Se donner les moyens d’évoluer [ART]

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Artiste : Chibi-oneechan

Bonjour,

Je n’arrive pas à me décider pour acheter une tablette graphique… Est-ce que vous pouvez m’aider à prendre une décision ? J’ai étudié mes besoins, les différents modèles, les prix et promotions, et bien que je sache ce que je veux, je n’arrive pas à me passer à l’action… Qu’est-ce qui me bloque ?

Tes peurs évidemment. Plutôt que de t’échiner à lutter contre, liste-les.

Bon… Peur de dépenser trop et de manquer d’argent après. Peur de me tromper dans mon choix. Peur des jugements aussi (« quoi, elle s’offre une tablette alors qu’elle est fauchée et fait des petits cadeaux ? »). Une part de moi se dit aussi « essaye de trouver moins cher, moins cher… »

Et pourtant, serait-ce une bonne idée, selon toi, de commander moins cher, à un grossiste étranger ?

En réalité, je préfère commander à un enseigne fiable, auprès de laquelle je pourrais me tourner si j’ai un problème de garantie ou une panne inexpliquée… Cette idée-là me rassure. Donc en promotion, mais pas à n’importe quelle condition…

Pourquoi hésites-tu à prendre le modèle que tu as vu ?

Parce que c’est cher, je n’avais initialement pas prévu de dépenser ce budget-là dans une tablette.

Pourtant au départ, tu voulais un iPad pro.

J’ai renoncé devant le prix… et l’incertitude d’utiliser l’application Procreate qui aurait motivé ce choix… Je n’utilise déjà pas ma tablette graphique alors…

C’est une sage réflexion, en revanche tu es sûre d’utiliser intensément la lecture vidéo et les applications sur le net.

Oui, je veux pouvoir regarder des vidéos facilement depuis ma table de peinture. J’ai investi dans des cours numériques de peinture et un abonnement Skillshare, et je me rends compte que je ne les utilise pas, parce que je n’ai pas le support adéquat pour les visionner. Mon téléphone est trop petit. Mon PC portable n’a plus de batterie…

Donc c’est un besoin justifié, mûrement pesé et réfléchi ?

Oui, j’y pense depuis cet été…

Et qu’est-ce qui justifierait que tu ne répondes pas à ce besoin ?

Un problème financier ?

Or est-ce le cas ? As-tu, au jour d’aujourd’hui de quoi payer cet investissement ?

Et bien, il me reste un peu d’économie de cet été, j’attends la prime de Noel du RSA, et j’ai eu une rentrée imprévue d’argent. Il me suffirait de compléter en prélevant sur mon budget formation…

Donc, tu ne te mettrais pas dans le rouge en faisait cet investissement ?

Non… En revanche, j’ai beaucoup dépensé pour mes cadeaux de Noël le mois dernier…

C’est un autre sujet. Ne mélange pas et ne laisse pas ton mental t’entrainer sur de fausses excuses. On traitera le reste après. Bon, donc tu as un besoin et tu as les moyens d’y répondre. Pourquoi ne le fais-tu pas ?

Peur de me tromper ?

Te tromper dans quoi ?

Le choix du modèle pour répondre à mes besoins.

Au jour d’aujourd’hui, tu as identifié tes besoins actuels. Tu ne peux pas savoir ce qu’ils seront demain, c’est ton besoin de contrôle et ton égo qui veulent être absolument sûrs, que ce tu achètes répondra à tous tes besoins. Hors une tablette peut-elle répondre à tous tes besoins et ceux qui émergeront ?

Non, bien sûr que non…

Tu veux être sûre que cet argent sera bien dépensé ? Et bien cela implique que tu t’engages réellement à suivre tes cours de peinture, de Photoshop et tout ce qui est dormant… Cela implique que tu t’investisses pour développer ta pratique en peinture, en numérisation, etc. C’est plutôt ça qui effraye ton égo, te donner les moyens de progresser.

En cliquant sur « acheter » c’est te donner les moyens d’évoluer. Et c’est pour ça que ton mental freine des 4 fers, comme avec l’histoire d’utiliser Photoshop. Ce n’est pas tant la question de te faire un cadeau. Parce que tu sais t’en faire à toi-même. Ni même encore d’investir dans un outil de formation, après tout, tu as bien acheté ses cours en ligne et puis tu es prête à payer le niveau 2 de formation en fleurs de Bach. Ta peur réelle se cache là.

Tu as encore besoin de pouvoir justifier tes grandes dépenses auprès des regards extérieurs. Soit, tu es encore en insécurité par rapport aux jugements de tes proches. Observe-le, accueille-le, c’est ok. Mais au fond de toi, tu sais que cet achat est justifié et qu’il te servira. Et si ce n’est pas toi qui le fais pour toi-même, qui le fera pour toi ? Le meilleur moyen de ne pas tomber dans la frustration est de chercher à combler ses propres besoins par soi-même. Tu as un besoin, tu as les moyens, alors vas-y. N’attends pas de l’extérieur, ni que l’on valide tes besoins, ni qu’on les comble pour toi. Fais-toi ce cadeau à toi, en sachant ce qu’il représente. « Oui, j’investis pour mon futur, pour me former, pour apprendre et progresser dans le domaine artistique ».

Cela te fait peur n’est-ce pas ?

Ahah… oui, c’est vrai, les larmes me montent aux yeux. Alors c’est ça la peur derrière tous ces freins…

Accueille-la et accepte-la.

Maintenant que tu as identifié et accueilli cette peur, penchons-nous sur ce qu’elle représente comme besoin. Ainsi, tu as peur d’investir dans ton futur d’artiste. De quoi nous parle cette peur ?

