol]

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Artiste : Kimir-Ra

Je ne fais que passer par ici, car la période est très intense en expériences, en vécus et en prises de conscience. Et admettons le, mon corps a du mal à suivre le mouvement.

Néanmoins, je ne pouvais pas attendre pour partager cette ressource, car elle pourrait servir à d’autre. Le thème de la sexualité féminine est un thème qui m’est cher. D’une part parce que c’est une source de douleurs physiques et de souffrances émotionnelles chez moi à cause de l’endométriose, d’autre part parce que j’ai développé des blocages à cause de mon viol.

Je vous avais déjà parlé des ressources découvertes dans ces articles : Épanouir sa sexualité féminine – comment avoir des orgasmes? [ressources]Apprendre le plaisir féminin [ressource sur la sexualité] ; Renouer avec son soi intime, des pistes… . Et notamment de Vanessa Marin, qui est une sexologue dont j’ai pu avoir des échos positifs directs sur son travail. Elle avait notamment écrit un article intéressant sur le sujet ici : Enjoying Sex After Abuse Is Possible, So Here Are 5 Ways To Start Healing.

Et bien, elle vient tout juste de proposer un programme pour aider les personnes ayant subies un (des) abus sexuel(s) : A Survivor’s Guide To Reclaiming Your Sex Life After Abuse. Alors certes, je préviens, ce sont des ressources en anglais, mais malheureusement, il existe bien peu de choses actualisées en français (ou bien je n’en ai pas connaissance, donc n’hésitez pas à partager !). En plus, Vanessa a fait l’effort de le proposer à un tarif qui reste abordable (99$ alors qu’une seule séance avec elle coûte bien plus…)

Le viol est quelque chose de tabou. Je le sais pour le vivre, car on n’en parle pas dans ma famille, et c’est pour certaines femmes de ma lignée un réel secret, très peu partagé. J’ai d’ailleurs fait part, moi même, d’une absence de réponse de ma mère, quand j’ai fini par prendre la décision de lui dévoiler cet aspect de ma vie dans une lettre.

Mais cela l’est souvent aussi auprès des proches et amis. Dire « hey au fait, à cause de mon viol, j’ai… » ça passe mal, quelque soit le sujet développé par la suite. On fait souvent face à un silence gêné, ou bien une sorte d’ignorance sur le début de la phrase. Je caricature un peu, mais il est vrai que cela reste difficile d’en parler. Pourtant cela concerne selon les statistiques (plus ou moins élargies au monde) entre 1 femme sur 10 à 1 femme sur 4. C’est ENORME !

Comment se fait-il alors qu’on en discute si peu ? Qu’on sache si peu comment guérir sa sexualité et sa féminité après un tel évènement ? Parce qu’on n’en parle pas, et on ne partage pas  les expériences et les conseils qu’on pourrait avoir chacune développés !

Et cela me fait penser aux cercles de femmes. Grâce à cette expérience, j’ai pu apprendre que partager son expérience, en exprimant son vécu, ses difficultés et ses découragements, entre femmes peut être une source d’aide immense.

D’abord, parce qu’on s’autorise à exprimer sa souffrances, ses doutes, ses peurs et qu’en le faisant, on se permet ainsi d’identifier ce qui nous fait tant souffrir en sourdine, ainsi la prise de conscience et la formulation est le premier pas pour agir vers la guérison.

Ensuite, parce qu’en partageant notre expérience, on offre un miroir aux autres femmes présentes, qui peuvent s’en servir pour expérimenter des réactions, des émotions, faire un parallèle d’expériences, voir des ressentis incompris formulés par une personne extérieure. Et cela est très puissant et peut aider chacune à mieux se connaître ou avoir des prises de conscience.

Enfin, et non des moindres, parler dans l’espace d’un cercle de femme, c’est sacré. C’est oser être dans un espace de confiance, face à d’autres femmes qui offrent leur écoute, leur bienveillance et leur amour. C’est aussi se connecter à la force des femmes et du Féminin Divin, d’une façon, et donc être entourée pour faire face à la difficulté. Même si ce n’est que temporairement. Et bonus, après le cercle, on peut échanger sur nos expériences et ce qui nous a aidé durant un repas partage chaleureux !

J’aime aussi le fait que les cercles de femmes soient une bonne occasion pour demander une guidance, que ce soit à travers un ressenti, un tirage de carte, les mots d’une autre personne, une visualisation ou une visite d’entités lors des méditations.

Je trouve que c’est vraiment une jolie façon d’expérimenter et de partager sur le Féminin, et je suis toujours heureuse et plein de gratitude de pouvoir vivre cela, quelques soient les femmes rencontrées et le temps qui passe. C’est une magnifique découverte que j’ai fait ici sur l’île de la Réunion, mais je sais que des cercles existent un peu partout. Certains animés par des Moon Mothers, mais pas forcément !

Le principe d’un cercle de Femme est assez simple. Il s’agit souvent de se retrouver entre femmes pour s’offrir le temps d’honorer notre féminité. La pleine lune est donc l’occasion parfaite, car elle offre de belles énergies féminines et une date cyclique régulière, qui invite les femmes à observer leur propre cycle mensuel. Avez vous déjà observé si vous aviez vos règles calées sur la pleine lune ou la nouvelle lune ?

Le cercle n’est pas obligé d’être mensuel, il peut avoir lieu tous les 2 ou 3 mois, ou par exemple à l’occasion des Bénédictions mondiale de l’utérus. Ils peuvent être ouverts à toutes femmes désireuses de participer, ou être un cercle plus intime avec des régulières. Il peut être organisé chez soi ou dans la nature (les plages de la Réunion sont bien pour ça!). Ils peuvent être gratuits ou demander une participation (fixée ou libre et consciente) selon si une salle est louée, etc.  Le lieu peut être rendu cosy avec des tapis, des nattes, des cousins, des rideaux, des bougies et une lumière tamisée. On peut aussi mettre en place un autel où chacune peut placer les objets de son choix, des fleurs en offrandes, etc.

Mais qu’est ce qu’on fait pendant un cercle de femme me direz-vous ? Et bien, souvent, quand on ne se connait pas, on commence par un tour de parole pour se présenter. On peut proposer une méditation libre ou guidée. Si l’envie vous prend, un temps partagé de chant, de danse, de musique… On offre souvent de clôturer le cercle par un tour de parole, pour partager les ressentis, le vécus lors du cercles, mais aussi plus généralement les phases traversées dans notre vie féminine si on le souhaite. Bref, vous l’aurez compris, il n’y a pas vraiment de règle !! A part cette ligne de conduite : le respect, le non jugement et la bienveillance, mais aussi la confidentialité de ce qui a été partagé et qui ne s’évoque que dans le cercle. Et le must : un repas partage après pour discuter et échanger plus librement, sur tout ce qu’on veut !

Depuis que j’ai découvert cela, j’ai vraiment envie de me créer mon propre cercle intime, en dehors de ceux créés pour les bénédictions mondiales de l’utérus. Et vous, ça vous donne envie ?

PS : ne vous fiez pas à l’image, on reste habillées pendant les cercles de Femmes ^^

23 août 2016

Choisir ce qui nous nourrit

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Photographe :  LuDa-Stock

Depuis que je suis rentrée de mes vacances en métropole, j’ai l’impression d’avoir l’esprit plus clair, d’avoir aussi vidé partiellement ma coupe d’émotions accumulées trop pleine. Je suis revenue avec des prises de conscience plein la tête, des idées, des envies et de l’espoir. Cet espoir si précieux qui s’érode face à un quotidien dont on semble prisonnier, dans lequel on se sent impuissant, frustrée, malade et perdue. Changer d’échelle, changer de perspective, prendre du recul, voir les choses sous un autre angle, comparer avec d’autres situations de vie, tout cela m’a permis de sortir de cette espèce de torpeur de l’impuissance et de la fatalité d’une situation dont je ne maitrise pas les paramètres et sur laquelle j’ai parfois bien peu de pouvoir.

Parmi ces changements, la prise de conscience de la portée de mon hypersensibilité et de mon empathie me fait revoir les choses différemment. Ainsi je suis plus sensible à ce que je regarde comme loisir, ce que je lis. Et si au lieu de fuir la réalité en m’abreuvant de séries violentes, je me nourrissais de choses agréables et qui me permettent de réfléchir et d’évoluer ? La première série que j’ai repris en rentrant c’est « Good Witch ». Alors non, ce n’est pas une série intrépide, pleine de magie explosive et de combats. Mais c’est une série qui questionne sur notre manière de percevoir le quotidien, la vie et ses bonheurs, sur le sens de certaines choses et sur ce qui est important à nos yeux, tout ça grâce à une gentille sorcière. Pour ma part, il m’a fait réfléchir à la définition que je donnais à la magie, à l’intuition, à l’importance de la famille.

Et puis, me laissant inspirer à la bibliothèque, je suis tombée sur des livres sympathiques, autant pour nourrir la foi que la réflexion. Notamment, « Manifeste pour la terre et l’humanisme » de Pierre Rabhi. Et c’est là que je me rends compte combien je suis empathique, car à la lecture de ce livre, comme d’autres de témoignage, j’ai l’impression de vraiment percevoir les émotions de la « voix » de la personne, et combien la lecture de certains livres me rend réceptive à certains types d’énergie et me mette en prédisposition pour réfléchir à certains sujets.

J’ai commencé dans cet article «Profession et plantes médicinales »  une réflexion sur ma profession et mon lien avec les plantes. Cette réflexion se double aussi de la façon dont on produit et on consomme les végétaux. Car plus le temps avance, et plus j’éprouve de la répulsion pour la fonction de « production ». Alors certes, il faut nourrir la planète, mais la production de plante se place à la même échelle que celle du bétail : inhumaine, sans cœur ni conscience. Si attribuer une conscience aux animaux fait de l’élevage une exploitation sans vergogne d’un vivant évolué, que peut-on dire envers les plantes ?

Dans le domaine de la spiritualité, de nombreuses personnes s’accordent à croire que les arbres ont une conscience et que l’on peut communiquer avec eux. Si tel est le cas, pourquoi pas les autres plantes ? Les rosiers, les lavandes, les herbes ? Telles que ces graminées que l’on cultive : le blé, l’orge, l’avoine etc… Quand vous cueilliez des pommes, vous laissez le pommier vivant, mais quand vous coupez une salade ou une tige de blé, que reste-t-il ? Rien. Cette problématique-là m’a toujours posé un problème, et je n’avais jamais voulu me pencher sur cette considération avant.

Alors non, je ne prône pas pour que l’on devienne tous ascète et que l’on se mette uniquement à manger des fruits et des graines. Simplement que l’on réfléchisse à la portée de nos actions et de nos actes de consommation. Accepter que le végétal ait une conscience qui lui est propre, différente selon le degré d’évolution du végétal (mais savez-vous que le riz par exemple a plus de gènes que nous ?) ne veut pas dire que l’on ne doit plus le manger. Mais le manger en conscience. Etre conscient que cette plante, à travers sa vie, nous offre son énergie, ses qualités physiques et nous nourrit. Aussi faut-il se nourrir avec discernement, rien ne sert de couper 10 salades quand on ne peut en manger qu’une. Savoir comment cette salade est venu à nous est important aussi : sait-on combien de temps il lui a fallu pour pousser, quelle quantité d’eau et de soleil lui ont été nécessaires ? Et les efforts du jardinier ?

Tant de gens vivent en ville et n’ont plus la notion de ces réalités. C’est un fait, nous sommes pour la majorité déconnectés des réalités de la terre et de la nature, alors que paradoxalement nous la recherchons comme source de bien être, car nous en avons besoin. Et c’est peut-être ce que moi aussi je recherche en voulant travailler « en lien avec les plantes médicinales ».