De mon insécurité…

Elle nous parle de toutes tes peurs liées à l’art : « je ne suis pas une « vrai » artiste » ; « je ne suis pas capable de trouver mon style » ; « je n’arriverai jamais à en vivre » ; « j’ai peur du rejet des autres » ; « je n’ai pas de messages à faire passer », etc. Le mental te dit, « à quoi bon investir dans un outil de formation couteux pour apprendre l’art ? ».

Par moment, je me le demande…

Y a-t-il besoin d’une finalité pour créer ?

Non, je ne le pense pas. Créer c’est être en vie, cela fait partie de nous, peu importe la forme que cela prend, que ce soit cuisiner un gâteau, planter des fleurs, écrire un poème ou…

…Peindre une toile. Oui. Tu l’as compris. Mais tu ne sais pas comment exprimer cette force créatrice dans ta vie, tu ne sais pas quelle forme lui donner, alors tu tâtonnes, tu explores, tu cherches et tu erres, à la recherche de la forme sous laquelle tu pourrais vraiment t’exprimer. Pas seulement les mots et les idées, mais aussi les émotions et les énergies, toutes ces choses subtiles que parfois tu n’as même pas conscience de capter.

C’est vrai… j’écris. J’écris ici, mais les mots sont limités. Et puis je n’ai pas vraiment l’impression de « créer » quelque chose d’unique, puisqu’en réalité, je ne fais que rapporter les propos que nous échangeons.

Dirais-tu la même chose à Sylvie ? Dirais-tu que son blog n’est pas de la création ?

Si, mais elle a écrit plein de pages récapitulant plein d’infos… Elle ne s’est pas cantonnée aux conversations avec ses guides. Elle écrit aussi ses poèmes, et publie ses photos.

Et qu’est-ce qui t’en empêche ?

Je n’en ai simplement pas la motivation…

Pourtant, à une époque, tu t’es dit que tu voudrais bien illustrer tes articles de blog avec tes propres créations.

Oui, pas des photos, mais des peintures numériques.

C’est dans cette idée que tu t’étais fait offert une tablette graphique mais tu ne l’as jamais utilisé.

Oui…

Tu te disais, « à quoi bon apprendre en numérique, alors que je ne sais même pas dessiner en vrai ».

C’est vrai, alors je me suis plutôt tournée vers les ateliers de peinture du Lézard créatif à la Réunion.

Et puis tu as bien aimé, alors tu as continué. Et puis tu as découvert l’aquarelle florale et aussi que l’on peut peindre sans savoir dessiner. Aujourd’hui, dirais-tu qu’il faut savoir dessiner pour être un « vrai » artiste ?

Et bien, cette croyance est tenace, mais je sais qu’il n’y a pas besoin de savoir dessiner pour faire de l’art. Et je suis des artistes reconnues qui réussissent et « ne savent pas dessiner ». Tout du moins, elles n’ont pas eu de formation artistique avec toutes les bases de la perspective, de l’anatomie, etc…

Ta sœur a commencé un cours de dessin académique stricte pour apprendre à dessiner. Qu’en penses-tu ?

J’en pense que c’est une très bonne chose pour elle ! Cela m’a surprise, mais je sais qu’elle a toujours voulu savoir dessiner le corps humain, alors je suis contente pour elle. Elle me parle des cours, c’est très technique et encadré. Pas de place à la créativité ici, on y va vraiment pour apprendre les bases du dessin académique.

Est-ce que tu crois que ça te plairait ?

Je me dis que cela me serait utile, mais que je m’y ennuierais. C’est trop scolaire et maitrisé.

Ce qui t’intéresse, c’est trouver les moyens et les outils pour vraiment exprimer ta créativité propre. En réalité, tu n’as pas besoin de cet outil, le dessin académique pour créer. Ce serait juste un moyen de te rassurer, de dire à ton mental « regarde, je peux être une artiste, je sais dessiner ». Pourquoi pas, mais dans ton cas, cela ne ferait que te ralentir et te disperser. Tu n’as pas besoin de cet outil pour créer, en réalité, quand tu veux, tu peux déjà dessiner de façon plus réaliste que la majorité des gens.

C’est vrai que je suis capable de faire du dessin botanique, et que j’ai suivi des ateliers de dessin d’après modèle vivant. Je me suis forgée quelques bases minimales en autodidacte, même si je suis loin de « savoir dessiner de façon académique ».

Et tant mieux, parce que ce n’est pas ce que l’on te demande. On ne te demande pas de reproduire fidèlement, minutieusement la réalité des choses qui t’entoure (bien que ce soit une voie artistique tout à fait respectable si elle appelle quelqu’un). Ce que nous voulons c’est que tu exprimes ta sensibilité particulière. Or celle-ci capte des choses invisibles, tu ne pourras jamais les reproduire en cherchant à être réaliste, c’est impossible. En revanche, c’est à toi de trouver comment tu peux exprimer tous tes ressentis, même de l’invisible, à travers tes créations.

Ah… si seulement je le savais… L’art est un domaine tellement vaste ! Il y a tellement d’outils et de possibilités, l’aquarelle, l’acrylique, le dessin, le mix media, l’art-journaling, la peinture encaustique… des fois, je me sens vraiment perdue dans cette immensité !

Déjà, tu as accepté l’idée qu’il fallait que tu te détache de l’aquarelle florale. Bien qu’étant une très bonne pratique pour apprendre à maitriser l’aquarelle et la gestuelle du pinceau, tu ne peux pas pleinement t’exprimer à travers cette approche.

Oui… j’ai mis du temps à comprendre et à voir ma frustration. L’aquarelle florale est bien, parce qu’elle est à la mode, elle est accessible, elle donne vite de « beaux résultats », on peut faire des cartes facilement… Les gens acceptent bien cette forme d’art, c’est socialement très acceptable.

Beaucoup plus que l’art abstrait, n’est-ce pas ? Tu ne t’es pas encore autorisée à faire des cartes abstraites à offrir.

Oui, je ne sais pas comment les gens vont les recevoir…

En réalité, si tu te fais plaisir en les créant, c’est ça que les gens vont ressentir. Peu importe si leur mental juge qu’ils aiment ou qu’ils n’aiment pas. Il n’y a que le cœur pour être véritablement touché, et pour cela, il faut créer avec le cœur. Tu le sais, mais cela t’effraye encore. « Qu’est-ce que mon cœur peut cacher de si terrible en lui et qui risquerait de ressortir dans mes créations ? On va me trouver hideuse et affreuse. Je n’ai que des ombres à montrer. » N’est-ce pas l’histoire que te raconte ton mental ?

Si… en réalité, mon mental me raconte beaucoup de vilaines pensées. C’est pour ça que j’ai décidé de commencer la pratique d’une page par jour de sketchbook. Pas d’objectifs autre que m’amuser, pas de jugement du résultat, je me présente juste pour créer. Avec le temps, j’espère apprendre à me détacher de ces voix de mon mental qui jugent tout ce que je créée.

Et c’est une très bonne chose. Nous t’encourageons à suivre cette pratique bien qu’elle ne doive pas devenir une obligation et une tache à cocher sur ta liste de choses à faire. Cela doit rester un plaisir pour t’amuser. Toujours.

La croyance qu’il faut créer dans la douleur n’a rien de plus erronée. En réalité, un cœur qui chante est bien plus expressif, même si vous pouvez aussi parler de votre douleur et la décharger dans vos créations. C’est à vous de voir ce que vous voulez cultiver et exprimer à travers vos créations. La joie et l’espoir ? Ou la douleur et le désespoir ?

Je sais que je suis plutôt de la première catégorie ! Et que j’ai beaucoup à apprendre pour y arriver de façon fluide.

Mais tu es en chemin et c’est ce qui compte. Un pas après l’autre, peu importe le temps que cela prend. Du moment que tu profites de chaque instant et que tu en retires de la joie, le résultat n’a pas d’importance.

Je le sais.

Alors mets-le en pratique.

Oui, merci.

Es-tu prête maintenant à aller acheter cette tablette ?

Oui !!! « Oui je suis prête à investir dans mon futur d’artiste » ! Comment tu as fait ça ? C’est magique ! La peur est partie, sans que j’aie eu besoin d’intervenir.

Nous sommes là pour t’aider, nous te l’avons toujours dit.

MERCI !

2 décembre 2019

Comment transformer un refus en acceptation

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Artiste : Yuumei

Bonjour,

Je vois de plus en plus toutes les résistances et les refus de mon égo. C’est fou, comme ces résistances créent des tensions fortes dans mon corps et dans mon esprit, et surtout combien elles mangent mon énergie ! Tout à l’heure, je prenais conscience de la force de ma résistance au changement. J’ai essayé de me dire « ok, j’accepte ce refus », mais ça m’a tellement drainé que j’ai dû aller me coucher pour faire une sieste.

Tu es encore fragile, vas-y doucement et laisse-toi le temps ; un pas après l’autre, tu viendras à bout de toutes ces résistances. Ne t’emballe pas suite au stage parce que tu as compris ce qu’elles signifiaient et comment elles fonctionnaient. Elles étaient là bien avant, et pour certaines, il faudra du temps pour les lever. La prise de conscience ne permet pas toujours un passage à l’acte immédiat, sois douce avec toi-même.

Ok, j’en vois tellement, je me dis… Il y a tellement de sujets à traiter et de tensions à désamorcer !

On sera toujours là pour t’aider, il n’y a pas d’urgence !

Justement en voici une de tension terrible. Cette croyance négative qu’ « on n’a jamais assez de temps », que « tout est urgent » ou encore que « le temps est notre ennemi ». C’est terrible le poids et la tension que cela crée. Cela participe aussi à permettre à mon mental de me dire « regarde, le temps passe, tu n’avances pas alors que les autres oui » et de me créer ce sentiment d’urgence qui me vide de mon énergie, et au final m’empêche d’agir… Vraiment, il va falloir que je déconstruise ça pour le remplacer par « le temps est mon allié, j’ai tout le temps dont j’ai besoin ».

Et c’est vrai, c’est une notion que nous les guides rabâchons tout le temps, car nous savons que certains apprentissages peuvent vous prendre des vies entières. Et alors ? Où est l’urgence ? Il n’y en a pas. Tout est parfait, car tout est.

Oui, je commence à comprendre, à partir du moment où une chose existe, alors il nous faut l’accepter. On ne peut rien faire dans le refus, ni vivre la situation en paix, ni agir dessus et la faire évoluer. Si on est dans l’accueil, on dit « oui à cette situation » ; si on est dans l’accueil, alors la situation devient parfaite, car on l’a acceptée, même si on a l’envie de la faire évoluer par la suite, vers quelque chose d’encore meilleur pour soi.