Malheureusement, travailler en lien ou sur un sujet ne veut pas dire que l’on est directement en contact avec. Longtemps, j’ai cru que le seul métier qui me permettrait d’avoir un lien permanent et quotidien avec la nature était la production agricole. Sauf que voilà, j’ai toujours eu un problème avec la production moderne, ces grands champs géants de monoculture, de céréales par exemple. Je me suis donc tournée vers un plus petite échelle, le maraîchage c’est déjà « moins pire ». Les plantes médicinales me semblaient tout indiquées, de par la curiosité qu’elles évoquaient en moi, après tout, ce qui leur donne leur propriétés sont souvent leurs mécanisme de défense contre les pathogènes, les ravageurs ou des fonctions botaniques spéciales. La majorité des plantes médicinales sont assez fragiles ou particulières et ne peuvent se produire comme le reste. Cette toute petite échelle me plaisait bien.

Mais la réalité, c’est que, dès que mes cours ont dévié de la connaissance du végétal pour s’orienter vers la production, j’étais tout de suite beaucoup moins intéressée et je ne me sentais plus à ma place, n’ayant de cesse de rechercher une réorientation plus épanouissante. Je n’en ai pas pris conscience tout de suite, mais j’ai pourtant fait une expérience « extrême » de la production de plantes médicinales et aromatiques, dans un système, qui si on y réfléchit du point de vue de la nature, était aberrant. Un système hors sol, sous serre, ou l’objectif était de pousser les plantes encore et encore –ainsi que les employés humains – pour faire le maximum de coupe à l’année et de rendement. Il n’y avait que ce mot-là qui primait « rendement, rendement, rendement ». Et j’ai été totalement dégoutée. Mon travail était de faire pousser ces cultures, « d’en prendre soin », mais cela n’avait plus aucun sens pour moi. On était dans une usine. Une usine végétale. Où les plantes n’étaient même pas en contact avec la terre et l’air libre. Que l’on bourrait d’engrais de synthèse et d’eau. Quelles propriétés nutritives et énergétiques ces plantes pouvaient bien avoir ?

Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi dégoutée et écœurée de mon travail. Ainsi mon expérience de culture a été un échec pour moi et une source de mal être très profond, en plus d’être la première expérience d’un supérieur abusif et manipulateur. Je suis donc partie.

Ma deuxième expérience m’a semblé moins pire. Enfin, j’étais libérée du système capitaliste « produire plus et toujours plus ». [Pour qui d’ailleurs ? Pour des investisseurs, sans aucune considération pour les ouvriers, les techniciens de culture et encore moins pour les plantes.] Car je suis arrivée dans une association. Ouf, gros soulagement, car vraiment la recherche du profit, du rendement, ce n’est pas mon truc. Mais finalement, j’ai beau ne plus travailler directement pour ce système, mon objectif est quand même de permettre la mise en culture de plantes médicinales dans un objectif de rentabilité.

Et ça y est, on y retombe. Alors, oui, il faut bien que l’agriculteur il en vive non ? Oui. N’est-ce pas mieux que de produire de la canne à sucre à gogo ? Oui, ce sont des espèces endémiques qui réapporte de la biodiversité et préserve cette ressource génétique. Mais le mode de production n’est pas aussi intensif ? Ça dépend, on vise certes des modèles d’agroforesterie, mais il faut quand même que la production soit rentable avant tout…

Et ce modèle me rend folle. J’ai un problème avec le terme de « production » comme si on était  à l’usine. Alors que cela devrait être de la « culture ». J’ai un problème avec la façon dont on cultive massivement les plantes, sans respect pour le sol, pour la nature. J’ai un problème avec la façon dont on cherche à façonner et à dénaturer la nature par la sélection variétale et la sélection génétique. Pourtant j’en ai eu des cours de génétique et tout ça, j’en ai eu du bourrage de crâne sur les « intérêts et les bienfaits ». Alors oui, on produit plus, mais les intérêts ne sont que ceux des humains, et ni ceux des plantes, ni ceux de l’équilibre de la nature. La majorité des plantes sélectionnées se retrouvent plus  sensibles à des maladies et des ravageurs, parce que leur énergie et leur métabolisme sont détournés vers d’autres fonctions : celle de produire plus de grain ou plus de cela. On a même rendu un certain nombre de plantes stériles. Quel intérêt a une plante à pousser si elle ne peut même pas se reproduire ? C’est un de ses buts ultimes.

Si l’on transposait ça aux humains, qu’est-ce que cela donnerait ? Imaginons : un monde où l’on clone des humains stériles, pour s’en servir de masse ouvrière. On détournerait toutes les fonctions biologiques superflues pour leur donner plus de forces et leur faire casser du minerai. Et encore, je ne parle même pas d’utiliser leurs chairs pour produire de la protéine animale (après tout nous sommes des mammifères). C’est un raisonnement poussé à l’absurde, mais pourtant, en refusant toute conscience aux plantes, qu’elles soient petites ou grandes, l’idée est là.

Très longtemps, ces idées m’ont posées problème car alors : que penser de mon alimentation ? Et de mon travail ? Je n’ai pas trouvé la réponse à toutes ces questions, mais une amie m’a très justement dit « ce n’est pas parce que tu accordes une conscience à quelque chose, que tu ne dois plus le manger. Il faut juste le faire avec respect ». Bingo, cela a fait tilt. C’est vrai que lorsque l’on pense aux amérindiens, de par le chamanisme, la communion avec la nature, plante et animaux est très forte.  Pour autant, cela ne les empêchaient pas d’en manger. Simplement, ils ne chassaient pas plus que de nécessaire, et honorer toujours les sacrifices réalisés pour les nourrir.

Honorer, remercier, manger en conscience sont les clés pour moi. Ainsi j’accorde de la valeur à la vie qui m’est offerte, à travers ces végétaux, ces animaux et ces cadeaux venus de la terre. En cela, la tradition de la bénédiction au début des repas chrétiens est finalement quelque chose qui prend du sens. Et la bénédiction de notre nourriture peut prendre une forme personnelle et s’adapter aux croyances de chacun.

Je choisis mieux ce dont je me nourris, et en prenant soin de ne pas gaspiller mes aliments. Je choisis aussi les énergies dont je me nourris en honorant mes repas. Et je me nourris également de la gratitude que je ressens envers les cadeaux que me fait la terre.

Et devinez quoi ? Cette gratitude est la meilleure nourriture que je trouve actuellement pour ressentir de la joie dans mon quotidien, même s’il est lourd et imparfait.

 8 août 2016

Profession et plantes médicinales

Artiste : Eaphonia

Artiste : Eaphonia

Je viens de tomber, sur quelques articles de blogs bien sympas (Plantes Magiques (30/07),  Pharmacie de sorcière) concernant les plantes médicinales, leurs propriétés magiques et leur utilisation. Je suis toujours étonnée de découvrir des petites perles, qui clairement montrent le travail et/ou l’expérience des personnes qui l’ont écrit, et de voir qu’elles ont appris et fait tout ça dans leur temps libre. Je me sens souvent alors bien ignare, moi qui suis supposée dans ma professions être « spécialiste des plantes médicinales » d’un point de vue agronomique.

Et j’ai cette dualité constante. De savoir que je travaille dans une structure qui se consacre en grande partie à ces plantes, de savoir que j’ai fait des études agronomiques, que j’ai fait plein de stages dans la production de plantes médicinales ou la recherche agronomique à leur sujet. Que « je suis spécialisée dans les plantes médicinales »…

Et qu’à côté de ça, je ne les utilise finalement que peu dans mon quotidien. Je n’ai pas de jardin ou de culture de ces plantes. Je ne sais pas en reconnaitre énormément, comme je ne connais que très peu d’usages. Finalement, je ne sais rien quoi. Ou des choses qui ne me servent pas dans mon quotidien.

A quoi ça me sert de connaitre la législation sur les plantes médicinales ? La pharmacopée et son fonctionnement ? Les outils industriels de séchage ? Les méthodes de production de l’huile essentielle ? L’analyse du coût de production ? Les méthodes de récolte mécanique ? Les outils de traçabilité ? Les méthodes d’analyses de la composition chimique des plantes ?

Tout ça ne me fait pas connaître ni leurs propriétés médicinales,  ni leur méthode de culture dans le jardin à petite échelle, ni leurs énergies et leurs propriétés magiques. N’est-ce pas ironique que j’ai décidé d’étudier l’agronomie pour pouvoir travailler en lien avec les plantes médicinales ? Et que je constate finalement que je ne leur suis liée que par la théorie, que je ne suis pas en contact avec elles dans mon quotidien, que cela ne me permet pas de mieux les connaitre.

Alors, on pourrait penser que si j’étais « vraiment passionnée » par les plantes médicinales, et bien, je passerais une partie de mon temps libre à les étudier, à les cultiver, à les récolter et à les utiliser. Pourtant, ce n’est pas le cas. Alors certes, j’accumule les bouquins sur les plantes médicinales, j’en récolte de temps en temps, il m’arrive de faire une huile solaire ou deux. Mais vraiment rien au niveau de ma soit disant « passion ».

Et je ne comprends pas ce décalage. Tout ce qui me vient au jour d’aujourd’hui, c’est qu’il est la source d’une souffrance importante. Peut-être explique-t-elle pourquoi mon travail me pèse tant et pourquoi je ne me sens pas « au bon endroit » dans mon job.

Pourtant, quand je me suis réorientée, cela a été comme une évidence. Je voulais travailler en lien avec les plantes et la nature. Et mon école me semblait parfaite. J’ai adoré les premières années d’études, celles où l’on a fait de la botanique, de la physiologie végétale, de la reconnaissance de végétaux, un projet de jardin, des sorties botaniques et entomologiques sur le terrain, de l’écologie végétale. J’ai tellement aimé tout, j’ai senti que cela me nourrissait. Tout comme j’adore la connaissance de manière générale, apprendre et étudier.

Mais comment cela se fait-il que toute mon énergie disparaisse quand il s’agit de s’intéresser à ça comme loisir ? Me balader en forêt, méditer dans l’herbe, regarder les feuilles des arbres agitées par le vent, prendre des photos de plantes dans les jardins botaniques pendant les vacances, ça oui. Mais apprendre à reconnaitre les plantes, à connaitre leurs propriétés, à les utiliser, pffuit… Même lire tous ces livres achetés ou faire des recherches internet, rien. Pas de motivation, pas d’envie, pas d’énergie. Suis-je donc fainéante ? Ou pas vraiment passionnée ? Ai-je besoin que l’on me serve tout sur un plateau ?

Ou ai-je ce « dégoût » à cause de ma profession ? Comme si décidément, les plantes médicinales, c’est le boulot et si je m’y intéresse pendant mon temps libre, alors j’ai l’impression de travailler, et cela ne me fait plus envie, surtout que mon boulot me pèse en ce moment. Un peu comme mon ex, écrivain, qui a eu une période où il était dégouté de la lecture à cause de son métier, car cela s’apparentait trop pour lui au travail.

Je ne sais pas quoi en penser. Vraiment. Tout ce que je sais, c’est que je ne suis pas heureuse dans mon travail, alors que je suis censée avoir « un job rêvé pour une passionnée de plantes médicinales ». Parce que oui, j’ai une opportunité fabuleuse de voir de l’intérieur tout le travail qui est fait pour essayer de créer une filière de plantes médicinales sur le bout de caillou où je suis. Mais quelle est la réalité derrière ? Beaucoup de gens idéalisent mon travail, peut être moi la première, parce qu’il y a les mots « plantes médicinales ». Ce n’est pas parce que je travaille avec certaines plantes que je suis capable de bien les reconnaitre en forêt tropicale, encore moins que je connais leurs propriétés médicinales et leur posologie. Ni que j’en ai chez moi (difficile sans jardin) !

En réalité, je passe 80% de mon temps derrière un bureau, à exécuter les ordres de mon supérieur, rédiger ceci, rechercher cela, essayer de prendre mon poste en main, récupérer les données essentielles, tenir des réunions avec les autres structures, faire des comptes-rendus de réunion, déchiffrer des textes officiels régionaux ou nationaux, saisir des données, remplir des fiches, analyser des données, répondre aux agriculteurs qu’on n’a pas beaucoup de données… Rien de très palpitant en réalité. Et aller sur le terrain n’est pas forcément agréable, car c’est souvent physique avec ma maladie ; c’est sous le cagnard ou la flotte, après une route qui peut être bien pénible (montagneuse) avec ma sciatique ; une contrainte de temps etc. Et j’ai l’impression de ne faire que me plaindre en écrivant ça, ce qui me déprime…

Alors certes, pour moi, c’est mieux que de vendre des concombres (y a rien de mal à ça, mais je n’aime vraiment pas la vente). Mais on est à des années lumières de ce que je pouvais imaginer sur « travailler avec les plantes médicinales »…

Et qu’est-ce que tu imaginais au juste ?

Et bien, j’ai toujours cette image dans ma tête de la guérisseuse qui vit dans sa chaumière dans une clairière de forêt, qui cultive, connaît et sait cueillir ses plantes médicinales, qui sait les préparer et les utiliser. Je sais bien que cette vision n’est pas compatible avec notre société moderne. Qu’elle date d’une autre époque, très vieille. Que j’en suis à des années lumières. Mais pourquoi cette idée me revient-elle sens cesse encore et encore ?

J’ai déjà réfléchi à la transposer à notre société moderne. A être botaniste. A faire des études de pharma, mais trop de chimie dans le programme à mon goût. A aller dans un autre pays européen pour faire des études d’herboristerie. A faire une formation de naturopathie. J’ai déjà envisagé des tas de choses, je me suis renseignée sur des tas de choses. Car depuis que ma formation a évolué vers la production (normal, c’est une formation agronome), je sens un décalage, quelque chose qui me fait me dire que je ne suis pas à ma place.

Mais quelle est ma place ? Quel est mon lien avec les plantes ? Et comment puis-je le vivre dans mon quotidien ? A travers ma profession ? En tant que loisir ?

Tellement de questions… Et si peu de réponses… Je crois que c’est un sujet sans fin, que je n’ai pas fini d’explorer. Mais je vais en rester là pour ce soir.

1er aout 2016

Transformations

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Cela fait un moment que je n’ai pas écrit sur mon blog. J’en avais l’envie et puis je n’arrivais jamais à trouver le temps et l’énergie pour rester derrière mon clavier. Les choses ont pas mal changé pour moi depuis mon départ en vacances et mon retour à la Réunion. Beaucoup de retrouvailles, de moments en famille, de discussions, de prises de conscience, de rencontres aussi. Beaucoup de transformation. Je me suis vue changée depuis la dernière fois que j’avais les pieds sur le sol de la métropole. Cette période loin de mon bout de caillou m’a aussi permis de prendre du recul sur mon quotidien, sur ma situation engluée dans ma maladie (endométriose), mon travail qui ne me satisfait pas. Mais ce temps m’a aussi permis de concrétiser tous les changements pour lesquels j’ai travaillé cette année.

Ainsi j’ai changé de coupe de cheveux, de lunette, j’ai renouvelé ma garde-robe. Cela peut paraitre superficiel, mais en réalité, les changements d’apparence extérieurs sont toujours le signe d’une évolution intérieure et ce n’est jamais anodin. Alors oui, de grands changements. J’ai fait le pas de prendre des lunettes colorés et rondes, à des années lumières de ce que j’aurais imaginé choisir et oser porter avant. Ma vision évolue vers plus de douceur, plus de légèreté et plus de féminité, comme mes lunettes. Ma coupe de cheveux aussi, j’ai décidé d’assumer mes boucles, qui sont sur-boosté à cause de mon traitement hormonal. De façon ironique, je n’ai jamais aimé les cheveux bouclés sur moi, j’ai toujours trouvé ça vieillot, ça me faisait penser à ma grand-mère. Mais je dois bien admettre que cela met mes cheveux en valeur et adoucit la forme de mon visage. J’apprends donc à assumer.

Il aura donc fallu tout ce temps pour que les transformations intérieures que j’ai vécues à la Réunion s’expriment extérieurement ! Qui l’aurait cru ? Définitivement, prendre de la distance, physique et psychologique, permet d’intégrer plein de choses et de mieux en comprendre certaines. Ironiquement, j’aurais pensé les partager au fur et à mesure sur mon blog, mais certaines choses doivent être vécues parfois tranquillement sans revenir dessus, analyser, disséquer, mettre des mots.

Et mon maître mot a été de profiter, simplement, de l’instant, de mes amis, de ma famille. De tous ces gens que j’aime infiniment et que je n’avais pas vus depuis si longtemps. De profiter et de prendre soin de moi, malgré le mouvement constant, les changements et l’environnement extérieur pas forcément familier. Car j’ai été malade de mon endométriose à plusieurs reprises et pas forcément très en forme tout du long. Mais je l’ai pris avec douceur. C’était aussi l’opportunité d’affirmer mes besoins, celui de me reposer, de faire des siestes, de manger différemment (sans gluten !), de rester au chaud, ou de simplement marcher à mon rythme. Ce dernier point peut paraitre bête et pourtant ! Avec mes ovaires gonflés et douloureux, marcher s’avère parfois me donner la sensation d’avoir des boules de bowling dans le ventre qui jouent avec mes autres organes. Alors je marche TRES lentement, parce que sinon c’est douloureux. Or dans ma vie, j’ai toujours eu l’habitude d’adapter mon rythme de marche à celui des personnes avec qui j’étais. Par exemple mes amis belges marchent assez vite. J’ai dû apprendre à écouter mon corps et ne plus me laisser porter sans le prendre en considération, apprendre à dire « hé, vous marchez trop vite pour moi, j’ai mal au ventre ». Un petit pas important pour moi. Comme apprendre à dire non quand on me propose quelque chose avec du gluten, même si c’est chose a été faite exprès pour moi.

Je ne m’étais jamais rendue compte à quel point j’étais « plastique », combien je m’adaptais aux autres, à leur rythme, à leur alimentation, à leurs envies etc… Quand je suis avec d’autres personnes, j’ai vraiment tendance à « m’effacer », les besoins de mon corps s’effacent, je ne les entends plus, mes envies non plus. Cela m’a toujours créé des problèmes, car après, quand je me retrouvais seule, mon corps se rappelait à moi et me faisait payer les pots cassés, tout comme mes émotions et mon moral. Je n’avais jamais compris que ces « symptômes » étaient en fait l’expression de mon hypersensibilité, couplée à mon empathie. Car finalement, le problème n’est pas seulement d’être submergée par les émotions des autres, mais tout simplement par leurs énergies. Au point d’en oublier les miennes, celles de mon corps, mes besoins et mes envies. La prise de conscience a été claire et en ça, elle a beaucoup été aidée par les articles de Camille Fraise, comme j’en parle ici :  L’histoire de mon hypersensibilité

Alors que faire ? J’ai décidé de me prendre en main, même si c’est le travail d’une vie entière. Accepter mon hypersensibilité doublée de mon empathie. Rien que le prendre en compte et l’anticiper peut changer la donne. Je comprends que je suis trop sensible aux énergies des gens mais aussi des lieux. Que celles de mon travail me plombent. Que celle de mon appartement aussi. Alors je veux changer ça. La première étape a été évidemment de ranger et de nettoyer, mais ça je le fais régulièrement. La deuxième a été de me trouver des alliés. Je me suis mise à chercher des plantes qui m’aideraient à transmuter les énergies lourdes, pour chez moi, mais aussi au travail. Couplée à des cristaux, parce que « Yeah, merci Camille Fraise » ça envoie de la balle au niveau des énergies !

J’ai décidé aussi qu’un certain nombre de « poids émotionnels » au travail n’étaient plus mon problème. Je ne veux plus être le défouloir de mon supérieur, ses émotions ne me concernent pas et la coordination et la prise de décision sont sa responsabilité à lui. Je veux bien être empathe et compatissante, à un moment, quand cela me bouffe, il faut que j’apprenne à poser des limites. Je vais donc travailler sur ça.

Et puis, je me suis instaurée une routine. Celle d’écrire systématiquement dans mon journal tous les soirs. Un petit moment rituel que je m’offre à moi-même. Au début c’était difficile, maintenant j’en écris des tartines. Cela me permet plusieurs choses :

  • Me décharger des émotions qui me pèsent en écrivant dessus. Quand j’ai fait face à une émotion qui m’a déstabilisée et déclenchée un tsunami émotionnel ingérable, j’essaye de revenir dessus, de comprendre la source, le pourquoi, qui, quel émotion, comme proposé par Camille Fraise ici : Hypersensibilité et filtres.
  • Prendre du recul sur ma journée, relativiser les choses, voir ce qu’elles m’ont apporté de nouveau, ce qu’elles évoquent en moi, comment cela résonne. C’est aussi un bon moyen d’apprendre à me connaître.
  • Souligner le positif dans ma journée. Apprendre à voir les choses de façon plus heureuse et optimiste. Parce que j’ai tendance à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Mais, hé ! Si vous êtes comme ça aussi, sachez qu’il parait que c’est un fonctionnement normal et primitif du cerveau humain, qui avait tendance à enregistrer tous les évènements négatifs (dangers) que positifs pour assurer sa survie dans la cambrousse. Bonne nouvelle, on peut rééduquer son cerveau en créant des associations neuronales positives ! Je dois donc avoir un cerveau très primitif… lol !

Bref, tout ça pourquoi ? Et bien ma raison d’écrire ici a elle aussi évolué. Avant, j’écrivais surtout pour me décharger d’émotions et les transformer en une expérience à partager. Ce qui pouvait peut-être être pesant à lire pour certains ? Je ne sais pas à vrai dire. Dans tous les cas, mon journal remplit très bien cet office maintenant, et c’est vraiment mon nouvel ami. Je peux donc dédier cet espace à une nouvelle fonction. J’ai réfléchi à ça, me demandant toujours « pourquoi j’écris ici ? Pourquoi je le partage ? » Et bien, tout d’abord, j’aime écrire. Ensuite, j’aime être lue. Et j’adore encore plus quand cela crée un échange avec d’autres personnes. J’ai reçu des commentaires qui sont pour certains de vrais perles, et ont changé ma façon de penser, mes connaissances et ma vision sur certaines choses. Je pense par exemple à ce magnifique commentaire de Bluebird sur la « construction de son royaume intérieur » (ici : L’histoire de mon hypersensibilité) plutôt que le but d’être heureuse. C’est génial, et à chaque fois cela me touche, m’enrichit et me nourrit le cœur. Je ressens beaucoup de gratitude pour cela. Merci à vous qui me lisez et partagez vos réactions !

Alors je me suis dit que j’allais continuer à explorer ici ma spiritualité. J’ai des tas de questions qui ont émergées durant mes rencontres, mes discussions, mes retrouvailles. Des tas à explorer pour me connaître mieux, et partager une vision parmi tant d’autres, la mienne, qui n’a à offrir de modeste qu’un aperçu parmi la richesse d’une multitude. Mais, hey, si on était tous pareils, où serait l’intérêt ?