Oui, tout est changement. Accueillir le présent, permet de faire évoluer la suite. Rien n’empêche les choses d’évoluer de façon positive (ou négative selon vos croyances) car elles n’existent qu’à cet instant précis. Vous acceptez qu’à cet instant, c’est comme ça, mais cela ne veut pas dire que cela le restera. C’est le défaut de votre culture occidentale, vous êtes tellement attachés à la permanence des choses, que vous croyez que si vous acceptez une chose maintenant, elle restera pour toujours comme ça. C’est ce qui vous freine tellement à accepter le présent, car vous croyez, à tort, qu’il restera figé pour toujours comme ça « si vous avez le malheur de l’accepter ». Donc vous préférez être dans le déni, dans la résistance, dans le rejet. Ce qui est source de souffrances. On ne peut pas être en paix quand on refuse ce qui est. En effet, cela créé une tension terrible dans vos énergies et dans votre corps.

Alors, c’est pour ça que je n’arrive pas à faire évoluer ni ma situation professionnelle, ni ma situation financière, ni ma santé ? C’est parce que je suis inconsciemment dans le refus ?

Tant que tu ne seras pas en paix avec ce qui est, tu ne pourras pas agir dessus de façon juste pour toi, et te laisser guider par ton âme. C’est pour ça que tu as reçu la guidance « il n’y a que dans le silence que l’on entend la vérité ». Cela va bien plus loin que simplement faire taire les voix du mental et de l’égo, cela va jusqu’à faire taire les tensions en toi pour ne laisser que le silence de la paix et de la sérénité.

Oui, je commence à comprendre l’importance de l’acceptation et surtout ce que cela implique vraiment derrière. Accueillir ce qui est, même si c’est un refus. Pour l’instant, je suis dans la peur, et c’est ok. Car à partir du moment où j’accepte ma peur, alors je peux chercher à comprendre son message, voir le besoin qu’elle exprime et nourrir ce besoin pour apaiser ma peur (ou toute autre émotion).

Je viens de constater ma peur terrible du changement. À travers ce bête agenda que j’ai commandé pour 2020. C’est un kakeibo, il sert à la fois d’agenda et en même temps de livre de comptes. Cela fait 2 ans que j’en utilise un d’une certaine marque. J’ai donc commandé celui de 2020 de la même marque, mais il n’est pas comme les 2 précédents. Ce n’est pas ce que j’attendais. Ce n’est qu’un simple objet, mais il semble cristalliser toutes mes peurs liées au changement.

C’est plus qu’un simple objet, c’est aussi un symbole. Cet agenda de l’année à venir représente aussi la nouvelle année dans sa globalité et tous les changements qu’elle pourrait t’apporter.

Et bien je suis terrorisée par l’idée de tous ces changements. Même si pourtant, ils pourraient être positifs et m’apporter certaines choses que je désire. Même ça, ça me fait peur !

Parce que derrière se cache la croyance négative « le changement est dangereux ». Tu crois inconsciemment qu’il va te mettre en danger parce qu’il n’est pas prédictible et donc que tu ne peux pas le contrôler. Or, quand l’égo a peur, il veut tout contrôler pour se rassurer. C’est un réflexe qu’il a pour se sécuriser lui et ton enfant intérieur blessé. « Si je contrôle tout ce qui va m’arriver, alors il ne m’arrivera rien de mauvais ».

D’une part c’est faux, car le contrôle parfait est une illusion dans la vie, vous n’avez pas le prise nécessaire sur les forces de l’univers pour le contrôler à votre convenance. D’autre part, en croyant que rien de mauvais ne va vous arrivez, vous fermez la porte aux changements positifs aussi, et donc il ne peut « rien vous arriver de bon » non plus. Vous vous coupez du flot naturel de la vie, vous n’êtes plus synchros et vous manquez toutes les belles opportunités qui se présentent à vous. Car vous ne pouvez que choisir de les saisir ou non. Même si on vous offrez un magnifique château, là juste sous votre nez, vous pourriez très bien le refuser, car c’est votre libre arbitre d’accepter ou non le cadeau. Voilà pourquoi si souvent vous vous auto-sabotez quand de belles choses viennent à vous. Trop rebutés par le changement, vous ne pouvez pas laisser entrer cette belle énergie…

Oui… J’ai vu grâce à Sylvie, que recevoir les bienfaits de la vie, ça s’apprenait aussi… Mais concrètement, je fais quoi par rapport à cet agenda ?

Prends-le dans les mains et décris-moi ce que tu ressens, dans ton corps et les pensées dans ta tête.

Je ressens une boule à la gorge et une envie de pleurer. Mon mental me dit « c’est différent, ça ne va pas aller ». Il n’a que des récriminations à faire : celui d’avant avait une couverture cartonnée qui était mieux, les pages de semaines étaient plus claires, le bilan mensuel était sur une seule page et plus simple d’utilisation, etc.

Donc pour l’utiliser, il va falloir t’adapter.

Oui, changer mes habitudes et mon fonctionnement pour tenir mes comptes avec.

Es-tu capable de t’adapter ?

Et bien, je n’aime pas ça, c’est souvent pénible et douloureux pour moi.

Faux, c’est une croyance négative « l’adaptation est difficile et contraignante ». Pourquoi le serait-elle ? Le changement peut être simple et fluide, comme une fleur qui s’ouvre, un fruit qui murit. Les évolutions se font doucement et progressivement dans la nature. Il n’y a que vous les humains pour penser qu’elles doivent se faire brutalement et de façon douloureuse. Voici encore une croyance négative à déconstruire.

En réalité, quand vous avez peur du changement, c’est pour deux raisons principales :

  • Vous ne croyez pas en votre capacité à vous adapter.
  • Vous êtes en trop grande insécurité intérieure.