Alors, à venir, selon mes envies : quel lien entre plantes et spiritualité ? Quelle place pour la conscience des plantes dans notre société ? Comment changer de regard sur son quotidien ? Que faire quand on se rend compte qu’on veut changer de vie ? En quoi mon endométriose me rend-elle différente ? Quel lien entre hypersensibilité et médiumnité ? Quel lien entre mon endométriose et ma médiumnité ? Quels ont été les facteurs déclenchant pour les deux ? Comment la guérison sur soi par rapport à un tiers affecte ce tiers aussi ? Comment développer sa foi dans la guidance divine ? Et bien d’autres…

31 juillet 2016

L’histoire de mon hypersensibilité

Artiste : Yumei

Artiste : Yuumei, Through the Distorted Lens

Je n’en reviens pas. Je voulais réserver un foutu Uber pour mon trajet vers l’aéroport, et je découvre qu’on ne peut le faire qu’en utilisant leur application et que mon « vieux » téléphone n’est pas compatible ! Je ne peux même pas le faire sur internet, c’est hallucinant ! Je ne vais quand même pas acheter un nouveau téléphone juste pour une foutue course de 40€ ?!! Cela me frustre et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Parce que je ne me sens pas bien, je suis encore malade depuis plusieurs jours. Je n’ai pas envie de finir ma valise et de repartir à la Réunion. Je n’ai pas envie de quitter ma famille, mes amis et de me retrouver seule. Je n’ai pas envie de reprendre mon travail, il ne me manque pas, enfin c’est surtout mon supérieur qui ne me manque pas.

Et puis je ne me sens pas bien dans mon corps, voilà deux semaines que mon endométriose me rend malade, que j’ai mal au ventre, que je suis épuisée etc. Je sais ce qui a été le déclencheur, mais je me demande pourquoi, maintenant que le travail d’exploration est fini, cela ne s’arrête pas. Est ce que ce sont mes émotions qui me rendent malade ? Mon hypersensibilité que je ne gère pas ?

J’avoue que ça fait beaucoup à encaisser, ce que j’ai appris sur la nature de ma blessure à l’âme grâce à Sylvie, blessure qui est la source de mon endométriose, et qui me bloque sur beaucoup de plans, notamment celui de simplement me sentir bien dans ma peau. Et puis aussi toutes ces prises de conscience sur mon hypersensibilité.

Ça a commencé avec des questions que je me suis posées au cours de mon dernier article, face à des situations provoquant des tsunamis émotionnels. Et puis beaucoup grâce aux article de Camille sur le sujet, que je vous recommande très vivement (le 1er est un peu technique, mais le 2ème y apporte bien les réponses : Hypersensibilité et émotivité , Hypersensibilité et filtres, Hypersensibilité et empathie et Hypersensibilité et Compassion .

J’ai senti un profond soulagement à voir décrit par une autre ce que je vivais « enfin, je ne suis pas folle, enfin je suis comprise ». Camille a mis des mots tellement justes pour décrire ce que c’est que d’être hypersensible, la difficulté que c’est au quotidien, le besoin d’isolement que cela entraîne, le besoin de choisir avec précaution son entourage… Tellement de choses que je vis au quotidien, mais qui semblent faire de moi une extra-terrestre dans mon environnement. Et puis, enfin une compréhension de pourquoi je vis ça, des mécanismes énergétiques sousjacent. Qu’est ce qui explique donc que je ressente autant ? Comment ? Et pourquoi de telles répercussions sur mon bien être ? Comment gérer ça ? Alors oui, Camille a soulevé la monstrueuse difficulté à maîtriser une telle capacité. C’est décourageant, mais en même temps, ça m’a donné de l’espoir.

Et ça m’a forcé aussi à bien regarder la vérité en face. Cela fait des années que je sais que je suis « hypersensible », que je capte et réagis trop aux émotions des autres. J’en ai déjà parlé ici dans plusieurs articles (Liberté… ? , Trop ressentir… ou l’hypersensibilité empoisonnante ). Mais je n’ai jamais pris la peine de me pencher sur le sujet, d’apprendre ce que cela voulait RÉELLEMENT dire et quelles sont les implications pour moi, pour les autres et sur le long terme. Je n’ai jamais pris la peine de revoir ma routine quotidienne et d’installer une « hygiène émotionnelle » moi qui capte les émotions des autres, comme d’autre les microbes ou les calories.

J’ai bien vaguement tenté de faire une bulle protégée chez moi, en purifiant les énergies, mettant des pierres de protection. Et aussi d’évacuer les énergies négatives en rentrant chez moi. Et même si les émotions sont finalement véhiculées par des énergies, je n’ai jamais pris la peine de traiter la partie émotionnelle de tout ça.

Je sais que je ne peux m’en prendre qu’à moi même pour cette incapacité à gérer mon hypersensibilité. Je ne l’ai jamais travaillé. Quand elle a commencé à se manifester à l’adolescence et grandir en même temps que moi, je n’ai rien compris, je ne m’en suis pas rendu compte. Et j’ai été laminer par la méchanceté dont peuvent faire preuve les collégiens. J’ai vécu un enfer émotionnel et je me suis repliée sur moi même, je me suis coupée des autres.

Par mécanisme de défense, j’ai commencé à m’habiller toute en noir, en gothique, pour effrayer les autres et éviter qu’ils ne m’approchent. J’avais déjà une lucidité et une perception exacerbée des choses, qu’on ne pouvait pas juger les autres sans connaître leur souffrance, leur vie et leur histoire. Et je refusais de me plier aux jeux des apparences, de la popularité, de l’hypocrisie et de la méchanceté gratuite. Alors je préférais rester seule. J’avais peu d’amis mais de bien choisis, ceux qui avait su voir au-delà des apparences et s’ouvrir à moi pour que je m’ouvre à eux. Faire fuir les autres ne me gênaient pas, et c’était la meilleure façon de me protéger inconsciemment contre leurs émotions.

Plus tard, quand j’ai commencé à être moins sauvage, j’ai voulu me protéger des « énergies négatives » des autres en me bardant de pierre de protection, de bulle énergétique de protection. J’étais devenu agoraphobe, je ne supportais plus les émotions négatives dans les foules, les concerts, les cinémas, etc.

Mais tout ça, ce n’était que des armures, des artifices pour me protéger inconsciemment de mon hypersensibilité, de toutes ces choses que je captais malgré moi et qui me plombaient. Seulement voilà, une armure en grandissant devient trop petite. En évoluant cette armure de protection est devenu un carcan qui ne faisait qu’accentuer mon mal être. J’ai été amenée à la faire tomber. Cela fait plusieurs mois que je ne porte plus de noir. Que je ne me réfugie plus derrière des pierres de protection à moins qu’une situation le rende vraiment nécessaire.

Seulement, je me retrouve maintenant à la case départ, et même à la case moins 2. Toutes ces années où j’ai fui et ignoré mon hypersensibilité sont autant d’années où je n’ai pas appris à la comprendre et à la gérer. Des années de retard, où pendant ce temps, mon armure imparfaite me laissait accumuler toutes ces émotions et énergies sans les gérer. J’en suis maintenant au point de rupture. Celui où une émotion extérieure de trop me fait exploser, ou bien me met à terre. Je me sens vidée, et en même temps avec ce trop plein de résonances et de blessures à vif.

Me voir confirmer que je ne suis pas seulement hypersensible mais aussi empathe (voir cet article de Camille pour les explications sur la notion : Hypersensibilité et empathie ) m’a vraiment atteinte. Je le soupçonnais, je le disais parfois, mais sans vraiment y croire et y donner du poids. Sauf que maintenant, après avoir lu Camille, je ne peux plus faire semblant.

Moi quand j’étais jeune ado, je ne rêvais pas d’être astronaute, riche banquière ou médecin. Je rêvais d’être une sorcière, une sage, une « guérisseuse », une herboriste. Et même une passeuse d’âme (les médiums qui accompagnent les âmes des défunts lors de leur transition entre ce monde et ailleurs). Je ne sais franchement pas trop d’où cela m’est venu, parce que ce n’est vraiment pas un dada dans la famille, plutôt un interdit, et que personne ne m’en a jamais parlé. Peut être mon lien à la nature ? Mes lectures de fantastique ? Je me souviens que la série des Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley m’avait beaucoup marquée et parlé au coeur, or c’est un roman initiatique qui parle de prêtresse et de magie druidique…

Personne ne partageait réellement mon intérêt, ma meilleure amie un peu, puis cela lui a fait peur et elle s’est fermée, idem pour ma sœur. Je me suis renseignée seule, j’ai du apprendre et comprendre seule. Je faisais des recherches sur internet et empruntais des livres à la bibliothèque en cachette. J’avais aussi acheté des bougies et de l’encens que je devais bien caché de mes parents. J’ai même du me faire offrir un coffre qui fermait pour y mettre tout ça. Parce qu’évidemment mes parents n’approuvaient absolument pas ce genre de centre d’intérêt.

Je me souviens que la première amie avec qui j’ai pu en parler, était une de mes surveillantes de collège, elle avait 40 ans et elle était un peu magnétiseuse. Je l’aimais beaucoup et on s’entendait bien. Elle m’a expliqué des choses, et j’ai acheté mon premier pendule, morte de trouille à l’idée d’être découverte par mes parents.

Sauf que voilà, on a des rêves et on croit vouloir des choses. Mais la première fois que je me suis mise à sentir des âmes défuntes errantes, des années plus tard, j’ai totalement paniquée. Je croyais savoir ce que c’était, comment on faisait, mais en réalité, je me suis retrouvée totalement désemparée. Je ne dormais plus la nuit tellement j’étais effrayée, je ne savais pas quoi faire. C’est à ce moment là que j’ai commencé à faire des rencontres avec d’autres personnes ouvertes dans le domaine de la spiritualité. Et la seule chose que je voulais, c’était que mes perceptions s’arrêtent, que « tout redevienne normal » .

Avec la rétrospective, c’est aussi à ce moment là que mon endométriose a commencé. Faut-il y voir un lien ? Est-ce un hasard ? Je n’en sais rien. Mais j’ai pu trouver une magnétiseuse qui m’a expliqué ce qui se passait, que mon 3ème œil était sur-actif et que c’est pour ça que je percevais tout ça. Elle m’a promis un moyen de ne plus sentir les âmes errantes, un moyen d’arriver à gérer ça de façon simple. Je n’ai pas compris à l’époque que la solution qu’elle m’offrait – une forme de forçage énergétique dont j’ai déjà parlé ici sur « Discernement et énergétique » – n’était qu’une porte ouverte sur bien plus. Parce qu’à partir de ce moment là, je n’ai plus pu tourner le dos aux réalités énergétiques. Et les rares fois où je l’ai fait, j’en tombais malade. Alors que je voulais tout laisser tomber et ne plus avoir affaire au « spirituel ».

Mais je n’avais jamais capté que je devais mettre autant de soin et d’attention aux émotions qui m’environnaient. Je n’ai jamais rêvé d’être hypersensible et empathe. A quoi donc peuvent servir de telles capacités ? A apprendre à exprimer mes émotions, ça c’est sur. A être capable de les écrire et de les communiquer, peut être ? Mais encore ?

Sincèrement, je suis fatiguée. J’aimerai parfois appuyer sur le bouton pause, vivre ma vie simplement sans avoir à me soucier des émotions et des énergies qui m’entourent, celles des autres et des lieux, ainsi que des miennes. Tant de gens vivent dans l’insouciance de ça ! N’est-ce pas déjà suffisant de se préoccuper des factures, des courses à faire et du patron agaçant ? Et je ne parle même pas de vivre au jour le jour avec une maladie chronique inflammatoire (comme l’endométriose). Tout ça n’est-il pas déjà suffisant ? Je n’ai pas besoin de ça en plus, je n’en veux pas !! Je n’en vois pas l’intérêt.