Le changement fait partie de la vie. Quand on fait suffisamment confiance à ses ressources intérieures et à sa capacité d’adaptation, alors on sait que l’on peut faire face à n’importe quel changement, qu’il soit « bon ou mauvais ». C’est votre mental et votre égo qui jugent de la qualité d’un changement et qui trient ceux qui sont acceptables ou non. Cela faisant, les trop « gros » changements, même positifs, sont rejetés car jugés trop challengeant. Mais par qui ? Par votre égo. Si un changement survient dans votre vie, c’est que votre âme l’a appelé et que vous êtes prêts pour le vivre. Quoi qu’en pense votre mental.

Bon, je comprends qu’il n’y a pas que la peur à gérer, il y a aussi la confiance en soi à travailler, pour devenir serein face aux changements…

La première chose est d’accueillir la situation telle qu’elle est.

J’accueille les émotions que provoque en moi cet objet. J’accueille mes peurs du changement et de l’avenir. Je dis oui à mon refus du changement.

Bien, ça c’est la première étape. Maintenant, pour être capable de transformer ce refus, il te faut déconstruire tes croyances négatives et te reconnecter à tes ressources. Ton mental croit que le changement est synonyme de danger ou de difficultés. Est-ce que ton agenda précèdent était parfait ?

Non, il fallait que j’écrive certains calculs en dehors des colonnes. Mais je le préférais.

C’est le mental qui te dit ça. En réalité, tu ne peux pas savoir quels sont les nouveaux avantages d’un objet que tu refuses d’utiliser. Je veux donc que tu me cites 5 qualités nouvelles à cet objet par rapport au précédent :

  • Les pages sont plus grandes, il y a donc plus de place pour écrire sur chaque jour.
  • Il y a plus de place pour détailler les revenus et leur provenance. En plus ça a été placé en début de mois, ce qui est plus logique pour prévoir son budget (même si je le faisais déjà).
  • Il propose de réfléchir à un objectif économique pour le mois et de l’écrire en début de mois. Ça c’est bien ! Ça pourrait m’aider à voir si je veux économiser et pourquoi.
  • Il y a des pages de bilan annuel, par exemple pour les dépenses d’eau, d’électricité etc. Je n’en ai pas l’usage pour l’instant, mais je trouve l’idée bonne. Ils proposent aussi un calcul en % des postes de dépense de l’année.
  • Ils proposent de calculer le bilan des dépenses par semaines, directement sur la page de la semaine, il n’y a plus besoin de les reporter une par une dans un tableau sur une autre page.

Bien, mais il y a des choses que tu n’aimes pas ?

  • Je préférais la couverture en carton rigide, qui me permettait de le glisser dans mon sac à main en étant sûre qu’il ne serait pas déformé.
  • La taille est plus grande, donc il va rentrer moins bien dans mon sac.
  • Il est plus lourd, donc moins pratique à transporter.
  • Je ne vois pas l’intérêt de la roue des dépenses et de certains tableaux qui prennent beaucoup de place pour rien.
  • Il n’y a pas de tableaux récapitulatifs des différentes semaines avant le total final du mois.
  • Je trouve ça nul qu’ils aient pré-rempli les intitulés des lignes de la partie dépense : je n’ai ni prêt, ni animaux, ni place de parking à payer…

Maintenant comment pourrais-tu adapter certaines choses pour le rendre plus pratique pour toi ?

  • Je pourrais transformer la catégorie « essentiel » en « santé », et la catégorie « culture et loisirs » en « fournitures artistiques ».
  • Je pourrais remplacer le tableau de dépenses prévisionnelles par un modèle à ma sauce que je colle par-dessus tous les mois.
  • Idem avec un tableau final de dépense mensuel.

Bon, je comprends l’idée. Je vois que je peux l’utiliser quand même malgré les changements faits. Que certains changements sont même positifs, même si d’autres sont négatifs. Il y a toujours un bon côté à voir.

C’est l’histoire de voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. En vérité, cela marche pour absolument tout. C’est votre état d’esprit et votre façon d’appréhender la réalité qui conditionnent comment vous la vivez : en paix ou dans la souffrance. Tu vois aussi que tu es capable de t’adapter et que si quelque chose ne te convient pas, une fois que tu l’as identifié, tu peux le modifier et l’améliorer.

Oui.

Est-ce que cet objet te fait toujours aussi peur maintenant ?

Non.

Maintenant que tu t’es reconnectée à tes ressources intérieures et que tu as pu voir que ces changements ne sont ni bons ni mauvais, tu peux travailler à apaiser ta peur du changement, en nourrissant ton besoin de sécurité. D’une part, tu peux te dire que tu n’es pas « obligée » d’utiliser cet objet, il est là pour t’aider, pas pour te gêner, tu gardes ta liberté.

C’est vrai.

Tu peux l’essayer, et s’il ne convient pas, en changer. Laisse-toi au moins un mois pour tester. Vois qu’il n’y a rien de définitif. Si ce changement ne te convient pas, tu pourras toujours changer de nouveau, revenir vers une forme qui te rassure plus.

Ok. En plus, je sais que ce n’est pas un livre qui me mordra… un objet comme ça n’est pas dangereux, il n’est fait que de papier.

Tu peux recourir à toutes les pensées positives que tu veux, du moment qu’elles te rassurent.  Tu peux aussi poser des actes.

Comme le balancer par terre ?

Pourquoi pas, ce n’est qu’un livre, tu peux très bien le jeter à tout moment, il n’a pas de pouvoir sur toi. Si cette idée te rassure, alors oui, fais le pour l’acte symbolique, mais fais-le en conscience. Le mieux est d’être capable de te rassurer au point d’éprouver de la gratitude pour cette chose.

  • Cet agenda va me permettre de noter tous mes RDV et de m’organiser. Grace à cela, je ne vais rien oublier et surtout je vais me libérer l’esprit.
  • Cet agenda me permet de noter mes dépenses, de les calculer, de les planifier et de gérer mon budget pour être sereine sur le plan financier.
  • J’éprouve de la gratitude d’avoir accès à cet objet pour m’aider dans ma vie de tous les jours.

Avec la gratitude dans le cœur, tu es maintenant prête à accepter cet objet tel qu’il est.

« Je dis oui à cet agenda. »

Et à accepter ce qu’il représente :

« Je dis oui aux changements dans ma vie que représente cet objet. »

Dire oui, à voix haute, en conscience, avec le « corps qui dit oui », permet de transformer le refus initial en acceptation et de libérer les tensions qu’il représente.

Je ressens encore un peu de peurs…

Et bien à toi de nourrir ton sentiment de sécurité encore et encore, jusqu’à te sentir sereine.

Oui.

Tes lecteurs comprendront, que ce processus que nous avons détaillé ici, avec l’exemple concret de l’agenda, peut s’appliquer pour tout objet, toute situation, toute pensée et toute personne. La méthode est la même, ce qui compte c’est le processus. En réalité il est très puissant. A chaque refus que vous abattez, à chaque oui que vous dites (vraiment avec le cœur), vous vous rapprochez de votre être et de la paix intérieure.

Merci à toi.

1 décembre 2019

Les mécanismes inconscients de contrôle de l’égo

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Artiste : Yuumei

[Préambule : cet article ne présente ici que mes ressentis, mon vécu, mes perceptions  et mes interprétations personnelles. Ce qui est dit ne fait en aucun cas figure de vérité. Mes propos n’ont pas pour but de juger l’autre, mais de chercher à décortiquer ce que je vis. Je rappelle également qu’une personne ne se résume pas à ses comportements. Et que dire non aux comportements, ne veut pas dire non à la personne.]


Bonjour.

Ça y est, tu as retrouvé ton centrage ?

Oui, une méditation m’a aidé… mais l’émotion est toujours là… je ne pensais pas que cela me perturberait à ce point.

Parles-nous en.

Oui, je vais en parler cash, et puis vous me direz si je peux publiez ou pas l’article.

N’y penses pas, nous en parlerons à la fin.

Et bien, c’est une de mes amies… Je sais qu’elle souffre d’une profonde blessure de manque d’amour. Cela avait déjà posé des difficultés dans notre relation amicale par le passé, et cela revient sur le devant de la scène de plein fouet. Je ne peux pas combler son besoin immense d’amour, d’attention et de validation. C’est impossible !

C’est pour cela que tu te sens comme prise dans un coin ? Piégée ?

Je me sens terriblement oppressée par ces derniers messages et paroles. Je pense qu’elle n’en a pas conscience, mais tout, dans son comportement, depuis plus d’un mois, crie sa blessure. Pour se protéger, son enfant intérieur adopte des comportements de contrôle. Pour s’assurer qu’il recevra bien l’attention et l’amour dont il a besoin, pour chercher à le provoquer et le nourrir par l’extérieur.

Cela implique des comportements inconscients de contrôle qui joue sur la culpabilité et l’insécurité de l’autre. J’ai pu les voir car j’ai commencé à travailler sur les miens avec une thérapeute.

Je ne supporte pas que l’on cherche à me contrôler comme ça, soit par la culpabilité (ça c’est le pire), soit par la suggestion, la tentative d’induire chez l’autre le comportement qu’on attend, en lui prêtant des qualités, des intentions et des actes qu’on voudrait qu’il ait.

Je sais que je parle de manière abstraite.

Alors décortiquons un exemple.

Aujourd’hui, cette amie m’a envoyé un message pour me dire que la modification du planning de stage de demain, à cause de mes soucis de santé, ne lui posait pas de problème.

Pourquoi m’en faire part à moi, alors que je ne suis pas l’organisatrice du stage ? Bien que ce soit moi qui ais induit indirectement ce changement, c’est à elle de voir avec la formatrice si ça lui convient ou pas. Quelle était son intention inconsciente derrière ce message ? Je la perçois comme « Regarde, les choses ont changés à cause de toi, mais je ne t’en veux pas (alors qu’en fait ça m’insécurise quand même), car je suis compréhensive. Regarde comme je suis gentille, cela mérite bien un merci et de la reconnaissance ». C’est son enfant intérieur qui demande de l’attention et de la gratitude. Mais en réalité, cela lui appartient. Si elle n’est pas ok avec le changement, décidé par l’organisatrice, c’est son droit, et elle peut refuser avec elle cette organisation. De mon côté, je ne lui dois rien au fait d’accepter.

Et puis, il y a cette autre partie de message, où elle demande de mes nouvelles. Sans contexte, on pourrait croire qu’elle se soucie de mon état par pure gentillesse. Mais le motif inconscient que je ressens, c’est de savoir si je serai bien là demain, si le stage aura lieu, et c’est donc une forme de recherche de contrôle. D’ailleurs, après ma réponse, elle m’a répondu qu’elle était « rassurée ». Rassurée de quoi ? De l’amélioration de ma santé ? Cela fait des semaines que je suis malade et elle n’a pas témoigné d’inquiétude particulière à mon sujet, juste de soutien, ce qui est très bien d’ailleurs. Non, pour moi, c’est son égo qui s’inquiète de savoir si demain, elle verra bien les personnes qu’elle espère voir, et si elle aura l’attention dont elle a besoin. Je sais que ce n’est pas volontaire, c’est inconscient. Mais là, j’ai besoin de dire stop. Ce n’est plus possible.