Et pourtant, puis-je simplement rejeter cela comme je le voudrais ? C’est malheureusement impossible. C’est comme si je disais « je ne veux plus être brune ». Cela fait partie de moi, je ne peux pas le changer et si je le rejette, c’est comme rejeter une partie de moi même. Je suis obligée de voir, d’entendre et de prendre soin de cette partie de moi, si je veux me sentir bien dans l’entièreté de mon être. Or cette partie de moi est en grande souffrance, je me sens dépassée et impuissante.

Je pourrais en écrire des tartines à ce sujet là, mais je préférerais simplement être consolée, que quelqu’un qui comprenne me prenne dans ces bras, et me rassure. Que pour une fois, on me dise « cela va bien se passer », et que « je vais y arriver ».

C’est à ce moment là que je déteste ne pas être capable de « voir » et « d’entendre » clairement mes guides comme Sylvie ou Camille dans ses rêves lucides. Où est mon soutien quand je tombe, que je trébuche et que je n’arrive pas à me relever ? Personne n’a conscience de la dureté de cet aspect de ma vie. Et j’ai conscience que parfois j’ai besoin d’aide, je n’y arrive plus toute seule, malgré ma volonté. L’épuisement émotionnel, mental et la fatigue de la maladie me cloue au sol et je ne trouve plus la force pour me relever…

Pourtant je reçois de l’aide. Évidemment, pas sous la forme et de la façon dont je le souhaiterais. Mais je ne peux pas le dénier. De nombreuses personnes m’ont apporté leur aide, sans rien attendre en retour. Je pense à Sylvie, à Camille, à mes quelques rares amis à la Réunion, à mes amies en métropole et je les en remercie du fond du cœur.

Mais que puis-je faire moi, maintenant, pour m’aider moi même ?

Mes rêves d’être guérisseuse ou sorcière ont depuis longtemps été éteints. Face à la réalité de notre société qui n’admet pas l’existence d’autres énergies et mondes subtils, d’autres façon de soigner des blessures qui ne sont pas physiques. Face à la prise de conscience de mes propres blessures et limites : qui serais-je donc pour soigner autrui quand je ne suis pas capable de me guérir moi même ? Face au manque de confiance en moi, comment assumer la responsabilité de la santé physique / émotionnelle / énergétique d’une personne qui vous donne sa confiance ? Face à mon manque total de contrôle de mon hypersensibilité et de mon incapacité à sentir clairement et gérer les énergies : je ne suis pas capable de gérer ce que moi même je projette vers l’extérieur, hors de question de le faire peser sur quelqu’un.

J’ai une conscience assez aiguë de mes manques et de mes faiblesses. Je sais aussi qu’« être guérisseuse », ce n’est pas quelque chose que l’on « veut », c’est quelque chose qui vient par la force des choses, par le parcours de la personne ou par de réelles prédispositions. Ce n’est pas mon cas, je n’ai pas de telles capacités, et je ne veux pas être aveuglée par un égo qui chercherait une position de « sauveur ». Je sais que chaque personne est son propre et unique sauveur. Mais je comprends aussi que parfois on a besoin d’aide, de soutien, d’éclairage et de soins. Et que certaines personnes peuvent offrir cela. Il me faut juste admettre que ce n’est pas mon cas.

Alors que reste-t-il de mes rêves de jeunesse ? J’ai rabattu mes désirs vers une alternative, celle de la production de plantes médicinales, à défaut de leur utilisation pour soigner. Mais même là, je ne m’y sens pas à ma place. Je me sens inadéquate dans ce monde qui m’apparaît trop violent, pour moi et ma si grande hypersensibilité. Peut-on vivre en se cachant du monde ? Dans une bulle en verre filtrant les émotions ? Peut-on vivre sans but qui parle au coeur ?

11 juillet 2016

Fatigue à l’âme

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Comment réparer un moral cassé ? Où commence la dépression ? Où s’arrête l’impact des hormones, celle de la fatigue et de la maladie ? Ces questions, je me les pose souvent alors que j’ai chroniquement de grosses baisses de moral. Je m’interroge alors, sur le pourquoi, sur l’origine pour espérer y trouver une solution. Et je me trouve toujours confronter à ce magma de confusion, à cette absence de réponse, et cette solitude profonde face à l’incompréhension voir le désintérêt de mes proches. « Elle n’a pas le moral aujourd’hui, ça passera… »

Oui, mais quelle sera la fois de trop ? Celle où je commettrais une erreur irréparable, en blessant par les mots un proche, en brisant quelque chose de précieux ou en négligeant mon corps ?

Je me sens non équipée pour faire face à ce quotidien qui m’épuise, à toutes ces émotions et désirs extérieurs, qui parfois semblent m’écarteler, le peu de fois où je m’y soumets. C’est souvent pour ça que j’ai tendance à m’isoler, lorsque je suis seule, je me sens protégée de ce raz de marée d’émotions extérieur, ayant déjà du mal avec mes propres émotions. Seulement, ce n’est pas une solution, car alors je ne vis pas. Je reste dans ma bulle, à attendre que le temps améliore les choses, à espérer une solution, une guérison.

Mais guérit-on seulement de l’hypersensibilité ? De cette chose qui provoque des surréactions à tout, une envie de pleurer face à une petite contrariété, une tristesse violente comme un raz de marée face à une affirmation sur soi erronée d’un proche, une colère démesurée face à du désintérêt ou de l’incompréhension de la part des proches ?

Et qu’est-ce que c’est d’abord ? Est-ce réellement l’impact de mes hormones et de mon traitement hormonal qui est responsable de cet état plus qu’instable émotionnellement ? Où est-ce justement mes ovaires dystrophiques et un traitement hormonal inadapté ? Est-ce la fatigue de mon corps, qui relâche la pression alors que je suis en vacances ? Est-ce la douleur de ma rupture dont je n’arrive pas à guérir ?

Cela fait des mois que je mets cet état émotionnel à vif sur le compte des hormones, mais est-ce vraiment cela ? Lors de mon 1er traitement hormonal, j’étais très compliquée à vivre pour mon ex-compagnon, irritable, instable, hyper sensible et chamboulée par ses réactions à lui, comme écorchée à vif par toutes les émotions que je pouvais ressentir, quelles soient les miennes ou les siennes. Lorsque j’ai changé de traitement, j’ai vu une différence, et c’est là que j’ai fait le rapprochement entre mon état et le 1er traitement. Mais il était trop tard… Le mal était déjà fait.

C’est cette même hyper sensibilité qui m’a amené à me sentir agressée verbalement, par des hommes dans la rue, de façon répétitive et à prendre conscience de ma peur (voir cet article). Début d’une boule de neige sans fin, déclencheur de la rupture…

Mais tout ça, est-ce réellement liée à ma maladie ? Ou simplement au fait que je suis hypersensible et que je n’arrive absolument pas à le gérer ?

Quand je lis ce témoignage sur l’hypersensibilité, je m’y reconnais. Je m’étais aussi reconnue dans un livre sur les personnes hypersensibles et douées. Ok. Mais comment on apprend à gérer ça ? J’ai l’impression que depuis que j’ai commencé mes traitements hormonaux, mon hypersensibilité a explosé tous les plafonds. Et pire, du fait de vivre seule, dès que je suis soumise aux émotions des autres, je le supporte de moins en moins bien. Augmenté en cela par mon décalage à cause de la maladie et de la fatigue, qui me force à avoir un rythme de vie plus lent, à voir les choses différemment de mes proches.

Je ressens alors parfois une réelle incompréhension et une réelle solitude. Mes parents ne semblent pas avoir le temps de s’arrêter et de considérer ces « détails » occupés comme ils sont à travailler, et si loin – ce que je peux comprendre du point de vue de la raison, mais qui coince émotionnellement. Y a-t-il seulement quelqu’un pour comprendre ce qui se passe dans mon corps et dans mon cœur ? C’est impossible et je me sens emprisonnée dans ces limitations…

Je suis fatiguée de ressentir, sans pouvoir appuyer sur un bouton pause, sans pouvoir atténuer mes émotions. Épuisée de me sentir mal et de pleurer sans raison, alors que le soleil brille dehors et que j’ai la vie devant moi. Découragée que ce mal être me mine et me vide au point de m’empêcher de profiter du présent et des bonnes occasions quand il pointe son nez.

Parce que je n’ai aucun contrôle dessus. Ce n’est même pas que je rumine des pensées négatives, ni même que je reste seule dans mon coin sans en parler. J’ai beau le dire, j’ai beau pleurer, j’ai beau l’écrire, ce mal-être revient encore et encore. Malgré que j’apprenne à faire preuve de douceur envers moi même, malgré que je me fasse ma tisane préférée, que je me roule dans mon plaid moelleux, que je lise un livre, que j’appelle des proches, que je me cuisine des cookies, que je me fasse des cadeaux. Malgré que j’ai arrêté de porter du noir pour ne plus être enfermée dans ces énergies, malgré que je parle à ma psychologue, malgré que j’ai fait des rencontres positives, malgré que j’ai fait des soins énergétiques.

J’atteins le stade du désespoir. Je ne sais plus comment faire. Je ne sais plus comment aller de l’avant avec cette souffrance sourde. J’ai déjà essayé de l’ignorer, mais elle revient en coup de poing chaque fois plus forte. J’ai essayé de lui trouver une origine, mais à part savoir que la douleur est ancienne, profonde et ancrée dans mon âme, les portes me sont restées fermées. Ce qui n’est pas forcément un mal, car on n’est pas toujours capable d’encaisser la vérité.

Seulement, voilà, je suis dans une impasse sans issue. J’ai beau lever les yeux vers le ciel, crier à l’aide, prier, m’asseoir et m’auto-prospecter, et bien rien… Pas de porte magique, pas de confettis apaisants qui tombent du ciel…

Ce n’est pas comme ça que marche la guidance.

Et comment marche-t-elle ? C’est toujours quand je suis au plus bas, que je vais le plus mal, que je suis incapable de me connecter dessus. Pourquoi ? Pourquoi est-ce toujours au moment où l’on ressent le plus le besoin d’une aide qu’on ne la reçoit pas ?

Parce que vous êtes trop focalisés sur la douleur et qu’elle prend toute la place. Impossible de recevoir un autre signal. La première chose nécessaire est d’évacuer la souffrance, aussi est-il bon de pleurer tout ton saoul, de crier même ta douleur pour évacuer ces énergies lourdes et pesantes.

Puis de respirer profondément. De te recentrer dans ton corps.

Ton prof d’astro disait vrai quand il disait que les douleurs physiques étaient souvent causées par des frictions entre les corps physiques et causals. Tu ressens cette déchirure et cet écartèlement parce qu’il y a en effet des décalages très grands chez toi. Mais la vérité est que nous ne pouvons pas y faire grand-chose. C’est à toi d’apprendre à apaiser ces « douleurs de l’âme » qui proviennent de choses que tu ne comprends pas, et qui se manifestent dans ton corps à travers ta maladie mais pas que.

A quoi ça sert d’être branchée sur la souffrance de sa propre âme si on n’est pas capable de comprendre et de l’apaiser ? A quoi ça sert de ressentir ça venu de nulle part sans pouvoir y remédier ? Savez vous combien de fois je me sens seule, incomprise, folle et en décalage à cause de ça depuis mon adolescence ? Pourquoi porter cette souffrance alors qu’elle n’a aucune cause dans cette vie là ? Qu’elle est un écho d’une blessure profonde et ancienne ? N’est-ce pas injuste ? Pourquoi devoir supporter ça alors que je n’ai aucun souvenir de mes vies antérieures, aucune explication ? Et que je ne cerne même pas l’origine de la blessure ?

Mais tu cernes avec qui ?

Je ne sais pas… Avec celui qui présente les mêmes troubles de l’âme que moi ? Celui avec qui a commencé l’expression de mes problèmes d’énergies sexuelles ? Et est-ce que cela a la moindre importance au stade où j’en suis ?

Est-ce que tu aimes cette personne ?

Oui, je l’aime. Différemment de la façon dont je l’aimais quand j’étais jeune et naïve. Mais je l’aime, profondément, comme un frère. A chaque fois que je le vois, je ne peux m’empêcher d’être frappée dans la façon dont on est le miroir l’un de l’autre, la façon dont on se comprend, dont on évolue dans les mêmes directions et au même rythme, et ce malgré la distance. Et surtout, je ne peux pas être en colère, ni lui en vouloir pour ce qu’il m’a fait. Je l’ai pardonné dans cette vie ci, parce que je l’aime, même si notre relation m’a fait du mal par le passé. Même s’il lui arrive encore de me blesser involontairement par ses mots.

Mais je ne crois pas qu’il soit conscient de la force de notre lien. Je lui en ai déjà parlé, mais il ne croit pas aux vies antérieures. Il ne croit pas à la spiritualité, il la rejette car cela lui fait peur. Ce que je comprends et ce que je respecte.

Sauf qu’il sera difficile de guérir votre blessure commune dans le déni.

Le déni ? Je sais que c’est ça faiblesse. Il a dénié avoir partagé sa virginité avec moi et la mienne devant nos amis proches, parce que ça c’était mal passé et qu’il n’y a pas eu de suite… Autant dire que je l’ai pris en pleine figure…

Pourquoi cela t’a-t-il rendu aussi triste ? Alors que cela appartient au passé et que toi tu connais la vérité ?

Parce que c’était renier mes sentiments, le fait que, même si ça c’est mal passé, on en a fait le choix conscient tous les deux. Offrir sa virginité, ce n’est pas une paille. Et je l’ai fait par amour. Par ce déni, j’avais l’impression qu’il effaçait cette réalité là, celle de nos sentiments respectifs, même s’ils étaient imparfaits et que les hormones jouaient aussi leur rôle…

Mais aussi, parce qu’à l’évidence, cela a été source de blessures et de blocages pour tous les deux sur le plan de la sexualité. Et qu’on ne peut pas guérir une blessure sans en prendre conscience. C’est comme ignorer la première plaie qui se serait infectée et se répand. Moi j’en ai pris conscience il n’y a pas longtemps. Mais pas lui, et je ne pouvais pas le laisser fermer les yeux de cette façon, alors qu’il se bat pour essayer lui aussi d’avancer et d’évoluer.

Comment réagirais-tu si je te disais qu’il t’avait violé dans une vie passée ?

Je ne sais pas… Je te dirais que cela serait cohérent avec les casseroles que je me trimballe, mais je ne crois pas que j’arriverais à y croire. Je pourrais éprouver autant d’amour et de pardon envers une telle personne ? Parce que ce que j’ai dit est vrai, je ne peux pas le détester… Même s’il était venu à sortir avec ma propre sœur, même si parfois il se comporte comme un con et fait des erreurs. Même s’il m’a menti sur ses raisons pour me quitter… Il est humain et personne n’est parfait, il vit lui aussi ses propres limitations et je le vois se débattre avec.

Je sais que j’en fais de même avec les miennes. Et je suis frustrée de ne pas réussir à déchirer ce voile qui m’empêche d’apaiser cette douleur. Quand je le vois, je me dis qu’on rame sur le même type de bateau, chacun de notre côté. Je le vois, mais cela ne résout rien… Pas plus que de me dire l’origine des blessures entre nous. J’aimerais avant tout un moyen de les apaiser, puis ensuite de comprendre pour guérir.

Mais j’ai besoin d’un répit, de pouvoir souffler et reprendre des forces. Parce que je suis épuisée. Alors comment je fais ? Comment je suis censée faire pour apaiser cette brûlure qui me ronge de l’intérieur ? J’ai l’impression de faire des pieds et des mains, mais de lancer un caillou dans une mare. Ce que je fais n’est pas pertinent ou efficace, sans que je sache pourquoi, ni comment faire mieux.

J’essaye pourtant, je note mes rêves et j’essaye de les comprendre. Mais j’ai l’impression de ramer dans le vide, que les messages passent à côté de mon filet et que tous mes efforts sont dérisoires. Que j’ai beau essayer d’écouter, mes oreilles n’entendent pas. Je ne comprends pas pourquoi… Et cette foutu douleur qui ne me laisse pas en paix, me harcèle et m’empêche de simplement laisser le problème de côté jusqu’à ce qu’une clé apparaisse. C’est à tourner en bourrique.

Personne ne connaît donc un médecin de l’âme ?

28 juin 2016

Bébé et endométriose

kuvshinov-ilya

Artiste : Kuvshinov-ilya

Je ne me sens pas bien, encore une fois. Émotions bloquées dans la gorge, hyper émotivité, sans comprendre pourquoi, sans comprendre d’où. Cette déprime syndrome « pré-menstruel ». Je pensais que c’était uniquement mon premier traitement hormonal qui avait eu cet effet là, qui me rendait si fragile face aux émotions et réactions des autres. Mais je me rends compte que c’est aussi le cas avec celui-ci, c’est juste que je n’ai personne avec qui vivre au quotidien pour me confronter à ses émotions…

Tout est toujours plus simple quand on vit seule, on n’a pas à se heurter aux habitudes de l’autre, à ses envies contradictoires. On peut rester dans sa propre bulle de douceur, sans avoir à s’adapter, à faire des compromis. J’avais oublié combien il peut être fatiguant par moment de devoir s’adapter en continu. A un nouvel environnement, à un autre rythme de vie, à un régime alimentaire différent. A toutes ces petites choses qui nous rappellent qu’on n’est pas vraiment chez soi.

En ce moment, je suis chez des amies avec un bébé. Un bébé, cela passe avant tout le reste. C’est normal, mais cela provoque en moi des émotions contradictoires : de la fascination, de la curiosité, mais aussi de la frustration et une forme de rejet.
Que faire de l’idée d’un enfant dans ma vie ? De la question de la maternité ? Y suis-je vraiment moins fermée que quelques années avant où j’avais un refus absolu de la maternité ?

Je ne sais pas si je serai capable de porter un enfant à cause de mon endométriose et de ma dystrophie ovarienne, ça fait beaucoup de handicap pour tomber enceinte, si je ne suis pas déjà stérile. Et je ne parle même pas de la capacité à s’occuper d’un bébé. J’ai déjà parfois du mal à m’occuper de moi quand j’ai des crises de fatigue ou de douleurs aux ovaires. Alors m’occuper d’un nourrisson? Il faut sans cesse être là pour lui, répondre à ses besoins, et forcément les besoins des autres personnes autour passent après. Cela me semble totalement incompatible avec mon besoin de cocon de douceur, de calme et de silence.
Je ne me sens pas capable de cette énergie nécessaire, de cette abnégation et de cette patience. Tenir un bébé dans les bras est plus agréable que ce que je pensais. Ça sent bon (quand c’est propre, lol), c’est tout doux et très expressif. Mais imprévisible et capricieux. Il faut constamment s’adapter à ses demandes, c’est un travail monstre.

Je n’imagine pas ma vie avec des enfants. Mon ex-compagnon n’en voulait pas et cela m’allait très bien. Je ne me vois pas en porter un. Je ne m’imagine pas en élever un. Je ne m’en sens pas la capacité et mon endométriose  « justifie » cet absence de désir. A quoi bon faire des plans sur la comète si c’est pour que cela soit impossible ?

Et pourtant, je sens quelque chose de profondément douloureux en moi sur ce sujet là. La symbolique reliée à l’endométriose est « le rejet de la mère », dans mon cas le refus de cette facette là de moi même et donc de la maternité. Et je me demande d’où cela provient, d’où est naît cette blessure… ? De ma propre enfance et de ma relation conflictuelle à ma mère ? Ou n’est-ce qu’une répétition de quelque chose de bien plus ancien ? De cette brûlure à l’âme que je me traîne de vie en vie incarnées ?

Je sens cette profonde tristesse en moi, comme la mélancolie de quelque chose de désiré inconsciemment mais que l’on sait définitivement inaccessible. Et donc une forme de résignation, de connaissance passive du « ce n’est pas pour moi » et de toute façon la part consciente qui ne le veut pas.

Que représente donc un bébé pour moi ? Un miroir cinglant pour mes blessures et une fenêtre ouverte sur le vide de cette facette de la « mère » en moi. Oui je suis capable de tenir un bébé et de lui donner un biberon, de le distraire et de le porter. Mais non, je ne me sens pas capable d’en porter la responsabilité, de l’accompagner dans la découverte de la vie et de lui même, quand moi même je suis paumée et tâtonne pour comprendre comment ne pas chavirer.

Est-ce seulement une question de maladie ou bien de personnalité, de maturité ?

 

22 juin 2016

Montagnes russes

Il y a ces moments où plus rien ne semble avoir de sens, où le désespoir m’engloutit, où je me sens seule au monde malgré les proches, si près, enfin. Ces moments où mes émotions semblent indomptables, une marée de tristesse qui ne cesse de monter sans vouloir déborder pour s’apaiser. J’ai envie de pleurer mais les larmes ne coulent pas. J’ai envie d’être écoutée, mais les mots ne sortent pas. J’ai envie d’être consolée mais les gens sont loin de moi.

Et dans ces moments, je me demande « pourquoi est-ce que j’écris ? », « qui peut trouver quelque chose dans mes écrits ? ». Et pourtant, je m’y raccroche comme à une bouée, désespérée. Il n’y a qu’ici que je peux me livrer entièrement sans peur du jugement. Mais à ma grande frustration, c’est souvent quand je ressens l’envie ou le besoin d’écrire que je n’y arrive pas, que la fatigue est trop forte, que je suis interrompue ou que je n’ai pas le temps de m’assoir pour écrire.

Pour me faire face à moi-même, observer la tornade de mes émotions, la profondeur de mes blessures, la montagne russe de mes sentiments. Je me sens tellement chamboulée et chahutée dans tous les sens, sans comprendre, sans savoir depuis ce regard.

On dit que les yeux sont la porte de l’âme et qu’ils peuvent ouvrir sur le cœur de l’autre. Pourquoi est-ce que cet échange de regard avec mon vieil ami, non vu depuis si longtemps, a provoqué tant d’émotions en moi ? J’y ai vu de l’amour pur, un amour qui ne s’explique pas, un amour qui n’a rien de terrestre et de matériel, un amour sans objet sexuel. Juste un amour pour la personne que je suis. Je l’ai senti. Un amour intemporel et inexprimable avec des mots.

Et je me suis sentie tellement seule après. Terriblement seule. Horriblement triste aussi. Alors que cela ne devrait me procurer que de la joie. Je ne sais pas pourquoi.

Après cela, tout m’a paru vide et insignifiant. Tout.

Peut-on vivre sans ressentir un tel amour ? Cette intensité n’a semblé que raviver le propre vide en mon cœur. Alors même que j’ai revu la veille un de mes ex avec qui la relation s’est terminée de façon… interminée… Avec une sensation de chaud froid. Un accueil chaleureux, pour un lendemain distant où il m’évite. La tristesse de le voir me fuir. La déception des paroles non tenues. La solitude alors que j’ai parcouru tant de kilomètres pour tous les revoir.