Dans un autre de ses messages, elle insiste bien sur le fait qu’elle a « besoin d’être sûre de me voir, quand on a convenu de se voir ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Pareil, je le perçois comme  une tentative de son égo de contrôler l’autre personne, d’être sûre qu’elle verra bien la personne qu’elle aime, quand elle le veut et l’a prévu, pour recevoir amour et attention.

On ne peut jamais être sûre de voir quelqu’un à 100%, même si on l’a planifié. Il y a les aléas de la vie, de l’environnement, de la santé… C’est impossible de contrôler ça, c’est une illusion de l’égo ! Je ne pose pas de lapin aux gens, je préviens quand je suis malade et que je ne peux pas, ou quand je vais avoir du retard. Je fais en fonction de mon état et de ce qui est juste pour moi. Je ne vais pas me forcer à la voir parce qu’on avait convenu de se voir, si je suis malade, parce qu’elle a besoin d’attention. D’ailleurs, si j’avais vraiment été juste avec moi-même, j’aurais dû annuler le dernier cercle de femmes. Mais je l’ai maintenu par culpabilité…

Mais le pire pour moi, je crois, c’est la fois où elle m’a reproché indirectement mon retard. « Parce que si on commence avec 30 min de retard, c’est 30 min de moins de temps de cercle… » Pourquoi un tel reproche alors qu’il est injustifié ? En effet, quand on a commencé notre activité avec 1h de retard, on l’a aussi fini avec 2h de retard, donc pas de « manque » et même du rabais. Alors pourquoi me dire ça ? J’y vois un acte inconsciemment pour appuyer sur ma culpabilité, « mais quand même, ça ne se fait pas d’être en retard ». En fait inconsciemment, il me semble que l’égo dit « moi j’ai besoin de ma dose entière d’attention ».

Ici et maintenant, ça me met en colère, et là, ça me rend triste. L’égo, il dit « moi je, moi je ». Il veut toujours plus d’attention et d’amour, à cause de cette blessure profonde. En étant dans l’égo, durant ces moments-là, plutôt que dans le cœur, cette personne ne peut pas avoir des échanges authentiques avec moi, ni témoigner réellement de son amour. Quand elle donne, c’est inconsciemment pour recevoir en retour ce qui lui manque. « Quelle considération réelle alors pour mon propre état à moi ? Qui suis malade et fatiguée ? Qui ai besoin de toute mon énergie pour mon propre travail de guérison ? » Et là, c’est mon égo qui se manifeste, lui il est outré, il joue le rôle de la victime dans ma tête. Il dit « mais elle ne se rend pas compte de ce qu’elle demande ! ».

Je ne suis pas une sauveuse et je ne rentrerais pas dans le rôle qu’elle attend inconsciemment de moi. J’ai beau l’aimer, ce n’est pas à moi de combler son besoin d’amour et d’attention. Guérir cette blessure, cela ne peut venir que d’elle. Alors stop, ça suffit, j’ai assez donné. Ce genre de comportement de contrôle me donne envie de fuir à l’autre bout de la planète. Cela mobilise trop de mon énergie de me défendre contre ça, de me protéger du drainage émotionnel. Non, ce n’est pas possible. J’ai besoin de mettre les choses au point et de poser des limites. Ce n’est plus possible pour moi, de passer du temps avec quelqu’un et de me faire vider par son besoin d’attention et d’amour. De voir son égo tenter de me manipuler en réaction à sa blessure. J’en bave déjà suffisamment avec ma mère pour les mêmes motifs, et ça ce n’est pas un choix.

Mais ce n’est pas un hasard si tu es confrontée à une personne qui se comporte comme ça.

Oui, je sais… c’est ce que l’on appelle l’effet miroir. Cela parle aussi de moi, cela me permet d’identifier mes propres comportements de contrôle et de travailler sur moi-même. De me demander, « Et moi, est-ce que je fais aussi ça de façon inconsciente ? Ai-je le même comportement ? ». Cela me permet d’apprendre et je ressens de la gratitude envers cette personne pour cette opportunité. Et, cela m’apprend aussi qu’il faut poser des limites, savoir dire stop quand c’est trop.

Je comprends mieux le comportement d’une de mes amies par le passé. Car j’ai déjà été dans la situation inverse. Fort jeune et inconsciente de mon manque d’amour, moi aussi je recherchais ça chez les autres. J’avais une relation de sœur, très fusionnelle avec cette amie, et c’est vrai, à l’époque, j’étais dans l’attente envers elle, d’attention, d’amour, de soutien, etc. Au final, inconsciemment, je lui offrais ce qu’elle recherchait pour avoir en échange son amour. Ce n’était donc pas désintéressé, contrairement à ce que je pensais à l’époque. Mais je ne pouvais pas voir alors, que mon amour émanait de mon égo et pas de mon cœur véritable… et que je me comportais comme un vampire émotionnel…

Ce qui est très toxique pour les personnes à la santé fragile.

Oui, je sais… *soupir* Je sais bien que ce n’est pas volontaire, mais là, il faut que je fasse quelque chose.

Tu vas très tranquillement lui faire part de tes ressentis d’oppression, avec les exemples que tu nous as donné, en utilisant la communication non violente. Ce sera à elle, d’agir ensuite, pour combler son besoin d’amour et d’attention.