Mais quelle importance ai-je dans leur vie ? Moi qui ne fais que passer selon les années ? Qui les rattache à un passé dont le souvenir est plus ou moins non souhaité ? Que puis-je bien représenter ? Alors que je ne sais même pas qui je suis et ce que je peux apporter aux autres ?

Et dans ces moments j’ai envie de fuir, de me renfermer dans ma bulle, pour déverser toute cette tristesse et cette mélancolie dont je ne comprends pas l’origine, et qui me ronge tout doucement. De façon absurde, incompréhensible, disproportionnée. Je suis alors fatiguée d’être traversée par de telles émotions sans filet pour me rattraper.

Pourquoi me sentir si malheureuse alors qu’hier le ciel était bleu et mon cœur empli de joie et d’allégresse ? Alors que j’avais une conscience si aiguë que le bonheur face à des conditions extérieures incontrôlables dépend uniquement de notre regard intérieur pour y faire face ?

Comment peut-on basculer d’un tel extrême à l’autre ? La violence de ce revirement me laisse sans souffle et sans force, impuissante.

Je me demande « encore mes hormones ? ». C’est vrai que pendant deux jours, je n’ai pas pris mon traitement contre l’endométriose correctement, j’ai oublié de prendre une de mes deux hormones quotidiennes. Alors il suffit de ça pour rompre mon équilibre ? Pour m’affecter si profondément ? Mes états émotionnels ne sont-ils qu’artificiels ?

Et je n’ai pas de réponse, encore une fois…

17 juin 2016

Danser

Artiste :

Artiste : Kuvshinov-ilya

 

Je ne sais pas pourquoi, j’ai commencé à avoir super mal au ventre cet après-midi. Pourtant, je n’ai rien mangé de différent de la veille, absolument pas. Du coup, si ce n’est pas la nourriture, alors ça ne peut être que des émotions que je ne digère pas, non ? Or il s’avère que cela a commencé lors de la réunion avec mon supérieur. Alors qu’il me balançait ses énergies de frustration et m’apprenait par là même qu’une de mes missions était au point mort à cause de problèmes décisionnels et de réglementation…

Je ne suis pas étonnée, je m’y attendais. J’ai déjà soulevé ce problème là il y a environ 6 mois, mais à cette époque le président de l’association ne l’avait pas compris, c’était rentré par une oreille et sorti par l’autre… J’ai donc fini par m’armer de patience et attendre, puisque je ne pouvais rien faire de plus. Mais c’est vrai que c’est frustrant.

Et puis je viens d’apprendre que ça y est, ma collègue va partir. Celle dont je reprends le poste et qui était passé sur une autre mission. Celle avec qui je n’ai pas fini la transmission et ne vais pas pouvoir puisque mes congés ne sont pas décalables et que je pars la semaine prochaine, et elle avant que je revienne… Un joyeux bazar qui s’annonce. C’est très bien pour elle. Moins pour l’association. Mais je comprends ses motivations et je pense qu’en effet, il n’y a qu’elle-même pour se soucier de son avenir et penser à elle et ses projets. J’espère que lorsque le moment sera venu pour moi, je serai aussi capable de décoller grâce à une opportunité positive, et pas juste pour fuir une situation désagréable.

Je sais que j’ai des choses à apprendre et comprendre dans ce travail, qui ne concerne pas forcément les connaissances professionnelles que je peux acquérir, mais plutôt dans la façon de fonctionner, la souplesse, la créativité, l’évolution d’un état d’esprit. Même si cela ne m’enchante pas… En revanche, je sais que cela pourrait se faire dans de pires conditions, comme dans mon job précédent. Et que c’est aussi l’opportunité pour moi d’apprendre à prendre soin de moi en dehors du travail comme pendant. Il doit bien y avoir des solutions à mes crises de fatigue et mon manque d’endurance sur le terrain, non ? Ou des alternatives ?

Ce que je sais, c’est que pour l’instant, j’ai beau faire de longues nuits, prendre mon traitement et mes vitamines, faire des siestes, manger sans gluten, me cuisiner des légumes et de la soupe, cela fait des semaines que je suis épuisée et que mon corps et donc mon cerveau tournent au ralenti. Que je ne suis pas efficace comme d’habitude. C’est frustrant, mais même ça, la fatigue l’étouffe. Quelque part, c’est comme si je me sentais anesthésiée par la fatigue.

Peut-être que c’est mieux en ce moment. Peut-être que tu n’arriverais pas à tout gérer. Mais peut être que le travail dans tes rêves est suffisant pour l’instant. Car malgré tout il mobilise beaucoup d’énergie.

Oui, c’est vrai que je suis dans une période de rêves très actifs. Ça tombe bien car je dors beaucoup. Mais si je m’en souviens clairement, je suis incapable de les interpréter et d’en comprendre le message profond. Il y a certains éléments qui passe mais la cohérence…

Le message de fond ne passe pas. Ce n’est pas grave, laisse toi le temps. Tu n’es pas encore prête à l’entendre. Cela viendra. Tu sais que ce n’est pas grave et qu’il ne sert à rien de forcer. L’interprétation risque plus de te perturber.

Mais les rêves me perturbent déjà. Un plus particulièrement. Je sais que c’est un rêve spirituel, comme me l’a appris Sylvie, parce qu’il y avait des tas de détails, il était net et puissant, très long aussi. Comme une histoire, mais dont je ne saisirais que quelques mots par ci et par là. Pourtant je sais qu’il est important. Comme l’était celui aussi avec l’incendie. J’ai cherché la signification des symboles. Mais je n’arrive pas à agencer et à voir le schéma global…

Je sais que cela ne sert à rien de forcer, mais c’est comme si j’étais à deux doigts de comprendre et qu’une barrière invisible me retenait… C’est frustrant et j’ai l’impression de dépenser une énergie folle dans ce cycle onirique ! Après ce rêve super fort, j’ai mis presque 1h à réussir à me lever et j’ai été confuse toute la journée. Alors que cette nuit où je n’ai fait que 2 ou 3 petits rêves, je me suis sentie moins fatiguée dans la journée.

Des fois j’aimerais bien avoir de l’aide pour apprendre à interpréter en prenant en compte mes particularités. Parce que je sais que le langage des rêves utilise des symboles qui sont particulier aux rêveurs. Et là, ça l’était clairement… Ce n’était pas n’importe quelle voiture que je cherchais, mais la réplique exacte de celle que j’ai acheté ici, au point de rêver de sa plaque d’immatriculation !

Et que représente cette voiture ?

Et bien une liberté, un confort. C’est un signe d’autonomie aussi, parce que je l’ai acheté avec mon argent (et celui dont j’ai hérité de ma grand-mère) mais sans dépendre financièrement de mes parents, et sans qu’ils m’aident non plus à la trouver. Elle a été très longue à trouver aussi. J’ai passé 1 mois et demi à pied et en bus, et qu’est-ce que c’est la galère dans une ville de la Réunion. Mais j’ai essayé de faire confiance à mon cœur et mon intuition, d’apprendre la patience…

Alors c’est peut être un symbole de patience. Mais je ne comprends pas l’articulation avec mon rêve. Puisqu’après tout je cherchais ma voiture pour fuir une situation qui me faisait peur, ou plutôt à laquelle je résistais. Je résistais.

Au départ de mon rêve, j’étais à la recherche de quelque chose. Et par hasard je tombais sur cette vieille amie qui me parlait d’un cours de danse, hors justement je voulais en trouver un. Elle me proposait de tester mais je venais juste pour regarder. Ce qui était frappant, c’était que cette amie n’avait pas du tout le même physique ! J’avais du mal à la reconnaitre par rapport à notre jeunesse. Elle avait beaucoup grossi, ses traits étaient aussi devenus grossiers, seuls ses yeux me disaient qui elle était, c’était comme ça que je la reconnaissais.

Mais pourtant quand elle dansait avec le groupe, c’était magnifique, ils étaient tous d’une grâce époustouflante qui m’a coupé le souffle. C’était une danse particulière, une de celle où l’on ne compte pas le tempo, où l’on improvise les mouvements, on se laisse porter dans le fluide. Il y avait des figures magnifiques, des portés en couples… Cela demandait une musculature de ouf ! J’observais et je me disais que je n’en étais pas capable, il fallait vraiment être très très musclé, or ce n’est pas mon cas et mon corps est faible. Vers la fin, ils proposaient à tout le monde de les rejoindre, mais je refusais, je restais sur le bord. J’avais une bande qui me couvrait les dents et les oreilles pour ne pas entendre la musique et résister à l’appel de la danse. Elle me faisait super mal et quand je l’enlevais à la fin, je me rendais compte que je saignais des gencives et des oreilles.

C’est là que je fuyais et partais à la recherche de ma voiture sur le parking. Il était bondé car beaucoup de monde était venu pour ce cours de danse. Et il y avait beaucoup de voitures identiques à la mienne. J’en voyais une qui était d’ailleurs tombé sur une autre et je me disais « olalala, avec le bazar sur le parking ils ont poussé ma voiture et provoqué une bêtise ». Mais en regardant la plaque d’immatriculation, je savais que ce n’était pas la mienne, soulagement, et je la trouvais bien garée plus loin. Alors que je démarrais et allais partir, les danseurs surgissaient et la prof déclenchait d’un claquement de doigt la musique. Je n’avais pas mes protections sur les oreilles, je ne pouvais pas résister. Je sortais de la voiture et me mettais à danser avec les autres sur le parking. J’étais stupéfaite et effrayée ?

Un rêve très riche et complet. Il y a beaucoup de symboles dedans. Nous pouvons t’aider à réfléchir à chacun. Que représente cette fille, Anaïs, pour toi ?

Pour moi, elle était la perfection, très belle, très féminine, très douce mais en même temps très forte. A l’époque où je la connaissais, c’était une très bonne danseuse, très bien sculptée. C’était aussi une femme avant l’âge, car elle était très précoce et assez adulte… Mais sa représentation dans mon rêve ne lui ressemblait plus du tout. Elle était « bouffie » par le temps, elle était devenue plus vieille, plus banale, madame n’importe qui.

Pourtant elle dansait avec grâce.

Pourquoi ne pas avoir voulu la rejoindre ?

Parce qu’il fallait être très forte et musclée pour pouvoir danser comme ils le faisaient. Que cela faisait longtemps que je n’avais pas dansé, que je ne suis pas musclée et que je suis incapable de tant d’énergie avec ma maladie. Je ne m’en croyais pas capable. Bien que j’en avais très envie, je me l’interdisais parce que je ne pensais pas mon corps physique capable de le supporter.

C’est pour ça que je me bouchais les oreilles, pour ne pas entendre la musique, pour ne pas céder. Mais du coup, en refusant d’entendre, je me bandais aussi les dents qui me faisaient très mal. Or les dents sont un symbole de vitalité, si ma mémoire est donne.

Donc ?

Donc je m’interdis de danser parce que je pense que mon corps n’est pas capable de le supporter à cause de mon endométriose ? Et en pensant ça, j’affecte réellement ma vitalité et ma santé ?

La pensée est créatrice. Cela ne te parle pas, parce que tu n’en as pas encore pleinement conscience. Tu le sais mais tu ne l’as pas compris et vécu.

Moi je voyais plutôt la danse comme un symbole de quelque chose à lire au 2eme degré.

Pourtant tu te poses bien la question de savoir si tu devrais reprendre la danse ou pas. Et si ton corps est capable de le supporter à cause de ton endométriose. Tu as demandé la réponse en rêve. Mais quand elle vient tu n’arrives pas à la voir, parce que tu veux interpréter de façon compliqué. Comme le dit Camille Fraise sur son blog, l’interprétation des rêves est plus souvent terre à terre que ce que l’on croit, et vise à aider dans la vie matérielle aussi.

Donc tout ça pour me faire comprendre que je devrais reprendre la danse ?

Qu’une partie de toi le désire, celle qui aspire à la vie, au mouvement, à la joie et à la beauté. A cette partie de toi que tu réfrènes et enfermes en ne t’en pensant pas capable. Tu t’enfermes toi-même dans ta maladie, comme tu t’enfermes toi-même dans ton appartement, en ayant peur du monde, peur des autres, peur des rencontres. Tu te réfugies derrière l’excuse de ta maladie. Mais la vérité c’est que tu ne sais pas comment faire, tu ne sais pas comment aller vers les autres, comment aller vers toi-même, ce vrai toi vivant et vigoureux au fond de toi. Celui qui est capable de force et de souplesse. Cela t’effraye. Parce qu’alors, si tu admets que tu n’es pas faible, tu n’as plus d’excuse pour te cacher. Tu fuis en prônant le fait de vouloir rester autonome, de pouvoir faire ce que tu veux, comme tu veux, quand tu veux. Donc tu fuis les obligations, les responsabilités, mais aussi les liens sociaux, parce que tu as peur qu’ils t’enferment. Tu t’empêches toi-même de vivre par peur.

Tu sais que tu en as pris doucement conscience ces derniers temps. Mais tu ne sais pas comment faire autrement, tu ne sais pas comment sortir de cet isolement, de cette prison que tu as toi-même créé avec tes peurs.

Non, je ne sais pas… Je suis tellement peu douée pour les relations sociales. Sauf avec quelques personnes, avec qui « le courant passe » tout de suite. Je ne sais pas construire de façon « artificielle » et progressive une relation. Je ne sais pas comment m’intégrer, parce que je ne sais pas comment me placer face aux autres. Parce que je manque de confiance en moi, j’ai tendance à me placer dans une position inférieure, à me considérer moins bien et moins intéressante que l’autre. Alors je ne trouve rien à dire, je me sens maladroite…

La pensée est créatrice. Nous te l’avons dit et nous ne sommes pas les seuls.

Mais cela ne me dit pas comment sortir de cette impasse dans laquelle ma vie se trouve, sur tous les plans, celui de la santé, du travail, des relations sociales.

Il faut apprendre à danser. Il faut apprendre à suivre le mouvement, te laisser porter par les énergies de vie. Peu importe que tu ne sois pas assez « musclée », pas assez « belle et gracieuse ». Cela s’acquiert avec la pratique, il n’y a pas de mystère. Il faut apprendre à te faire confiance à toi-même, petit à petit, apprendre à te connaitre, connaitre ton corps et tes limites réelles. Pas celles que tu t’imposes avec ta maladie et tes peurs.

Pourquoi t’empêcherais-tu de danser, alors que tu aimes ça et que tu en as envie ?

Parce que j’ai arrêté car mon corps ne pouvait plus suivre, j’avais trop mal à mes genoux… Parce que j’ai peur de ne pas y arriver, de ne pas être capable de tenir le rythme, ni de danser correctement.

Et alors ? Au début tu auras un temps difficile. Le temps que ton corps retrouve sa souplesse, son endurance, sa précision. Mais tu devras être patiente et douce avec toi-même. Rome ne s’est pas construite en un jour. Ta vitalité et ta confiance en toi ne le feront pas non plus.

Humm… Merci.

9 juin 2016

Manger sans gluten [endométriose]

Artiste : Eaphonia

Artiste : Eaphonia

Je comprends mieux pourquoi j’étais si émotive hier : à cause de mes hormones. Parce que j’ai commencé à avoir mes règles ce matin, alors que mon traitement hormonal pour l’endométriose est supposé suspendre l’activité de mes ovaires et arrêter les lunes. Je déteste ça, à chaque fois j’ai l’impression de me faire avoir par surprise, de ne pas voir venir le coup, puisque je ne suis pas censée les avoir. Je n’arrive pas à savoir si c’est que mon traitement ne marche pas, ou si c’est que mon corps physique a besoin de réaliser un nettoyage énergétique. Puisque les lunes féminines sont très puissantes et entrainent un réel renouvellement des énergies autour du corps. Certains disent même que c’est le moment du cycle où les femmes possèdent le plus de puissance magique. Les amérindiens disent également qu’une femme en cours de lune est pure, et qu’elle n’a alors pas besoin de se purifier à la sauge, comme les autres femmes, avant un rituel.

Du coup, je ne sais pas, je note juste la synchronicité avec la nouvelle lune de demain, qui appelle elle aussi au renouvellement des énergies et au bannissement de ce qui n’est plus utile. Et j’ai constaté que mon anniversaire va également tomber en plein jour de nouvelle lune… Je me demande si cela a une signification particulière. En tout cas, je comprends mieux ma « crise d’endométriose » qui finalement n’est qu’une version allégée mais étendue dans le temps des symptômes que j’avais avant mes règles et avant de commencer mon traitement pour l’endométriose.

C’est d’ailleurs rigolo de voir la synchronicité de la journée : une amie m’a appelé pour me dire qu’on lui avait parlé d’un très bon médecin, capable de donner des conseils d’hygiène de vie très efficaces pour lutter contre l’endométriose. Elle a entendu parler d’elle dans le cadre d’une alimentation sans gluten. Je crois que le message est clair… Il faut vraiment que j’arrête de manger du gluten…

Quelque part, je crois que je le savais inconsciemment depuis un certain nombre d’année. Mais je ne voulais pas m’avouer que mon ressenti intérieur diffus pouvait être vrai, parce que j’aimais trop le pain et les gâteaux achetés à la boulangerie… Je disais que je n’avais pas la force de tester un régime sans gluten pendant 3 mois pour voir les effets, sans avoir un avis médical me prouvant l’intérêt d’un tel test. J’avais même considéré faire des tests sur l’intolérance au gluten, au lactose… Mais c’est toujours resté du domaine de la réflexion. Parce que j’avais mes habitudes, mes contraintes quotidiennes.

Et puis les choses ont changé à la Réunion. Quand je me suis trouvée longuement malade à tourner en rond chez moi. A être frustrée de ne pas avoir les outils qu’il fallait pour cuisiner. Du coup, quand je les ai eu, tester le sans gluten ne me semblait plus une si grosse contrainte, maintenant qu’au moins je pouvais faire cuire un gâteau ! Et puis j’étais libérée de l’habitude alimentaire familiale, de pain frais agité sous mon nez, auquel je n’arrivais jamais à résister.

Alors que je vais retourner d’ici peu dans ma famille pour des vacances, cela va être un vrai défi de ne pas succomber à la tentation du pain et de respecter cette restriction. Alors j’ai pris la décision de prévenir mes amis, et d’en reparler à mes parents. D’essayer de prévoir le coup. Le plus difficile sera de ne pas céder à la tentation, devant une boulangerie, dans un resto, quand je verrais mes amis enfournés des kebabs. Parce qu’il n’y a jamais rien de pire comme tentation que ce que l’on sait ne pas devoir manger et en avoir en face de soi.

Heureusement quand même que l’on trouve plein de recettes. Et que Sylvie parle aussi de ces intolérances, de ces recettes de cuisine et qu’elle m’a prouvée et convaincue qu’on pouvait rester gourmande tout en ne mangeant pas de gluten. Le défi pour moi est maintenant de mobiliser la volonté nécessaire. Parce que ça demande quand même plus d’effort, de devoir cuisiner son petit dej plutôt que de juste acheter des biscottes. Je ne suis pas encore très bonne pour ça. Les périodes où j’ai le moral et la pêche, j’y arrive bien, mais c’est souvent justement quand je suis malade que je n’ai pas l’énergie ni la motivation pour cuisiner.

Et évidemment, les ateliers de cuisine crudivore et les manifestations régionales de mon association contre l’endométriose ont lieu en juin pendant mes vacances en métropole ! Le timing n’est pas terrible. Surtout que je vais arriver au milieu des grèves, des inondations et des manifestations… J’essaye de ne pas y penser, parce que je n’ai aucun pouvoir dessus, mais cela ne me rend pas sereine pour mes multiples voyages.

Et si tu ne peux pas prendre tes trains, tu feras quoi ?

Et bien j’essayerai de rentrer chez mes parents et je me reposerais.

Tu aurais peut-être dû prévoir ça depuis le début.

Je verrai en fonction de l’état de mon corps. Si vraiment ce n’est pas jouable, je m’adapterai.

Tu crois ? Tu ne vas pas plutôt avoir tendance à persister et à t’épuiser ?

Et bien j’espère que si c’est le cas, vous m’enverrez un rêve clair et percutant me le faisant comprendre et me rappelant cette conversation. Je sais que les vacances sont faites pour se reposer, se changer les idées et en profiter. Je vais essayer de garder ça en tête. Je sais aussi que dès que j’ai des trajets en train, des transits en transports publics, cela me stresse et m’angoisse, et que je m’épuise moi-même toute seule. Je vais tenter d’éviter ça. J’espère que mes proches seront là aussi pour m’aider.

Une de mes amies m’a proposé de venir me chercher en voiture pour éviter le métro chargée comme une mule. Cela m’a fait très plaisir et me soulage aussi beaucoup parce que j’appréhendais vraiment ça avec deux grosses valises et après une nuit en avion, plus le décalage horaire. Et puis je ne sais pas dans quel état je vais être. J’ai déjà eu mes « règles » pendant un mois entier en début d’année, ça peut durer quelques jours comme des semaines. J’ai peur de ne même pas être capable de pousser mes valises… ça craint un max. Comment je fais si je ne suis pas en état de voyager à la date de mon avion ? Me bourrer de médoc et faire comme si ? Je ne peux pas décaler ce billet d’avion et je ne veux pas rester coincée ici. J’ai besoin de voir ma famille et mes amis. De rentrer un peu.

Pourquoi ça ?

Parce que je me sens seule ici, isolée, dans un grand désert affectif. J’ai envie de voir des gens pour qui je compte et qui se soucient de moi. J’espère découvrir qu’ils se soucient aussi de mon bien être et qu’ils prendront en compte ma maladie et ses conséquences. J’en ai déjà discuté un peu auprès de ma famille. J’ai eu le plaisir de voir que ma grand-mère s’est renseignée sur ma maladie, que ma tante m’a envoyé un article sur les farines sans gluten. Que ma meilleure amie m’a donné des conseils sur des blogs de cuisine. Que ma mère a acheté des pâtes sans gluten (même si je ne suis pas sûre que ce soit très bon, lol, je n’ai pas encore testé). Tout ça, ça m’a touché.

Je n’ai pas envie de me placer dans une position de « malade » et de victime à plaindre. Mais j’ai besoin que mes proches le prennent en compte et fassent un effort de compréhension et d’adaptation. Ce soir, en partant de l’atelier, j’avais envie de  manger de la pizza. Puis j’ai laissé tomber l’idée en pensant au gluten. Je me demande si mon père serait prêt à adapter la recette de sa traditionnelle pizza du samedi pour que je puisse en manger ? Au moins, j’ai une idée de l’alternative que je peux proposer à mes amis pour aller au resto : le japonais et les sushis ! Ils aiment ça et moi aussi ! Et là, pas de risque de gluten !

Bon allez, si je suis courageuse, demain je ferais ce cake sucré sans gluten… Mais il faut vraiment que j’étende mon répertoire de recettes.

4 juin 2016