Oui, je sais… C’est juste que je suis triste, parce que, concrètement, son comportement m’a impacté négativement même si c’était involontairement. Je suis fatiguée de devoir me protéger contre mes propres amis et mes proches ! Et puis, tu vois, tout ça, ça mobilise mon temps et mon énergie. Tout ce temps à écrire, c’est du temps en moins que je consacre à la préparation du stage de demain !

Tu as le droit d’être triste. Accueille ta tristesse. Tu ne te sens pas reconnue en tant qu’âme et être humain à part entière.

Mais juste comme moyen de combler un besoin d’amour et un besoin de contrôle de l’égo… comme avec ma mère.

C’est dur de voir avec les yeux de l’âme

Tu veux dire quoi ?

De voir toutes les blessures intérieures de l’âme et les comportements engendrés par la réaction de l’égo. On se rend compte alors, qu’il y en a bien peu d’actions qui sont motivées par l’amour pur et inconditionnel. C’est cela qui te rend triste, tu ne te sens pas aimée véritablement pour qui tu es, mais pour ce que l’on cherche à obtenir de toi.

Probablement. Et ce n’est pas ce dont j’ai envie dans ma vie.

Mais pour obtenir cet amour inconditionnel que tu recherches, il faut d’abord être capable de le donner par toi-même, de guérir tes blessures, et d’agir depuis le cœur et non plus en réaction depuis l’égo.

Oui, je sais… et c’est un sacré boulot.

Tu es sur la bonne voie

Je l’espère. Alors, je fais quoi de ce texte ?

Tu peux le publier, mais quand tu lui auras parlé de vive voix et que tu l’auras prévenu de son existence. Qu’elle ne soit pas obligée de le lire, même par hasard, si elle ne s’y sent pas prête. Tout ce que tu as dit sur ses mécanismes inconscients de l’égo sont vrais.

Mais je ne sais pas si elle est prête à les voir et à les accepter.

Cela lui appartient, à toi de lui faire prendre conscience de leurs existences, ensuite elle ira creuser si elle le désire, ce sera son choix. Toi, tu restes honnête et droite dans tes bottes, tu écoutes tes émotions et tu fais respecter tes besoins. Rien de plus, rien de moins. Pas de sauveuse, ni de bourreau, juste un comportement authentique et responsable, d’accord ?

D’accord.

Alors, quelle que soit sa réaction, ne culpabilise pas. Tu n’es pas celle à l’origine de ses comportements inconscients, et tu as le droit de les refuser et de poser une limite. Cela ne veut pas dire que tu ne l’aimes pas, simplement que tu t’aimes toi et te respectes avant tout. Et c’est une bonne chose. Quoi que l’on te dise, c’est une bonne chose. Ceux qui croient le contraire sont influencés par la voix de leur égo et les conditionnements de votre société. Celui qui parle avec le cœur aura toujours raison.

Merci.

29 novembre 2019

Parler aux morts

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Artiste : Guweiz

Bonsoir Grand-père. Je sais qu’on ne s’est jamais connu de ton vivant. Je te remercie d’être venu jusqu’à moi pour m’apporter ton message. Que souhaites-tu me dire ?

Tu es triste que ta mère ne te croie pas.

Oui… Il n’y a pas longtemps, j’ai évoqué le fait que j’avais eu la visite de mamie (ma grand-mère décédée) et qu’elle m’avait dit qu’elle allait bien. Elle ne m’a pas cru, ça m’a fait de la peine. Elle m’a dit en blaguant « et elle ne t’a pas dit si elle avait retrouvé son mari là-haut ? ». C’est pour ça que tu es venu ?

Je ressens ta tristesse ; c’est une chose de parler aux morts, c’en est une autre de le dire aux vivants et de leur faire accepter.

Oui, je sais… ce n’est pas comme si je n’en avais jamais parlé pourtant… Je sais bien qu’on ne peut forcer personne à croire, ni à partager nos convictions. Mais ça me fait vraiment mal au cœur que mes propres parents ne me croient pas. Pourtant je ne veux rien chercher à leur prouver, ni leur faire adhérer à la croyance de l’existence de l’âme.

La mé-croyance la plus répandue est que nous restons les mêmes après notre mort, mais ce n’est pas vrai. Nous nous libérons de notre enveloppe charnelle et de la limitation de notre égo pour recouvrer la mémoire de l’âme que nous sommes. Nous devenons bien plus, et pas bien moins.

Je sais, votre mémoire change et les mémoires de votre dernière vie terrestre deviennent bien moins intéressantes. C’est pour ça que les ancêtres qui viennent me voir n’en parlent presque jamais ?

Sauf quand ces mémoires les bloquent, les hantent ou bien les empêchent d’évoluer pleinement.

Tu es passé dans la lumière toi, tu n’as pas besoin d’aide.

Mais toi, tu en as besoin.

Je m’interroge sur les secrets de notre famille… J’en connais un qui appartient à un membre vivant de ma famille, et j’aimerais bien que cette personne le dévoile pour qu’il ne pèse plus sur ses descendants.

Mais ce n’est pas à toi d’en juger.

C’est ça… ça fait un moment que ça me trotte dans la tête… Devrais-je lui en parler ? Des conséquences de garder ce secret ?

Tu peux, mais cette personne ne doit pas avoir l’impression que tu lui forces la main. Ne lui dis pas « tu devrais parler de ton secret à…. »

C’est ta fille, tu la connais mieux que moi.

Les gens grandissent et changent, on ne peut qu’accompagner.

Tu ne veux pas me dire pourquoi tu es venu ?

Une autre fois, je vais rester un peu.

D’accord. Stp peux-tu veiller à ne pas trop impacter mes énergies ?

Oui, j’y ferais attention

Merci.

25 novembre 2019